XVIII
u) Défense de tolérer divers opérateurs d'arts magiques : celui qui fait passer ses enfants par le feu; l'aruspice (d^ûDP DDp)' ^^'"* ^"^ pronostique par les nuages (pij^O); le devin (tt^niD)î '^ sorcier {t\W^ri)i l® magicien (-Qn -)3n) ; c^l^^ ^"i consulte les mânes, la pythonisse (^xi^ '^JVTI D1^) ' ^^ nécromancien (a'^non bx ^H)- La première trace de cette loi se trouve dans A sous une forme particulière et indirecte : c Ne laisse pas vivre la sorcière • (^^ nSB^DD rpnn» Ex*» ^^^^? ^'^)' Ce -verset de trois mots doit visiblement faire groupe avec le verset 19 qui défend, sous peine de mort, tout sacrifice à d'autres dieux que Yahwé, tandis que le verset 18, contenant la défense de la bestialité (qy; ^yff ^3 -|q-q), se rattache très bien au passage 15-16 relatif à la séduction d'une vierge libre et qui contient aussi le verbe 33^^. P est plus explicite et rattache les opérations exprimées, afni et n^t;, à la défense de manger la viande près du sang de là
victime («ijjij^n iài wn^D ià mn b:: ibDxn xb^ l., xix,
22). La connexion se comprend aisément: d'une part le sang qui n'est pas apporté sur l'autel de Yahwé devient la part des démons, c'est-à-dire des autres dieux (ibid., xvii, 3-14); d'autre part, les consultations magiques avaient précisément lieu à Toccasion des sacrifices et particulièrement l'inspection des viscères (Ézéchiel, xxi, 26). La défense des pq^ et des D'^JVT vient ensuite au verset 31 , après diverses prescriptions de moralité et de sainteté (31 ), et est répétée dans xx, 6 et 1 7,
égalemetît comme étant contraire à la sainteté. Grâce à l'identité de situation de A et P, il devient aussitôt clair que ce dernier a amplement développé et généralisé en même temps la défense que A avait présentée sous une forme féminine nBl2/DD» vraisemblablement dans un cas particulier où l'inculpé était une femme. Comme le mot a^j^^ exprime dans A l'idée de la magie en général, P ne pouvait pas l'employer dans son énumération analytique. L'absence de ce mot dans P prouve donc de nouveau jusqu'à l'évidence qu'il dépend directement de A, car s'il dépendait de D, il lui aurait emprunté non seulement le mot c^uf^, mais aussi les termes qdP ^t n'^non bx tfH ^^^ lui sont propres. Dans l'hypothèse contraire de la dépendance de D à regard de P, tout s'explique de soi, car, comme dernier législateur, D asimplementcondenséetcomplété les ordonnances de P par le mot c^^f^ relevé dans A et par deux autres termes spéciaux et courants. L'imitation sur P est encore visible par la phrase introductoire de ce verset : «^j^ TSï^D 13 KîfD' xb lyxmraV q^î résume L., xviii, 21 etxx, 2-6, où figure également la défense des j^'^H ®^ ^^^ D^Ji^T»? mais tandis que L parle des sacrifices d'enfants offerts à Moloch, -j'^on' 'eDeutéronome entend défendre d'offrir ces sacrifices à Yahwé (D., XII, 29-31), ce qui indique un stage plus avancé de la propagation du yahwéisme dans la religion populaire. Quant au rôle introductoire qu'il joue dans ce verset, il est moins bien à sa place que le aiH Vj^ ibOKH xb ^^ ^^ lequel désigne les sacrifices de bêtes qui lont infiniment les plus fréquents et qui fournissent ordinaireinent l'occasion aux aruspicesde pronostiquer, et cela atteste en dernier lieu le caractère d'une imitation secondaire.
La critique moderne n'a pas cru nécessaire de faire ces recherches ; le seul argument qu'elle produit consiste dans l'absence de c\t£f3 dans L, sans même s'apercevoir qu'elle prouve justement la priorité de L vis--à-vis de D; ce n'est pas la première fois que sa prétention à. la profondeur et à l'infaillibilité se révèle à nous superficielle et fallacieuse. Passons.
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viction entière il faudrait reproduire le passage dans son intégralité ; contentons-nous cependant de le résumer ; disons seulement que la création des villes de refuge y est rattachée à la division du territoire entre les tribus et à l'attribution d'un certain nombre de villes aux lévites qui n'ont pas de territoire à eux pour leur servir de demeure parmi les autres tribus.
