Joseph interprète les songes des deux serviteurs royaux
(chap. xl).
L'origine unique de ce récit est généralement reconnue par les critiques, qui l'attribuent à l'auteur B, lequel, paraît-il, tient beaucoup aux songes. Comme la plupart des auteurs bibliques y tiennent tout autant, j'en conclus que le sigle B équivaut à A et C. Cette équation résulte aussi de cette circonstance que les huit mots qui terminent le verset 3 sont presque entièrement calqués sur le passage analogue de xxxix, 20, qui, quoi que disent les critiques, appartient certainement à l'auteur primitif lequel serait, d'après eux, C. Ces savants avouent eux-mêmes que des indices linguistiques particuliers n'existent pas dans ce chapitre et que le nom divin D\n*7X convient à la situation sans autre portée. M. Wellhausen fait cependant remarquer, dans les versets 3-4, 6, 8, 11 , 15, 17, 19, le manque du suffixe verbal qui distingue B de C. Comme cette règle a beaucoup d'exceptions, comme par exemple xx, 13, et que l^emploi du suffixe verbal se trouve au verset 38 de ce chapitre, nous ne
ibuer une valeur quelcc es àxxxTX, 20 etsuiv.
prouvent l'unité rédacti doivent pas être regan s par le rédacteur, ain ivolement. Pour l'origini l'assignent unanimemei vait un récit semblable it bien singulier que le i i le docunfient C, se soit
• celui de B. Je pense qu tire le service de la coin )u reste, il n'existe au( [)itre. Le passage 5 i vi î se rapportant au mot
tut.
es songes de Pharaon e (chap. xu
est à peu près complet re de ce chapitre avec 1 e œuvre de B en gros, nde relation des songes d'interpolations prises
îedenNlD(2-4), piC
• xbû (^*) ^^ f^^^ d^ 23 accumulent toutes c(
mt pas que C constitue
seulement que ce docui
lareilles affirmations dé(
ne peuvent réclamer la
1 cette idée étroite qui
des synonymes quand (
end point comment le ré
ire qu'il introduisait par
frent, d'ailleurs, aucune utilité imaginable. 11 est du reste entendu que B et C avaient des récits semblables, et comme Knobel attribuait ce chapitre presque tout entier à A, notre équation A = B =.-, C ne sera pas si facilement repoussée.
6. — Les frères devant Joseph^ leur humiliation et leur châtiment (chap. XLn).
L'unité de ce chapitre avec le chapitre précédent n'est pas contestée par les critiques, et l'étiquette B qu'ils lui appliquent importe fort peu. Les références aux songes de Joseph (G, 9 zz xxxviT, 3-9) et à l'intercession de Ruben pour lui (22 = XXXVII, 21) sont évidentes; toutefois, je ne trouve pas dans XXXVII le rôle de Ruben comme le guide des frères (contre Dillm.). Comme fils aîné, il devait offrir ses services avant les autres, mais Jacob, qui n'avait pas oublié sa conduite immorale (xxxv, 22), ne les accepte pas et accorde sa confiance à Juda (xLiii, 8). Les critiques, il est vrai, assignent le chapitre XLiii à C, mais nous verrons plus loin avec quelles raisons. Pour établir une distinction sensible entre B et C, auteur présumé du chapitre xxxvii, ils rappellent l'emploi de certains mots qui ne se rencontrent pas chez C, mais c'est là un argument bien mince. Ainsi, •^^1, terme caressant, cadre mieux que -)y3 dans 22, et, de plus, le -j^j de xxxvii, 2, est pris dans un sens adjectival. L'usage du nom civil 3pj;> (1 , 4, 29, 36) est bien en place dans une pièce où le nom de la Divinité n'est mis que dans la bouche d'un (supposé) Égyptien (18); p\^ étant un terme général pour « sac *, soit de grande, soit de petite dimension ou cilice (xxxvii, 34), peut parfaitement alterner avec nnnDX (^^ nriD? ^^ étendre»), qui désigne particulièrement un gros sac, et même le remplacer tout à fait. Aussi voyons-nous p^ et nnnDN figurer côte à côte au verset 27, et le dernier seul dans le verset suivant, qui, dans l'idée des critiques, grâce au nom n>nbx> ^^^^ ^''^^ assigné à B. Naturellement, comme ce passage et les suivants dérangent leur calcul, ils recourent à l'hypothèse des interpolations, ce remède infaillible contre toutes les infirmités du système. Peu
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son possible pour ne pas rester couché, et, quoique très malade, il reste assis penciant lout l'entretien qa'il avait avec lui.
