I. vu
Le groupe fait partie d'un discours que Jérémie adressa à la porto du temple aux Judéens qui y entraient faire leurs dévotions à Yahwé (mn^b ninDtt^nb*- ^" ^^^^^ '^ substance. 11 ne faut pas se dire qu'ayant parmi eux le temple de Yahwé ils sont assurés de rester dans leur pays. Cette confiance est fausse et vaine. La protection de Yahwé s'acquiert par les actes de justice envers les autres, surtout envers les faibles et les innocents, ainsi que par le rejet du culte des autres dieux; mais commettre des vols, des meurtres, des adultères, de faux serments, faire des sacrifices à Ba*al et aux autres dieux inconnus et se croire sauvé parce qu'on est allé ensuite dans ce temple de Yahwé, c'est une vraie folie. Le sanctuaire n'est pas une caverne de vauriens. Si vous continuez à rester sourds à mes exhortations, ce temple aura le sort de l'ancien sanctuaire de Silo qui fut détruit, et vous-mêmes serez rsjetés comme l'ont été naguère vos frères, les gens du royaume d'Éphraïm. Aucune prière, même celle du prophète ne pourra détourner d'eux ce malheur s'ils continuent le culte public rendu à la Reine du ciel (Astarté) et aux autres dieux ; la colère de Yahwé les détruira avec tous leurs biens. Puis vient l'appréciation suivante du culte sacrificiaire que je rends littéralement:
testable, rendaient aussi hommage à d'autres dieux indigi ou étrangers, entre autres à Ba'al^ à Astarté et surtou cruel Moloch qu'ils honoraient par des sacrifices d'enfa C'est alors que les prophètes monothéistes devaient profoi ment regretter l'intrusion du rite sacrificiaire dans la reli. de Yahwé. Malgré les différences de détail probablement nombreuses et très saillantes, ce rite a été le trait d'u tangible qui réunit la tradition païenne au yahwéisme, et pendant il était matériellement impossible à ce dernier de débarrasser tout à fait. Déjà le principe du Décalogue Yahwé ne pouvait être adoré sous une forme visible doi aux yeux du peuple une infériorité marquée à Yahwé comp tivement aux dieux du paganisme qui avaient chacun une fc et des symboles distincts. Qu'on allât dire en outre que Ya n'avait besoin ni d'un temple, ni de sacrifices, c'aurait pour la masse populaire l'aveu formel que ce Dieu était création imaginaire de quelque cerveau détraqué. Poui gens d'un esprit peu cultivé, l'idée d'un dieu sans culte aussi insensée que celle d'une nation sans patrie. La néce pour l'homme primitif d'avoir un protecteur près de lui, cessité qui a fait naître le fétichisme et la zoolatrie, a per chez les nations primitives dont l'existence semblait men par d'autres groupes de nations rivales qui se sont fori autour d'elles. Rien n'est plus instructif que la compara de l'évolution suivie par le culte des morts avec la raide bilité conservée par le culte des dieux en Egypte. D'abor nourrissait les morts par des sacrifices réels, ensuite on aperçu que le même effet pouvait être produit par des syml gravés ou par des incantations écrites et mises dans leun veloppes sépulcrales. Ces pratiques ne se sont pas superpc l'une à l'autre, mais ont été employées en même temps en portions inégales dans le but d'obtenir un résultat poter Néanmoins l'usage simultané de plusieurs pratiques fois a singulièrement diminué le prestige d'indispensal qui se rattachait primitivement à l'alimentation matérielle morts. Le contraire a eu lieu en ce qui concerne l'adori des dieux, les clans nombreux et puissants du clergé i pas laissé toucher au culte sacrificiaire antique qui était
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à la fabrication et à l'adoration du veau d'or démontre la nécessité d'avoir au milieu du camp isi:aélite un domicile de Yahwé plus matériel que la colonne de nuage et de feu, comprétiensible seulement pour quelques esprits raffinés. La présence du sanctuaire entraîna la fixation de tous les ordres des sacrifices, même des sacrifices individuels et propitiatoires qui existaient chez tous les peuples voisins, et par conséquent la rédaction d'un code sacerdotal complet, car autrement on aurait ouvert la porte à toutes les cérémonies du paganisme. Mais malgré la prompte codification des rites qui font la base des pièces lévitiques du Pentateuque, la pratique régulière des sacrifices individuels n'a été officiellement inaugurée qu'après la conquête du pays, ou, ce qui est plus exact peut-être, que dans le temple de Jérusalem^ et là encore d'une manière peu suivie et surtout sans être appuyée par les prophètes. Il va sans dire que le peuple et les prêtres officiants préféraient au contraire les offrandes propitiatoires et ne faisaient pas de difficulté si elles allaient à Yaliwé ou à d'autres dieux*. C'est à l'époque du second temple que, malgré la réforme projetée par Ézéchiel, les lois lévitiques ont été complètement exécutées et rétablies dans leur teneur littérale. L'affirmation courante que le code sacerdotal était totalement ignoré jusqu'à l'époque d'Esdras est contredite par les témoignages nombreux des prophètes antérieurs et de Jérémie lui-même; notre prophète ne fait pas d'exception, mais il a besoin d'être compris.
Jérémie s'exprime d'une manière hostile aux sacrifices en général ; il veut que tout le monde puisse manger de la viande sans en donner une part à l'autel et à ses desservants, les prêtres (-)2/2 ibsX'l)- Cette tendance à priver le sacerdoce de ses revenus explique la haine inextinguible qui régnait entre les prêtres et lui, haine que ses compatriotes de la ville sacerdotale d'Anatot ont poussée jusqu'à des tentatives de meurtre'.
1. Naturellement aussi dans les sanctuaires rivaux du royaume d'Israël.