‹ Recherches bibliquesChapitre 31 sur 84 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

1 . La parole de Yahwé vint à Jonus, fils d'Amittaï, disant :

2. Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et proclame contre elle, car ses méfaits sont montés vers moi.

3. (Mais) Jonas se leva pour fuir & Tarsis devant Yahwé, descendit à Jaffa, trouva un navire partant pour Tarsis, paya

le passage et s'embarqua pour arriver avec (les marins) à Tarsis devant Yahwé.

4. Mais Yahwé envoya» un fort vent sur la mer, la mer devint très agitée et le navire allait être brisé.

5. Remplis de crainte, les marins supplièrent chacun son dieu et jetèrent à la mer les effets qui se trouvaient dans le navire, afin d'en alléger la manœuvre, tandis que Jonas descendit à la cale du vaisseau, se coucha et s'endormit profondément.

6. Le capitaine, s'approchant de lui, lui dit : Qu'as-tu, dormeur? Lève-toi et invoque ton dieu, peut-être (ce) dieu pensera à nous, de sorte que nous ne périrons pas.

7. (Les marins) dirent Tun à l'autre : Allons, jetons des sorts pour que nous sachions à cause de qui ce malheur nous est arrivé. Il jetèrent les sorts et le sort tomba sur Jonas.

8. Ils lui dirent : 0 toi, à cause de qui ce malheur nous est arrivé, annonce-nous quelle est ton occupation, d'où tu viens, quel est ton pays et de quel peuple tu es.

9. Il leur dit : Je suis un Hébreu et j'adore Yahwé, Dieu du ciel, qui a (aussi) fait la mer et le sec.

10. Les hommes furent saisis d'une grande crainte, et lui dirent : Qu'as-tu fait! Car ils apprirent qu'il s'était enfui devant Yahwé ; lui-même le leur avait raconté.

1 1 . Us lui dirent : Comment devons-nous agir avec toi pour que la mer se calme dans notre intérêt, car la mer continue à être démontée.

12. 11 leur dit : Prenez-moi et jetez-moi à la mer, car je sais que c'est à cause de moi que cette grande tempête s^est déchaînée contre vous.

13. Les hommes s'efforcèrent de faire revenir le bateau vers la rive, mais ils ne purent y parvenir, car la mer continuait à faire rage contre eux.

14. (Alors les marins) invoquèrent Yahwé et dirent : O Yahwé, fais que nous ne périssions pas pour la personne de cet homme et ne nous rends pas responsables du sang innocent, car toi, Yahwé, tu fais comme tu veux.

15. (Puis,) ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer, et la iner cessa de faire rage.

16. Les hommes conçurent une immense crainte à l'égard de Yahwé : ils offrirent un sacrifice à Yahwé et firent des vœux en son honneur*

COMMENTAIRE

1 . La formule in^^ est propre au style historique ; Ézéchiel,

I, 1 , ne forme pas exception, car c^est Ézéchiel lui-même qui fournit la date de ces premières visions ; ici, au contraire, l'introduction vient du codificateur des petits prophètes. Il semble donc que, par cette formule, il a eu l'intention de désigner ce petit livre comme un extrait d'une collection renfermant la biographie des prophètes, ou, du moins, des contes et des légendes les concernant, du genre des ce qiggat el-Anbiyâ » des auteurs musulmans. Tout nous fait croire que la littérature prophétique était déjà, avant la captivité babylonienne, d'une richesse considérable. Les histoires d'Élie et d'Elisée semblent également tirées d'un recueil de cette espèce.

2. a Ninive la grande ville, » d'après Genèse, x, 12, car du temps où notre conte fut rédigé, Ninive était une ruine difforme. L'objet de la prédiction est donné m, i, savoir l'annonce que la ville serait détruite après quarante jours, si les habitants persistent dans leurs forfaits. La particule motivante nj se rattache à cette annonce sous-entendue. Leurs méfaits sont montés devant moi, ijjj^ anyï nnbi^ = 'b s nX3 (Lamentatations, i, 22), pour les accuser et pour demander vengeance (cf. Genèse, ly, 10 ; xvin, 2\^pa88im).

3. Jonas pouvait fuir en Egypte, en Phénicie, et encore plus aisément en Philistide, qui était tout près, s'il avait cru un seul instant que le pouvoir de Yahwé s'arrête aux limites de la Palestine {Er fiieht « von Jahve weg, i dass heisst aus dem heiligen Lande, W.) ; sa prédiction elle-même, à l'accomplissement de laquelle il tient si obstinément, démontre absolument le contraire. La profession de foi ii, 9, fait disparaître la dernière ombre de doute. En réalité, p^-jn ^JQ^Di de même que S ^3B0, marque l'idée d'un éloignement d'un lieu où Yahwé lui apparut (Genèse, iv, 16; I Chroniques, xix, 18) et n'a aucun rapport particulier avec la [Palestine. Jonas tient à se

dérober h sa mission dont il n'augure rien d'avantageux pour lui, il fuit comme un fou sous l'empire de sa mauvaise humeur, et le conteur à beau jeu de le faire embarquer pour un pays lointain et dans une direction opposée à celle où il devait se rendre. Le thème nouveau de son petit drame consiste précisément dans le voyage sur mer et les péripéties qui s'en sont suivies : jamais un prophète d'Israël n'a été Tobjet de semblables aventures, si instructives au point de vue moral et religieux.

Toutallaà souhait : à peine descendu à Jaffa, il trouva un bateau en partance pourTarsîs, paya le prix de voyage et s'embarqua. Le conteur suppose que Jouas possédait la somme nécessaire, bien qu'on ne sache pas comment il se Tétait procurée ; les conteurs nesesoucientpasdecessortesde détails pratiques. Le suffixe de DnSV se rapporte aux marins dont il sera question bientôt.

La reprise de nin^ ^iôbû ï'^nforce la décision de Jonas à aller même au bout du ncionde, pourvu qu'il échappe à l'ennui de s'attirer les quolibets d'une grande ville.

Page 1