D. — III
Malachias fait dire à Yahwé : « Je m'approcherai de vous pour fairejustice; je serai un témoin prompt contrelessorciers(?), les adultères, les parjures, les rétentionnaires du gage de l'ouvrier tt ceux qui violent le droit de l'étranger, de la veuve et de l'orphelin sans me craindre. > Dans cette traduction, j'ai donné au verbe pt^^ le sens particulier de c frauder >, à cause
du premier complément direct : t le gage de l'ouvrier > (tQ^î; n 13
TDli^)- C^'^te interprétation nous dispense de supprimer le mot nDiy? comme le fait M. Nowack qui le regarde comme une dittographie de n^^ij; L'ensemble est d'une clarté parfaite, à l'exception toutefois de la mention des c sorciers > (D^Sli^DlD) qui hurle en compagnie de celle des « adultères > et des autres délinquants coupables de crimes de lèse-humanité. Impossible de penser au cas de faux prophètes immoraux comme ceux du temps de Jérémie (Jérémie, xxix, 23); le cas était des plus rares, même à cette époque-là et il est certain qu'aucun voyant postérieur au retour de la captivité n'eut à lutter contre de faux frères en prophétie. Cette considération me semble imposer la nécessité de corriger n'^Sîif^jO^ en D^tt^riDDS' * contre les menteurs, les trompeurs ». Voici maintenant quelques observations critiques.
L'expression -|nDD IV? ^ ^^ témoin prompt », particulière à. Malachias, n'a de sens précis qu'en rapprochant le passage du Lévitique, v, 1 qui défend au témoin d'un crime de se soustraire à l'obligation d'en rendre témoignage. Dieu, qui s'est tenu jusqu'alors comme un témoin impassible devant les crimes qui se commettaient en sa présence, sera dorénavant un témoin prompt à accuser et, naturellement aussi, étant juge en même temps, à condamner ces méchants.
Bien que les formules niiobxi Din*' pW}f ^^ IJi "^tûD soient respectivement prises dans le Deutéronome (xxiv, 15-17; xxYii, 19), la remarque immédiate '^^Mi^'^ (mieux -jj^j^-tj^j {<^t « et ils ne me craignent pas ! », loin d'être une phraséologie anodine comme le 'ï^xT'^T ^^ verset ii, 5 (Nowack), est une réminiscence énergique du majestueux -jnfj'^j^jû nNTT» ^^ crains ton Dieu! p spécial au Lévitique, qui appuie toujours soit l'ordre de respecter les vieillards (xix, 32), soit la défense de tromper les inconscients (xix, 14; xxv, 17) ou d'opprimer les faibles, comme l'esclave (xxv, 43), le pauvre (inclus naturellement l'orphelin et la veuve) et l'étranger (xxv, 36).