‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 76 sur 140 · D. —IV · texte numérisé non relu

D. —IV

Dans une scène symbolique qu'il est chargé de parfaire, afin de figurer les souffrances du prochain siège de Jérusalem, Yahwé ordonne à Ézéchiel de cuire son pain avec des braises venant d'excréments humains, symbole de la nourriture impure (XDtDDDnb) qi^'i's mangeront dans Texil au milieu des païens. Le prophète, pris de dégoût de l'immonde combustible et plein de répugnance pour les repas souillés mis en perspective, s'écrie :

Ah! grâce, Seigneur Yahwé ! Voici, (tu sais que) ma personne ne s'est jamais souillée ; que depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour, je me suis abstenu de manger la chair d'une bête morte à la suite d'un accident (nSîia^ ^^ déchirée par un fauve (ns'^ia) et que la chair d'abomination '(^«];j3) n'est jamais entrée dans ma bouche !

Ému par cette protestation, Yahwé lui permet d'opérer la cuisson au moyen du feu fait avec la bouse des bestiaux qui sert de combustible aux gens pauvres en Orient.

La mention des viandes impures atteste l'existence de rites de sainteté, mais à quel document doit-on remonter? Dans Isaïe, LXV,4,le mot Q^^jaS qui forme parallélisme avec -|^înn»

1. L'affirmation de certains critiques que le mot ^'\3{Q est d'ane origine tardive disparait devant le fait que l'adjectif paglUy « fort », et le verbe puggulUf • être fort », sont usités en assyrien. En hébreu, ^;[3 semble ^tre passé de l'idée de « dureté j à celle de « indigeste, gâté »; cf. l'arabe

J.3r>i, entre autres, « être dur », d'où J^js^, « radis noir ».

semble bien désigner en général les animaux déclarés impurs et inaptes à servir de nourriture aux Hébreux, mais coraine cette défense se trouve en même temps dans le Lévitique et dans le Deutéronome, elle ne nous apprend rien de précis. Le doute cesse en ce qui touche les deux autres objets impurs, savoir n^Di ^^ HSILD* Faisons remarquer d'abord que d'après une donnée explicite de notre prophète, la défense de manger ces deux sortes de viandes ne concerne pas la totalité du peuple, mais les prêtres seuls (Ézéchiel, xliv, 31). Or, voici un point des plus remarquables : au sujet de la nbHi' '^ '^S^^" lation du Deutéronome est en plein désaccord avec celle du Lévitique ; la première assimile la nebéla aux animaux impurs dont la chair est défendue aux Israélites et recommaude de la donner au non-israélite rallié ou de la vendre à un étranger (Deutéronome, xiv, 21) ; la seconde limite la défense absolue uniquement aux prêtres (Lévitique, xxii, 8), tandis que le laïque qui en mange ne reste impur que jusqu'au soir et est quitte en prenant un bain le soir et en se lavant les vêtements {ibidem, xi, 39-40). Je réserve pour une autre occasion l'explication de cette divergence ; pour le moment, je mécontente de constater le fait. Quant à la nSlLD > '^ '^^^^ ^e l'Alliance établissant le devoir pour les Israélites d'être les hommes saints de Yahwé ^b PMn ll^np"'*t2/3Kl)> pousse la sévérité jusqu'à la défense absolue d'en manger et ordonne de la jeter aux chiens (iétdem, XXII, 30) ; le Lévitique l'assimile à la nb^i et le Deutéronome n'en parle pas du tout. Il est facile de voir qu'Ézéchiel a suivi scrupuleusement la législation lévitique à l'égard du traitement identique de ces viandes en leur rapport inégal avec les prêtres et les laïques. Ajoutons de plus que l'expression nbsJ nsnCûV employée deux fois par Ézéchiel, est toute particulière au code sacerdotal (Lévitique, vu, 24 ; xvii, 15 ; xxir, 8) , et comme ce prophète ne stipule rien au sujet des laïques sur ce point, il est évident qu'il a voulu maintenir l'ordre des choses établi par le Lévitique, y compris la réforme introduite à propos de la nSlLD» contrairement à l'ancienne prescription du livre de l'Alliance.

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