‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 47 sur 140 · Joseph en prison (chap. xxxix · texte numérisé non relu

Joseph en prison (chap. xxxix

M. Wellhausen avait émis l'opinion que les versets 1 -5 et 30-23 appartiennent seuls à C ; le passage 6-1 9 serait au contraire de B. Cette opinion s'appuie sur le doublet 1 0 ^ et sur quelques expressions qui seraient particulières à cet auteur. A cet argument, Dillmann objecte que, parmi ces expressions, les unes sont communes à plusieurs auteurs, et les autres ne se trouvent pas chez B. Je me suis si souvent exprimé sur la nonvaleur des arguments lexicographiques dans la critique littéraire de la Genèse que je me contente de renvoyer les curieux au commentaire de ce savant, qui soutient la paternité de C pour tout ce chapitre, ce qui se traduit pour moi dans la reconnaissance pure et simple de l'unité de notre texte. Dillmann fait cependant quelques restrictions en faveur de l'ingérence du rédacteur; je suis donc obligé d'en examiner la nature et la portée.

« Assurément, écrit le savant critique, il manque dans le contexte de B, entre xxxvii, 36, et xxxix, 3 et suiv., une donnée sur ce que le chef des satellites a fait de Joseph et comment celui-ci a gagné la grâce de son maître par son habileté ou par sa vertu. Vraisemblablement, non seulement G a déjàutilisé les données afférentes de B, mais R en a, lui aussi,

— 9Ô — introduit dans le texte de G plusieurs fragments; par exemple n>bV0 ^H NTT (2)» 'T\H mttT»! W o« le verset 6 a (en grande partie superflu à côté de 4) et d'autres choses semblables. Outre cela, le même auteur, au moyen de l'interpolation de D'»n3tDn~' IB^DIB (0' ^ fondu ensemble les données divergentes sur le maître de Joseph en faveur de B; d'autre part cependant, par Taccueil des versets 20-23, il a tranché (avec quelques moyens subsidiaires, par exemple au verset 20) la différence relative au chef de la prison en faveur de C, de façon qu'il en résulte deux chefs, un anonyme comme fonctionnaire subordonné, et le capitaine des trabans Potiphar comme fonctionnaire supérieur. Toutefois, de cette fusion artificielle des deux relations découlent de nouvelles difficultés qu'on ne peut résoudre qu'à l'aide d'hypothèses auxiliaires, savoir un d^iq marié (1) et un Potiphar qui, comme mari outragé, met Joseph en prison (20), mais, comme chef de prison, lui accorde des avantages (xl, 4). »

Dillmann n'a pas tardé à s'apercevoir combien ces dernières difficultés étaient exagérées, car, dans son commentaire, il fait expressément remarquer que les eunuques étaient souvent mariés (1 ) et que, quoique gravement lésé, Potiphar pouvait traiter Joseph avec bonté dans la prison par égard à ses bons antécédents (20) et aussi parce qu'il n'avait pas grande confiance dans sa femme (19). Les véritables difficultés, réellement insurmontables, sont celles que se sont créées les critiques euxmêmes par suite de leur penchant à désagréger les passages les plus unis. En raison de la séparation absolue qu'ils admettent entre les Ismaélites et les Madianitcs, contrairement su sens exact de xxxvii, 28 (voyez plus haut les considérations sur ce passage), ils se sont enlevé toute possibilité de reconnaître, dans le verset 1 de notre récit, une reprise du dernier verset du chapitre xxxvii, reprise indispensable après l'interruption causée par l'épisode de Juda et Tamar (chap. xxxviii), et ils ont été forcés de le rattacher, en dépit de toutes les invraisemblances, au verset xxxvii, 28, qui mentionne en dernier lieu les Ismaélites ; et comme une aberration en amène toujours une autre, ils ont été obligés de déclarer que, dans XXXIX, I, le membre de phrase «njf HJ^IS D^"1D IS^DIS

D^naûn» q^^ figure déjà dans xxxvi le compilateur afin de rétablir Tharmc dans la conception originale de C, José particulier égyptien convenablemen désignation, ajoutent-ils, qui est al côté de celle qui précède (Dillm.). Ni ailleurs, placés en face d'une fraude mise par un triste conciliateur qui lieu de biffer tacitement les mots >^^^J de son interpolation qui dit au contr seph était un haut officier de la cour, moment que le simple Égyptien apf B, il manque complètement ce que , la faveur de ce dernier, puisque, dat 2-XL, 2, il n'est fait mention que de ce qui est autrement grave, c'est de cette grosse absurdité qu'un simple clave, cru plus ou moins coupable, ( aux officiers du roi. Ces deux considé tante reductio ad absurdum de Thypo pas ébranlé la confiance des critique mière difficulté, on affirme que 1(

n^bvD (2), mx r\l]î;^) (4) et 6 a c à B ou tirées de B par le corn pi comme ils le font très souvent, que c et simplement retranché cette partie étaient si complètement d'accord sur par Joseph à son maître que le texte sirer à cet égard, nous n*aurions pa leur prouver le contraire ; ce sont les leur méthode. Quant à la grosse absui par un simple roturier dans la priser viteurs du roi, ils la baptisent simp nienZy Hupf., Dillm.) et l'attribuent émissaire qui est chargé de toutes les site à charger les auteurs primitifs. : ment, les difficultés précitées s'évano au soleil lorsqu'on laisse le texte dans

La qualification ^nVD lî^'X îï^dique que Potiphar n'était pas un étranger pourvu d'un nom égyptien, comme cela s'est passé pour Joseph (xlï, 41). L'auteur a puisé cette donnée à la source qui lui a livré le nom propre Potiphar. D'autre part, en conformité avec xxxvn, 25, 27-28, l'auteur a employé l'ethnique D>*^^j;oBf^» qni comprend aussi les Madianites dans le langage populaire (Juges, viii, 24). Potiphar, faiblement convaincu de la culpabilité de Joseph, a placé celui-ci dans la prison particulière aux officiers royaux qu'il avait dans sa maison et dont il était probablement l'inspecteur général. A l'abri de cette protection latente, Joseph, à force d'activité et d'intelligence, réussit à gagner la faveur du chef de la prison (ijj; "inon n^s)» ®*> ^^^ '^ recommandation de celui-ci, l'inspecteur trouve bon de mettre Joseph à la disposition de deux hauts fonctionnaires royaux qui y sont incarcérés jusqu'à ce que le roi ait pris une décision sur leur sort (xl, 3-4). Dans tout cela il y a une pièce unique, sans juxtaposition ni soudure.

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