XXIII
bb) € S'écarte par l'expression de Ex., xx, 24 A autant que Lév., xxv, 36. » Cela signifie, si je ne me trompe, que D est ici entièrement indépendant. J'ai quelque peine à partager cette opinion après la comparaison des passages cités dont le trait commun est la défense de recevoir de l'intérêt d'un prêt fait à un Israélite. A écrit:
«Si tu prêtes de l'argent à (l'un de) mon peuple (= Israélite), à un pauvre (qui vit) près de toi, ne sois pas envers lui comme un créancier; ne lui impose pas de l'intérêt H^^, au propre «morsure»).»
P est plus ample et fait intervenir deux fois la Divinité :
« Si ton frère devient pauvre et si sa main chancelle (= est près de sa ruine) près de toi, soutiens-le; (soutiens-le même si c'est) un rallié (-^j) ou un domicilié (aiif^n) ^^ 5"'^' ^^^^ près de toi !
Ne lui prends ni intérêt ni profit (n^Din) » crains ton Dieu; que ton frère vive près de toi !
Je suis Yahwé, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte pour vous donner le pays de Chanaan afin d'être votre (seul) Dieu.»
La menace de la colère de Dieu a été nécessitée par la facilité de pouvoir se soustraire à la demande du pauvre; l'appel relatif à la sortie d'Egypte et au don du pays a ce sens : ayant été vous-mêmes mis gratuitement en possession de richesses, vous devez avoir pitié des pauvres sans distinction d'origine, pourvu qu'ils demeurent au milieu de vous.
D, enfin, ajoute un nouveau point et fait aussi intervenir Yahwé, mais donne une tournure différente au motif. Voici une traduction littérale :
ce Celui qui fait un vœu à Yahwé ou qui fait un serment pour s'engager à quoi que ce soit, ne doit pas forfaire à sa parole, mais il doit agir en stricte conformité avec (la parole) qui est sortie de sa bouche.» Le législateur traite ensuite le cas des vœux prononcés par une femme, et décide que le père d'abord et le mari ensuite ont le droit d'annuler ses vœux le jour ofi ils en prennent connaissance; s'ils ont négligé de le faire le jour même, l'accomplissement des vœux est obligatoire pour elle (4-16). Cette mesure suppose que l'accomplissement des vœux était laissé à la commodité du vouant, qui est mieux en état de choisir le moment propice. C'est à ces délais indéterminés que le deutéronomiste tâche de mettre fm. 11 édicté: « Si tu fais un vœu h, Yahwé, ion Dieu, ne tarde pas à V accomplir^ car Yahwé, ton Dieu, t'en demandera compte (^y-T] ^1^*^12 yi'if'yv^ ^^ *" commettras un péché. > Puis, il parle de l'obligation de ne rien changer à la nature du vœu au moment de Taccomplissement (24) et fait remarquer enfin qu'on ne commet pas de péché en s'abstenant de faire des vœux (23). Comme on le voit, les prescriptions de D supposent la loi fondamentale de P qu'il modifie dans le sens d'une plus grande rigueur. Grâce à cette circonstance, il peut se dispenser d'insister sur l'accomplissement exact du serment qui est de sa nature plus grave. N, au contraire, était obligé d'en faire mention afin de stipuler le cas d'annulation dont, malgré sa gravité, il peut être atteint par l'autorité du père et du mari.
xxiv, 8.
dd) € Est si général dans l'expression qu'une dépendance formelle de Lév., xiii, P ne peut pas être prouvée. » Il me paraît qu'il faut absolument fermer les yeux pour ne pas voir la référence explicite aux ordonnances de P relatives au traitement de l'impureté causée par la lèpre. Cette affection occupe dans le Lévitique deux longs chapitres, xiii et xiv. Il y en est donné le diagnostic le plus minutieux suivant qu'elle envahit les différentes parties du corps humain, les étoffes tissées ou de cuir et les murs des maisons. L'inspection en est
payé, mais liniite le délit au cas où le journalier, indigène ou rallié, serait si pauvre qu'il aurait absolument besoin de cette somme le soir, après avoir fini sa journée. Au verset suivant, appliquant à ce journalier pauvre la considération émise par A au sujet de la couverture donnée en gage par un pauvre (Ex., XXII, 25-26), il ajoute que le salairedoit être payé le jour même avant le coucher du soleil, afin que l'ouvrier ne se plaigne pas auprès de Yahwé qui en rendrait responsable le patron. La restriction introduite par D est évidemment postérieure à la sévérité systématique de P, qui serait extrêmement exagérée pour la majorité des cas où le journalier a quelques petites épargnes ou peut trouver du crédit pour vingt-quatre heures.
xxiv, 19-22.
ff) « XXIV, 19-22 = Lév., XIX, 9-10. » C'est encore D qui comble les lacunes de P. Dans Lév.,xix, 9-10, il est ordonné d'abandonner aux pauvres et aux ralliés les épis de blé qui poussent sur les lisières des champs (nnijf nXS) ^^ ^^"x qui ont, par hasard, échappé aux moissonneurs ou glanures (^p^). La même loi doit être observée au sujet des grains qui restent sur la vigne (m^) ou qui tombent par terre après la vendange (dis)- ^ ^^ ^^^^ ^^^ l'abandon du produit des lisières, mais ordonne d'abandonner la gerbe oubliée au champ après la récolte. Il ordonne aussi de laisser les glanures non seulement dans la vigne, mais aussi dans les oliviers. Cette addition prouve déjà à elle seule le caractère complémentaire de D. D'autre part, la considération que la part des pauvres ne peut se borner à la gerbe oubliée par un simple hasard, il est presque certain qu'il a voulu enchérir sur les prescriptions de L, qu'il admettait également, bien qu'il n'en ait pas parlé d'une manière explicite.
xxv, 13-16.
gg) « xxv, 13-16 = Lév., xix, 35-36. » Ici encore, c'est Lév. qui pose le principe : « Ne commettez pas de fraude
qui est commune à notre verset et à Ex., i, Ha (3, que les critiques attribuent à J pour les besoins de leur cause. L'arbitraire de cet agissement résulte d'ailleurs de ce fait, qu'on ne peut pas exprimer autrement Tidée de c travail dur», qui se trouve dans toutes les langues du monde. Le mot *t-)3, t dureté», qui figure dans Ex., i, 13 et 14 ^ P, peut bien entrer dans la proposition nna^ mS^ HS^ ^" T*3J^n P^-rce que IlSl complète adverbialement le verbe ^^^ ou ^^^j^n» niais la composition isolée niB3 m^J? ^^ llS m3J^ n'a aucun sens en hébreu et ne pourrait donc pas servir de complément indirect au verbe ^y^Q dans Ex., i, 14 a (3, ni au verbe jna dans D., xxvi, 6, où par conséquent^ la composition adjectivale ,-|2fp nnSV ^^^^^ '^ seule possible.