‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 54 sur 140 · LE FAIRE DU PRÉTENDU COMPILATEUR ET DU DERNIER RÉDACTEUR · texte numérisé non relu

LE FAIRE DU PRÉTENDU COMPILATEUR ET DU DERNIER RÉDACTEUR

La méthode employée par le rédacteur de la Genèse pour compiler et fondre ensemble les trois prétendues sources indépendantes A, B et C dans une seule masse a été exposée par Dîllmann avec sa maîtrise ordinaire. Nous croyons utile d'en donner la siibstance sans discuter la valeur des exemples qu'il cite à l'appui. Ces détails ont été pris en considération et suffisamment expliqués dans mes Recherches bibliques au fur et à mesure qu'ils se présentaient. Notre but principal est de montrer à quel degré de complication les partisans du système documentaire ont été obligés de recourir pour rendre leur thèse acceptable ; cette simple constatation me paraît de nature à faire réfléchir ceux de nos lecteurs qui étaient portés à accorder une confiance illimitée au résultat obtenu par l'école critique. Voici d'abord quelques remarques préliminaires sur Tordre des originaux admis dans la compilation et sur les preuves qui attesteraient l'existence d'abréviations.

Affirmations.

Le document élohiste A, grâce à son caractère chronologique et à ses coupes marquées, a été choisi par le compilateur pour servir de cadre à la Genèse. Ce dernier lui a associé le document C qui se distingue par des qualités religieuses et didactiques.

Remarques, Ces distinctions sont mal fondées. Le premier chapitre de la Genèse emploie le nom Élohîm, parce que le nom Yahwé n'a surgi qu'à l'époque d'Énos (iv, 26). Cette même raison suffit à établir que les chapitres il et il i dans lesquels on lit Yahwé-Elohîm ne forment pas un nouveau récit de création indépendant, mais la reprise de certains détails relatifs à l'homme qui ont été sommairement indiqués au chapitre précédent. La sanctification du septième jour à l'égard des autres jours de la semaine (il, 3) a son parallèle dans la distinction entre les animaux purs et impurs qui se trouve dans un passage pourvu du nom de Yahwé (vil, 2-3, 8 ; VIII, 20). La défense de manger le sang en face de la permission de se nourrir de la chair des bêtes se rencontre dans un passage élohiste (IX, 4), tandis que l'abstention de manger le

nerf fémoral est me wéiste. Tout cela p A et B sont pénétr gieux.

Le compilateur a rejeté ou abrégé certaines

données secondaires des

documents fondamen- *

taux dans le but de les

souder ensemble. Cela

résulterait :

a) De la mention iso- L'isolement de c(

lée de Yiska (xi, 29). que le texte primiti

offrait les mots niî;

que Sara était fille ( temps le nom de Yiî niers mots est pui lement le fait d'un(

Cette donnée est restitution indiquée dent et qui repose s ment littéraires.

Dans XVIII, 22, Dieu la dime de to déterminer le sanci A son retour il a \ vœu dans le sanetu Abraham et Isaac, pas mention parce de Jérusalem était

Cette affirmatio] que, dans le passai prise de la ville de qu'en vérité ledit ] sus accordée à Jos la terre promise.

Mais l'abréviation des documents ne i secondaires. Donnons la parole à Dilli

« Les données de A sont complètem chapitre xi, 26. Par contre, Tintroducl ham avant le chapitre xii, la Ihéophai Jacob à Paddan-Aram et toute Thist descente de Jacob en Egypte sont ei

6) De la parenté d'Abraham et de Sara (xx, 12).

c) Du vœu de payer la dîme à Béthel (xviii, 22) sans mention d'accomplissement dansxxxv, 7.

d) Du passage LXVIII

rr^

peut 'être parce qu'ils s'accordaient trop peu en partie avec les récits des autres documents. En revanche, des abréviations ont été opérées dans les pièces de C en faveur de A dans les histoires des origines, dans l'histoire du déluge, dans la table ethnographique et dans d'autres passages, en faveur de B dans l'histoire des patriarches. De la source B elle-même, si on excepte l'histoire de Joseph (qui appartient, paraît-il, aux plus belles parties de l'ouvrage), il n'est rapporté littéralement que fort peu de pièces à partir du chapitre xx. D'ordinaire elles sont élargies au moyen d'observations extraites de C, ou bien les points les plus remarquables sont introduits dans les pièces deC.

