JoBué, XI
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culte comme Timmolation et le dépouillement des victimes, qu'ils ne voulaient pas faire eux-mêmes. Ézéchiel s'indigne de cet abus qui amène la contamination du sanctuaire et met en évidence le mauvais vouloir des prêtres à exécuter les travaux dont ils sont légalement chargés. Ils ordonne que les étrangers n'aient aucun accès au temple futur et que les travaux matériels soient faits par les lévites qui, ayant concouru jadis au culte des idoles, seront réduits à exercer ce service de bas ordre sans pouvoir jamais aspirer à la fonction élevée de prêtres officiels. Ce grade élevé est particulièrement réservé aux prêtres-lévites de la famille Sadoc fonctionnant depuis le temps de Salomon (I Rois, ii, 27) et dont la conduite ne donnait lieu à aucun reproche. Par ce dernier point Kzéchiel donne ses suffrages au seul sacerdoce qui est devenu légitime au début même du culte hiérosolymitain, c'est-à-dire au sacerdoce historique, qui se rattachait au grand prêtre de l'Exode, Aaron, par la lignée de Phinéas, auquel cette dignité fut dévolue à la suite de son zèle particulier (Nombres, xv, 12-13). C'était contraire à l'ordonnance antérieure ayant attribué le privilège sacerdotal à tous les descendants d'Aaron, y compris la branche d'Ébiatar dépossédée par Salomon (I R., i\, 27), qui remontait à Ithamar. Mais si Ézéchiel est conservateur à l'égard du sacerdoce historique, tend-il au moins à modifier l'état des lévites préexiliques ? Aucune expression de ce passage ne nous permet de l'affirmer, car les lévites proprement dits, les lévites nonaronides ne sont jamais mentionnés ni en bien ni en mal dans les prédications prophétiques, évidemment parce que ces humbles serviteurs des prêtres jouaient un rôle trop effacé pour ne pas être confondus avec le reste du peuple aux yeux de ces tribuns. Chez les prophètes les termes i^'^, ^)^ n^^» ''ib ^33 et Q^i^'^ désignent les prêtres seuls, jamais les lévites (Malachias, II, 4, S; m, 3 ; Zacharie, xii, 13; Jérémie, xxxiil, 18, 21, 22; Isaïe, lxvi, 21). Il n'y a pas de raison d'établir une exception pour Ézéchiel et entendre par q*)^^ autre chose que les aronides (xli, 46; xliv, 10). A propos des lévites, Ézéchiel, comme ses prédécesseurs, n'a rien stipulé particulièrement, si ce n'est en ce qui concerne leur établissement dans le voisinage des prêtres (xlviii, 12-13). D'autre
désert pour qu'il devienne son peuple particulier. Israël suivit son Dieu avec un élan juvénile et l'alliance fut 8(jpcomplie pour rétemité. Personne n'ignore que ces faits sont circonstanciellement racontés dans l'Exode :
1* Entrée en relations avec Israël. Apparition de Yahwé à Moïse dans le buisson ardent. Mission de Moïse (Exode, m).
2* Avis préalable qu'Israël rendra un culte à Yahwé dans le désert. Parole prononcée par Yahwé à la même occasion : « Lorsque tu auras fait sortir le peuple de l'Egypte vous servirez Élohîm sur cette montagne (le Sinaï; /. tJ., 12) *.
3** Marche visible de Yahwé au-devant d'Israël. « Ils partirent de Succot et campèrent à Étham, au bord du désert. Et Yahwé marcha devant eux, le jour par une colonne de nuage pour les conduire dans le chemin, et la nuit par une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils pussent marcher jour et i)uit(/. tJ., XIII, 18,20-21, cf. Deutéronome, i, 33) ».
4* Accomplissement de V alliance avec Israël dans le désert. Récit de la station solennelle près du mont Sinaï et de la réception du Décalogue (/. c, xix, xx).
En examinant maintenant ces diverses sources au point de vue de la forme qu'elles ont dû avoir sous les yeux du prophète, voici ce que l'on trouve :
Le verset Exode, m, 12, faisait partie intégrante du récit précédent ;
Les six versets Exode, xiii, 1 7-22, figuraient dans le môme contexte, car la précession miraculeuse de la colonne de nuage et de celle de feu n'avait une utilité réelle que dans le désert privé de route bien tracée et où l'on pouvait facilement s'égarer.