Versets 3-4. Référence h xxxv, 1 1-12, combiné avec xxvm, 3-4 et xxxv, 6, où se trouve Je nom de l'j'j Gamn>e équivalent à '^i^ n'3, tandis que l'expression q^^ ntTTK ®^ empruntée à XVII, 8.
Verset 5. Sur le sens de ^K^^^r voyez le vearset 7* — "h V»T pyott^l pWTD' * ^^^ ^^ seront comme Ruben et Siméon » y c'est-à-dire : bien qu'ils soient nés les derniers et à l'étranger^ ils auront le même droit h, l'héritage que l'aîné de mes fils.
Verset 6. Le mot rnblD * ^^^ '® ^^^^ ^^ * descendants •. — rnbvi? passé au lieu du futur T»biri*
Verset 7. En parlant des promesses d'avenir qu'il a reçuea à Luz, Jacob s'empresse de rappeler à Joseph que, préciséraent peu de temps après, il a eu le malheur de perdre sa mère, et qu'il a même été obligé de lui donner la sépulture dans le voi^ sinage de Bethléem. Ce verset manque de toute liaison avec le passage précédent, et l'on reconnaît facilement que sa vraie place est après le verset 4 et que le ^ de ^^^^ marque le contraste entre la promesse faite par Dieu d'augmenter le nombre de ses enfants et la disparition de Rachel. On comprend maintenant le sens de nnyï ®" début du verset 5. L'idée est celleci : sachant que Dieu veut augmenter le nombre de mes enfants, je crois me conformer à son ordre en adoptant les deux aînés de tes fils, qui seront désormais comptés parmi mes descendants directs.
Verset 10. La donnée sur la presque cécité de Jacob explique a posteriori comment il n'a pas reconnu les fils de Joseph qu'il devait avoir souvent vus chez lui.
Verset 13. -j^^j^ tt^J^V « i' '^s approcha de Jacob >, afin qu'il pût leur donner sa bénédiction, qui exigeait l'imposition de la main de celui qui la donne sur la tête de celui qui la reçoit.
Verset 15, Au lieu de t)DV HN 113^1? ^^^ ^^^ matériellement inexact, puisque Joseph en personne n'y a aucune partj^
nb^iy ^^ nbiy ^^"^ certains codex;
isible des expressions n^bj^ ClTÛD ^'' -p-ljt3 y^l J^ID ^^ verset précédent montre clairement qu'il s'agit d'une période de repos, et cette circonstance nous conduit à lire, au lieu de n^B^^ ^^^^ n^K^» * ^^"s le repos k, substantif pris adverbialement comme q^jj et u^in' soit q^jî^, € en paix ». L'expression q^^^ j^')^^ est absolument équivalente à Dbl2^3 K13^ (Isaïe, lvii, 2). — La dernière phrase € et à lui (appartiendra) l'obéissance des peuples > fournit aussi une explication visible à laoïpi >o du verset précédent.
Verset 1 1 . Description de Tépoque prospère des descendants de Juda où les bêtes de somme qui supportent la plus grande fatigue en temps de guerre et de troubles restent pendant des journées attachées aux ceps de vigne pour attendre la fin de la vendange, pendant laquelle les hommes étendus par terre en faisant la sieste écrasent involontairement les grains de raisin et trempent leurs vêtements dans leur suc rougeâtre.
Verset 12. Description de l'abondance de vin et de lait que fournit la Judée, à un tel point que ses habitants semblent plongés dans une demi-ébriété et sont pourvus de dents blanches à force de se gorger continuellement de lait.
