Cf. ofQhvy (Genèse, xxxiv
lité des royaumes syriens qui avaient encore conservé leur indépendance au temps d'Amos; celui-ci n'avait pas besoin d'une perspicacité excessive pour prévoir que la grande puissance assyrienne, qui depuis longtemps considérait la Syrie comme une simple étape pour s'emparer de l'Egypte, ne laisserait sur sa route aucun État indépendant capable de lui couper la retraite en cas d'échec sur les rives du Nil, Mais ce que le simple berger de Thekoa a si clairement écrit est pour les critiques outranciers enveloppé de brume. Avec une fatuité à laquelle ils nous ont malheureusement trop souvent accoutumés, ils retranchent comme interpolations postérieures, partant frauduleuses, les énonciations contre Édom (11-12) et Juda (il, 4-5). Pour Édom, ils objectent que ce peuple était soumis à la Judée au feiiips du prophète, mais ils perdent de vue que les méfaits reprochés aux peuples non hébraïques se rapportaient à une ou deux générations plus tôt Or, il est facile de deviner qu'après la grande défaite infligée par Joas d'Israël à AmaziasdeJuda(IIRois,xiv, 11-14), les Iduméens qui avaient été quelque tempes auparavant vaincus par Amazias n'ont certainement pas manqué de se venger cruellement et de causer de terribles dévastations dans les districts limitrophes de la Judée. Du reste, la soumission des Iduméens par les rois de Juda a toujours été plus nominale qu'effective, et bien des soulèvements accompagnés de vengeances cruelles n'ont pas été enregistrés dans le livre des Rois; l'expression caractéristique rprtn IDin bj^ ^^ ^"j^* d'Ésaû dans la Genèse, xxvii, 40, montre bien que, déjà au temps de Salomon, les Judéens avaient fait de longues expériences à cet égard (contre Nowack). 11 y a plus, l'insistance avec laquelfe notre prophète accuse les Philistins et les Phéniciens d'avoir livré de nombreux réfugiés hébreux aux mains des Iduméens, non pour être vendus, mais pour être massacrés par ces derniers (-ijjQri' ^^^ îni oii "IDD)» ^^ laisse pas une ombre de doute sur l'authenticité du passage et le bien fondé de Taccusation. Le lecteur comprendra maintenant l'insignifiance de l'autre objection des critiques, savoir que les villes deTêman et Boçra nommées ici ne sont mentionnées qu'à partir de l'exil (Wellhausen).
M. Nowack avoue lui-même que le verset Genèse, xxxvi, 33, rend cette affirmation douteuse, disons franchement « inexacte y> , puisque l'unité de ce chapitre avec le chapitre précédent a été prouvée dans mes Recherches bibliques. Ensuite, il est absurde de soutenir qu'une ville est nécessairement contemporaine de l'auteur qui la cite pour la première fois-, à ce compte, Tyr ne serait pas antérieure au règne de Salomon, tandis qu'en réalité elle était déjà une ville très importante au moins cinq ou six siècles auparavant (Lettres d'El-Amarna).
L'authenticité de la mention de Juda est également de la dernière évidence. Après la destruction de tous les royaumes environnants, la préservation du royaume judéen n'était imaginable pour notre prophète que par une intervention éclatante de Yahwé, comme cela eut lieu plus tard sous le pieux Ézéchias, mais l'état religieux de la Judée sous Ozias n'était pas en droit dç réclamer un pareil miracle (vi, 1-5; Osée, IV, 15; v, 10, 12-14; Isaïe, vi, 1-13). Cette mention fait donc partie d'un ensemble organique : on devrait supposer une lacune si par hasard elle ne s'y trouvait pas.
La vraie cause qui a déterminé les critiques à rejeter ces deux passages, cause secrète qu*ils se gardent bien de confier au lecteur, est que les passages en question détruisent de fond en comble le système que, depuis une trentaine d'années, ils cherchent à faire prévaloir dans l'histoire littéraire de la Bible.
11 est évident que la peinture de la rage fratricide des Iduméens et de leur rancune invétérée et sans pitié a pour modèle la haine d'Ésau contre son frère Jacob, racontée dans la Genèse, XXVII, 41 ; l'expression l'^nx yiH^ ^^^^ contient de plus cette pointe qu'Édom abuse de la bénédiction, n^in bj^ n^nn {ibidem^ 40), pour poursuivre Israël à coups d'épée (vnX S"in2 ISTi)* Clette allusion peut être admise par les critiques, car ils placent le yahwéiste en 850, environ quatrevingt-dix ans avant Amos; ce qui ne leur va pas, c'est la mention de niVS ^* ^^ JD'^n» villes qui ne figurent que dans la Genèse, xxxvi, 33 et 3 i, et qui font partie du document élohiste ou P (Dillmann, Wellhausen, Strack). Ils sont donc obligés de s'en débarrasser à tout prix ; mais pour ceux qui ne
sont pas inféodés au parti pris, la fragilité du système éclate au grand jour.
La condamnation de la réprimande à l'adresse de Juda est bien autrement inéluctable pour le système des critiques modernes. Le prétexte qu'ils présentent est trop futile pour être pris au sérieux ; j'en ai parlé plus haut. Voici les objections que j'emprunte au commentaire de Nowack :
1) « Le fait que le mépris de la Thora de Yahwé ne convient pas à la formule introductoire, car ce n'est pas un péché unique se laissant relever de trois ou quatre. > Mais on oublie, d'une part, que le rejet de la Thora est pour Juda la source de tous les péchés, de l'autre, que le même cas se présente en ce qui concerne le passage relatif à Israël, qui contient une grande quantité d'actes réprouvés.
2) ce II est surprenant que Juda soit traité aussi brièvement que les États païens, bien qu'il se trouve dans la même relation avec Yahwé qu'Israël. > Cette dernière considération est inexacte. Les rites idolâtriques étaient alors moins généraux en Juda qu'en Éphraïm ; puis, tout en parlant d'Israël, le prophète s'adresse en même temps à Juda lorsqu'il s'agit de délits communs avec le peuple frère.
3) (( Les versets 4-5 affaiblissent l'effet produit par cette circonstance que la tempête finit par assaillir Israël après avoir ragé contre les peuples voisins. > Mais Israël n'est pas exclusivement visé par le prophète, et très souvent le nom de Sien ou de Juda est formellement cité.
4) € Les péchés de Juda sont décrits dans des termes qui se retrouvent plus tard. > C'est des plus naturels, les péchés n étant que la transgression de la Loi.
5) DOtD=^ï3'*b2n comme désignation des idoles équivaut à ^piji, qui figure déjà dans II Samuel, xii, 21 , et n'est nullement un vocable moderne.
6) Enfin, l'absence de la conclusion *j^*j') -|ox qui s'observe aussi dans le passage concernant l'Idumée, est insignifiante en elle-même et peut être due au hasard.
Eri vérité, ce passage était condamné d'avance à disparaître parce qu'il a le tort de porter inog^ i(^ vpm mh' mm DDND^
expression qui, rapprochée de celle d'Osée, viii, 12, 2n2X )2Wm lî 1DD ^nnn lan (probablement ^pn) lb' a"^^^® qu'au tetnps d'Amos il existait une ancienne niin écrite, renfermant des ta^pn» c'est-à-dire des ordonnances rituelles et sacrificiaires du genre du Deutéronome et du code sacerdotal. Nous n'avons pas à faire un choix entre les deux, mais il est certain que l'un ou l'autre, probablement tous les deux, étaient rédigés et avaient cours dans les royaumes hébreux bien avant la date qui leur a été respectivement fixée par la critique moderne.