‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 62 sur 140 · HD · texte numérisé non relu

HD

non DDiiKi

^H y\vh —

Voilà un extrait qui défie les dénégations les plus obstinées ; Michée II, s'il est réel, contemporain du roi Manassé, exploite à fond un passage du Deutéronome qui a pour lui une autorité divine et obligatoire pour chaque individu de sa nation, autorité qui suppose une longue existence comme livre populaire. Mais ce qui lui donne une valeur hors ligne, c'est que le hasard, ce dieu aveugle vers lequel les critiques se réfugient si souvent, a cette fois faussé compagnie à ses fidèles adorateurs. En effet, le passage exploité par notre auteur se trouve dans le x* chapitre du Deutéronome et fait par conséquent partie de la section introductoire de ce code, qui, sous la désignation de diascéuase deutéronomique^ tout en accordant que l'élaboration en a commencé avant l'exil, est placée par les critiques dans la première moitié de la captivité, après 570, tandisqu'en vérité elle était déjà jointe au Deutéronome avant 650 et jouissait de la même autorité canonique que le reste du livre. L'écroulement du système concernant le Deutéronome est complet, il n'en

reste que des assertions imprudentes fondées sur une psychologie décevante et des sentiments personnels; celui qui est relatif au code sacerdotal n'est certainement pas plus solide.

Amos.

Amos» un simple berger de la ville judéenne de Theqoa, au sud d'Hébron, exerça la prophétie dans le royaume d'Éphraïm vers 740, sous le règne prospère de Jéroboam II qui, aidé par les Assyriens, avait réussi à repousser les Araméens de Damas. Durant les deux règnes précédents, les Damascéniens, presque toujours victorieux, faisaient de fréquentes invasions dans le royaume d'Israël, qu'ils réduisaient à toute extrémité par des actes d'une cruauté révoltante. Le prophète, mécontent de l'état religieux et moral des royaumes d'Israël et de Juda, voit dans le progrès incessant des Assyriens le châtiment mérité de leur iniquité, et prédit la destruction prochaine de toutes les petites royautés qui se partageaient alors la Syrie et qu'il énumère dans l'ordre suivant : Damas (3-5), Philistée (6-8), Tyr, c'est-à-dire la Phénicie (9-10), Idumée (11-12), Ammon (IS- IS), Moab (il, 1-3), Juda (4-5), Israël (6-16). Aux Damascéniens il reproche d'avoir cruellement torturé les habitants du Galaad ; aux Philistins et aux Phéniciens d'avoir livré aux Iduméens des groupes d'émigrants hébreux pacifiques (mbj niûbtl^^) Q^^ s'étaient réfugiés dans leur pays; aux Iduméens de garder toujours une rancune meurtrière contre leur frère Israël, sansselaisserémouvoir par la pitié; auxAmmonitesd'avoir ouvert le ventre aux femmes enceintes de Galaad ; aux Moabites d'avoir fait calciner les ossements du roi d'Édom. Arrivé aux pays hébreux, ses plaintes changent de nature. A Juda il reproche d'être dégoûté de l'enseignement de Yahwé, de ne point observer ses prescriptions et de suivre les faux errements de ses pères; à Israël la vénalité de la justice, l'oppression des pauvres, la prostitution éhontée, l'orgie des temples, en somme, des crimes qui rentrent dans l'accusation lancée en termes généraux contre l'état judéen.

Cette liste, ainsi que je viens de l'indiquer, contient latota-

Page 1