Verset 1 3. Q^on. Le pluriel semble marquer des petits golfes et piy semble désigner la Phénicie en général.
Versets 1 4-1 5. Isachar est comparé à un âne corpulent qui, trouvant de gras pâturages, se résigne à supporter les avanies de la part de son maître et s'estime encore heureux de se trouver dans cet état. Par cette comparaison, il est fait allusion au peu d'énergie que la tribu d'Isachar a montré dans ses démêlés avec les indigènes, qui ont réussi à la soumettre à leur férule au point de la faire devenir leur tributaire.
Verset 16, p^^ p, jeu de mots comme -j^^^n mirT C^)* La phrase ^q^ p^i signifie : < il rendra justice à son peuple », c'est-à-dire à Israël (Deutéronome, xxxii, 36), en luttant pour eux contre les ennemis ; le poète a certainement en vue les actions héroïques de Samson. La phrase suivante, ij^^Êf iriND
la partie environnante de la gi Éphron à Abraham avec celle-c
Verset 31. L'énumération ( cette grotte, surtout de la sépulti à Lia par Jacob lui-même, con dernier sur ce terrain.
Verset 32. Le patriarche ajo et de la grotte quMl contient a de tous les compatriotes du ver descendants de ce dernier n'oi contestation sur la validité de V
Verset 33. Le narrateur sup ses bénédictions et ses recomi assis sur son lit comme sur une n'eut plus rien à dire, il rentra la mort qui ne tarda pas à veni
Chap. L, verset 5. Par les « dans le tombeau que je me s niche funéraire que Ion ajoute fois qu'il y a un nouveau décès On voit seulement que Jacob a avant de partir pour TÉgypte.
traduire ^n^"i3 par « j'ai achet pour l'achat de vivres ou dans
Verset 10. Sur la situation de voyez plus loin la partie critiqi
Verset 1 1 . Les Chananéens
cérémonie de deuil accomplie ] de Jacob ; cela indique implicite ment nommée ne faisait pas par
Versets 12-14. Départ du c( retour de la famille patriarcale
Verset 16. Les frères n'osen sonnellement; ils emploient ui les fils de ce dernier; c'est le si
naient à la maison d'Isr individuellement enre§ comprend en même te nés en Egypte.
En ce qui coneerne I rons la parole à Mllma
€ De ceci les versets ce qui est attesté par l( nés (5), les mots Q^nb encore dans les versets versets 1 -2 et 5 (voyes C. Du reste de la sectii IDN) appartiennent inc 8-27, qui est très bien de la courte récapitula TExode, VI, 14 et sui\ patible avec elle, qui c gage (par exemple ^p d'autres morceaux de Bohm.), avec les donn d'accord, n'est pas non tardive du matériel d prise de n'importe oi principalement de A ( tefois refaite par R d' 26, 27(Nôld,,Brust.) 26 et suivants. La qnet repose sur A (Kn. , Ne pendante de A peut rei
Tournons d'abord r
mots '^xitt/^ ^D"^) ^^^^ dant on ne conçoit gu que aurait employé à acte religieux, Templi n'est caractéristique d donnée que la célébra Bcrsabée ne se trouva
st. également der SI, d'après U, JacoD est arrivé à Bersabi voyage, ou bien s'il y était déjà auparavant près de TÉgypte pendant la famine oa par su de Siehera. Au verset 2, qui emploie le nom d trouvent l'un à côté de l'autre les noms ^j(-|j
