C. Époque israélite
a) Sortie d'Egypte et séjour dans le désert sous la conduite d'un prophète (An¥)s, Osée).
b) Culte de Ba^al-Pe'or favorisé par la débauche sexuelle (Osée).
c) Occupation de la Palestine sur les Âmorrhéens (Âmos). Un coup d*œi! jeté sur cette liste montre, de toute évidence,
que ces auteurs, loin de vouloir raconter les origines d'Israël, avaient pour but unique d'attester, par quelques exemples, d^ abord la sollicitude de Yabwépour procurer une demeure fixe à tous les peuples de la terre, tout aussi bien qu'àjsraël, et qu'en même temps il a exercé des actes de sévère justice contre des populations perverseset incorrigibles (Sodomites et Amor** rhéens). Puis, qu'en ce qui concerne Israël en particulier, il Ta traité avec une prédilection suprême dès la première existence du patriarche qui lui a légué son double nom, Jacob-Israël, dont le premier commémore l'effort fait par lui de gagner le droit de la progéniture sur son frère atné, et le second sa force surnaturelle qui l'a rendu vainqueur d'un être élohimique, car cette décision d'obtenir une situation prééminente dans le monde et la force surhumaine de vaincre même des puissances élohimiques, c'est à la bienveillance de Yahwé qu'il les doit, attendu que lui seul dirige la destinée des hommes et des peuples depuis leur entrée dans le monde jusqu'à leur disparition, lorsqu'elle est décrétée par sa suprême justice, comme c'est le cas des Sodomites et des gigantesques Amorrhéens. Enfin, et c'est le but évident de la prédication prophétique, que, dès le début, la bienveillance sans pareille de Yahwé n'a rencontré en Israël que la plus abjecte ingratitude, car, bien qu'il Tait guidé en personne quarante ans dans le désert, afin de le préparer h sa haute destinée, Israël, à peine parvenu h la frontière de la terre promise, se laissa séduire par les femmes du pays et s'adonna au culte de Ba*al Pe'or, en pleine rupture avec son divin bienfaiteur.
Voilà la véritable signification des points sur lesquels lea prophètes ont cru nécessaire d'insister. Mais quelle idée bizarre que celle qui voit dans ces traits disloqués, relevés au hasard de la prédication, un récit des origines d'Israël! Et, qui plus est, qui ne voit pas que ces allusions inintelligibles en elles-mêmes se caractérisent nettement comme des enjprunts sommaires à un écrit antérieur où ils sa trouvent en place pour-
vues de toute clarté néoesaaire, écrit faisant autorité qui ne peut être autre que le Pentateuque actuel ? C'est là que sa trouve en effet la solution de toutes ces énigmes : le pays des peuples imnoigrés en Syrie (Genèse, x, 14; xi, 28), l'appartenance des villes Adma et Seboïm à la région de Sodome Qt Gomorrhe(xiv,8, 8*), lasituation géographique des quatre villM détruites et la cause de leur destruction (xiv, 3-4 ; xYnif 80? iix, 24-25), le nom de la mère, du père et du frère de Jacob (xxv, 19-26), pourquoi Jacob s'est enfui en Aram* et auprès de qui il a trouvé un refuge, combien de temps il a servi son hOte et quelles femmes il a épousées (xxix), le lieu et les circonstances de sa lutte avec TÉloMm (xxxii, 23-31), Tentretien d'Élohîm avec Jacob à Béthel (xxxv, 9-15), la sortie d'Egypte et le motif qui a déterminé le séjour dans le désert (bxoda, xni, 17-18), le nom du prophète (Moïse) qui les commanda pendant les quarante années de la traversée (m, pasHm)^ rapostasieàBa''allVor,dieumoabite,etladébaucheavecle8rilles de cette nation, h Sittim (Nombres, xxv, 1-3). En un mot, les récits pentateutiques des origines existaient déjà longtemps avant le viii' siècle, et étaient tellement répandus dans la masse israélite que les points détachés auxquels les prophètes de celte dernière époque alludaient dans leurs prédications étaient compris de tous les auditeurs, Ce serait laisser libre carrière k l'arbitraire que de limiter le recueil des récits sous considération aux seuls événements effleurés par Amos et par ses successeurs^ preuve la mention en passant du nom d'isaac (orthographié pnw^î au lieu de pnv^)> ®" parallélisme avec Israël (^xiît^)» dans Amos, vu, 9 et 1 (5, noms dont le rapport mutuel n'aurait pu être compris sans avoir lu leur histoire dans là Genèse. De cette préhistoire d'Israël, il serait impossible de détacher ni le
4. Circonstance qui prouve incontestablement l'authenticité du chapitre XIV.
2« L'expression q<im n*W IDV^ n*)l^ (Osée, xii, 13) n^est môme qu'un résumé des paroles de liôbcccu à Jacob : ru^n ^riM \sh bn iS rTJS DTO (Genèsô, UYU, 43); rappelées plus loin pai* les mots ^12^ >jdo 7in^3 •^H (îXXV, 1) et TinK ^aSO ini2a (ibid., 7) ; et ce qui est surtout remarquable, e^ passages font partie de récita qui, d'après FÉcoie, appartiennent à TautQur postexilique PI
récit relatif à la vie d'Abraham et de ses prédécesseurs de la souche de Sem (Genèse, xii-xxv), ni le tableau ethnographique de Genèse, x, dans lequel Michée a cueilli le nom de Nimrod (Michée, v, 5; cf. Genèse, x, 8-9), et comme le chapitre X de la Genèse traite de la préhistoire des peuples non Israélites en général, on peut affirmer, à bon droit, que les penseurs israélites s'intéressaient à l'histoire de l'humanité bien des siècles avant leur contact avec les armées dévastatrices de l'Assyrie. Comme ou plutôt moins encore que l'époque romaine qui, au point de vue de la philosophie, ne vivait que de la sève hellénique antérieure, l'époque assyrienne n'a contribué en rien au progrès de !a religion et de la pensée des peuplent conquis. Il est impossible de placer à cette période, troublée et stérile, la plus belle floraison de Thistoire universelle dans la Judée agonisante. A l'époque florissante de Salomon^ ridée d*un emprunt à la littérature de la vallée du Tigre et de TEuphrate est au moins imaginable, et encore par l'intermédiaire des peuples voisins qui y avaient imprimé les modifications compatibles avec leur génie national. Mais alors même l'ethnographie de la Genèse resterait en dehors de ce cadre, car la Babylonie n'a rien qui puisse en être rapproché*.
P. 239 -24 2. Explication par l'immigration d'idées assyriennes de l'existence des récits yahwéistes suivants de la Genèse. Je puis me borner ici à un petit nombre de remarques^ la question tout entière ayant déjà été discutée à fond dans plusieurs articles de nies Recherches bibliques.
a) « Le récit relatif à la création de l'homme et à son expulsion du paradis (Genèse, ii-iii) répond à la question de savoir comment il se fait que des deux prérogatives de la divinité : le savoir et l'immortalité, l'honime possède la première sans posséder la seconde, bien qu'il soit si attaché à la vie. La réponse est faite à la façon babylonienne en présentant Yahwé pour la première fois (zum ersten Maie) comme créateur du monde, i
Ce narrateur de la période de détresse {Drangperiode)
i. Sur la nature et le but de ce tableau ethnographique, voir J. Halévy, Recherches bibliques, tome I, pages i 46-205.
m*étonne beaucoup par son détachement des choses d'actualité. Au lieu de chercher à résoudre l'énigme concernant le malheureux sort de son peuple, si bon yahwéiste, et la prospérité extraordinaire d'un peuple aussi idolâtrique et aussi malfaisant que le peuple assyrien, il s'abîme dans la question abstruse pourquoi l'homme ne vit pas éternellement et pourquoi, par surcroit, il a besoin de gagner sa vie à la sueur de son front ! C'est d'autant plus étonnant que sa source babylonienne ignore absolument toutes ces profondes spéculations et ne vise qu'à exalter le dieu particulier de Babylone, Marduk, au-dessus de tous les autres dieux. Pour comble de bizarrerie, ce narrateur philosophe aurait commis encore une faute plus grave en oubliant de présenter Yahwé comme créateur, — je ne dis plus du ciel, — mais même de la terre sur laquelle est placé le premier homme*!
L*état mental de ce prétendu disciple des théories babyloniennes nous inspire de sérieuses inquiétudes.
b) ce Le récit yahwéiste de la destruction du genre humain par le déluge et le salut de Noé dans l'arche. Si le héros du déluge s'appelle ni» '^ héros palestinien de ce nom est l'inventeur
de la culture de la vigne et patriarche des peuples palestiniens Sera, Japhet (Phéniciens!) et Chanaan (!). Les peuples qui vivaient dans Thorizon de l'historien sont issus des fils de Noé. Le passage par la pensée yahwéiste a moralisé le mythe babylonien en donnant les péchés des hommes pour motif du déluge, mais le caractère païen et inéthique apparaît clairement en ceci que Yahwé s'apkise devant le sacrifice de Noé et renonce à d'autres répressions (1) {aufweitere Gerichte ver%ichtet)y parce que la pensée de l'homme {dos Sinnen der Menschen) est uniment mauvaise {nun einmal bôse ist). i II est presque inutile de faire remarquer que Yahwé ne renonce qu'à l'extermination
4. L'École se heurte elle-même à cet écueil, et, pour le tourner, elle affirme que le récit relatif à la création de la terre s'est perdu par je ne sais quel hasard. Quand le passage dit le contraire de ce qu'on veut, on le retranche, et quand il ne dit pas assez ce dont on a besoin, on l'allonge ]U8qa à ce qu'il prenne la dimension nécessaire. Au moyen de ce lit de Procuste, toute difficulté est aplanie.
la
universelle par le déluge^ tt imllaiaeiil aux répressions judtioières dans les divisions particulières du genre humain.
