‹ Recherches bibliques (volume 2)Chapitre 89 sur 140 · xvn · texte numérisé non relu

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. Discours prononcé d'abord à la po aux rois et aux princes, ensuite aux î

vaient d'entrée aux classes inférieures du peuple. II a pour sujet la sanctification rigoureuse du jour du Sabbat. La célébration de cette fête hebdomadaire est supposée comnrie existant de fait depuis longtemps; le nom de rOl^n DV qu'on lui donnait prouve en outre que c'était un jour consacré au repos. Seulement Jérémie a trouvé que le repos était trop souvent troublé par l'entrée et la sortie de marchandises destinées aux transactions commerciales avec la province ou avec l'étranger. Jérémie y vpit le retour d'un crime atavique : la sanctification de ce jour avait été ordonnée par Yahwé aux ancêtres d'Israël, par la défense de n'y faire aucun travail, mais suivant son habitude, Israël s'est toujours montré rebelle aux ordres de Yahwé, et c'est ainsi que les abus se sont perpétués jusqu'à ce jour, mais la longanimité divine ne saurait se prolonger davantage. Dorénavant il faut se décider: si l'abstention de tout travail y est rigoureusement observée, la royauté davidique, la ville et le culte du temple se maintiendront dans une grande prospérité ; au cas contraire, Jérusalem deviendra la proie des flammes et tout le reste disparaîtra avec elle. Deux points à noter, le fait que les ancêtres d'Israël, c'est-à-dire les contemporains de l'Exode commirent des atteintes à la sainteté du Sabbat est un thème qu'Ézéchiel, selon son habitude, a emprunté à Jérémie et développé au chap. xx d'une manière indépendante. En second lieu, l'obligation de s'abstenir de tout travail pendant le jour du Sabbat non seulement est admise par Isaïe II, avec toute la rigueur possible, elle est aussi, tout comme chez Jérémie, regardée comme un acte de piété qui est récompensé par la possession de la terre promise (Isaïe, LViii, 14). L'un et l'autre de ces faits garantissent d'une manière irréfragable l'authenticité du passage jérémique, qui est leur source commune. Or, il importe de constater que la sainteté exceptionnelle attribuée au jour du Sabbat tire son orifrine de la sanctificaHon du septième jour comme celui dans lequel Élohîm se reposa après les six jours de la création. L'observance rigoureuse du repos sabbatique fait partie intégrante du Décalogue dans les variantes que nous en possédons (Exode, xx, 8-11; Deutéronome, V, 1 2-1 A). Le rappel ajouté dans le Deutéronome au verset 15, et relatif

à la sortie d'Egypte, a pour but démotiver le repos des et laisse intacte l'origine de ce repos supposée conni l'intensité de ces avertissements, D3>miyS3I3 T\Dt

roi/n uv nx^ as^max n« ^nnv -in^xS' ainsi que

répétition des termes principaux au verset 27, on voi ment que Jérémie a puisé à ce sujet dans le livre de T. auquel il se réfère avec une visible prédilection, c'est-à Décalogue, et comme le groupe concernant le Sabbal par le verbe -^3^ c rappelle- toi », nous avons la certil la tradition de P (Genèse, i, I-11, 3) est même antéi l'Exode. Maintenant est-il imaginable que cette tra inïportante soit restée orale jusqu'au retour de l'exil surdité d'une pareille supposition est bien sentie par 1 ques outranciers; ils tâchent d'y échapper en chercha relative au Sabbat dans TExode, xxiii, 12, où la cré six jours n'est pas mentionnée, sans s'apercevoir que ( si mal bâti (mention des animaux avant les hommes, tution du serf et de la serve par la rubrique « le 1 serve * et omission totale de la famille du maître) se par l'emploi simultané des verbes nii> et gfgj^ comm sumé sommaire de l'Exode, xix, 8-1 1 et xxxi, i 6-1 7 ces efforts malheureux pour trouver autre chose, nouj jusqu'à plus ample informé sur le terrain du texte reçi constatons que Jérémie se réfère au Décalogue de l'Exoi s'être déjà référé au récit qui lui sert d'introduction, la question de savoir comment un tel opus operand\ gagner Timportance que Jérémie lui attribue, elle s' par l'état précaire où le yahwéisme se trouvait après d'Ézéchias. Aussi longtemps que la Judée fut une p respectable, son dieu national Yahwé conserva son de dieu tout puissant, et les prophètes n'eurent qu'à ce la concurrence de dieux secondaires ou étrangers. Ils r aucun intérêt particulier à aggraver les observances di ayant pour objet d'inculquer la foi dans la puissance d comme créateur et gouverneur du monde que tout 1( admettait instinctivement. Plus tard, la faiblesse exi avérée de la nation rejaillit naturellement sur son

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ment soumis et resteront sous le joug babylonien jusqu'à la troisième génération. La Judée n'échappera pas à ce sort; elle sera ruinée et ses habitants seront emmenés en captivité à Babylone, où ils resteront pendant 70 ans complets. Alors ce sera le tour de la Babylonie d'expier ses crimes et l'heure de la délivrance pour les nations opprimées, au moins pour celles que Yahwé n'a pas vouées à la perdition totale.