mîer, conformément au verset précédent, le le redoublement d'appel ^Xll^' bî^'nBy'* "*^ le langage populaire, pas plus que Q^i^j* n les mots y>y2^ ISpV' ^^ constituent nullemen rection ou d'atténuation de ^xitt^ ^33 fl^^ contradiction aurait pu être facilement évil aussitôt ces deux derniers mots par les deux | est plutôt que ^xitt^^ '33 ^» ^^i comme au v( railial qui passera imperceptiblement dans \ c'est-à-dire national (Exode, i, 1 , 7, 9 et 1 partiennent donc à l'auteur primitif aussi b de Dina dans 1 5&a, et rien ne permet d'aftir ou dans l'autre cas, il y ait la moindre tra L'introduction d'une petite-fille de Jacob ai déjà à elle seule avec quelle facilité on aura le nombre de soixante-dix, tout en conserva premier auteur. En déclarant que lamentiof contre de l'épithète ^jottf^ '33 (^) '^ ^riti ranger le mot T^ni321 (^ ^) dans la même ci dfmble erreur repose seulement sur leur fa d^bxnB^ in- ^^^ versets 26 et 27 «, l'aut les soixante- huit (voyez le commentaire) pei hors de FÉgypte et les deux fils de Josep Egypte; puis il résume le nombre total de la dix individus, en y comprenant leur chef (î ordinairement peu scrupuleuse dans ses cori d'à© conservatisme outré, en face de l'erre somme de soixante six au lieu de soixanté- 2&»sing^^len3kent pour pouvoir caractériser C( set 2:7 jusqu'à nDHÎfD» ^^^^^ ^^ ^^^ 3
(26), comme des interpolations du rédacteur qui coiriptait soixante-neuf au lieu de soixante- dix. Cependant, il me paraît que ce facétieux interpolateur se serait très peu formalisé pour une unité de moins et aurait lestement snpprimé le chiffre soixantesix qui ne s'accorde point avec la somme traditionnelle des soixante-dix enfants de Jacob descendus en Egypte (Exode, i, 5 ; Deutéronome, x, 22). Quant à la possibilité d'admettre qu'au moment de la descente en Egypte Benjamin était déjà père de dix enfants (21), le narrateur ne s'en est même pas aperçu, étant donné l'état de la polygamie ancienne. Pludeurs de ses enfants pouvaient être nés pendant la descente:; en Egypte comme c'était le cas de Benjamin iui-même qui naquit en route (xxxv, 16-19). Cela n'empêche pas l'épîthète de -|m, « jeune homme », qui est attribuée à Benjamin au chapitre xliv : comparativement à ses autres frères Benjamin était moins âgé ; c'est ainsi que Joseph est appelé ^'^i, « enfant » (xLii, 22), malgré ses dix-sept ans (xxxvii, 2).
2. V arrivée, la rencontre avec Joseph, la direction vers Gosèn (xLVi, 28-XLVir, 11),
La critique voit dans cette section une composition faite d'après C et A. Dillmann s'exprime ainsi qu'il suit: « Ici il est clair tout d'abord que xlvii, 7-1 1 , ne peut pas émaner de l'auteur du récit précédent. Là, ce sont les cinq fils de Jacob qui sont présentés à Pharaon, ici c'est Jacob lui-même; là c'est Pharaon qui leur destine Gosen comme domicile, ici c'est Joseph qui par ordre de Pharaon leur attribue le pays de ftamsès. La fixation de l'âge de Jacob (7), la phrase ^^x^ ^31^ ^D"^ (8» 9), D^IJD (3)» ntriK (^ '' )» indiquent A comme auteur. Avant le verset 7, il appartient (lxx) comme une partie primitive de A, encore 5 ^ et 6 a. Au contraire, xlyi, 28-xlvii, 6 é est à C, et il en porte une marque manifeste par la distinction de Juda, xlyi, 27, par les expressions V"1N1V hv '^S^ ^^ bxill^ (xvli, 29),
D^^an (^0), ^ri imj? (30), am^j» et nn^^in (34), j^vn
(xLYii, 2), ^33 (4) et d'autres encore. La chose est confirmée par ce fait que l'offre volontaire de Pharaon mentionnée par B (XLY, 18) n'est point supposée dans ce dernier passage. »
fait que confirmer, au moment de l'exécution, la promesse qui lui avait déjà été faite pour la première fois en termes généraux dans xlv, 1 8, afin de l'encourager à faire venir sa famille en Egypte. Il faut avoir un esprit bien méticuleux pour affirmer que ce dernier exclut le premier.