Un second thème opportun dans la ce période de détresse ! » Au moment même où les dévastations assyriennes ont détruit tous les vignobles, le singulier narrateur-philosophe enrichh son peuple d'un récit du déluge universel et d'un patriarche inventeur de la culture de la vigne ! De même^ il donne au héros bachique trois (ils dont il fait venir tous les peuples à lai connus, grâce au nouvel horizon ouvert par la soldatesque assyrienne. Par distraction j il a oublié de penser à la puissance même qui gouvernait la Palestine, car autrement il aurait donné quelques notions utiles sur l'histoire et l'étendue de l'empire assyrien. Cela eût été» en tous casi plus intéressant que i'énumération des sept descendants de Gus, des six descendants de Miçraïm et des onze fils de Chanaan, parmi le^ quels cinq peuplades infimes et quatre qui n'existaient plus vers la fin du rfegne de Salomon. Quant à Tappréciation de Vopus operandufji et au pessimisme de Yahwé sur la pensée hUiTiaine, au point de renoncer à toute autre fépi*essîon, nous Citerons la dernière remarque comme étant contredite è la fois par le rédt hébreu {^f] ^53 {^>i. Genèse, vm, 21)* et par le poètne babylonien*. Pour le sacrifice de Noé fet le pessimisme relatif à la nature du genre huniain, il suffira de comparer le sacrifice théandrique de la Bonne-Nouvelle et l'exposition de Romains* t, 1 8^3â.
c) « Le t-écit de la tour de Babel • » — La prétendue origine babylonienne de cette tour est rendue problématique par le silence des textes* Sur lé sens méconnu de cet épisode, voyez mes Rechercher bibliques,
d) € La légende des dix patriarches de l'humanité* > — ' Le fond babylonien est incontestable, mais étant connexe à la création et au déluge, sa pénétration dans les pays sémitiques de l'ouest s'est réalisée pendant la suzeraineté babylonienne, bien avant l'époque d'El-Amarna»
1. Le moyen de punir l'iniquité des hommes par la famine, les bêtes rapaces, la guerre ou la mortalité (cf. Bzéchiel, xiv, 13-21, pasaim), est formellement donné dans l'allocution des dieux à Bel, auteur du déluge*
ô) * La connexion de Noè avec les përôs d'Israël . > -^ On déiïiâtide ded preuvei§ ft Tàppui dâ ia prétendue origine pajeë^ tiiiiêhrië; elles ionld'àutànt plûd néôessàii'es que, fieldn TÊdole, le ttttrmeur de Genèse , îv^ n'aurait pas oonrtu le déluge. D'aUltispfckrt, ridée de cOhsidérerSem^ Abraham, Lotet Hai*an(I) comme des héros paléstinietis^ ou de voir dans Nahor, Milka et Sàfà, des figures dô la légi^nde cultuelle des Harraniens^ c'est faire uh éxet*ciêe dé divittatlon dénué de toute portée en histoire*
Point a noter t Dans eetie riche collection de héros éclecii-^ ques, pas un seul héros assyrien h'appareît avec sa belle barbe tressée et ses br^ë vigoureux, qui ont dà faire une tout autre impresélon sur le» genô de Judée que les figures pâles des déités harranienneat
Quelques observations finalement; Pour affirmer que lô terme tSIMn ^i's^t du babylonien, il fallait dire quel était le mot pure* \\m\ hébreu pour t abîme >» ^— t^ourquoi Qi^< est- il une figure babylotiietme et nifl une figure paleélinienne secondaire ? --Lemythe sur l'origine des géants^ cômmesuiledu mariage des û^«l^j(}^^j;^ avec des femmes humaines^ vient en ligne droite du pagaiiiéme juif^ dont le fond babylonien n'est pas prouvé. Quant aux plurieli r1^^^ T\yù (Genèse, xi, 7) et î|jap iftj^j
(lîi, 22), ils cofrespondeni à^3fiî)b12 ijiîjb^â ûîii mi
(Genèse, i, 216) et concourent à démontrer que, loin d'être une réminiscence du paganisme, les auteurs n'ont pensé qu'aux ÊlôhîW qui foi*mérit le tjôrtègê de Yahwé, c'est-à-dire les àligès, auxquels la forme humaine a depuis longtemps été attribuée dàrtè les légendes hébraïque^ (Genëse, xviit, 8j xxiii, 25, pas^irn), comme dans celles dés Sémites du nord dn général.
P. 244 (4). La confusion non justifiée des usages populaires [^blksille) avec le yahwéismé légal a malheureusement enlevé toute la portée de ce paragraphe, qUÎ abonde Cependant en observations intéressantes, et, ce qui est encore plus regrettable, elle a donné naissance à des interprétations exégétiques d*une solidité bien contestable. \\ s* agit dès sacrifices humaine, surtout des sacrifices d'enfants, pratiqués si souvent dans la vallée dite a du fils de Hinnom y> (ejpi p ^\^)s près de Jéru-
salem, et fortement blâmés par les prophètes Jérémie et Ézéchiel. Le culte de Moloch, auquel ces sacrifices sont empruntés, vient de Phénicie, et il est hautement vraisemblable qu'Israël Pavait déjà trouvé en plein exercice chez les Cbananéens et que la masse des conquérants ne fit aucune difficulté de l'adopter en même temps que le culte des autres Baals, sans songer à renier pour cela son Dieu national Yahwé. L'habitude a sans doute déterminé plusieurs à honorer Yahwé par ces cruels sacrifices pour prouver leur piété à son égard, comme semble l'indiquer le vœu de Jephté (Juges, xi), La piété exagérée engendre toujours un fanatisme immoral. Mais cette aberration, d'ailleurs aussi sporadique que peu durable, n'a pas eu la moindre influence sur le yahwéisme légal, et cela par Texcellente raison qu'un yahwéisme populaire n'a pas existé avant le retour de la captivité. La phrase : c Le sacrifice des enfants pénètre, du culte de Moloch, dans celui de Yahwé w (Aus ihm dringt dos Kindesopferin den Jahvekult ein) ne saurait être acceptée. Que les éclecticiens fanatiques aient combiné Yahwé et Moloch ou rapporté au premier le culte du second, cela se passe journellement dans le paganisme; ce qui nous importe, c'est de savoir, d'une part, que les prophètes regardaient ce culte commedétestableetattentatoireàlasaintetédeYahwé,et,d'autre part, comme s'adressant aux idoles abominables et abjectes (qA«j^5, Jérémie, xx, 31). Ils n'ont même pas l'idée qu'une
telle assimilation soit possible (Ézéchiel, xxiii, 37, 39), car ce reproche atteint des gens qui, après avoir immolé leurs enfants au Tophet, dans la vallée de Hinnom, vont faire leurs dévotions dans le temple de Yahwé. C'étaient des éclectiques, des gens qui s'arrêtaient sur deux et même plusieurs seuils de sanctuaires, pareils aux contemporains d'Élie qui adoraient à la fois Ba'al et Yahwé (I Rois, xvni, 21). Je ne conçois pas comment le savant critique peut y voir un résultat de pénétra* tion mythique dans le yahwéisme. La circonstance que le sacrifice des enfants est toujours resté en dehors du temple et confiné à la seule vallée précitée, au bas de la ville, montre bien l'écart objectif inconciliable des deux formes de culte.
Plus stupéfiant me paraît encore l'exposé suivant, parce
qu'il repose sur l'exégèse d'un passage (Ézéchîel, xx, 25-26) dont l'inadmissibilité peut être facilement démontrée. Ézéchiel affirme que, par suite du refus d'exécuter les bonnes et vivifiantes lois prescrites dans le désert (mxn Dmx ntt^J^^ ")12^K nro ^m)' Yahwé leur a donné certaines lois et ordonnances qui, en elles-mêmes, n'étaient ni bonnes ni vivifiantes {^^^ qj^
Dn2 rn'» NbD'^iûBiWDi a^2iiû «bo^pn nrh ^nnj)» en d'autres
termes : des lois qui sont plutôt des mesures disciplinaires que directement morales. De ce genre sont, il est facile de le deviner, les minuties du culte sacrificiel, des purifications, de la vache rouge, l'envoi d'un bouc à ^'Azazêl, etc., rites que les rabbins eux-mêmes déclarent former une classe de miîil»
« ordres, décisions de souverain, sans motif apparent >. Comment le savant critique peut-il rapporter cette proposition aux sacrifices d'enfants, et trouver, en confirmation de ses opinions, qu'Ézéchiel, en contradiction avec ses propres énoncés et avec ceux de Jérémie, s'est placé au point de vue du peuple qui blâmait les anciennes lois {Lediglieh eine Bestàtigung dieser Schlusse ist es y wenn Ez. 20, 25 /*., sich auf den Standpunkt des Volkes stellt und im Widerspruch mit seinen sanstigen Aeusserungen wie mit Jeremia^ behauptety Jahve habe demungehorsamenlsraelxs^'2'\{^ Xb D^pn ^^^ D^LDBIWD gegeberiy durch die sie kein Leben gewinnen sollten) ? Mais, s'il en était ainsi, ce ne serait pas avec ses sonstigen Aeusserungen qu'Ézéchiel se fût mis en contradiction, mais avec la triple affirmation de ce même discours aux versets 1 1 , 1 3 et 21 . Est-ce admissible qu'à quatre versets de distance le prophète ait déclaré mauvaises les lois qu'il a présentées trois fois de suite comme bonnes et vivifiantes? Évidemment, les défauts du procédé dogmatisant à outrance, ressortent ici dans tout leur relief peu attrayant. Il y a des lois de deux catégories : des lois bonnes et vivifiantes et des lois qui ne le sont pas; celles-ci, formant un superflu inutile, n'ont que le but de dompter la désobéissance coutumière d'Israël ; néanmoins, des lois mauvaises n'existent pas, ce qui serait le cas si elles ordonnaient les sacrifices d'enfants, comme le pense l'École que nous combattons.
