itJn» * lança, jeta avec force » (5, 12, 15). — n^K
répond à a penser, » verbe qui s'emploie en français également dans le sens de a aller, être sur le point de ». — l^Bfnb» € être brisé i par les coups des vagues qui le frappaient.
5. Les marins eurent peur, craignirent pour leur vie et poussèrent des cris d'angoisse en invoquant chacun ses dieux (vn'jx)' les dieux de la patrie aussi bien que les dieux particuliers à chaque individu. Ils firent en même temps tout ce qui était humainement possible pour sauver le navire en jetant les effets lourds, y compris la cargaison, afin de pouvoir le maintenir sur l'eau et le diriger (nn^^yD bprh) ^^^^ '^^^^ rames. Jonas, continuant sa bouderie, n'est pas disposé à prier comme les autres ; il descend donc au fond de la cale (})^ ni^&DH 'PDT)» se couche et s'endort profondément (qtti')).
6. Jonas est durement apostrophé par le capitaine du navire, qui l'appelle tanj et l'invite à invoquer son dieu, dans l'espoir
que ce dieu pensera à eux pour qu'ils ne périssent pas. j^WDH^
verbe dénomînatif de hihtt^V ^" niDlZrï (Job, xii, 5 ; en araméen, on a le qal pB^y (Daniel, vi, i); il vient du substantif nE^» « masse conripacte, pièce de, métal » (cf. mtî/y» ^'^^' chiel, XX vil, 19, non « poli »), qui servait d'unité monétaire. De là, as. istûy iétênu^ héb. itîW-^ntÇ'V (P^^^ "lt£^"'»]1lî^y)> a onze > == as. isten-eërit. Le capitaine admet d*emblée que le dieu de l'étranger est aussi capable de leur sauver la vie; c'est une croyance commune au paganisme.
7. Pendant que Jonas, après le départ du capitaine, resta dans un coin sans prier et se mit probablement de nouveau à dormir, les marins jetèrent des billets ou, plus exactement, des cailloux (nibllJ' ^^- ^^' Jj^)^ pour savoir qui d'entre eux a déchaîné la tempête par quelque péché inconnu des autres ; cette idée est commune à toutes les religions (cf. Josué, vu, 10-18; 1 Samuel, 41 -42) ; le sort annonça que Jonas était seul responsable du péril. — "^dW^» contracté pour 1o^ ^lî^v^du
verset suivant.
8. Jonas est rudement abordé par les marins, qui le qualifient d'homme néfaste et le forcent à leur dire quel est son métier (inDXbD no)? car ils pensent d'abord qu'il pouvait exercer le même métier qu'eux, le métier de marin (cf. nDXbD "^tt^J? Dm D'»D3» Psaumes, cviii, 23), puis, qu'il pouvait venir d'un port phénicien dans le dessein de s'engager comme matelot (K13n Pïto)' Enfin, ils prévoient le cas qu'il soit originaire d'ailleurs (nviN no) ^^ Q^'î' ^oit d'une autre race (,-||o ^^^ nns Dy)> ^^^^ ^^^^^^ ^^î impliquent une différence de religion.
9 . La réponse de Jonas à ces diverses questions est résumée par le conteur dans la déclaration nationale et religieuse : « Je suis un Hébreu {*^^m ^13]?) ®t j'adore Yahwé, le Dieu du ciel (NT ''3N O^Dtt^n mVn mn'» nîjtl)? » et, afin de le distinguer du dieu céleste phénicien Ba'âl Samêm' (qoï^ bj^3)» ^' ajoute immédiatement la phrase explicative : c qui a fait (aussi) la mer et le continent sec » (n^i/yn nXI DM DN ntî^j; "îB^'k), tandis que, chez les Phéniciens, la mer et la terre étaient respectivement divinisées sous leurs noms matériels Yâm (qi) et Ar^Raép (t\ttrTyiî<)- ^oyez Recherches bibliques ^ III, p. 869-
871 . Mais, en vérité, sa réponse était plus circonstancielle (cf. V. 9); il a tout avoué, son ennui d'aller prêcher à Ninive, étant sûr qu'il y subira des humiliations, sa fuite et sa mauvaise humeur persistante; Nous savons déjà la manière du conteur à borner le dialogue à l'objet principal et à rappeler ensuite, par une donnée générale, les détails qu'il a sousentendus.