3. V établissement de la famille de Jaoob à Go&en et la modifia' cation introduite par Joseph dans la constitution égyptienne
(XLVii, 12-27),
Cet épisode, qui est presque entièrement consacré aux affaires des Égyptiens pendant les années de famine, est attribué par Dillmann à l'auteur G, à l'exception du verset 12 qui serait empruntée B, et au verset 27 que le rédacteur aurait combiné d'après G et A. Voici comment notre savant critique s'exprime à cet égard ;
'c Cette pièce ne semble avoir reçu sa place actuelle que par l'intermédiaire du rédacteur. Car pendant que le verset 12, qui forme l'introduction, rapporte d'après B comment, après l'immigration d'Israël, Joseph accomplit la promesse qu'il a donnée dans XLV, 1 1 , et que le verset conolusif 27 a apporte d'après C la conclusion de 6&, le verset 13 se rattache avec les paroles de C à XLi, 55-57, et c'est pourquoi il n'est pas invraisemblable que 13-26 soit la continuation du chapitre xli. En ce qui concerne l'origine de 13-26, il y figure certaines choses inusitées ailleurs dans le Pentateuque, comme nnb (^ ^)' DÛX (15, 16), cDiy (^9), î^-j (23). Bien peu de mots rappellent B par exemple n3n> IHH (^^» ^6; cf. xxix, 21 ; xxx, 1, en face du sens affaibli xi, 3 et souvent chez C), l'impôt de la cinquième partie (24, 26, mais dans une autre tournure que xli, 34), pin (20, mais dans un autre sens que xu, 57). Par contre, il s'y trouve un grand nombre de marques linguistiques de G, par exemple ^33 (13), japb ^t {«ïojn (^4)> HVp (2^)'
pi (22, 26), ^3^j;2 |n xvo (25), fxvn n^por ip2n 'd» rtonan d (i?, i8; cf. xxvi, U), n>T (**)> uru^ (^«)>
bni (27; cf. xxxm, 14); comme ausai la mention dea chevaux (17; cf. l, 9). Par ces raisons on sera tout de même
obligé de ramener la narration à C. Le verset final 27 a est composé de A et de C (j^fj yiNn à. côté de anVD V"l^3' » 27 b est pris de A et se rattache chez celui-ci au verset 11 et ne devient pas superflu, même par Exode, i, 7. »
Dans l'argumentation qui précède, il nous paraît intéressant de constater en premier lieu l'existence, dans cette courte section, d'un nombre respectable de mots ou de significations rares ou inconnus dans les autres narrations du Pentateuque. D'après la logique sévère de la critique moderne, on devrait y voir la main d'un rédacteur tout différent de celui à qui nous devons la compilation principale de la Genèse. Il est clair que la critique, au lieu d'aller au bout de son système, s'arrête à moitié chemin, afin de conserver du moins l'unité du rédacteur principal. Ceux qui ne sont inféodés à aucun parti pris se voient confirmer dans l'idée qui refuse aux particularités stylistiques la signification exagérée que ces savants leur attribuent chaque fois qu'ils peuvent le faire convenablement. Mais arrivons à la question de savoir si le passage 1 3-26 peut se placer immédiatement après XLi, 27. D'après mon sentiment, ce rapprochement est beaucoup plus difficile à opérer que ces savants semblent le croire. Les trois derniers versets du chapitre xli parlent bien de l'extension prise par la famine en Egypte et dans tous les autres pays. Par l'expression « autres pays >, le narrateur entend naturellement les diverses contrées de la Palestine, pas même les autres parties de la Syrie, car les pays éloignés restent toujours en dehors de son horizon historique. Or, la mention spéciale de la Palestine, de l'extension de la famine et de l'épuisement pécuniaire au verset XLvn, 13 et 14, n'est bien en place qu'après xlvii, 1 2, qui relate l'alimentation gratuite que Joseph accorda à toute la maison de son père, établie récemment en Egypte, mais la présence indispensable du verset 12 et son inséparabilité du verset 13, rendent absolument impossible de faire abstraction des chapitres xlii et suivants, qui racontent précisément comment l'immigration et l'établissement de la famille de Jacob en Egypte se sont opérés. En un mot, l'attribution de 1 3-26 inclusivement au prétendu A du chapitre xli est due en même temps à la fausse séparation du chapitre xli d'avec les chapitres suivants, et à
l'unité incontestable des versets 12 et Ceci dit, il laut des arguments plus conadmettre qu'un autre passage se trouve
que l'auteur lui avait destinée. Pour relie de Joseph, le narrateur n'a pu mieux 'une part, la prolongation extraordinaire [}, de l'autre le drainage de l'argent de ce ; en faveur des finances pharaoniques. A ssages 5-6 et 7-1 0, nous n'avons guère à Bttions du paragraphe précédent. Quant la transition indispensable au récit suiesl impossible de lui assigner une place cet avantage de nous apprendre que la jraélites, qui est nommée ordinairement de la province nommée pays de Ramsès lisemblablement par les Égyptiens; îtion entre ces deux dénominations est Cela enlève toute base à la pensée de
passage précédent, et comme ce verset pressions que les critiques croient partilous sommes autorisés à y voir la consouvent vérifiée dans nos études précé- = C.