La geconde proposition, distinguée expressément par U conjonction, a été plus naéconnue encore. Elle porte : ji^is^KI
OriT ")^Ô b^ '^^T^JO^ Ori^ianç^ Onî»; cela, pense-t-on, signifierait : € Je les ai souillés par leurs dons {Içh habe sie durçh ifireGal^mv^runreinigt) en ordonnant de faire brûler tout premier-né. » De là la remarque du savant critique : a Ézéchiel n'a pu parler ainsi qu^au cas où lui et ses contemporains ont connu des lois formelles dans lesquelles Yahwé exigea le sacrifice des premiers-nés humains {Ezéchiel konnte nur sa sprechen^ wenn er und seine Zeitgenossen formulierte Gebote kannten dass Jahve das Opfer der menschlichen Erstgeburt verlangte). La faute attribuée aux scribes (n^iab) P*** Jéré-
mie, VIII j 8, d'avoir falsifié la Thora, pourrait s-y rapporter {môchte sich dur au f beziehen). Celte loi serait encore restée dans Exode, xxii, 28, où, après avoir ordonné de consacrer à Yahwé les prémices des fruits, vient le commandement : t Tu me donneras les premiers-nés de tes fils » (^^ jp^n ^^33 l'Isa)- Plue tard, l'idée du rachat prévalut, mpis ce verset attesto néanmoins l'influence du culte de Molocb sur celui de Yahwé, Un autre témoignftge ge trouva dans le récit de Oenèse, ^^x. ^
Telle est la substance de o^ passage, dont plusieurs points ont déjà été écartés plus haut ; ftjoutons cependant quelques nouvolles remarques, s^ussi concises que possiblo,
1) L'interprétation du verset se complique da plusieurs er« reurs, tant logiques qu'exégétiques.
a) Laisser dire à Yahwé, dieu saint (tj^*ip) par excellence,
d'avoir souillé (j<Ç^) de propos délibéré son peuple, en lui
ordonnant de lui apporter des sacrifices humains, est un non^ sens si monstrueux qu'il n'a pu venir à l'idée d'Ézéchiel,
b) La conception d'un ordre divin d'immoler tous les pre^ miers^nés d'une nation n'a certainement pas été Qonçue par les adorateurs de Moloch eux-mêmes, autrement il n'aurait pu y avoir de premier-né vivant chez aucun des peuples sémitiques de l'ouest, qui s'abandonnaient à ce culte, conséquence démentie historiquement par le fait que le droit d'aînesse do»
minait chez tous ces peuples. Mééa^ saoririe, danç ga détres&e, son QIs aîné et successeur légal, pour ^.ps^iser la colère de Ker* mos (II Bois, m, 27); n'est-ce pfvp qne preuve matérielle qu'il ne l'avait pas sacrifié après sa naissance? c) Le verbe iijyn seul ne signifie jamais a faire brûler, >
mais uniquement c faire passer, transmettre, consacrer ». Dans le premier sens, il faut ajouter ij^jja, « par le feu, > ou
employer l'équivalent tj'jijpb» '^ locution concise "T^^yrQ
nn*J QnW (Éaécbiel, xvi, 81) se rapporte aussi à ce culte. Une exigence pareille de la part d% Yahwé aurait dû être exprimée par oni 1ÛB *?3 B^N!1 ^^ T33^n3* ^* ^^^ ^^"^ P^^^"" lologiquement impossible qu'il sVigisse ici d'autre chose que d'objets consacrés au service du temple, dont les uns (les animaux purs) peuvent monter sur l'autel, les autres (les animaux inaptes aux sacrifices et les hommes) doivent être rachetés, également au profit du sanctuaire.
Le point de départ de l'embrouillement réside dans le sens donné au verbe ^SD Q"^ ^^^^ ^^ contexte, signifie, non a souiller, » niais c déclarer mouillé pu inipur ; > ce sens est des plus usités dans le langage rituel comme antithèse J»- "inp,
€ déclarer pur » (lévitiqqe, xm, 3, 8, 11, 15, 30, 22, 85, 27, 30, 4&, 59), D'après la loi priniitive, les premiersrnés d'Israël, consacrés en blQc h Yahwé (Exode, xni, 1, 11), devaient faire tous les travo-ux du temple en formant un clergé inférieur m^ prêtres officiants (d'ïjto)^ ^^^^^f ^y^n\i apostasie avec !a majorité du peuple pendant l'épisode du culte du veau d'or, où la tribu de Lévi seule était restée fidèleà Yahwé(fWÉ?., xxxii,26),llsfurentdéclarésdéchusdeleurmandatetreniplacés par les lévites (Nombres, viii, 6, 16-19). C'est à cette déchéance, qui a imprimé une lare à la mjtsse de la nation, qu'Ézéchiel fait allusion dans le verset xx, 20, qui dit littéralement : a Et je les ai déclarés impurs (= indignes) dans leurs dons (des enfants aînés, Dn*13n©3' ^^* ^^33 11351 "ï^-rninf E^^ode, ^xn, 28) dans le (fait relatif au) fî^ire passer (= c vouer, consacrer >) tout premier-né, afin de les désoler
taSK/X tVD^* ^^ Oui, quoi que dise l'École dissécante, Ézé- \
chiel, comme les autres prophètes préexiliques, a puisé dans les écrits sacerdotaux du Pentateuque, et ne se comprend pas sans eux.
Maintenant le brouillard est dissipé : il n'y a ni trace de sacrifices d'enfants dans TExode, ni falsification de ces textes dans Jérémie, viii, 8. Ce dernier passage parle des sentences injustes émises par écrit par des juges prévaricateurs et orgueilleux de leur savoir ; c'est un pendant d'Isaïe, x, 1-3.
Quant à l'ordre feint donné à Abraham de sacrifier son fils, il avait pour but d'obtenir du patriarche une preuve de fidélité qui dépasse celle réalisée par le sacrifice d'aînés dans le paganisme, car Isaac était un fils unique et, de plus, né à l'âge de cent ans, dernière limite de la procréation des enfants ; cette dernière épreuve supportée, Abraham méritait réellement le titre d'ami de Yahwé (Isaïe, xli, 8), de même que Yahwé n'a pu manquer de devenir l'ami d'Abraham et de privilégier sa race (Genèse, xxii, 16-18).
P. 246-250 (§ 117). ce La réaction yahwéistique. Le Livre de l'alliance. Le décalogue plus récent, w
P. 246-248 (1). Nous persistons à nier l'influence attribuée à la domination assyrienne sur les idées religieuses de la Judée. Mais notre devoir nous commande d'examiner sans parti pris le fait qu'on présente comme étant redevable à la réaction nationale (nationale Reaktion) provoquée par elle cl qui serait, d'après §105, 7, la mise par écrit des usages légaux et cultuels qui sont actuellement réunis dans le nommé a Livre d'alliance; » nnan IBD» Exode, xx, 24-xxra, 33 »
(die Niederschrift der rechtlichen und kultischen Gewohn-
heiten die jetzt im sogenannten Bundesbttch vereint ist).