Les chapitres Exode, xix et xx, relatent la scène législative du Sinaï et tout particulièrement xix, 3-8, où la conclusion de l'alliance éternelle est proposée par Yahwé et acceptée par Israël.
D'après les critiques, les passages de la première et de la troisième catégorie ont été compilés de documents yahwéistes et élohistes par un rédacteur créé ad hoCy savoir par un Israé*
tendue interpolation postérieure, le contra* Yahwé serait devenu encore plus insupporta leur du vu' siècle, surtout pour un voyai si peu acconfimodante que le prophète Jérémi
h) Verset 3. Il forme la suite visible du pr lité qu'Israël montra envers Yahwé en le sui sert eut pour résultat de faire de lui un objet à la part consacrée à Yahwé et comme les pn de la terre, objet saint tel que tous ceux qui passibles de la peine du nti^x et, au cas où à s'y soustraire, seront atteints par un malhe gnant et rituel de lOE^x^ ressort à la fois de 12/Ip ^t n^lt^N"! ^^ de Jérémie, l, 7, où la phi
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une antithèse parfaite avec vVsX"'^^ • • • m IDtt^N^ de notre verset. On sait que le occupe une place d'honneur à côté du pxi cultuel d'Ézéchiel. Dans Isaïe II, égalemei Texil et par conséquent sous l'entière dep préexiliques, le Qtî^x ^st même le seul mod qui soit recommandé au serviteur de Yahwé lier définitivement çivec ce dernier*. Il est ( Jérémie ainsi que ses auditeurs comprenait prescription légale concernant cette sorte ( qui ne figure pourtant que dans le Lévitique l'on rencontre les deux expressions importa le prophète : ainsi, vbDN"bD l'a-PP^He ijf^p 1Dt!/K'> résume la stipulation légale nOtt^X V\] Quant à l'idée fondamentale qui assigne à d'une « chose sacrée » , 2;np, la connexité ave dent qui parle de la plus ancienne alliance désert montre clairement que Jérémie fait lèbre passage : « Et vous serez pour moi une
\, Isaîe, LUI, 10.
effrayant sont faciles à comprendre : le culte idol^ dans le désert est sans aucun doute Tadoration du minutieusement décrite dans le chapitre xxxii qui appartient à la série J E remaniée ; ce sont qui affirment le remaniement, et comme le contrô sible, je leur laisse cette satisfaction platonique, 1 testant la date qu'ils lui assignent. Les méfail postérieurs qui sont exprimés par r\H!) ^îflX 1 HDJ^inb nnOtt/ '^nbni rappellent tellement le pa vitique, xviii, 27, où y^i^;^ NDfâm (cf- HnN I V. 28) forme la conséquence de nDJ^ID- Dans ce de Yahwé avertit Israël de ne pas imiter les actes aboi ceste, impureté, adultère, sacrifice d'enfants, atl nature) pratiqués par les Chananéens et pour lesc les a pour ainsi dire vomis de son sein. Dans nul a de la Bible le verbe j^jj^ ne se trouve accompagne de manière que nous devons décider si Jérémio a Lévitique ou le Lévitique à Jérémie; or, ce qui fn premier abord, c'est que les termes du verset jéi hors de proportion avec les délits énumérés au ve tandis que celui du Lévitique se trouve en situa plique à la perfection comme la conséquence des cr graves. En effet, au verset 8, les deux premi accusatrices sont d'une nature vague et négative: ne disent pas où est Yahwé; ceux qui détiennent 1 connaissent pas > ; la troisième : € les pasteurs se î contre moi >; la quatrième : c les prophètes pr prophéties au nom du Ba^'al d traîne après elle la ] site : a et marchent après ceux qui ne peuvent éi utilité >. Dans tout cela il n'est même pas questio Combien le verset du Lévitique lui est supérieur [ et parla juste appréciation des actes! Aucun doul sible; Jérémie, voulant orner son discours avecd( ridiques tirés du Lévitique, les a placés dans un i leur convenait pas et où ils font l'effet d'une exag méditée. Je voudrais savoir comment ce résultat cilier avec la thèse de la critique à la mode suivai
