‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 124 sur 140 · A ponctuer nsti au lieu de npn · texte numérisé non relu

A ponctuer nsti au lieu de npn

Seulement, ce n'est pas à Salomon, c'est à M. Cornil! luinoême que les complinoents doivent être adressés. C'est lui qui a paré de bijoux charmeurs et irrésistibles la médiocre beauté qui n'était nullement faite pour attirer l'attention.

Dans les deux derniers vers, l'imitateur a cherché à donner quelque chose d'original tout en conservant presque intacte la charpente ancienne. Nous avons tracé plus haut toute la série des changements qu'il a opérés surtout dans la vocalisation des mots. Son invention la plus ingénieuse est certes le mot final D^DlVV3' * ^^"^ '^^ '^^^^ inconnus, ignorés >, qui doivent former parallélisme avec 'jan^^ « dans les ténèbres » . La métamorphose de ob'iy ^^ D1?V ^st un trait agadique fort

connu, trait au moyen duquel les docteurs talmudiques justifient la défense de prononcer littéralement le tétragramme divin : si le verset Exode, m, 15, ubvh ^DEf tlh signifie dans un sens : « Yahwé est mon nom à tout jamais », il veut aussi dire : « Yahwé est mon nom (destiné) à être caché, retiré de la prononciation profane (d^I^V^) ^^^^ cette intention se manifeste par l'orthographe défective de Q^^^sans ^ après le ^. A n'est probablement pas le premier qui ait fait usage de ce jeu de mots. Mais ce qui courait les écoles pharisiennes de la Palestine était un mystère insondable pour le traducteur alexandrin, et pour se tirer d'embarras, il lut le mot final en

cause Q^O^y^, « dans la jeunesse >; puis il rapporta cette • ^-. —

expression nu rajeunissement incessant des phénoments naturels et la rendit par ènl y.aiv6vnroç, « pendant la nouveauté, le renouvellement >.

Éliminons donc, sans le moindre scrupule, le factum midraèique avec sa maladroite traduction grecque que quelque amateur de curiosités a pris la peine de noter dans son exemplaire des Septante. Mais ne manquons pas d'en tirer la morale. Après s'être laissé aller à affirmer l'origine salomonienne d'un pastiche pharisien et l'appartenance aux Septante de sa version, l'école critique moderne n'a pas le droit de se croire plus à l'abri de l'erreur que l'école adverse. Sa science et sa conscience ne sont pas mises en doute, mais sa prétendue infaillibilité est perdue, à tout jamais perdue.

exprimée par le Deutéronome dans des termes presque identiques, niû3 Dnaitf^i 3>2dd uy:i^H bD» dd^ n^^am (xn, i o) .

Devant cet accord de tant d'auteurs différents peut-il subsister le moindre doute que ce chapitre xii, sans parler du reste, émane d'une époque postérieure à celle de Salomon? Qu'on nous montre dans toute l'histoire suivante de la Judée un seul règne qui eût joui d'un pareil état de sécurité. Libre aux critiques de recourir à l'affirmation toute gratuite que les données des livres de Samuel et des Rois ont été fabriquées après l'exil dans l'esprit deutéronoraique, le passage D., xii, 9-10, défie tous les subterfuges. Le Deutéronome primitif est bien un projet de réforme destiné principalement à condamner les excentricités tolérantes du vieux Salomon. Diverses copies en ont été certainement répandues parmi les fervents yahwéistes et les prêtres officiants en possédaient des exemplaires. Le roi Amasias est explicitement mentionné comme ayant conformé sa conduite à l'ordonnance spéciale du Deutéronome, xxiv, 1 6, de ne pas rendre responsables les enfants des crimes de leurs pères et vice versa (II Rois, xiv, C-7). Il n'y a aucune raison de supposer qu'Ézéchias l'ait tout à fait ignoré. Tout ce qu'on peut dire, c'est que sa réforme relativement à l'abolition des bamot (ibidem, xviii, 4) a été retirée par son fils Manassé qui rétablit l'ancien mode du culte. Pendant les deux années d'Amon cet état religieux persista, et ce n'est qu'avec l'occupation du trône par Josias que le yahwéisme reprit le dessus. Mais à cause de la trop grande jeunesse du roi — Josias avait huit ans en occupant le trône — les prêtres, représentés pas Helcias, durent attendre encore dîx-huit ans pour obtenir du monarque l'exécution totale de la Loi. Le Deutéronome, comme les autres livres yahwéistes, se trouvait toujours dans le temple, probablement en plusieurs exemplaires, pour l'édification du clergé fidèle. En dehors de l'enceinte sacrée, on en savait fort peu de chose, mais on en reconnaissait l'autorité comme faisant partie de la Loi mosaïque.

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