Tel est le sujet de cette remarquable prédiction qui n'a au premier aspect aucune connexité avec l'objet principal de notre recherche actuelle. On doit savoir gré aux critiques modernes d'avoir suggéré un rapprochement que nous sommes obligé d'examiner avec tout l'intérêt qu'il comporte. On a remarqué depuis longtemps que les analogies en fait d'expressions caractéristiques qui existent entre le livre de Jérémie et le code lévitique du Pentateuque sont de telle nature qu'il est impossible de les attribuer à une source extérieure, mais qu'elles sont originales dans l'un et imitées dans l'autre. Fidèles à leur système qui voit dans le Lévitique une œuvre postexilique, ces savants qualifient le chapitre XXYI du Lévitique où la restauration du pays et de ses habitants après une ruine totale est aussi prévue comme une imitation de cette prédiction de Jérémie. Par malheur, ils ont laissé de côté le seul élément qui peut trancher la question, savoir que le Lévitique ne fixe aucune date pour la durée de l'exil, tandis que Jérémie la précise à 70 ans. Dans la logique des choses l'indéfini précède le défini. L'eschatologie juive nous fournit deux exemples instructifs. Le jour de Yahwé, c'est-à-dire le jour du jugement dernier, annoncé par les prophètes pendant huit cents ans, n'a reçu de date fixe que dans l'Évangile (Matthieu, xxiv, 34; Marc, xiîi, 30; Luc, xxi, 32). Chez les Juifs de même, l'arrivée du royaume de Dieu n'a donné lieu à aucun calcul avant le livre de Daniel. C'est que de telles dates sont toujours le produit d'une nécessité pressante. Ainsi les 70 ans fixés par Jérémie avaient pour but de démentir les prophètes adverses qui annonçaient le retour des captifs dans l'espace de deux ans (xxvin, 3); dans les circonstances ordinaires les voyants se tiennent dans les généralités du principe. Mais voici encore une autre considération. Un auteur postérieur à

peuplement du territoire d'Israël. Les anciens dissidents éphraïmites dispersés dans les lointains pays du nord seront repris en grâce par Yahwé comme à Tépoque de TExode, où le peuple uni jouissait de sa faveur. Le voyage du retour se fera dans des circonstances pénibles et au milieu de grandes privations, mais leurs souffrances se changeront bientôt en manifestations de satisfaction et de joie lorsqu'ils seront rétablis sur les riches montagnes de la Samarie. L'ancienne rivalité disparaîtra entièrement. Les Éphraïmites iront faire leurs dévotions à Jérusalem ; ils vivront en parfaite harmonie avec leurs frères judéens et dans une prospérité de plus en plus grandissante (27-<28). A ces prévisions de bonheur matériel, le prophète ajoute la caractéristique de l'état moral :

29. En ces jours-là, on ne dira plus : « Les pères ont mangé du verjus et les enfants ont les dents agacées ».

30. Mais chacun expiera (mot à mot : « mourra pour ») son propre crime; (alors on dira) : « quiconque mangera du verjus aura les dents agacées ».

31. Les jours viendront, dit Yahwé, où je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une nouvelle alliance.

32. Non comme l'alliance que j'ai conclue avec leurs pères au jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d'Egypte et où il arriva (bientôt) d'une part qu'ils abolirent cette alliance, d'autre part que je les rejetai avec dégoût (>nSy3=in^rQ)> dit Yahwé.

33. Cette alliance que je conclurai avec la maison d'Israël après ces jours-là (sera ainsi), dit Yahwé, je mettrai ma loi dans leur intérieur et je l'écrirai sur leur cœur; je serai réellement leur Dieu et ils seront réellement mon peuple.

34. Ils s'enseigneront les uns les autres (en disant) « connaissez Yahwé », car eux tous me connaîtront, petits et grands, car je pardonnerai leurs (anciens) délits et je ne penserai plus à leurs (anciens) péchés.

Deux objets s'imposent à notre méditation, le dicton : < Les pères ont mangé du verjus et les fils ont les dents agacées > et la nature de l'ancien pacte qui est destiné à être renouvelé.