royaume de Juda avec une femme divorcée à cause de son inconduite ne saurait précéder le récit du divorce antérieur du royaume d'Israël, il est absolument nécessaire de placer l'ensemble du groupe après le verset 1 8, afin de combler la lacune ressentie à bon droit par les commentateurs. Le discours date du règne de Josias et appartient probablement à la même date que les deux chapitres précédents, c'est-à-dire à l'an 627. Notre recherche particulière se concentre sur les versets 1 et 2. Nous y voyons que la défense formulée dans le Deutéronome, xxiv, 1-4, de reprendre la femme divorcée qui épouse dans l'intervalle un autre homme, sert de thème à Jérémie pour figurer le rejet d'Israël de la part de Yahwé et le désir néanmoins invincible de ce dernier de renouer l'alliance avec son peuple infidèle. Je voudrais savoir comment la chose est possible avec la date de la découverte du Deutéronome qui est postérieure à ce discours. Si le Deutéronome est resté caché dans un tiroir du temple jusqu'à 621, il est évident que Jérémie n'en a pu connaître le contenu en 627. J'ai beau chercher une issue, je n'en trouve point. Il y a au contraire deux subterfuges qu'il faut démasquer parce qu'ils sont de nature à induire en erreur quelques esprits confiants. Le premier moyen est celui qui est tacitement insinué par les partisans de la critique outrancière. Je prends la Einleitung de M.Cornill comme spécimen de celles de toute l'école. Dans l'esquisse donnée par ce savant de l'histoire littéraire de l'Ancien Testament, on lit (346) les quatre dates suivantes, en retirant les dates intermédiaires qui n'intéressent pas notre étude présente :
627. Initiation prophétique de Jérémie (Jeremias Prophetenweihe).
621 . Promulgation du Deutéronome primitif, écrit peu de temps avant, et réforme cultuelle basée sur cet ouvrage (Proklamirung des Urdeuteranomiums, welcher kurz vorher geschrieben wai\ und Cultusreform aufGrund desselben).
605. Première mise par écrit du rouleau primitif de Jérémie (Erste Niederschrift der Vrrolle Jeremias) .
604. Deuxième édition augmentée du même {Erweiterte zweite Ausgabe desselben).
ont des plus exactes, maïs ce qui étonne, st uniquement remplie par la remarque prophétique > sans être suivie de la e. Et cependant Jérémie n'est pas resté :er les discours qui ont été plus tard réuie 605 et de 604. M. Cornili a cherché les textes qui devaient se trouver dans n'a-t-il pas indiqué, ne fût-ce que dubi- 5 qui peuvent être échelonnés entre 627 nier recueil? Je ne puis croire que le Ile jusqu'à soupçonner Jérémie d'avoir, 1, substitué aux discours qu'il a pro- 3 22 ans, des discours fabriqués par imî et qu'il n'a jamais tenus. La vérité la nécessité d'avoir une marge quelgation du Deutéronome et les prédicadépendent, le savant critique a inconsdate des discours avec celle de leur u à l'erreur regrettable que toutes les érémie, sans une seule exception, sont
•t tenté d'échapper à la difficulté de la I à regard de l'ordonnance deutérono- •ce, en supposant que le prophète fait utume à laquelle le Deutéronome a seulei. Dans mes autres études bibliques j'ai e compter avec cette échappatoire facile i à profit par les critiques bibliques; je si, par exception, il ne convient pas de réalité dans le cas présent. Je suis assez systématique pour que la question de saîrieur ou postérieur au Deutéronome me feront. Mais pour l'histoire littéraire de ne manque pas d'un certain intérêt. En )endant acquis la conviction qu'il y a locumentaire. Cela résulte à la fois de phète, au verset 8, du terme technique
orce, nnnD "iBD (»Tnnn3 "ibd^ "o-
tez le suffixe!), qui, en retirant Isaïe, l, 1 , est particulier au Deutéronome; cela ressort ensuite de la curieuse expression yiHn tlJnn tian Nbn» q«î est l'exact synonyme de ^^t Vnsn DK N'^ûnn ^^ Deutéronome, xxiv, 4. Ces deux correspondances ne sont possibles que comme imitation littéraire. Il va sans dire qu'à ce sujet Jérémie ne peut prétendre qu'au titre de copiste.
