‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 115 sur 140 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

r) (( xyi = Lév. xxiii. » Ces passages traitent, en effet, le même sujet, savoir les fêtes à célébrer au cours de l'année, mais l'intérêt critique réside dans le point de vue différent qui les a respectivement dictés. Commençons notre analyse par L. , xxm, qui est le plus complet. 11 contient Ténumération systématique de toutes les époques consacrées au culte : le Sab-

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bath (1-3), la Pâque (4-8), le jour de la consécration de la première gerbe (10-14), la Pentecôte (15-212), le premier jour du septième mois (23-25), le dix de ce mois, dit jour du pardon (26-32), la fête des tabernacles (33-44). A chaque fête mentionnée, à la seule exception du Sabbath, l'auteur insiste sur le devoir d'offrir des sacrifices à Yahwé, et il en donne les détails relativement à ceux du jour de la nouvelle gerbe et de la Pentecôte, Nous n'avons pas à nous occuper ici de la différence de ce traitement; pour l'objet de notre recherche, il nous suffit de constater que notre chapitre poursuit un but décidément sacrificiel, sacerdotal. L'auteur n'avait donc pas à parler des trois pèlerinages annuels qui sont déjà ordonnés sommairement par le livre de l'Alliance (Ex., xxiir, 14-17). Cette lacune est comblée par D, qui se place presque exclusivement sur la base de ces pèlerinages annuels et des solennités joyeuses auxquelles ils donnent lieu. Son point de départ est naturellement le passage précité de A; il se tait, par conséquei.t, sur les jours sacrés qui ne comportent pasde pèlerinage, savoir : le Sabbath, le jour de la gerbe, le premier et le dixième jour du septième mois. La dépendance de D à l'égard de P n'est pas et ne peut pas être littéraire, mais elle est d'une nature purement logique et d'autant plus certaine que, dans le casinverse, P n'aurait pas manqué de consacrer, à l'exemple de D, au moins une mention à la loi du pèlerinage. Outre cela, il aurait toujours, sous la direction de D, ajouté la permission donnée par ce dernier de substituer à l'agneau pascal une pièce du gros bétail (np^i jj^n^ yrhH mn^b HOB nn2îi» P- XVI, 2). Enfin, la circonstance bien remarquable que D., xvi, ne fournit aucune date pour fixer la célébration initiale des trois grandes fêtes exigeant le pèlerinage national, prouve mathématiquement qu'il les supposait connues par un code plus ancien. Or, les dates relatives aux mois et aux jours de la totalité des fêtes annuelles dont les textes, assignés aux auteurs A, J et E, ne montrent pas le moindre vestige, sont, au contraire, explicitement déterminées dans ceux deP (Ex. , xii, 1 -20, Nombres, xxviii, 16-xxix, 39).Voici encore un détail des plus curieux : Sans tenir compte de l'ordonnance si claire de Lév., xxiii, 10-11, le sens de "rVÛ^SZ ll^Din VnnD^ffr^^^**' une phrase

vide de tout sens, car la njoisson ne commence pas partout le même jour. Autre chose est quand la moisson de la première gerbe est un acte solennel pratiqué, sinon au vu, du moins au su des nombreux pèlerins qui ont assisté la veille à la célébration du sacrifice pascal.

xvin, 3.

s) Les prêtres recevront comme casuel Tarrière-bras (yiî)> ^®s mâchoires (n^^nb) ^^ l'estomac (T}2p) de chaque victime. Selon P, la part des prêtres était la cuisse (piiy) et la poitrine (nîn)' qui devaient être enlevées avec des mouvements solennels appelés relativement HDIin ^^ nSljn (Ex., XXIX, 26-27 ; Lév., vu, 30-34; N.,xvin, 18). La concordance entre les deux tarifs ne porte que sur le premier objet, car, malgré la divergence des mots, y|j en parlant de quadrupède est bien la même chose que p-|{jf « cuisse, gigot ». En ce qui concerne le reste, le désaccord est complet : d'un côté c'est la poitrine, de l'autre côté ce sont les mâchoires et Testomac. Laquelle des deux stipulations est la plus moderne? Évidemment celle qui a aboli l'ancien rite de la nDTin ^^ de la nSUn q^î donnait plus de besogne au prêtre sacrificateur, la poitrine étant un morceau plus gras et plus fin que les mâchoires et l'estomac. En effet, le nom nSUn» q^^ figure dans l'ancienne littérature (Isaïe, xix, 1 6 ; xxxi, 22), est absent du Deutéronome, et l'offrande si importante de la nDlin» déjà constatée dans l'ancienne élégie de David (II Samuel, i, 21), et citée comme un rite antique par Ézéchiel (xx, 40; xliv, 30, passm)j figure également dans D au milieu d'autres sacrifices connus du public et n'ayant besoin d'aucune explication (xii, 6, 1 1 , 1 7). N'est-ce pas parce que cette explication est déjà donnée par P (N., XVIII, 26) ? il y a plus, l'emploi de j;-|j par D ne s'explique que par le désir d'éviîer le composé indispensable pD^n PW> c^ q"^ Vil signifie déjà par lui-même. Si P avait trouvé ce terme dans l'usage, il ne se serait pas donné la peine d'employer une périphrase.

XVIII, 10 a.

t) « XVIII, 10 a = Lév., xvm, 21 ; xx, 2. » Il s'agit de Texpression jjfj^j^ ^nSI 13D TSJ^D ^^^^ î^ parlerai encore dans l'article suivant. En face du code sacerdotal qui traite des sacrifices d'enfants en l'honneur de Moloch, D défend le passage des enfants par le feu dans un but superstitieux, fût-ce même en l'honneur de Yahwé ; cf. xii, 31 . D. est en progrès sur P et, par conséquent, plus récent.

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