commandations de Jacob et sa mort . XLVii, 28-xLix, 33).
e de plusieurs passages d'une inégale 1 les critiques voient une compilation de rtie excessivement mêlée et enchevêtrée
li concerne d'abord le verset 28, il est 'il sert de lien naturel avec le verset 27^ ssement définitif de la famille de Jacob )pement qu'elle y avait pris, l'autre se ièrement de la personne de son chef, en des années qu'il vécut dans son nouvel iite l'âge auquel il est mort. Cette
dernière donnée sert convenablement de préface à la narration suivante se rapportant aux dernières recommandations de Jacob malade. Le reste du passage se passe de commentaire et son unité n'a jamais soulevé aucun doute. Il ne réclame qu'une seule remarque : les exégètes auxquels je fais allusion considèrent à tort que le fait avancé au verset 31 b, et suivant lequel Israël est supposé avoir été alité, représente d'avance la situation qui est donnée plus loin dans XLViii, 3. C'est le cas inverse qui est vrai : l'expression niob ^Nltt^^ ^û*» 1D"lp^1 (29) exprime manifestement le dépérissement progressif des forces du vieux patriarche qui l'obligeait à rester souvent, sinon toujours couché, de sorte que l'appel fait à Joseph n'eut lieu qu'à un moment où il semblait qu'il n'avait plus longtemps à vivre, et que le moment était venu de penser sérieusement aux circonstances de sa sépulture. Ainsi que je l'ai dit dans le commentaire, le patriarche se prosterna sur le chevet de son lit en l'honneur de Joseph, afin de le remercier de la promesse qu'il lui avait faite de porter son corps dans le sépulcre de ses ancêtres en Chanaan. L'acte analogue du vieux roi David (I Rois, I, 47) s'adressait à la Divinité en reconnaissance de ce qu'elle lui avait permis de voir son fils Salomon iui succéder au trône avec l'applaudissement de la majorité de la nation .