Le servant auteur entend lui-même, rendons-lui cette justice, n'émettre qu'une hypothèse; cependant une hypothèse qui vient d'un critique si compétent, et affecte, de plus, un texte qu'on avait considéré jusqu'à présent comme le plus ancien du Pentateuque, il est nécessaire de montrer pourquoi elle me paraît inadmissible : « C'est d'abord la partie cultuelle de la section, savoir € les paroles de Yahwé » que Moïse commu-
niqua à Israël près du Sinaï, comme base de la conclusion de Talliance (Exode, xxiv, 3 et suivants), et en particulier : l^par la loi relative aux premiers-nés, que nous avons suffisamment discutée au paragraphe précédent; 2"* par celle qui concerne la construction de l'autel, xx, 24. Cette loi commande littéralement : € (24) Tu me construiras un autel de terre et tu y immoleras tes holocaustes et tes offrandes de paix, ton menu bétail et ton gros bétail. En tout lieu sur lequel je ferai mentionner mon nom, je viendrai vers toi et je te bénirai, (25) Mais, si tu m'ériges un autel de pierres, tu ne les modèleras pas en pierres taillées (n^tji), car, si tu lèves ta hache
sur elles, tu le profaneras. (26) Et tu ne monteras pas par des marches sur mon autel, afin que ta nudité ne se découvre point sur lui. » — Rien de plus naturel pour le premier pas d'une institution cultuelle dans le désert, dans une agglomération de nomades ne se fixant nulle part et ne portant pas de caleçons : un autel de terre, ou de pierres crues, et non pourvu de marches, est en situation. M. Stade pense autrement : c Ce sont des exigences réactionnaires. Elles rejettent ce qui a été en usage depuis le temps des rois, Pautel de bronze de Saiomon aussi bien que l'autel en pierres taillées d' Achaz ; même des blocs taillés de rochers ne peuvent se maintenir devant elles. Elles demandent ce qui est primitif et partout où Yahwé apparaît (j-|X T3ÎX
^DC^)? P^r ^^'^ son culte est institué (begriindet) et il y a présomption d'être exaucé. Ça se comprenait de soi dans l'ancien temps; qu'on ait eu besoin de l'assurer ici, ça ne se comprend que comme une réaction contre des efforts faits pour favoriser un sanctuaire plus que l'autre, et celui-ci sera celui de Jérusalem*. »
1. La dernière partie de cet exposé étant quelque peu raboteuse, je la reproduis textuellement : Das sind reaktionare Forderungen. Sie verwerfen was aeitder Kônigszeit Sitte gewesen, den bronzenen Altar Salomos ao gut wie den des Achas aus behaucncn Steinerij auch behauene Felsblôcke kônnen vor ihnen nicht bestehen. Sie verlangen was uralt ist : den Altar aus Erde oder aus ungehauenem Stein, Und ûberall wo Yahve eracheint ist damit sein Kult begrûndet und Ausaicht erhôrtzuwerden. Daswar in aller Zeit selbstverstàndlich; da$8 es hier veraichett wird, begreift sich nur ala Reaktion gegen
— asa —
Il me semble que l'hypothèse passe trop rapidement en afflp* mation, car on ne voit guère pourquoi ces lois si primitives ne peuvent pas être placées précisément dans les temps primitif^ où elles sont rapportées par J.
Aux anciennes époques, les lieux de culte étaient d^ordi* naire les montagnes et les hauteurs (Genèse, xxii, 4 S ; Deuté-p ronoipe, xii, 3) ; l'ordre permettant de construire dans n'importe quel endroit, sous certaines restrictions touchant la matière de Paulel, tal une innov9.tion du yahwéisme que le législateur trouva nécessaire d'enregistrer. Par contre, en pleine expansion de lart ftpayrien, l'exigence de revenir à Tautel primitif du désert) non seulement ç^t pa,radoxale^ mai^ purtQut dénuée d@ toute portée mor^)^, fi çllçt p'e^t P^s précédée p^r up§ protestation contre tous les ganotuairçs fixes, aq&si bien de la, Ç0.pitale que de la province. Or, c ept préci-» sèment C50 qui aurait été oublié par le législateur, lequel ne dit même pas que Yahwé, après avoir béni les fidèles simples^ m retournerait piqs dans )es sanctuaires plus civiliséfi et plan fastueuiç.
En fait, le^ hésitations de M, Stade vont ju«iqu'à apcorder une rédaction extra-jérusalémiteàce3or4Qnnanpe3, et qqe, de plus, le rédacteur les a déjà trouvées sous une forme fixée {infe^^ t^r/^^orwj) auparavant. Les autres parties de la section auraient été également codifiées à cette époque, bien qu'elles fussent d'origine prédeutéronomique. Mais j'avoue que le motif donné me dépasse : « D'autre part, il a fallu une impulsion (particu^ Hère) pour que la tradition orale, dominante encore danp la période assyrienne, d'après II Rois, xvii, 28, passât par écrit, impulsion produite par l'appréhension que l'usage indigène ne fût écarté par l'usage étranger et tombât en oubli » (Anderseits bedurfte es eines Anstosses, um von der nach II K 1 7, ^8 in der assyrischen Période noch herrsch^nden miindlichen Ueberli^ferung %ur schriftlichen iihrxugehen, der nach § 1 05^ 6 mit der Gefahr gegeben war^ dos die einheimiêohe Sitte von derfremden verdrmgt wurde in Vergessenheit geriet), La confusion des lois de Yahwé avec les usages populaires se greffç
Beêtrebungen ein Heiligtum vor dem andern zu begûnstigeriy und diesi^i \vir(i JerM8(^lem 9ein,
ici sur le rejet arbitraire du témoignage formel d^Ouée, vin, 1 2, affirmant Texistence de lois écrites avant la période assyrienne, et se complique en outre d'une citation tirée par les cheveux. Car U Rois, xvii, 28, parle seulement de Tinstructlon cultuelle yahwéique donnéç par un prêtre ipraélite aux colons païens de Samarie, sans indiquer d'un seul mot que le prêtre n'était pas lettré. Avec la méthode introduite par rÉcole, oq peut lire entre les lignes d'un verset biblique tout ce qui con^ vient au système préconçu, car, s'il fait mine de résister, on s'en débarrasse sans la moindre gêne
P. 24ë (2). € Dans la période assyrienne, les trois parties des Judéens, prophètes, prêtres et mas3e populaire, s'entendent pour faire opposition à l'influence étrangère (?). La composition du décalogue plus récent prouve que la conception prophétique de Yahwé a pénétré dçms le parti sacerdotal, car, dans la seconde table, le décalogue yahwéiste (Exode, xj) fait entrer des commandements moraux. Et il s'élèveà la hauteur de l'éthique chrétienne en défendant le mauvais (Jésir(*]ppjp) ^) dans le dixième commandement, en retopibçint toutefois, par la restriction de l'objet (iny-) n'*3)' ^-ussitôt au niveau de l'Ancien
Testament {sonehmen in diesem die zweite Tafel ethisçhe Gebote ein. Underschwingt mh %w Hôhenlage christlicher Ethik empor, indem ^im\Q. Geihi^ die Bâ^e begi^rde ('lonn vh) ^^^^ bietetj freilich in dev Besichrankmg des Qbjekt^ Hj;n n^2) sofort wi^der mr at, Stuf^ mriick sinkend).
< Le décalogue hébreu s'élève, à la hauteur de la morale chrétienne, » voilà certes une trouvaille admirable ! En parlant de la douceur et de la mansuétude ()u célèbre ch^f dMcolQ pharisien Hillel, qui a vécu cinquante ans avant Père vulgairo, Henan écrit quelque part que l'influence de Jésus a agi par un charme rétroactif sur l'état d'âme de ce bon docteur. Va pour un fluide moral remontant invisiblement le courant d'un passé de cinquante ans; c'est déjà assez joli. Mais dire qu'un ensemble de loi» morales datant au rnoins du règne d'Ézéchias s'élève à la hauteur morale d'un système religieux compilé sept cents ans plus tard avec des extraits bibliques souvent méconnue, S)'d0t-6e pas une hyperbole trop enflée ?
Puis, si les mots c éthique chrétienne » signifient la mo« raie enseignée par le Christ au sujet du mauvais désir, et je n'en entrevois pas d'autre signification, informons-nous auprès de* la source. Matthieu, v, 27-28, on lit : « (Jésus dit) : Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Vous ne commettrez point d'adultère. Mais moi je vous dis que quiconque aura regardé une femme avec un mauvais désir pour elle, a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur. » On est, ici comme dans les autres cas analogues, devant une loi morale du décalogue, savoir la défense de l'adultère, que Jésus explique en la combinant avec la dixième loi relative au mauvais désir. L'antithèse € mais moi je vous dis » n'est évidemment pas en situation, mais, sans insister sur la singulière prétention du prédicateur, il n'y a pas là l'ombre d'un principe éthique nouveau propre à Jésus qui puisse être généralisée sous la dénomination a éthique chrétienne j>. Elle a donc le défaut suprême de ne pas exister, et dans l'histoire on ne doit pas faire capital d'une illusion.
Cette illusion n'est pas diminuée lors même qu'on admet avec le critique que v. 1 7 i, où il est question de la femme du prochain, soit une variante de 1 7 a, mais comment justifier le décret apodictique que voici : € Dans le Deutéronome, v, le sens a été méconnu (!), et c'est pour cela que la femme a été placée dans le verset 1 8 (im Dt. ist der Sinn verkannt und dos Weib daher inv,\S a hier aufgenommen). » Cela prouve seulement que certains voyants de l'École tirent leurs vaticinations rétrospectives du troisième ciel, à l'instar de saint Paul (II Cor., xii, 2 sq.), avec l'importante différence toutefois qu'ils sont moins taciturnes que leur prédécesseur, pour lequel d'ailleurs la prostitution n*est pas un péché moral, mais exclusivement une atteinte à l'union mystique du croyant avec l'Homme-Dieu (I Cor., vi, 13-20). L'exposition afférente vaut la peine d'être intégralement citée :
€ 13. ... Le corps n'est point pour la fornication; il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps.
14. Car, comme Dieu a ressuscité le Seigneur, il nous ressuscitera de même par sa puissance.
1 5. Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres de
Jésus-Christ? Arracherai-je donc à (Jésus-)Christ ses propres membres, pour les faire devenir les membres d'une prostituée? A Dieu ne plaise !
16. Ne savez-vous pas que celui qui se joint à une prostituée, est un même corps avec elle? Car ceux qui étaient deux ne seront plus qu'une chair, dit (rÉcriture).
17. Mais celui qui demeure attaché au Seigneur, est un même esprit (avec lui).
1 8. Fuyez la fornication. Quelque autre péché que Thomme commette, il est hors du corps; mais celui qui commet une fornication, pèche contre son propre corps.
19. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui réside en vous, et qui vous a été donné de Dieu, et que vous n'êtes plus à vous-mêmes?
