‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 46 sur 140 · Juda et Tamar (cliap. xxxviii · texte numérisé non relu

Juda et Tamar (cliap. xxxviii

L'unité de cet épisode est généralement reconnue La rencontre du nom de p|^p|i empêche les critiques de l'attribuer soit à A soit à B, qui sont élohistes tous les deux. Mais, tout en reconnaissant C pour auteur unique, les critiques sont en désaccord entre eux sur la patrie de cet auteur ; les uns le déclarent israélite (Reuss., Kuen.), les autres judéen (Dïllm.). Cette dernière opinion est sans aucun doute la seule exacte, bien que l'idée de voir dans ce récit une sorte de pamphlet destiné à avilir la lignée royale de Juda se présente facilement à Tesprit. La vérité est que la Genèse n'a pas poussé sur le sol israélite, mais que c'est l'auteur prophétique judéen qui a lui-même voulu donner une leçon d'humilité à Salomon en lui démontrant, par l'exemple du grand ancêtre, le danger des alliances matrimoniales avec les peuples étrangers. Ce but n'était d'ailleurs pas le seul que poursuivait l'auteur. Ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, le narrateur cherche à

faire comprendre que tout écart de la bonne voie entraîne des suites désagréables et souvent funestes. Juda, qui a ciierché à éloigner son frère Joseph de la maison paternelle et à l'exposer ainsi à un esclavage éternel, se trouve lui-même, en s'éloignant volontairement de ses frères pour peu de temps, dans une situation qui lui rapporte l'humiliation la plus grave et d'autant plus déplorable qu'elle est restée attachée comme une tuniq^ue de Nessus à toute sa postérité. Voilà la vraie signiûcation de cet épisode, dont l'attache avec le récit précéder/t est aussi claire que parfaite, et il nous est impossible d'envisager autrement que comme une myopie excessive l'affirmation des critiques modernes que cet épisode n'a été placé en ce lieu que par le compilateur.

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