V enterrement de Jacob et la mort de Joseph (chap. l
Ce récit, le dernier de la Genèse, serait d'après les critiques un rapiéçage fait avec les loques de trois documents de la Genèse, et, pour contenter tout le monde, ils font encore intervenir le compilateur qui les aurait cousues ensemble avec du fil blanc, assez grossièrement pour que Ton puisse distinguer du premier coup la composition de cette singulière bigarrure, à laquelle l'auteur A aurait, on ne sait pourquoi, la part la plus insignifiante. La subite disgrâce de cet auteur reste et restera encore longtemps un mystère impénétrable ; mais n'insistons pas et écoutons attentivement notre guide habituel :
€ Dans ce récit, il appartient à A seulement v. 1 2 et suivants, comme accomplissement de l'ordre donné en xux, 29 et suivants; la donnée chronologique dans 22 et 26 n'est certes pas de lui, car il aurait écrit '^ '^^) p^jg; DNÛ- A^vec la même certitude les versets 4-11 et 14, donnant avis de l'accomplissement de l'ordre contenu dans xLVii, 29 et suivants(auquel fait allusion v. 5), doivent avoir été pris de C, en faveur de qui parlent aussi les expressions '^2 \n 'TlNVD W ON ^^ 1131 'b ^3mn (4). pT (8), 3D-I et a^af-jQ (9), -133 (9-^0, p b^ 5^-)p (11). L'introduction (1-4 a u) peut remonter à B, mais
typique à la sortie d'Egypte et à l'entrée des Israélites en Palestine, qui s'est faite à la suite du tour de la mer Morte et le passage du Jourdain; niais cette idée ne tient pas debout, car cette longue tournée est toujours considérée comme une punition de la désobéissance du peuple et n'était pas primitivement prévue. Un nouvel examen m'a montré que la difficulté est uniquement due à une erreur d'exégèse traditionnelle, qui prend l'expression j*n\-| -)3j; dans le sens de « au delà du
Jourdain». J'ai prouvé depuis longtemps que nn^lT^Di? ^^^^ seul peut désigner l'une ou l'autre rive du fleuve; il en est de même de nTH ID^» ^^ comme il ne viendra à Tidée de personne de se rendre d'Egypte à Hébron autrement que par la voie directe de Rhinocolura, il faut entendre par pTn 12^ "^ Palestine Cisjordanique. Or la Palestine proprement dite est un pays de montagnes, borné de plaines du côté du Sud et de l'Ouest. Le convoi, qui se composait d'une division de cavalerie et de chars de guerre, était donc obligé non seulement de faire halte au pied du haut plateau, sans pouvoir avancer avant d'avoir pris des mesures particulières, mais, réflexion faite, de s'y arrêter tout à fait, de crainte que l'arrivée subite des détachements égyptiens ne causât un soulèvement deshabitantsetn'apportât par conséquent un grave trouble dans l'exécution de l'enterrement. Grâce à cette réflexion, le récit devient d'une clarté parfaite. Les Égyptiens, empêchés d'assister ^ Venterrement à Hébron, célèbrent un deuil de sept jours à la dernière station de la plaine qui est Goren-Haafad (10). Les Chananéens indigènes contemplent la cérémonie funèbre du haut de leurs montagnes et perpétuent cet événement par le nom qu'il donnent à la vallée où il a lieu (11). Enfin les Hébreux seuls portent à Hébron le cercueil de Jacob, le déposent dans la grotte de Makpéla et reviennent aussitôt auprès des Égyptiens avec lesquels ils retournent en Egypte (12-14). Rien n'est plus conforme à Tétat des relations anciennes qui existaient réellement entre l'Egypte, suzeraine légale de la Palestine, etsesvassaux chananéens toujours prêts à se révolter quand ils soupçonnaient qu'on voulait changer l'état de choses et s'introduire militairement dans leur pays. Il reste un seul point à
élucider, savoir Tidentité de la localité appelée par la Genèse llDXn pJ!- J^ ^''^is y parvenir à Taide des considérations suivantes.