20. Car vous avez été achetés d'un grand prix. Glorifiez donc et portez Dieu dans votre cœur. »
Cette argumentation, d'un mysticisme absolu, s'applique, au fond, à toute union sexuelle, même à celle du mariage, qui n'est que tolérée, tandis que le célibat demeure l'idéal pour le croyant (viii, 1-8). La confusion entre l'adultère (d^B'ik^) et l'union libre, actes si différents dans la conception morale de la société, est placée sur une base purement magique de l'union du corps du fidèle avec Tâme du Dieu incarné. Le tort fait au prochain, qu'on afflige et qu'on déshonore, n'y est pour rien ; l'adjonction de 7jy-j n'y a plus d'emploi.
P. 250-2S1 (§118).Sephaniâ(Sophonie) part de l'idée que le genre humain tout entier, étant arrivé au dernier degré de la corruption, la répression attendue sous le nom de. ce jour de Yahwé » ne peut plus tarder. Il prévoit donc des massacres effroyables parmi tous les peuples, comme en Judée. L'amélioration générale en sera la conséquence. Quels seront les exécuteurs de ces hautes œuvres ? Le prophète ne le dit pas ; il ne détermine même pas que les bourreaux viendront du nord, conformément à l'habitude de ses prédécesseurs, et cette considération suffit à montrer qu'il n'a pas pensé à l'invasion problématique des Scythes en Syrie, événement qui est déjà exclu par cette raison que les Scythes, loin de détruire Ninive comme
il Taffirme (U| 13)^ l'ont sauvée de la ruine conti^ Tartnée des Mëdee qui Tassiégeait. Éviderameilt, il imaginait que led peuples, pris d'un vertige sanguinaire subit^ se massacreraient les uns les autres à la façon prédite par l'ancien prophète Azariahu ben ''Odêd (Il Chroniques, xv^ 1-6)^ et que le bouleversement social serait accompagné par des tremblemehte de terre et des troubles de l'air qui tueront le bétail et même les oiseaux et les poissons de la mer (i, 2). Une connaissance plus étendue de la géographie, par suite de l'occupation assyrienne, ne se ressent nulle part. Sur le culte du B^ojyn Xaï> voyez plus haut; les autres points sont expliqués dans mon commentaire.
P. 261-260 (g 1 1 9). Jérémie* Son activité avant la réforme de iosiaa.
P. 251-252. Écartons définitivement la hanttse deâ Scythes, danà lesquels ce Jérélnie, ôommfe Sophoniô (?), aurait vu iMnstrument dontYahwé voudrait se servir pour punir son peuple ». Aucdti des paèsages cités n'y convient : i, 11---16, led races royales du noi*d (naiDï niS^DD mriBlÊflD)» q^' placet-ont leurs sièges autour deé tnurs de Jérusalem et dans toutes les Villes de Judéë^ sont bien les Babyloniens, vainqueur^ de PAs* syrie» aveo les princes Vassaux de la Mésopotamie et de la région duTaurus (cf. xxv^ 9)» D'après iv^ 5-31, lés envahisseurs sont pourvus de thars de guerre (vm33is) Q^^ '^* ëcythee^ essentiellement nottlades^ ne possédaient certainement pas ; v< 1 5*1 9^ caractérise les ennemis comme Un peuple ancien et primordial (jn^x iij, nblJ^D "^M)> parlant une langue inintelligible (-|3-|i -lû yoï^ri «V> liltt^V 3;1n xV)» ^"^"cé pareil à ce qui a été des Assyriens (Isaïe, xxxiii, 1 9 : pijjjy ^pBj^ UJ^ nra PX ptt^V JJ^bî yiDBfD)» ^^' de plus, transporte les prisonniers de guerre dans son pays (j<^ yiKa D^t n33^n p D3b)> trait caractéristique du procédé coutumierded Assyro- Babyloniens et excluant formellement les irruptions soythiques. St cela est aussi sûr en ce qui concerne le lieu d'exil prévu xvi^ 1^*8^ si Ton rapproche la cessation annoncée des oérémo-^ nies funèbres du passage parallèle (xxii^ 10), recommandant de ne pas pleurer sur le mort, mais de pleurer plutôt sur l'exilé arraché à sa patrici Ajoutons que l'inintelligibilité du baby-*
lono-HSsyrien pour les Judéens, même au lemps de Jérétnie^ fournit la meilleure preuve que la dorainatiofl ftêgyrienhe A foft peu déteint sur toutes les clâ^sses de la Judée* Semblable phénomène s'est répété plus tard à propos de l'influfence grecque. Malgré Pinfluence ininterrompue de quatre cents ans, au moment de la destruction du temple, lés per^sonnes qui savaient le grec formaient une infime minorité parmi les Jérusalértiites indigènes (Josèphe), et la litiérèiture tftimudique mâtne suppose fort peu de (Connaissance sérieuse 'du gfèôi
Au sujet de Tétat d'âme de Jérémièi le saVatit théologien exposé naturellement les données^ heureusement assex nom* breuses, dispersées dans le livre qui contient ses prédications^ Par habitude, il regarde, à notre regret, toutes deë souffrances volontairement supportées comme découlant uniquement de son dévouement à sa vocation prophétique, sans que ëoii cœur humanitaire et son amour de la patrie y aient pris la moindre part. Puis, en suivant la méthode piétiste coufante, qui ne peut jamais parler de ce martyr de l'Ancien Testament sarië le mettre en parallèle avec celui du Nouveau, bien entendu pour chanter alléluia à ce dernier, Mi Stade n'a pu s'empêcher d'écrire ce qui suit :
c Les vicissitudes de sa vie découlent de sa vocation. Sa Vie se confond complètement dans elle. Gombne martyr de sa vocation (êeines Bemfes), il se plâûe à la fm de l'histoire de l'ancien Israël, dans les douffranoes et les persécutions qu'il rencontré pour la mission divine qui lui est imposée, comme un prédécesseur (Vorspiel) du martyr du Golgotha, mis eil croix vers la fm de Thistôire dU peuple de Dieu, mais, il est vrai, seulement uU prédécesseur très imparfaite Car il est un homme faible et pécheur qui se cache lorsqu'il est persécuté {Aber freilich nur ein sehr unvoUkommenes VarspieL Denn er ist ein echwaeher Und siindiger Men^ch der in der Verfolgung sich verbirgt)i >
Pauvre Jérémiel On ne se contente pas de le présenter comme un ga^dien esclave inconscient de la consigne, ou, plus exactement encore, comme une bété de somme qui, en dépit des maltraitements dont on ne cesse de l'accabler, porte les fardeaux de ses tortureurs jusqu'à son dernier soufûe ; on
ne lui ménage même pas le reproche d'avoir été un homme faible et pécheur I
Oui, le judaïsme n'a jamais prétendu donner au monde des spécimens d'hommes qui ne soient pas, à certains égards, c faibles et pécheurs » comme le reste de leurs congénères. Mais relever contre Jérémie en guise de tare le fait de s'être dérobé un instant aux poursuites d'un tyran qui envoya ses sbires pour le mettre à mort, cela ne dépasse-t-il pas toutes les limites de l'équité ? J'étudie l'Évangile depuis bien des années, il ne m'est jamais venu à l'esprit de trouver inconvenant que Jésus se soit sauvé par la fuite lorsque ses compatriotes allaient le précipiter du haut du rocher qui portait leur ville (Luc, iv, 30), ou qu'il se soit caché (cxpuSe, abscondit se) pour échapper aux pierres que lui lançait son auditoire (Jean, viii, 59), ou encore qu'il ait pris la fuite quand, après la proclamation d*être identique avec le Père, les assistants voulaient s'emparer de sa personne (ibid.y X, 39). D'après cet évangéliste, Jésus était si timide qu'il n'osa pas faire le pèlerinage avec ses frères et préféra entrer à Jérusalem seul et en se cachant autant que possible (où (pavepwç, aXX' w^ êv Kpiurrô, non manifeste sed quasi in occultOy ibid., VII, 10).
L'ancien proverbe a raison : le silence est d'or.
Mais, puisque le problème psychologique est nettement posé devant l'histoire, il sera intéressant de comparer très succinctement les traits de ce genre attribués par M. Stade à Jérémie aux traits du même ordre qui sont assignés à Jésus dans l'Évangile. Nous nous bornerons à la reproduction littérale, en donnant le pas au héros de l'Évangile.
a) Jésus commence ses prédications à l'âge de trente-trois ans, réclame des honneurs divins comme condition du salut mystique, exerce la thaumaturgie pendant l'espace d'une année dans le but de prouver sa nature surhumaine, et va chercher la mort, d'après lui rédemptrice pour ses partisans, auxquels il promet de retourner à la fin du siècle pour distribuer le royaume céleste promis à ses fidèles. — Jérémie se voue à sa mission depuis son jeune âge, prêche la morale toute sa vie en renonçant à tout intérêt personnel, y compris le crédit que l'on accordait alors aux faiseurs de miracles, ne promet rien
d'extra-mondain et participe aux vicissitudes de ses compatriotes égarés jusque sur la terre étrangère, où ceux-ci Pavaient amené malgré lui.
b) Jésus. L'année de pérégrination n'est pour Jésus qu'unef suite continue de triomphes bruyants et extraordinaires : hommes et génies le reconnaissent comme Fils de Dieu et roi Messie et lui rendent hommage. Malgré sa thèse audacieuse, il ne se heurte qu'à de rares et passagères hostilités. Son entrée à Jérusalem se fait au milieu d'une pompe royale. On l'invite partout où il s'invite soi-même, il entend les apothéoses des malades qu'il guérit et des démons qu'il chasse, et fréquente les maisons de deuil pour faire admirer son pouvoir de faire ressusciter les morts.