10. Ayant pris connaissance de toute la vérité qui mettait Jonas dans le cas d'une rébellion préméditée à l'égard de Yahwé, les marins furent très épouvantés des conséquences que la présence d'un homme pareil pouvait leur attirer et ils exprimèrent leur frayeur par l'exclamation : c Qu'as-tu fait ! » Le reste du verset rappelle ce qui a été omis dans le verset précédent : ils ont appris qu'il fuyait devant Yahwé, ce qui aurait paru incroyable s'ils ne l'avaient entendu raconter par le coupable lui-même (qpi^ l'^STl ^D)* On voit l'importance de cette dernière phrase pour relever l'énormité de l'acte insensé et à la fois criminel du prophète. On ne peut donc ne pas être étonné de cette sentence non motivée de Wellhausen : a Effacez •iijn •«s nnb J Jonas n'a pas dit a ces gens qu'il fuyait devant Yahwé, mais ils le reconnaissent parce qu'il s'en va du pays de Yahwé et se rend sur la mer » (Streich Qrib TJH O» ^^^^ ^^^ ^^ Leuten nicht gesagt, dass er vor J olive fliehe, sondem sie erkennen es, daran dass er atis dem Lande Jahves geht und sich awfS^^è^^ièf). C'est parler comme si on était soi-même témoin oculaire au nnoment de la dernière rédaction et qu'on ait surpris le rédacteur en flagrant délit d'interpolation frauduleuse, et cette infaillibilité divinatoire est due à une autre certitude historiqtie^ puisée je ne sais où, que l'adorateur de Yahwo ne pouvait ni quitter la Palestine, ni yoyager sur mer. Conséquente, cette thèse oblige à conclure que, d'une part, les prophètes Élie et Elisée, qui ont séjourné respectivement en Phénicie et à Damas, n'étaient pas des yahwéistes; d'aiilre part, que David et Salomon, promoteur et constructeur du temple de Yahwé à Jérusalem, qui ont fait des conquêtes dans les pays voisins de la Palestine, .Philistide, Édom, Moab, Damas, Aram Soba, Hamath, ont agi en pleine opposition au système religieux des prophètes de Yahwé, lesquels les encourageaient malgré cela dans toutes
ces entreprises, II y a plus; Deutéronome, xx, 1 0-15, édicté des lois concernant la mise en siège et la prise des villes situées hors de la Palestine. Veut-on affirmer que ce législateur a rompu avec la tradition yahwéiste qui défendait aux fidèles de quitter fa terre sainte? Quant aux voyages maritimes, h propos desquels le silence de la Bible ne saurait rien préjuger, il est évident qu'un tableau géographique, tel que le x* chapitre de la Genèse, englobant diverses. îles et péninsules de la mer Méditerranée, ne s'est pas façonné sans entendre les récits de voyageurs israélites dans ces îles lointaines, car la demande de renseignements géographiques à des étrangers, dans un but scientifique, n'existait pas dans l'antiquité. Ensuite, il ne faut pas oublier le commerce maritime avec le sud de l'Arabie, au moyen de flottes établies à Aïlalh aux temps de Salomonet deJosaphat(I Rois, ix, 26-28; II Rois, xxii, 49; Il Chroniques, xx, 36-37). D'après la critique, l'occupation du port non palestinien d'Aïlath aurait déjà été une contravention à la coutume yahwéiste! Qu'on nous excuse de nous .être si longtemps arrêté sur ce point, car Vencagefnent des yahwéistes dans les étroites limites de la Palestine fait partie d'un profond système de psychologie ethnique dont le mosaïsme paye tous les frais, et qui est poussé à l'extrême dans l'ouvrage récent de M. B. Stade. Voyez plus haut.
\ \ . Mus par un sentiment confus de respect et d'humanité, les marins consultent le prophète égaré, comment il ,veut expier, par leurs mains, le crime commis (•-|*j n^^t^j no)» ^" d'autres mots, de quelle mort il veut mourir, puisque la tempête continue de rager avec la même furie qu'auparavant, preuve que la vengeance divine demande sa victime.
\%. Jonas n'hésite plus à se condamner à la mort par immersion dans la mer, laquelle se calmerait aussitôt qu'elle aurait sa proie, il ajoute qu'il sait parfaitement que la tempête a sa cause unique dans son acte criminel. — "^^pz pour -)i£f}<3
1^ (cf. ip^BD»^- '^^y forme populaire pour le classique >3j7oV