B. IV
Ce passage est d'une haute importance pour notre étude comparée, et tous les artifices des critiques ne parviendront pas a en troubler la clarté. Le prophète, s' adressant aux pèlerins, dit ironiquement : ce Allez à Béthel, commettez des crimes à Galgal, commettez-en beaucoup, mais apportez le matin vos sacrifices, après trois jours vos dîmes; faites griller (^ij^pT pour ntop*)) d® dessus des gâteaux levés (yanD = mbn bl^D yen) l'offrande de grâce (min^ P^îs criez et faites entendre des vœux, puisque vous aimez (à faire) ainsi, ô maison d'Israël ! > L'ironie atteint d'abord l'union monstrueuse de la corruption morale avec la piété rituelle la plus zélée ; ensuite elle fournit un exemple de la réforme introduite dans le rituel sacrificiaire à Bélhel, et qui consiste à apporter l'offrande de grâce sur des gâteaux de pâte levée, tandis que l'ancien rituel ne permettait pour cet usage que des gâteaux azymes (Lévitique, vu, 12). Wellhausen reconnaît lui-même qu'il y avait là une mode nouvelle et raffinée de pratique sacrificatoire (< neue und feine Mode der Opferpraxis »), mais cette mode nouvelle était en contradiction avec la mode ancienne du code sacerdotal. Chose curieuse, ce n'est qu'à, l'aide de cette donnée d'Amos que nous pouvons corriger le verset Lévitique, vu, 1 3, qui, dans le texte massorétique et des Septante, semble dire le contraire du précédent et recommander l'usage de gâteaux levés. Il est évident qu'avant ^^npi il y avait primitivement la négation j^^; ce verset défend donc de contrevenir à. l'ordre
donné au verset 12. La mention des n^;2^J inamédiatement après corrobore notre rapprochement, puisque dans le passage précité du Lévitique les ordonnances relatives aux ni3*1i suivent de près celle de la niin» ^^'^ prophète a simplement énoncé ces diverses offrandes dans l'ordre consacré par le code autorisé.