Jérémie. Aucun rayon de joie mondaine n'a traversé la sombre vie du prophète d'Anathoth, en dehors de la satisfaction intérieure d'accomplir un devoir moral. 11 ne procrée point d'enfants, en prévision de les perdre par une mort violente, est persécuté, frappé, jeté en prison, vilipendé, maudit, se sent faillir et est pris de dégoût; l'exaspération le domine par moments, mais il se reprend aussitôt et revient à son devoir. Il ne recherche ni les festins joyeux ni les convois funèbres pour se faire admirer par la foule, mais trouve sa seule consolation dans les flots de larmes qu'il verse sans cesse en secret sur le desastre de sa nation, qu'il prévoit distinctement (vin, 23; xin, 17).
c) Jérémie, comme Jésus après lui, pousse de terribles malédictions contre quelques personnages dont il a à se plaindre, y compris les habitants de sa ville natale, mais chacun d'eux a des motifs tout à fait différents et agit d'une façon radicalement opposée. Les malédictions sont notoirement les dernières armes des faibles qui succombent, et cette constatation suffit souvent à les excuser. Aussi voyonsnous Jérémie maudire des ennemis qui en veulent à sa vie et à son honneur (xii, 19-21; xviii, 18-19, 31-23, passini)^ bien qu'il soit souvent intervenu en leur faveur auprès de Dieu; mais, une fois que son exaspération est calmée, il se remet à prédire que les villes corrompues par ces méchants se relèveront de leur ruine pour revenir à un état de prospé-
rite insoupçonné auparavant (xxxi, 0-15, 36-44). Jésus in* suite (iploTo QVîiiiZuv) en bloc les villes de Chorazin, Bet-SaSda, Capharnaum, sans faire exception pour sa ville natale Nawrel, en annonçant leur destruction radicale, et, par surcroît, le diâtiment plus dur que celui de Sodome et de Gomorrhe qui les attend aujour du jugement dernier; tout cela pour la seule raison qu'elles n*ontpas fait pénitence, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas cru à sa divinité, malgré les nombreux prodiges qu'il avait opérés au milieu d'elles (xi, 20-24). Poursuivant son exigence impérieuse et uniquement personnelle, il repousse les sollicitudes de ses parents, trop tièdes à son avis (Matthieu, xii, 46 50), et s'exalte instantanément devant n'importe qui lui accorde cette satisfaction, fût-elle même le produit d'un intérêt matériel. L'histoire du centenier romain est topique. Cet officier païen, qui lui demandait de guérir son fils malade, le met en extase par quelques compliments d'ordre militaire, et, comparant sa foi chaleureuse à la tiédeur des juifs, il s*empi*esse de s'écrier : « Je vous dis que plusieurs viendront de l Orient et de l'Occident se mettre à table avec Abraham, Isaec et Jacob, tandis que les fils du royaume (= les juifs) seront jetés dans les ténèbres extrêmes, où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu, viii, 5-42).
d) Jérémie dirige ouvertement et courageusement ses admonestations, non seulement contre la masse populaire, mais aussi, et môme plus souvent avec une sévérité toute particulière, contre le roi et la classe dominante (Jérémie, xxxvi, 29-31); il est réellement le symbole d'une forteresse, d'une colonne de fer, d'un mur d'airain vainement assaillis par les rois de Judée, ses princes, ses prêtres et les simples particuliers {ibid., I, 18). Le procédé de Jésus a, par contre, des allures bien plus circonspectes et absolument réfléchies. Au lieu de s'exprimer directement, il emploie des expressions détournées (« moi, Fils de l'homme, celui qui est plus grand que Salomon et que Jonas, Seigneur de David >), et à tel point que les disciples mêmes ne pouvaient le comprendre* Les auditeurs perplexes le supplièrent de parler sans ambages; il persista i faire la sourde oreille et se rejeta sur leur manque de foi (Jean, x, 24*29); car, à son sens, ses œuvres suroalurelles
devaient obliger les témoins à déclarer de leur pi mouvement, qu'il est un être surnfiturel, notamment le Me F*ils de Dieu, prédit par les prophètes (Matthieu, xiv, 23 XVI, 43-20; xv, 22-28; Marc, x, 46-52). Jean-Baptiste £ envoyé deux disciples auprès de Jésus pour s informel était le Messie espéré, la réponse fut : oc Allez raconter à ce que vous avez entendu et ce que vous avez vu : les ave voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris morts ressuscitent, l'évangile est annoncé aux pauvre? heureux celui qui ne prendra point de moi un sujet de i dale » (Matthieu, xi, 2-6). La dernière phrase vise évidem les disciples de son prédécesseur qui hésiteraient à reconr en lui les qualités queses mtracu/^'^luiattribuaient courami: ce qui explique, disons-le en passant, la singulière indifféi avec laquelle Jésus reçut la nouvelle de la mise à moi Jean par Hérode. Il lui semblait prudent de ménager Tass puissant, et, grâce à l'équivoque qu'il laissa planer si prétention véritable, il s'est assuré une liberté d'action pr( illiniitée, et, qui plus est, le prestige d'un martyr (Jea 19), malgré sa volonté de mourir à tout prix (Jean, x, 1 o
On contestera difficilement le fait que l'état psychique deux martyrs mis en parallèle n'a rien de commun entre Où les sympathies du lecteur impartial iront-elles de p rence? Laissons-lui toute l'indépendance et aussi toute h ponsabilité qu'elles comportent. Pour l'historien, la que ne se pose même pas.
P. 253(4). « A la Thora des prêtres, Jérémie ne pens du tout dans ses considérations historiques {hei 6 Geschichtsbetraehlung) ; il ne la mentionne que pour le t présent {nur fur die Gegenwart) et avec reproche {und Tadel)y ii, 8; xviii, 18, ici en compagnie de l'expert i^.u gie {hier mit dem Zauberkundigen) Q^n- Elle berce dans une fausse sécurité p. A coup sûr, après avoir retr* la majorité des passages gênante, il en reste fort peu relal rôle de cette Thora. Pour ceux qui n'admettent point la timité de telles opérations, la conclusion sera diamétrale opposée. Car un prophète convaincu de la nocuité relij des sacrifices n'hésitera pas à attaquer directement c<
sacerdotal et déversera sa colère surtout contre le temple de Jérusalem, où ces rites sont pratiqués d'une manière permanente. Jérémie limite son mécontentement à l'affirmation que Yahwé n'a pas commandé aux ancêtres d'Israël Texercice des sacrifices à la sortie d'Égyple (yiXD DDIK "^X^Vin DT3 n3î1 nbiy n3T by DnVD' vu, 22), et, au lieu de dire : Cessez d'apporter des offrandes, parce que c'est commettre un grave péché, il dit : Cessez d'apporter vos holocaustes et vos sacrifices et mangez de la viande (ijjf^ l'^SXl, ibid,, 21).
Cela veut dire: ce Quand vous voulez manger de la viande, vous n'avez pas besoin de m'en offrir une partie, parce que je n'en ai nullement besoin. » En d'autres termes : les sacrifices n'ont aucune valeur en eux-mêmes. Mais de là à les considérer comme un acte antireligieux, la distance est énorme. Quant au temple, il n'est jamais venu à l'idée d'un Israélite de le regarder comme un objet superflu; Jésus seul fait exception (Jean, iv, 22)*; Jérémie déplore seulement que cette sainte demeure de Yahwé soit souillée par l'introduction des idoles (Jérémie, vu, 30). Purifiée par les souffrances de l'exil, la Jérusalem restaurée et le temple reconstruit seront salués par les mots : € Que Yahwé te bénisse, ô demeure de justice, montagne de sainteté ! > {]i;^pri in pIV mj ni,T -[DIS*» ; XXXI, 22). Jésus, préoccupé de sa propre glorification, n'a cure ni de Jérusalem, ni du temple futur; ceux-ci doivent rester à tout jamais détruits (Matthieu, xxui, 39 ; xxiv, 2).
Enfin, nous donnerons un merle blanc à celui qui prouvera la signification de magicien (zauberkunstler) pour Q^n ^"
hébreu. Même le terme 2^-)n signifie uniquement c artisan,
artiste, » et il n'est pas permis de le confondre avec Varaméen NBnn» ^ magicien ». L'erreur vient de la mauvaise interprétation de Q^iy-|n DDn (précédant jynS \Xiy\y passade que les
1. Énoncé à la Samaritaine : « Femme, croyez-moi, le temps va venir que ce ne sera plus sur cette montagne (de Garizim), ni dans Jérusalem que vous adorerez le Père... Mais le temps vient, et il est déjà venu, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, etc. » Conformément à la doctrine immuable de l'Évangile, « le Père » est, dans la bouche de Jésus, une simple euphémie pour « le Fils » ou « moi ».
Septante ont traduit assez exactement : « Tout conseiller merveilleux (en lisant y^yt iî^Qy comme xi, 5), sage artiste et comprenant les paroles chucholées (OavfxccfTxov av^Sovlov y.a\ <jo(pov ap/iTg)tTova koù ^vvtrov àxpoaniv ; Luther : Râ.the und weise Werkleute und kluge Redner), Le Qpjj mis à côté du ^^23
dans lo verset précédent désigne péjorativement le faux prophète dans ce contexte, et nullement le magicien proprement dit. Cf. Michée, m, 11.