1 . Création de villes de refuge (E)bpD "^IV)* ^^ *^"* homicide involontaire (njJittfS lî^Si nSû nV"l) trouvera un asile contre le vengeur, qui pourrait tuer l'homicide avant que celui-ci fût jugé devant l'assemblée. Ces villes seront au nombre de six, trois au delà et trois en deçà du Jourdain, et serviront indistinctement aux Israélites et aux ralliés.
2. Énumération des moyens qui ont servi à commettre le meurtre par haine (nXJtt^S) ^* V^^ donnent au vengeur le droit de tuer le meurtrier en le rencontrant (16-21).
3. Cas d'homicide fortuit, sans préméditation (rpiîf xb^)^'' sans animosité préalable (nD'»x)j ^'^^^ l'assemblée, après avoir confronté l'accusé et le vengeur, doit faire réintégrer le premier dans la ville de refuge où il devra rester; il ne pourra rentrer chez lui qu'après la mort du grand prêtre. S'il en sort avant cette époque, le vengeur qui le tuera ne pourra être puni de mort (m ^^ pj{); éternité et généralité de cette loi (22-29).
4. La peine de mort ne peut être prononcée que sur l'attestation de deux témoins et non pas d'un seul. Défense d'accepter une rançon (na^) pour racheter la mort d'un assassin ou pour faire fuir celui-ci dans le lieu d'asile pour y attendre la mort du grand prêtre; le sang versé (de l'innocent) ne peut être absous que par le sang de celui qui l'a versé, autrement la terre serait contaminée et indigne d'être le séjour de Yahwé au milieu d'Israël (30-34).
Inutile de démontrer l'étroite analogie de D et de L ou P à propos de cette loi ; c'est la question de priorité seule qui a iE)e8oîn d'être tranchée; nous y parviendrons en examinant les divergences de quelques détails significatifs.
N rapporte la fondation des refuges à la même époque que la délimitation territoriale des tribus et antérieurement à la fixation des 48 villes lévitîqucs dont ils font partie (xxxiv-xxxv,
onjnnK "j'^nbKmn'» nnDV 0- P^ '^ «élargissement du domaine >, l'auteur fait naturellement allusion à la conquête de la Palestine cis-jordanique, où doivent se trouver trois autres villes de refuge, en pleine conformité avec N qui lui a servi de source. Le manque de précision qui rend obscur le premier verset montre que, par suite de la clarté éclatante de l'original qu'il résumait, aucun lecteur ne pouvait être induit en erreur. Ajoutons encore un mot: si N était tributaire de D, il n*aurait pas manqué de prévoir le cas relatif à l'accroissement du territoire et de prescrire l'augmentation de trois autres villes de refuge. L'absence de cette prévision et de cette presciiption prouve dp nouveau l'originalité de la forme sacerdotale.
Enfin, cette originalité de N==Pse révèle à nous par un examen de sujets traités immédiatement par D. Des deux passages qui suivent la loi en cause, l'un (v. 14) défend de déplacer au détriment des voisins les limites territoriales fixées par les anciens, l'autre déclare insuffisant le témoignage d'une seule personne pour établir une accusation (1 5). Ces sujets n'ont aucun lien- entre eux ni avec ce qui précède; ils se trouvent au contraire bien en place et en relation naturelle chez N : le premier dans la délimitation du territoire attribué aux tribus et des villes lévitiques qui comprennent les refuges (xxxiv-xxxv, 6), l'autre au verset 30 du passage étudié où il s'agit de la condamnation du meurtrier. Il est visible que D les a tirés de là pour les traiter chacun à part, mais en ce faisant il a déchiré les liens qui les tenaient dans leur cadre relatif et les a laisses dans l'état d'isolement où il se trouvent dans le Deutéronome.
xxii, 9-11.
w) a XXII, 9-11 = Lév., XIX, 19. ))^Les critiques avouent .seulement que pour ces passages, D se superpose à ( « deckt sich mit » ) Lév. ; ils se hâtent cependant d'ajouter que ce seul passage ne suffit pas à démontrer la dépendance du Deutéronome à regard deLov., xvii-xxv ( « Doch genûgt dièse eine Stelle nicht, eine Abhangigkeit des Deut. von Lev., 17-25, zu erweisen »). Mais l'indépendance de ces passages étant im-