‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 61 sur 140 · L'hébreu emploie une forme verbale, n^VIV · texte numérisé non relu

L'hébreu emploie une forme verbale, n^VIV

superstitions de la magie, il adore les images fabriquées, érige des maç?eboth et plante des aàêrîm. Yahwé, se voyant délaissé par son peuple, veut s'entretenir avec celui-ci en présence de témoins imposants (les montagnes). Les témoins accourus, Yahwé invite le peuple à expliquer la cause de son indifférence à son égard et à lui dire en toute liberté s'il lui a jamais fait de mal, s'il l'a lassé par de trop fortes exigences ou s'il ne lui a pas toujours prodigué une extrême sollicitude. Le peuple, ne trouvant rien pour atténuer ce reproche et venu à résipiscence, demande comment il pourrait gagner de nouveau la sympathie de Yahwé et se montre prêt à offrir dans ce but d'innombrables sacrifices parmi les meilleurs et les plus chers, fût-ce même les premiers-nés parmi ses enfants. Alors Yahwé réconcilié lui répond qu'il n'a pas de nouvelle condition à poser,, car depuis longtemps déjà il a dit à l'homme que tout ce qu'il exige de lui est la pratique de la justice, l'amour de la vertu et le respect envers Dieu. Au contraire, quand on sépare ce passage du chapitre v comme le veulent les critiques, la mise en scène et le dialogue lui-même perdent toute consistance. M. Nowack qualifie bien notre passage : Discussion de Yahwé avec Israël ingrat, qui cherche vainement à se défendre par cet argument qu'il ne sait pas ce que Yahwé exige de lui. Il a depuis longtemps dit ce qu'il désire {« Jahves Rechtstreit gegen das undankbare Israël, das sich vergeblich damit zu vertheidigen sucht, dass es nicht wisse was Jahve fordert. Es ist den Menschen lângst gesagt, was er begehrt >). Mais il faudrait au moins dire en quoi consiste cette ingratitude, car aucun lecteur n'est en état de le deviner ; la phrase, on le voit, plane en l'air et se voile d'un mystère impénétrable. Et cette prétention d'ignorer ce que Yahwé demande n'est-elle pas ridicule de la part d'un peuple dont Yahwé est le Dieu national depuis la sortie d'Egypte, et n'est-elle pas, en outre, démentie par la réponse que ce qu'il exige a été déjà annoncé aux hommes? En un mot, toute cette conversation devient pâle et insipide quand on en attribue l'origine à tout autre auteur qu'au prophète Michée. Je crois que c'est une affaire jugée.

Aucun obstacle ne nous empêche plus de relever les références visées par le prophète. Considérons-les une à une :

1) L'expression an^j^ r^3D mô ^^^ particulière au Deutéronome, vu, 8; xiii, 6; Michée a donc connu ce livre. Notons que, même en admettant avec M. Nowack que ce passage appartienne-à un autre prophète du temps de Manassé, on aura la preuve que le Deutéronome était alors très répandu et admis dans le cercle prophétique comme dans le cercle sacerdotal, et par conséquent qu'il n'était plus nouveau au temps de Josias comme son école le prétend avec une assurance vraiment déroutante.

2) Michée nous apprend incidemment que les veaux destinés à être offerts en holocauste devaient être âgés d'un an

iîljlif ^iS D^'bJiy^) ' ^^» ^^^^^ condition, dont il n'y a pas la moindre trace dans Ézéchiel ni dans les documents du Pentateuque assignés à 1 ou à E, simples ou compilés par le rédacteur, est uniquement et formellement stipulée par P (Lévitique, IX, 3). La preuve est mathématique : au temps d'Ézéchias, ou, pour le moins, de Manassé, la prescription du code sacerdotal faisait partie intégrante des rites sacrificatoires du temple de Jérusalem ; c'est dire que le code en question est dans tous les cas antérieur au Deutéronome. Notons pour mémoire que M. Nowack passe à côté sans se heurter à cette grave difficulté. Il écrit : Offrir des veaux d'un an était une pratique particulièrement remarquable, ces animaux étant déjà avant cela aptes au sacrifice (a Jàhrige Kalber als Brandopfer zu bringen war eine besondere Leistung, da dièse Thiere ja schon viel frûher opferfâhig waren »). A ce compte, un veau de trois ans aurait été encore plus précieux (Genèse, xv, 9) ; en réalité il s'agit d'un holocauste apporté selon le rite ordonné par Yahwé lui-même, lequel repousserait avec indignation tout holocauste apporté dans d'autres conditions, quand même il serait matériellement meilleur et plus cher.

3) La réponse : ^^r\ HliT HDI 2^\Ù HD mx 'p n^JH

u)f rob yivni non nanxi DSii^D nw^; dn o ^dû

l^nbN 2.tteste incontestablement l'existence d'un recueil contenant les ordres de Yahwé, recueil consacré comme l'expression de la volonté de Dieu et connu de tous les individus de la nation (= ô homme !). Les prédications orales des prophètes

n'étaient accessibles qu*à un petit nombre d'auditeurs, et cela seulement dans la capitale ; les autres villes du royaume, dans lescasraresoiiellesenauraiententenduparler,n'en connaissaient pas un seul mot d'une manière authentique, si ce n'est sous une forme modifiée ou altérée au gré des partis et en raison des distances. Ce code rédigé et généralement connu est tout simplement le même dont notre prophète a tiré la référence examinée au numéro 1 , savoir le Deutéronome. La comparaison suivante rend tangible le décalque presque littéral :

OK o ^Do v^n mn> nm

Quant aux mots que nous venons de réserver, ils reproduisent ou résument les versets 1 3 et i 8-1 9 du même passage :

Page 1