P. 254-255 (3). Jérémie et Tidée qu'il se fait {die Voi^steU lung) de la conclusion d^alliance (Bundesschliessung) avec Israël. L'exposé (Jérémie, xi, 2-14) ne donne lieu k aucune incertitude. Jérémie reçoit Tordre de dire au peuple: « Écoutez les paroles de cette Alliance (nx'în rT»"ian) qu® j'ai ordonnées à vos pères lorsque je les retirés d'Egypte. J'ai ajouté alors : a En m'obéissant ("ï^ipa lyoi^*) ^^ ^" ^^^ mettant exactement en pratique, conformément à tout ce que je vous ordonne
(DDnN mV« lttf« bDD aniî< an^tr^yi), vous serez mon peuple et je serai votre dieu, au point que je me chargerai de réaliser le serment que j'ai fait à vos ancêtres de leur donner, le plutôt possible (pjjn aVD)» ^^ P^>^ abondant en lait et en miel. Celui qui n'écoutera pas cette admonestation sera maudit. > Le prophète accepte cette mission (mn^ ÎD^)» ^*'» ^^ '^ proclamant au public, il ajoute la constatation que, par suite de leur désobéissance, Yahwé avait déjà une fois accompli contre leurs ancêtres les peines énoncées dans ce traité d'alliance (n«în nnan nm bs nx un^hv xnxi)- Dans une
seconde prédication sur le même sujet, Jérémie assimile ses contemporains à des rebelles (iiyp XVD3) revenant en récidivistes au crime principal de leurs ancêtres, consistant en l'adoration d'autres dieux (o^ai^Nin Qm3N njiy bj} 'OU/
DnnN a^nbN nnx Dbn nom nan nx j^oiyViiXD -iiyx
m^j»^). Le terrible châtiment qui les attend ne pourra être évité par leurs prières à Yahwé, et encore moins, il va sans dire, aux faux dieux qui reçoivent leurs offrandes sur d'innombrables autels érigés dans les villes de Judée comme dans les mes de Jérusalem* Même les suppliques spontanées de
Jérémie (lire TîX'lp P^"^ DXlp) P^"^ écarter leur malheur
(onjn 1^2) "^ seront pas écoulées. Ces n^DH ^IST ^^^^ déterminés ailleurs comme une nmn transmise jadis et né-
gligée par ceux qui l'avaient reçue (ix, 12; xvi, 11); il devient évident que cette Thora-Alliancc ne peut être identifiée avec le livre découvert «u temps de Josias qu'à la condition que le chapitre xxviii, qui contient la prédiction des châtiments à laquelle Jérémie, xi, 8, fait allusion. Mais est-ce le Deutéronome seul, à titre d'une Thora à part et détachée des autres livres du Pentateuque, comme prétendent les critiques? Il sera difficile de l'admettre.
Faisons précéder quelques remarques au sujet de l'unité du code deutéronomique.
L'expression y^îi'j -iiyj^ HJ^I^iyn (^- ^) ^® se trouve que Deutéronome, viï, 8. D'autre part, la désignation par y^^ ]i;y^^ Dbn n3î comme objet du serment fait aux ancêtres se constate Deutéronome, vi, 3; xxvi, 9, 15; xxii, 3; xxi, 80 (noix po^r yia)' ^^ ^^^^ contredit Topinion courante de l'Ecole, qui considère les chapitres précités comme n'appartenant pas au corps du Deutéronome.
Regardons maintenant le fond de la donnée. Yahvvé délivre Israël de la servitude égyptienne dans le but de réaliser la promesse faite avec serment à leurs premiers ancêtres, lesquels sont si généralement connus que Jérémie se dispense de les nommer; or, ce fait fondamental de son discours se trouve, il est vrai, chez le yahwéiste (Exode, m, 8), mais seulement comme le résultat d'une alliance régulière (nnD)» P^"^ laquelle nous n'avons que le renseignement unique de Genèse, XVII, 2-21, au courant duquel figure aussi l'expression
nsn ^nnn nx (v. 1A), qui se superpose à ^rinn nsn de
notre discours (v. 10; cf. xxxi, 32). Il n'y a pas de mots à perdre : Jérémie et son auditoire connaissaient les histoires racontées par P.
Une autre considération nous conduit à la même conclusion : L'idolâtrie des gens de Juda et de Jérusalem est envisagée comme un retour aux péchés de leurs ancêtres rebelles (v. 10); le commentaire d'Ézéchiel, xx, 18 ("laisa arT'ia bx 1DX1
iXDtûn bn Dri^'^iVj?!- iDbn bx DD^nnx ^rnn). ne laisse
subsister aucun doute à cet égard. Mais il est tout aussi certain que nous avons, chez ces deux prophètes, l'écho indélébile du cri populaire poussé en l'honneur du fameux veau d'or : € Voici, ô Israël, ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Egypte ! »
(nnvD y-iNo iibirn iiyx bx-ia^ "i^nbx rh^y Exode,
xxxii, 4).
Ces investigations se résument en un mot : Si, par goût littéraire, Jérémie se rattache plus étroitement au Deulérononie, il connaît à perfection les quatre autres parties du Pentateuque codifié et leur attribue une autorité égale depuis longtemps sanctionnée sous le titre deThora de Yahwé.
P. 255-256 (4). Jugement (Beurteilung) de Jérémie sur le péché cultuel d'Israël. L'influence des idées d'Osée se manifeste dans la considération de l'alliance entre Yahwo et Israël comme une alliance matrimoniale, mais certains détails demandent à être rectifiés. Contrairement à l'opinion y exprimée, Jérémie (ii, 2-3) n'admet la fidélité d'Israël que pendant la première époque du mariage, c'est-à-dire depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la première phase enthousiaste, savoir la scène grandiose du Sinaï (Exode, xiv, 31 ; xix, xx, xxiv), environ quatre mois de bonne entente rompue subitement par la rechute dans l'idolâtrie ancienne. Il passe les rares périodes de fidélité intermittente, parce qu'elles n'ont pas eu de suites perceptibles; puis ignore absolument l'intrusion du culte assyrien ou babylonien dans la génération contemporaine.
P. 257 (6). Le progrès dans l'idée de Jérémie relativement au péché. ^S n-nitî^? ^^ force, dureté du cœur, > est synonyme de 2^ pjfi (cf. Exode, vu, \ 3 , passim) ; nmit^* dérive de "ini2^
(Job, XL, 16), ce tendon, muscle; » les formes en ût sont aussi anciennes en hébreu qu'en assyrien; Ben-Sira a même conservé la forme simple -)\j;, a force, fermeté ». L'action permanente de la tendance au mal vient d'une observation journalière dans toutes les latitudes, et Jérémie n'eut besoin de la découvrir, pas plus que Tuniversalité du péché, non seulement dans les classes, mais dans chaque individu particulier (Genè^^e, iim; VIII, 21). Le propos : S'il y a un seul juste à Jérusalem,
je lui pardonnerai (v, 1), est une hyperbole poétique renforcée sur Genèse, xviii, 32. L'idée que Jérétnie se fait du péché demeure au niveau des autres prophètes.
P. 257-2i)8. Répétition d'opinions contestées plus haut, coninne l'allusion à l'irruption des Scythes, l'idée singulière que l'adoration desdieux étrangers dans l'exil serait le châtiment de leur adoration dans leur propre pays. La peine réside dans la perte de l'esprit et l'abrutissement produit par l'excès de Pinsécurité permanente (Deutéronome, xxvi, 29, 36-37). Nous repoussons à nouveau la saillie qui transforme le prophète en sentinelle automatique, sans liberté d'action, et nous nions formellement le caractère messianique de ses dernières prédications. Voir plus bas.
P. îi58-260. La longue insistance sur la grande puissance que Jérémie attribue à Yahwé est le corollaire du parti pris de refuser à l'antiquité israélile les conceptions religieuses et morales qci ne manquent même aux peuplades les plus arriérées du genre humain. Par simple caprice, le sublime énoncé xxiii, 24 è, Nbo '»3Xn$^n"nN1 n^p2^n-nX><bn'estdcclarc5dC(?ndair^, voire interpolé à la fin de conserver la conception plus récente de la divinité {um die jûngere Gottevorstellung %u wahren). xxvii, 5, en retirant les mots '^y -)iyx nonniTnXI DlNH-nN* V^Xn ''J3» ^" affirme que Jérémie y parle de la Palestine que Yuhwé a faite avec sa grande force, nt^V» ^^ Q^^'^' donne à
(juiconque il veut {Jeremia redet vom Land (Palastina)^ dos Yahve mit sèiner grosserv Kraft '« gemacht hat », ntî^, und
gibt wem er wilï). Devant ce minuscule Yahwé avec sa minuscule création de la Palestine, le dernier des Babyloniens qui savait que Marduk, après avoir remporté une grande victoire sur les puissances chaotiques, a créé en jouant l'immensité de l'univers et tout ce qu'il contient, devait se tenir les côtés de rire. Et il n'avait pas tort, car, en parlant ainsi, Jérémie ne se rendait-il pas ridicule en proclamant l'impuissance des dieux étrangers (ii, 8, 13, 28; xi, 12, passim)^ D'après l'École, tout en qualifiant les dieux des autres par a^,-|'^x xb» « non dieux, p ou '^^n» ^ vanité, p Jérémie croit quand même, non seulement qu'ils sont des êtres réels, mais qu'ils
possèdent dans leur pays le pouvoir sur Israël {die in ihren Làndem auch uber Israël Macht haben). C'est une idée absolument étrangère aux écrits bibliques, d'après lesquels Yahwé nianifesle son pouvoir sur les divers peuples du nionde pour les établir où il veut (Amos, ix, 7) ou pour les rémunérer selon leur mérite {ibid.^ i-ii, 3), ou encore pour les faire revenir de la terre d'exil dans leur patrie (Jérémie, xlviii, 47; xlix, 6). Les dieux des peuples favorisés ou lésés n'entrent pas en ligne de compte, parce qu'ils n'ont d'existence que dans l'imagination de leurs adorateurs. Jérémie, xvi, 13, même d'après la leçon des Septante îijn^ (pour |nx) xb llî^N ann.^ DMb«
nyjn DdV ^^^ '^ même chose que xi, 2, et Deutéronome, xxxii, 57-39. Le prophète y exprime la conviction que les faux dieux sont incapables de rendre le moindre service à ceux qui les adorent. Quelle idée singulière que de lésiner au sujet du monothéisme de Jérémie !
