‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 86 sur 140 · Jérémie, xr · texte numérisé non relu

Jérémie, xr

 leurs yeux il était un blasphémateur, un contempteur de la loi divine vénérée par tout le peuple. Après s'être aliéné la sympathie des politiciens et de la foule qui l'accusaient de trahison au profit des Babyloniens, il osa affronter la rage du clergé par ses projets de réforme bouleversante et tout spécialement par l'affirmation contraire aux traditions les plus sacrées que Yahwé n'a donné aucun ordre relativement aux sacrifices lorsqu'il fit sortir Israël d'Egypte. La dénégation

u^nm ià^ os^max^nx \n-)2n xb (^2) parallèle à ^b

^^b bï^ nnbï^ Xbl ^n^lV relatif aux sacrifices d'enfants (31) est manifeste dans toute sa raideur implacable. A première vue nous sommes placés devant le dilemme que voici : l'une des deux doit être mensongère puisqu'elles s'excluent l'une l'autre. En réfléchissant, on voit qu'en la prenant au pied de la lettre la dénégation vise plutôt l'autorité de la tradition dont elle implique l'existence, car on n'a pas besoin de nier ce que personne ne croit. Nous avons vu de plus que Jérémie connaît parfaitement et de l'avis de tous les documents J E et le Deutéronome et à plus forte raison le livre de l'Alliance, où les ordonnances concernant les sacrifices sont loin de manquer. Le proverbe : qui trop embrasse mal étreint, a donc une réelle valeur dans le cas présent. Ce qui est vrai, c'est que dans notre passage Jérémie a employé l'expression nSÎI nSl)^ ^^"^ '^ ^^"^ ^^^" treint de « sacrifices volontaires et individuels^ . Le prophète ne combat nullement Tidée que la Divinité trouve une satisfaction dans les sacrifices qui lui sont quotidiennement offerts dans le temple, il oppose avec la plus grande vigueur nSîl nblj^ ^ '^ soumission pure et simple à la volonté divine, c'est-à-dire aux règles de la morale, -j-nn bD3 Qrabm 'h^p2 )^D]i/^ ^^c., locution dont le sens est interprété dans la Genèse, xviii,1 9, par DSli^DI npnV- Les circonstances dans lesquelles ce discours a été prononcé ne permet pas d'autre interprétation, car il a été adressé aux gens qui entraient dans la cour du temple pour faire des actes de dévotion, c'est-à-dire pour y offrir des sacrifices individuels, votifs ou propitiatoires. Pris dans ce sens naturel, l'affirmation de Jérémie ne s'écarte guère du fameux dicton de

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