« Partout où la chose pouvait se faire ou paraissait exigible, les originaux ont été admis littéralement à l'occasion de la compilation, et on doit justement à beaucoup de ces pièces laissées intactes de pouvoir encore reconnaître plus précisément la nature de ces sources, Mais une simple juxtaposition de leurs pièces n'était pas toujours possible ni utile au but proposé. Les faits tels que la naissance ou la mort d'un homme, encore qu'ils fussent racontés dans toutes les sources, ne pouvaient être rapportés qu'avec les paroles d'une seule d'entre elles. Mais même là où les originaux s'accordaient dans le récit principal et différaient sur les détails, il n'était pas faisable de mettre côte à côte les originaux sans recourir à de nombreuses répétitions ; dans ces cas les originaux sont enchâssés l'un dans l'autre, de manière que le plus convenable sert de fond et que le plus particulier des uns ou des autres y est inséré. Mais naturellement il n'était pas toujours possible que les pièces puisées à deux ou trois sources se laissassent juxtaposer ou combiner les unes avec les autres. Ici on a dû ou abandonner ce qui y formait contradiction, ou relier ensemble les écarts et réunir l'incompatible au moyen de courtes additionset de remarques semées çàet là. Des soudures et d'autres expédients artificiels de ce genre se font remarquer en grand nombre Dans cette catégorie d'expédients artificiels se range aussi par exemple remploi régulier des noms Abram et Saraï avant le chapitre xvii, ou le double nom Yahwé-Élohîm aux chapitres ii et m, ou le changement de Élohîm en Yahwé, xvii, 1 et xxi, 1. Un moyen

souvent employé dans ce but était la dislocation de pièces entières (comme xi, 1-9 ; xii, 10-20; xxv, 5 et suivant ;xiJ; XXV, 21 et suiv.; xlvii, 12 et suiv.) ou des données plus courtes (comme ii, 4 a ; xxxi, 45-50, xxxvii, 26, etc.), ce qui a nécessité d'autres petites additions du compilateur (comme 1, 1 ; IX, 18; xm, 1 ; m et suiv. ; xxiv, 62). Dans d'autres passages les données des originaux sont librement combinées et additionnées çà et là de quelques phrases accommodantes (par exemple xxi, 34 ; xxxv, 5 ; xxvii, 46 ; XLVI, 1 2-29). JDes gloses explicatives ont aussi été parfois ajoutées ; par exemple XX, 1 8 ; xxxi, 47 ; xxxv, 6, ou au chapitre xiv (où il y en a beaucoup de ce genre) ; quelques-unes ont été, peut-être, ajoutées par des mains tardives. Outre cela, il s'y trouve toute sorte de petites interpolations qui ne viennent pas des originaux, voire qui ont été faites durant et après la compilation, afin de fournir des points réglementaires pour la conception du sujet (xv, 12-16; XXII, 15-18; xxvi, 3^-5), en partie pour l'accorder avec des données qui se trouvent ailleurs (xxv, 1 8^; xxxv, 22 a; peut-être aussi iv, 15 a), en partie pour placer des notices singulières ou de nouvelles tournures de la tradition qui n'ont pas été mentionnées dans les sources principales (x, 9; XXII, 33; peut-être aussi ii, 10-14 et dans x, 14, 28 ^, 31 i>;xxvii, 2*;deplus, XV, 7;xxii,2, 14 ;xv, 19-21 ; xxxiv, 1 3 ft ; xxvii-xxix ; XLV, 1 9 et suiv., 21 * ; XLVI, 5*).

(( Que, enfin, malgré tous ces moyens, il soit resté toutes sor-, tes d'incompatibilités et de contradictions (surtout pour les choses chronologiques) dans un pareil ouvrage, on ne doit pas s'en étonner. Mais elles ne sontpour la plupart perceptibles que pour la considération plus attentive que d'ordinaire et pouvaient être regardées comme secondaires en face de l'importance du contenu des pièces produites. — Que durant ou après la compilation, des pièces entièrement nouvelles sans originaux aient été interpolées dans les trois sources, cela serait imaginable, mais il ne semble pas toutefois nécessaire de l'admettre (voyez au chap. xiv); cependant des pièces comme les chapitres XIV et XV appartiennent à la série de ceux qui ont été le plus fortement remaniés ^ p

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