Ce verset a eu la bonne chance d'échapper à Vindex des critiques, qui par des raisons psychologiques pour moi inabordables, ont classé les deux versets suivants parmi les pièces remaniées par un diascévaste postérieur, et sous leur plume « remanié > équivaut à c détourné > du sens primitif au point que la pensée de l'auteur n'est plus reconnaissable. Si un tel malheur avait atteint le verset 1 6, il aurait été impossible d'en faire l'objet d'une étude comparative. Mais puisque le hasard Ta épargné nous nous y arrêterons pendant quelques instants. Yahwé, dit Jérémie, prendra très peu de personnes de chaque ville et de chaque famille du peuple captif et les mènera à Sion. Là, il leur donnera de bons pasteurs qui les gouverneront avec une extrême sagesse (8-9j. Puis, il poursuit : c Lorsque vous redeviendrez très nombreux dans le pays, on ne parlera plus de l'arche de l'alliance de Yahwé, on ne la nommera pas, on ne la mentionnera pas et elle ne sera plus faite. > Les versets 17 et 18, quoi que disent les critiques psychologues, s'y rattachent admirablement : ce En ce temps- là, on appellera Jérusalem (( trône de Yahwé >, tous les peuples s'y réuniront et ne suivront plus les tendances de leur mauvais cœur; alors la maison de Juda et la maison d'Israël marcheront et viendront ensemble du pays du septentrion dans le pays que j'ai donné en héritage à vos ancêtres. » Le sens de l'ensemble est assez transparent. La ruine entière du royaume d'Israël et la transportation de ses habitants dans les pays étrangers inspire à Jérémie l'idée que l'épreuve de la captivité ne saurait pas manquer au royaume de Juda qui est même plus coupable que l'autre. Avec cette conviction, et appréhendant instinctivement
tVil"^ dont Jérémie prévoit l'inutilité pour l'avenir idéal qu'il annonce. Par les mots «elle ne sera plus faite», ^^j^ niS^J^^ nVv il montre non seulement l'existence ancienne de cette arche, mais aussi celle de l'habitude qu'on avait de remplacer par de nouvelles arches celles qui étaient devenues successivement hors d'usage dans le cours des siècles. La sainteté attribuée à cette arche et le rôle important qu'elle jouait dans les expéditions guerrières dans les temps anciens sont connus. Ainsi que son titre : € niH^ n'»")D plX ** l'indique clairement, ce prestige extraordinaire lui vient de ce qu'il rappelle à Israël l'alliance que Yahwé a conclue avec lui près du Sinaï, et comme ce rappel n'a pu se faire qu'au moyen des tablettes du Décalogue qui y étaient conservées, il s'ensuit que Jérémie a eu connaissance que ces tablettes, au moins primitivement, avaient été déposées dans Tarche datant de l'époque de la sortie d'Egypte, ce qui revient à dire qu'il a connu les récits de l'Exode, XXV, 21 ; XXXI, 7; xl, 20, que les critiques attribuent unanimement à P. La donnée analogue se trouve dans le Deutéronome, x, 3-5 et I Rois, viii, 9, mais le premier passage est d'après la même école d'origine exilique et le second est postérieur et puisé au Deutéronome, comme le prouve le nom de 3-in ^^ ^^^^ de ^j^p. Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que l'expression niiT D^lD PIN ^^^^ ses variantes très fréquentes pi-iDn piS ^^ mîT' ÎIIX ^^^ abrégée de nin^ rvi2 mj^ ninib ri")N' "^ arche aux tablettes de témoignage de l'alliance de Yahwé». L'arche en elle-même n'avait aucun titre à un prestige plus considérable que les autres vases ou meubles du sanctuaire, Yahwé n'ayant jamais demeuré dans l'intérieur de l'arche, mais au-dessus des chérubins qui ornaient la plaque d'or posée sur le couvercle (mSD)^- La forme la plus substantielle et la plus archaïque mj^n mmb' mj^n piN ^^ P^r abréviation nnj^n po^r ifis deux objets inséparablement unis, est particulière à ce code, tandis que les formes précédemment citées sont devenues plus usitées dans le langage populaire.