La signification de ce nom est des plus claires; il veut dire «l'aire aux épines», visiblement à cause des nombreux buissons d'épines qui se trouvaient dans le voisinage. Ces arbrisseaux, qui ne sont bons qu'à faire du feu (Juges, ix, 15; Psaumes, Lvm, 1 0), sont très répandus dans les terres arides du sud de la Judée ; néanmoins pour qu'une localité leur emprunte son nom, il faut croire qu'ils s'y sont fait remarquer par une abondance extraordinaire. Et cette circonstance donne à penser que la localité en question n'est pas restée tout à fait inconnue dans la géographie ultérieure de la Palestine. 11 est vrai qu'un nom de lieu ^Ja^n pJî ^^ IIDX ^^^^ court ne figure dans aucune nomenclature géographique de la Bible, Mais, pour pouvoir affirmer sa disparition réelle, il faut encore s'assurer qu'il ne se cache pas sous une forme synonyme quoique matériellement différente. Au cours de nos études bibliques, nous avons eu souvent l'occasion de constater que plusieurs noms de lieu, au fond identiques, n'ont été différenciés que par suite de la diversité des formes qu'ils revêtent chez les auteurs qui les mentionnent. Quoi de plus curieux que les localités censées introuvables nt£^*''b ^t njpnû (Isaïe, x, 30-31 ), qui, grâce au principe de synonymie, ont été reconnues comme identiques avec celles plus connues sous les formes respectives nT55 ^^ TTiS^^ ^ ^® même fait se produit en effet à notre grande satisfaction pour le nom que nous étudions. Si une ville nommée ^j^^ ^^ ^^ trouve
pas dans les textes qui sont à notre portée, nous y constatons une ville synonyme, et le hasard veut que nous puissions les identifier l'une avec l'autre sans grands frais d'érudition. . Le livre de Josué, xv, après avoir énuméré les villes de la Philistée depuis Accaron ouÉcron jusqu'à Gaza, s'étendant sur la plaine qui forme la limite occidentale du plateau montagneux de la Judée (versets 44-47), procède immédiatement à enregistrer les villes de la montagne, -i;^^, La pre-
mière ville qu'il cite s'appelle Shamir^ TDli^'» ^^t qui est abso-
lument synonyme de ^^n et signifie « épines, buisson
d'épines ». Comme Tauteur vient de parler du territoire de Gaza, il est presque certain que Shamir est situé dans le voisinage immédiat et par conséquent au coin sud-ouest de la Judée, c'est-à-dire justement sur le passage des caravanes venant de l'Egypte et ayant traversé le Wad-el-Arié, en vue de se rendre en Judée, surtout dans la Judée du sud par le chemin le plus court. Par bonheur, le nom de cette ville s'est conservé jusqu'à nos jours dans la ruine d'Umm-Samera(Rob.,III, 862) ou Sumra (Guérin, Judée, III, 364) située à cinq heures au sudestd'Hébron. Ilparaîtdoncque c'estdanslaplaineadjacente, utilisée par les montagnards pour la culture du blé, comme semble l'indiquer le titre de p^j, c grange, aire », qu'a été célébré le deuil de Jacob. Le sens et l'unité intérieurs une fois établis, nous passons- à l'examen de l'opinion de l'école critique, qui trouve dans ce récit un amalgame de trois documents différents. La première pièce (li, 29-33) est attribuée à A à cause du style diffus et de certaines expressions qui seraient propres à cet auteur, mais surtout pour cette raison que, d'après G, l'écrivain présumé de xlvïi, 29-30, Jacob confia à Joseph seul la tâche de l'enterrer en Chanaan. La faiblesse de ces argumenté apparaît facilement. Les marques du style ne tirent pas à conséquence, même dans les littératures plus rapprochées de notre temps. Et le plus souvent l'insistance d'un auteur sur un point donné ne nous paraît fatigant que parce que nous ignorons l'importance qu'il avait à cette époque. Quant à la contradiction avec xlvii, 29-30, elle est purement imaginaire: c'est Joseph seul, comme haut fonctionnaire de Pharaon, qui pouvait être chargé de cette délicate mission consistant à obtenir la permission de transporter le cercueil au dehors de l'Egypte, mais cela n'exclut nullement la recommandation collective faite dans le même sens dans xux, 29, car, si Joseph était venu à disparaître à ce moment, ses autres frères auraient dû se charger de cette mission, dont ils avaient certainement connaissance.
Ily a plus: l'expression aniî<iwd^^*^'^^''hen licite, malgré son absence dans la version des Septante, est garo^ntie par lu,
présente l'appel fait à Abraham par la Divinité au début de sa migration :
c Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je grandirai ton nom et tu seras un objet de bénédiction » (Genèse, XII, 2).