b) Chap. XLViii. Le second appel à Joseph était accompagné de la mauvaise nouvelle que son père était déjà alité et malade, ce qui faisait prévoir sa fin prochaine. Il s'y rend donc avec ses deux fils, afin qu'ils reçoivent les bénédictions de leur grand-père mourant. Le patriarche, de son côté, fait tout son possible pour se tenir assis dans le lit par respect pour la qualité de prince qui s'attachait à son fils. Les versets 1 et 3, qui racontent ces faits, sont intimement liés aussi bien l'un à l'autre qu'au récit précédent, et ce dernier lien est formel le- ^ ment donné par l'auteur au moyen de la phrase initiale ^jy^)
nbNH D'^IDnrr ^iriN* ^" P^^** ^^"^ ^^ demander de quel droit les critiques modernes y voient une compilation bigarrée. D'après eux, le verset 1 viendrait entièrement de B, tandis que le verset 2 serait, dans sa première moitié, de B, et dans sa seconde moitié, de C. Cette dernière dérivation repose sur la
versets 3-7 est après les mots QniS 15^1 ^^ verset xlix, 29. Ce passage serait suivi immédiatement de now ^3N [nnvi] ijQjy bx ^*' ^u****^ po^r but de former transition à l'ordre d'enterrer Jacob dans la grotte de Makpéla. Mais cette interprétation, admise déjà par les rabbins, sous-entend dans le verset 7 précisément ce qui en ferait l'objet principal, savoir la proposition a et je n'ai pas pu Tenterrer dans la sépulture de mes ancêtres >, et c'est justement cette phrase directrice qui manquerait à l'appel? Du reste, Texpression niBN "ims» Q^î forme une simple répétition de nmôK N^b V"1X m33 et qui ne vise qu'à renforcer l'adverbe qjj^ qui précède, met hors de doute que le but du verset tout entier est de faire connaître à Joseph la situation exacte du tombeau de sa mère. Il est facile de prétendre que les mots explicatifs X2rh TV2 XIH ^^^ été ajoutés après coup on ne sait par qui {einjûngerer Zmatz), le reste suffit et ne finit pas abruptement comme l'affirment les critiques. En un mot, le passage 3-7 est bien en place et ne peut pas avoir été arraché à xlix, 29, où il n'a rien à faire. C'est le verset 7 seul qui doit être réintégré entre 4 et 5, comme je l'ai indiqué dans le commentaire. La perte causée à la lignée rahélide par la mort prématurée de leur mère sera dédommagée par le dédoublement de la descendance de Joseph en deux tribus.
Le reste de ce chapitre (8-22) présente deux traits principaux qui mettent les exégètes modernes dans un singulier embarras. On y trouve régulièrement employés côte à côte les noms
D'^nbî^ ^^ bxitt^^' ^^^^ ''^" e^''» ^®'^" e"^' caractéristique de B, l'autre de C. Wellhausen tranche la difficulté en opinant que le diascévaste, à partir du chapitre xlviii, n'a plus conservé la distinction de c Jacob » et d' « Israël >. C'est avouer implicitement la fallacité et l'insécurité du principe même de cette distinction. Budde attribue 8-9 à C et 10 à B, ce qui est contesté par Dillmann, qui invoque d'abord le verbe j^^i^ (8) contre la donnée de 1 0 a, et ajoute que 1 0 ne saurait appartenir à B. Le dernier savant fait justice de l'opinion deKuenen, qui considère les versets 13 et suivants, puis 17-19, comme une interpolation faite par un auteur tardif. Lui-même trouve un autre moyen pour sortir de l'impasse. Le récit serait une
l^tF'
nous avons mieux à faire, et no conîment le conapilateur, à moins c raison, a pu laisser sans retouche que sa compilation a créée, à ur
bK-iiy^ NT1 (8) et nN-ib bar Nb
prévenu, cela suffit pour faire voi est purement imaginaire, et en eff( pas nécessairement une vue distii leur apparence extérieure, mais a de contours indécis (Genèse, xxii, A remarquer plus particulièrement
pas la forme nxiû 1,13 bNIll^^ ^2^^ XXVII, 1 , et l Samuel, m, 1 , mais ne désigne nulle part la perte totj avait la vue très affaiblie, s'était m sence des deux jeunes gens ; il d( apprenant qu'ils étaient ses petitsn qu'on les lui amenât afin de les bér der la bénédiction par une scène d à celle d'Isaac (xxvii, 24), scène ac grâces à la Divinité de ce qu'elle li le fils qu'il avait cru perdu, mais aui (11). Ensuite Joseph retire les jeun grand-père, qu'il remercie par une fait prendre une altitude solennelle vieillard (13). Le reste se passe de au lieu de c^^V DN (^^)' ^^ ^^^^ '" résulte de la nature même de la b pressément les enfants (Q^im) ; d Joseph comme représentant ses enf au milieu de la bénédiction de ses verset 210, où le mot n^ doit être c
le résumé de la fin de la bénédicti( vention de Joseph. Enfin, dans 21 cralion formelle de la double pai dans le partage du pays de Ghana le commentaire), fait qui n'a été q