Le premier point, qui est représenté par un proverbe populaire fort en vogue au temps de Jérémie et aurait pu donner lieu à des commentaires multiples et même contradictoires, a été complètement éclairci parle prophète Ézéchiel qui y a consacré

III de son livre. Nous apprenons que les conces prophètes, ne croyant pas mériter la mauqui les accablait sans cesse, se plaignaient 3r les péchés commis par leurs pères. Ils troute responsabilité des délits des autres, fussent-ils icétres, dépassait les limites de la stricte justice traire. De là le dicton irrévérencieux des dents ifants dont les pères ont mangé du verjus. Les s reconnaissent le bien fondé de la protestation, onses accusent une légère différence. Jérémie buiion personnelle après la grande expiation de ' iQ^2^5 Ézéchiel au contraire affirme qu'elle sera \ sans aucun délai. Le revirement s'explique par en plus affaissé de Tesprit national qu'il élail )as laisser aller au désespoir, mais il est certain )e lui-même n'eût jamais pu se former si le sysexpier aux enfants les crimes de leur ancêtres î formellement enseigné par la Loi et généraleîomme une émanation de Yahwé. Jl y a plus, intique par son propre tém.oignage ce système responsabilité collective prolongée à rinfini et 3 pas à le trouver équitable de la part de Yahwé. î du chapitre xxxii, 1 7-25, qui sollicitera bienparticulière, on lit parmi les autres épithètesde rôles pleines de révélations pour notre recherche

>n bx ni2x pi; obt^Di D^sbxb non m^

j2 {ibidem j 18). < Qui conserve la faveur més à des milliers de générations et fait retomber ur leurs descendants (mot à mot : « sur leurs eux p). Cette phraséologie assez désordonnée itation des propositions bien charpentées de 5-6, reprises dans le Deutéronome, v, 9-10 et

nî2/yv * Q^î f^^*- expier les crimes des pères 3 la seconde, troisième et quatrième génération, erve la faveur méritée par eux jusqu'à des milations. » Ainsi, il demeure établi que Jérémie

n'a pas seulement été débiteur du Décalogue tel que nous le possédons, mais qu'il en a aggravé la sévérité dans une proportion excessive en établissant une sorte d'équilibre entre les attributs divins, la bonté et la justice, tandis que l'ancien législateur n'entendait pas que Texpiation des crimes des prédécesseurs dépassât la quatrième génération. Il nous reste seulement à retrouver la source de cette modification que le prophète se serait bien gardé d'introduire de son propre chef. Or, la question ne demeure pas longtemps douteuse : Jérémie s'est autorisé à prolonger l'expiation des crimes des générations les plus anciennes par le passage si caractéristique du Lévitique, xxvi, 38-45. Dans tout ce chapitre il s'agit d'une sorte de pari obstiné entre la nation et le Dieu national. Israël porte un défi plusieurs fois répété et de plus en plus insolent à son Dieu, et Yahwé septuple chaque fois ses coups pour abattre l'entêtement de son peuple rebelle. Cette situation étant donnée, l'auteur arrive à parler du petit reste qui sera près de s'éteindre dans les pays étrangers et hostiles où le hasard les aura disséminés. Ce petit reste, revenu à la conscience de la cause de son dépérissement et pris d'un sincère repentir, confessera ouvertement ses propres crimes et ceux de ses ancêtres les plus éloignés. Yahwé, de sa part, se rappelant le pacte d'alliance qu'il avait conclu tour 5 tour avec les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que l'état de désolation de la terre sainte, reprendra de nouveau son peuple en faveur. On comprend maintenant que Jérémie n'a fait au fond autre chose qu'appliquer à la génération présente qu'il accuse d'avoir suivi de propos délibéré la révolte obstinée et croissante de leurs ancêtres, les peines prévues par le Lévitique pour ce cas exceptionnel; loin d'innover, le prophète s'est strictement conformé au système ancien et orthodoxe, lequel a pu paraître exorbitant à ses contemporains, qui se considéraient comme de petits saints parce qu'ils allaient faire leurs dévotions au temple de Yahwé, mais n'a jamais pu être récusé comme une œuvre moderne et apocryphe.

L'exposition qui précède offre en même temps l'explication de la nécessité impérieuse qu'il y a, dans la pensée du prophète,,de changer la nature de l'ancien pacte en lui donnant

ma^n Q"^ ^ '^ caractère d'une série d'épithètes tronquée. Cela est tellement évident que plusieurs codex des Septante omettent les mots Kvpioç rm iwdiittùv ovo^lo, aùr^ = niîT lûtt^ mSDV fl"^ terminent ce verset dans le texte hébreu et font suivre immédiatement les épithètes du verset 19, expédient au fond inutile puisque, dans ce cas même, la forme à conjonction -n^jni ^^^^e indispensable. L'énigme s'explique quand on voit dans cette expression la réminiscence de la série parfaite du Deutéronome, x, 1 7 : «-njni IDjn b^JH ^NH qui a été intégralement empruntée dans Néhémie, ix, 32. Jérémie ayant l'intention d'y joindre d'autres attributs divins, a oublié d'enregistrer le quatrième attribut qui figure dans son modèle, savoir : î<"n3nv ^^ ^ laissé subsister l'état pour ainsi dire suspensif des deux précédents. Nous surprenons ici la manière dont notre prophète se servait des produits littéraires de ses devanciers et tout particulièrement du Pentateuque, où les onze premiers chapitres devaient déjà être attachés au Deutéronome, chapitres que l'école critique déclare y avoir été joints pendant l'exil après 572, date de la clôture du livre d'Ézéçhiel.

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