Tout ce qui était promesse et assurance à cet instant, tend dès lors, lentement mais continuellement, vers sa réalisation. Après avoir revêtu un aspect confus par la naissance de nombreux enfants accordés à ce patriarche dans une vieillesse avancée, la narration prend une forme décidément organique au moment où, par une sorte de sélection résultant de causes diverses, la grosse masse des Abrahamides se détache de la souche commune pour lui laisser désormais nourrir de toute ^a sève exubérante la seule tige qui y reste attachée, la famille de Jacob- Israël. Pour ceux que le parti pris n'empêche pas de voir les choses comme elles sont, cette vocation d'Abraham contient en germe la substance de tous les récits suivants. Conformément à la marche ordinaire de la nature, les promesses de l'ordre matériel et spirituel, la richesse (= « je te bénirai »), la renommée (= « je grandirai ton nom b), le respect général (= a et sois une bénédiction, etc. »), peuvent s'accomplir rapidement et sont souvent signalés par le narrateur dans la biographie du patriarche. S'il est obligé de supposer qu'Abraham n'était pas dépourvu d'une certaine aisance au moment où il se rendit en Palestine (xii, 5), afin d'expliquer convenablement la séparation de Lot (xiii, 5-11), il ne tarde pas à transformer cette aisance en vraie richesse (xiii, 16), au point qu'Abraham put refuser les biens qui lui avaient été offerts par le roi de Sodome (xiv, 21-24) et échanger des cadeaux avec Abimélec, roi des Philistins (xx, 14, xxi, 27-30). A côté de la prospérité matérielle, la renommée du patriarche ne cesse pas de grandir. Grâce à son acte de courage par lequel il a réussi à sauver la population et les biens de la Pentapole, il reçoit la bénédiction du prêtre-roi Meikisédec (xiv, 14-20). Plus tard. Dieu même présente Abraham audit roi des Philistins comme un prophète favorisé (xx, 7), et cette renommée n'a pas cessé de se répandre, comme le prouve le titre de '- prince divin * Q^n^x N^ii/i^ ^'^^ lui accordent les Hétéens d'Hébron (xxiii, 5). Ce sont les points
père essentiels du récit, les anneaux de la chaîne qui ratdans une grande unité les épisodes singuliers du draoïe aire dont la vie d'Abraham forme une des parties les plus usement élaborées. Si on les disloque, la narration tout enne présente plus qu'une ruine délabrée et informe, réalisation de la promesse de faire sortir d'Abraham une le nation, naturellement celle à laquelle appartenait le teur lui-même, la nation juive, étant d'un ordre physique torique, ne put s'accomplir que par une marche lente au de plusieurs siècles et n'atteignit son développement déque sous le règne deSalomon, lorsque les anciennes tribus, ue occupant leurs territoires primordiaux, furent fusionnées e seule nation ayant son sanctuaire central à Jérusalem et ise à l'autorité d'un roi résidant dans cette ville, devenue dtaledu royaume davidique. L'auteur de la Genèse s'étant isé de traiter la période qui s'étend entre la migration d'Atm et la descente de Jacob en Egypte, a su combiner des ons qui facilitaient singulièrement l'allure de son récit, en y introduisant des variations pour en adoucir Tuniforinévitable dans une histoire patriarcale. La tradition pore, fondée en grande partie sur de vieilles chroniques, lui it les premières assises de cette histoire : les noms des nnages qui y jouent un rôle, les lieux de leur séjour, les des peuplades que l'on croyait issues de l'un ou de l'aues patriarches, la durée de la période patriarcale et quelautres menus faits personnels et locaux qui couraient sur îompte. De ce canevas assez confus, il a su créer un ta- [ homogène, où malgré quelques reprises utiles pour le s, mais fatigantes pour notre goût moderne, il se laisse suivec une attention de plus en plus éveillée, instruite et ravie, le rapport physique, Abraham, reverdi à l'âge de cent lar l'ingérence de la Divinité qui tient à accomplir ses pross au Juste qui commence à désespérer de pouvoir laisser iens à un héritier direct, procrée avec sa servante Hagar, a demande même de sa femme légitime, Sara, un fils, i\. Abraham est si peu exigeant qu'il est prêt à s'en conr, mais Yahwé ne voulant reporter ses bénédictions que n fils légitime, né de la femme libre, conclut un pacte for-
mel avec lui, et en récompense du signe de l'alliance que tous ses descendants doivent porter, il enchérit sur ses anciennes promesses et leur donne une forme plus large et plus noble. Abraham aussi bien que Sara seront, bien qu'en proportion inégale, les ancêtres de plusieurs peuples à la fois^ et ce qui plus est, des générateurs de rois (xvii, 2-16) ; Ismaêl deviendra une grande nation dirigée par des chefs (n^xit^J» ibidem^ 20). En attendant Abraham se montre digne de son nouveau titre en cherchant à sauver les Pentapolitains de la destruction qu'ils s'étaient attirée par leurs crimes. Enfin Isaac, le fils légitime, naît, et quelque temps après Ismaèl, conformément à sa destinée, est renvoyé pour peupler le désert. La même direction fut prise par les autres enfants qu'Abraham eut d'autres femmes après la mort de Sara. Lorsque, après être réellement devenu ancêtre de plusieurs peuples gouvernés par des rois, Abraham mourut, le transfèrement des bénédictions à Isaac se fit sans obstacle (xxv, 1 1 ; xxvi, 2-5). Le moment est maintenant venu de réaliser également la promesse divine faite à Sara. Dans ce but, Rébecca,épouse d'Isaac, met au monde deux jumeaux, Jacob et Esaû, qui, quoique rivaux entre eux, représentent deux nations nombreuses ayant des rois à leur tête. Dès lors les promesses concernant personnellement le premier couple patriarcal ont obtenu un accomplissement plein et entier, et il ne reste qu'à effectuer la transmission par la main d'Isaac des bénédictions d'Abraham dont il était l'héritier. On sait avec quel art merveilleux le narrateur a fait dérouler cette scène de famille de manière que Jacob seul en fût le bénéficiaire, mais au prix de quels sacrifices. Pendant qu'Esau s'établit au mont Séir, détruit ou s'assimile les aborigènes et fonde une dynastie royale qui se continue jusqu'au règne de David (xxxvi, 31- 39), Jacob est obligé de passer sa jeunesse comme réfugié sur une terre étrangère, et lorsque, à force de peine et de travail, il réussit à se créer une famille età posséder quelque bien, il est encore une fois obligé de retourner en fugitif (xxi, 17-23), au milieu de graves inquiétudes (xxxn, 8-9) et d'atteintes flétrissantes (xxxiv; XXXV, 22). Et quand il arrive chez son père, la discorde de ses enfants le plonge de nouveau dans un deuil extrême qui le force à descendre en Egypte. Cette fin éminem-
ment tragique a été motivée d'avance par des expressions simples, mais d'une haute portée morale, dans la description de la vision d'Abraham (xv, 12-16) :
(( Lorsque le soleil fut près de se coucher, Abraham s'assoupit subitement et fut pris d'une immense et sombre frayeur.
€ Yahwé dit à Abraham : Sache donc que tes descendants seront des étrangers dans un pays qui ne leur appartient pas; qu'on les asservira et qu'on les opprimera, pendant l'espace de quatre cents ans...
« Les contemporains du quatrième siècle (seuls) retourneront ici, car jusque là les crimes des Chananéens n auront pas encore atteint la dernière limite. »
Nous connaissons maintenant la raison du retard apporté à la possession de Chanaan par Jacob et sa famille; les vicissitudes si intenses de Jacob ont, bien entendu d'après la conception ancienne, eu pour but de lui faire expier ses fautes dé jeunesse. Quant aux turpitudes de ses fils, elles seront suffisamment expiées par l'esclavage de ces derniers en Egypte. Ainsi pourront se réaliser sans un considérable retard la promesse entière de donner à sa race un empire allant du torrent d'Egypte jusqu'à l'Euphrate (xv, 18-21), promesse confirmée par une voix céleste en présence d'Isaac, lequel la communique à son tour à Jacob, en s'expliquant avec une clarté complète sur ce point particulier que l'Idumée elle-même en fera partie, au moins temporairement (xxvii, 29). A présent est-il imaginable que Jacob, le vrai et seul héritier d'Abraham et d'Isaac, ait oublié de transmettre à ses enfants avant sa mort ces précieuses bénédictions qui devaient former la charte de noblesse de la nation naissante et lui servir d'égide durant l'époque de ses épreuves? Certainement non, et nous voyons en effet que les premières paroles que Yahwé adresse à Moïse pour s'occuper de l'Exode ont trait à l'alliance avec Abraham, Isaacet Jacob (Exode, m, 6-10; Vï, 2-8). Et lorsque le futur libérateur s'adresse à ses nationaux, il tient un langage identique (iè^rf^m, m, 15). Ces récits supposent donc que les enfants d'Israël acceptaient comme un héritage commun le pacte conclu avec les patriarches, et ce d'autant plus sûrement que le signe matériel de ce pacte, la circoncision, a été scrupuleusement observée par eux durant leur
séjour en Egypte (Josué, v, 2-8). Comment donc, dis-j possible que Jacob, ou, pour parler plus exactement, 1 du poème qui est mis dans sa bouche n'y ait pas fait la n allusion dans les bénédictions quMI donna à quelquesses enfants, surtout à Juda et à Éphraïm, qui étaiei puissants pour réclamer chacun de son côté i'hégémoni nation? Mais la question ainsi posée reçoit une réponse quand on lit avec attention les bénédictions distribuées j bus dans le chapitre xlix, 1 3-26, et qui demandent qi éclaircissements pour être bien comprises.
Bien que le poète n'ait suivi l'ordre des naissances qi tivement aux trois premiers fils de Lia et aux deux fils chel, on y distingue aussitôt trois catégories très divei traitées :
i** Trois tribus, Ruben, Siméon et Lévi, qui sont hU cause de leurs méfaits ;
T Trois tribus, Zabulon, Issachar et Aser, sont sei mentionnées pour qualifier leur territoire ; Issachar avec ! manque de fierté.
3** Deux tribus, Dan etGad: elles attaquent ou rep des ennemis isolés ou formant bande.
4"* Une tribu, Joseph : elle a servi de point de min maîtres de flèche (= habiles tireurs) haineusement a( contre elle. Grâce au secours divin, elle tient ferme 1 occupe un territoire dont la richesse lui procure une si privilégiée parmi ses frères.
5*. Deux tribus: Juda et Benjamin, sont seules c comme prenant l'offensive et remportant des victoires ennemis.
La tribu de Naphtalî doit rester hors cadre pour 1 sente recherche à cause de l'obscurité du verset qui 1 cerne.
Cette division, pour peu qu'on ait le sentiment historic profondément réfléchie; le poète, tout en revêtant son d'une foni.e prophétique, a pris les mesures pour qu'on aisément l'actualité. La substance de sa description es douze tribus d'Israël, dix, malgré une certaine énergie de l'heureuse situation des autres, n'ont jamais pu obtenir
e de la nation unie; seuls, Juda et Benjamin, grâce à leurs ires sur des ennemis communs, se sont montrés capables )nder l'État hébreu. Il y a cependant une différence hée entre les deux États.
Benjamin sera un loup ravissant; Le matin, il dévorera la proie, Le soir, il distribuera le butin,
i d'autres mots : Saûl, le roi benjamite, savait vaincre les mis (I Samuel, xiv, 47-48) et distribuer les dépouilles au le (II Samuel, i, 24), mais pareil au loup, il manquait de ige (1 Samuel, x, 26-27) et ne pouvait pas même délivrer I du joug des Philistins.
L tribu de Juda, c'est-à-dire la dynastie davidique, est au aire parvenue à fonder une nation vraiment unie et un i État qui inspire le respect aux nations étrangères ; elle onc saluée avec enthousiasme par le poète :
a, toi, tes frères te loueront ; main saisira la nuque de tes ennemis (fuyants) ; fils de ton père se prosterneront devant toi.
ne lion, Juda, mon fils, tu remontes (chez toi) après (avoir pris) la roie.
lie ses genoux, s'accroupit comme un lion, comme un lionceau, osera le faire lever de force 1 verge (de chef) ne se retirera pas de Juda, le bâton de commandant de ses pieds, qu'à ce qu'il soit rentré en paix ïu*il ait acquis l'obéissance des peuples, is) il attachera son ânon à la vigne, petit de son ànesse au cep fin ; )ourra) laver dans le vin son habit, étoffes tissées dans le sang du raisin, îndre l'attitude de) celui dont les yeux sont rouges de vin, celui dont) les dents blanchissent par (l'usage fréquent du) lait.
S guerres de l'époque de Saûl et de David, même celles 5but du règne de Salomon, appartiennent déjà au passé, j^rie tout entière jusqu'aux rives de l'Euphrate est soumise rand roi de Juda et les Hébreux jouissent dans une tran- Xé parfaite des produits de leurs terres et de leurs vignes, ât qu'il s'agit de la période qui a précédé les révoltes de Rek Damas et de Hadad en Idumée, ou pour le moins d'un
temps où ces révoltes paraissaient peu sérieuses au poète, circons tances qui appuieraient la pensée que le poète n'est pas le mêm( que r auteur du récit principal, lequel connait déjà la se cession de Tlduraée comme un fait accompli (xxvii, 40)*.
Après ces éclaircissements, il est aisé de voir que les béné* dictions transmises à Jacob (xxxv, 11-12) et offrant la subs tance des bénédictions accordées à Abraham (xii, 1-3; xvii 1-19; xxu, 17-18) et à Isaac (xxvi, 3-4; xxvii, 28-29 xxviir, 3-4) ont été reportées sur Juda par Jacob même sur soi lit de mort, et mises solennellement à la connaissance de tou ses autres enfants. Traduit dans notre langage moderne, celj revient à dire que les divers passages élohistes et yahwéiste que nous venons de citer sont l'écho d'une tradition unique.