P. 260-263 (§ 120, 1-3). La réforme de Josias. Le Deutéronortie. J'ai traité si souvent et si minutieusement ce sujet dans mes Recherches bibliques et plus haut ici même, que je dois me contenter, en cette occasion, de faire quelques remarques sur les points principaux de notre discussion. Le système de l'École repose d abord sur des affirmations préliminaires des plus contestables.
Sous Josias, c'est-à-dire immédiatement après la domination exclusive du paganisme durant les cinquante-sept ans des règnes de Manassé et de son fils Amon, il y eut en effet c un débordement du courant national {Oberstrômung der nationalen Sirômung)y » mais dans un sens diamétralement opposé au yahwéisme, comme le prétendent les critiques. Amon, tué dans une révolution de palais, fut vengé par le peuple qui massacra les rebelles et mit sur le trône son (ils Josias (il Rois, XXI, 23-24), enfant de huit ans et par conséquent élevé dans la religion de son père. Pour conserver la sympathie du peuple, Tenfant-roi montra de la tolérance en fait de luttes religieuses et laissa les prêtres yahwéistes du temple exercer tranquillement leurs rites, à côté des prêtres attachés aux cultes éclectiques qui avaient également leurs prophètes et leurs légis-
lateurs favoris (Jéréinie, viii, 8-9; Isaïe, x, 1-2). Pendant ces années de tranquillité, les partisans du yahwéisme surent acquérir la faveur personnelle du jeune roi, qui ordonna au grand prêtre Helcias de faire des réparations dans le temple avec Targent ramassé dans le trésor. En faisant l'inspection du temple, Helcias annonça au messager royal, le scribe Saphan (iBIDnîStt^)» qu'ilvient de trouver dans le temple « le livre de la Thora . (mn^ n^a^nXVD nninrnsp)- Saphan lut le livre qu'Helcias lui avait remis, l'apporta au roi et le relut en sa présence H^on '•isb. inNlp^'l)- Après avoir entendu la lecture, le roi déchira ses habits et envoya le pontife Helcias, le scribe Saphan et trois autres personnes consulter l'oracle de Yahwé au sujet des sinistres prédictions qui s'y trouvaient et € témoignant de la colèro de Dieu contre nous, parce que nos ancêtres avaient déjà refusé de pratiquer ce qui nous y est
prescrit» nrn -iBon nan bv wmax ^yDW Nbnitfx by)
^y^by SmDn bD3 mtt^î^b)- ^^^ messagers s'étant adressés à la prophétesse jérusalémite Hulda, celle-ci leur commanda de dire au roi que les châtiments annoncés dans le livre découvert s'accompliront à la lettre à cause de l'idolâtrie des habitants, mais que le roj, en raison des marques d'humilité et de repentir qu'il a sincèrement manifestées, mourra en paix (diVeQ^ et ne verra pas la catastrophe finale de la patrie (II Rois, XXII, 3-20).
Cette prédiction, en tant que relative à la fin paisible du roi, fut démentie par les événements treize ans plus tard : Josias fut tué par les Égyptiens dans la bataille de Megiddo et le pays dut se soumettre à TÉgypte {ibid.y xxiii, 29-35), circonstance tragique qui prouve en même temps l'origine contemporaine et la nature historique du récit. Un auteur postérieur aurait supprimé ou tout au moins modifié la fausse prédiction, ou bien aurait laissé Josias mourir tranquillement chez lui quelques jours après la bataille. Aussi les critiques modernes fermentils les yeux sur cette circonstance. Ils voient cependant très bien que l'ensemble du récit va à rencontre de leur système préconçu. Ils commencent donc par décréter, en dépit de toute évidence, que la réponse de Hulda était l'opposé de celle
que nous venons do résumer fet celle de verset 1 5-20 est qualifiée interpolation. La prophétesse aurait recommandé au roi d'introduire le livre comme loi du royaume, afin d'apaiser la colère de Yahwé {Hulda wird den Gedanken an die Hand gegeben haben. durch Einfuhrung des Bûches ckls Beichsgesetz den Zom Yahves %u beshnftigen). Ne faut-il pas que le récit biblique soit inconriplet et fortement remanié (unvollstàndig und stark uberarbeitet)^ On ne voit guère pourquoi la prévision de mourir avant la catastrophe qui doit anéantir son peuple et sa dynastie aurait pu, comme les critiques le préieudent, refroidir le zèle de Josias {dann w^ren Josias Bemiihungen dies %u verhindem, wenig erklëirlich). Un pareil argument serait irrésistible dans l'atmosphère évangélique, où tous les liens de famille et de patrie n'existent point en face de l'intérêt exclusif du croyant; dans la Bible, l'intérêt des descendants et de ta patrie pèse gravement dans la balance : on se montre reconnaissant pour le bien présent, mais on n'oublie jamais celui des générations de l'avenir, et on fait tout le possible pour prévenir les catastrophes qui leg menacent. Quant à Tauthenticité du livre trouvé, elle était unanimement reconnue par les contemporains, même par les prophètes les plus sévères, comme Jérémie et Habacuc, qui s'en servent comme d'un livre sacré et généralement connu. Tout le monde savait l'existence du livre de la loi (nnnn ISD) depuis les temps anciens, et la découverte d'un vieux manuscrit dans le temple n'étonna personne. Josias vit dans cette découverte un avertissement providentiel, se fit lire le livre par le scribe : Saphan, et, informé par Hulda de Timmineiice du danger y ani lïoncé, il prit des mesures pour déraciner les cultes idolâlriques ^ partout où il pouvait les atteindre, car c'est à cette extirpation seule que ladite réforme de Josias s'est bornée : les rites mo- ^ saïques n'ont été l'objet d'aucune modification. La Pâque, qui, j jusque-là, fut sporadiquement célébrée dans les sanctuaires lof eaux ou d'une manière privée, fut alors, pour la première fois, j téiébrée dans le temple de Jérusalem par. la nation réunie, f Nous nous dispensons de parler des détails fournis au cha- ; pitre x:xiii examinés plus haut. Les procédés de Josias ne sont : que des actes d'hostilité envers les cultes païens; le culte
yahwéique n*en a pas été affecté. On commet une erreur historique en enflant outre mesure la réforme de Josias. C'était, comme celle d'Ézéchias, un simple incident dans la marche laborieuse du monothéisme juif, incident d'ailleurs éphémère et n'ayant eu aucun résultat appréciable, pas même relativement à la présence des divinités étrangères dans le temple.
P. 263-264 (4, 1 , 2). Il s'agit maintenant de l'assertion que le livre découvert contenait le Dcutéronome seulement et non point les autres parties du Pentateuque. La preuve résiderait dans la nature des mesures prises par Josias, qui sont exigées par le Deutéronome et non pas par les autres livres du Pentateuque. Mais, si la centralisation du culte dans le seul milieu que Yahwé choisira (Deutéronome, xii, 5-14) peut strictement faire allusion au temple de Jérusalem, cette expression convient encore mieux à l'époque de Salomon, où l'organisation distincte des tribus (n^^^iy inNO) ^^^^^ ^" pleine vigueur, tandis qu'elle n'a plus de sens après la fondation du royaume dissident du nord, et encore moins après la destruction de ce royaume et l'établissement de colonies étrangères en Samarie. D'autre part, la répression de Josias, contrairement à l'affirmation des critiques, n'a nullement en vue le culte yahwéique. Il n'y a non plus rien à tirer de la célébration solennelle de la Pâque; enfin, les arrangements faits au sujet des prêtres provinciaux répercutent la volonté du roi et n'ont aucun code pour base. Nous avons du reste prouvé depuis longtemps que le Deutéronome dépend absolument des livres qui le précèdent dans le Pentateuque.
P. 262-269 (§ 121 , 1-4). La signification (Bedeutung) de la réforme de Josias au point de vue de l'histoire religieuse. Elle est divisée en quatre sections. Je viens de motiver ma dénégation absolue de l'idée que le zèle momentané de Josias puisse mériter le titre de ré former mais je ne puis m'exonérer entièrement du devoir de faire de courtes remarques sur les principaux points admis par le savant critique. Voici la série concise des antinomies inévitables :
a) La signification.
1 . La € réforme o ne créa nullement c la centralisation du culte comme il se trouvait à un degré inférieur jadis à Qadeà 9.
L'arbitraire de cette affirmation a été amplement démontré plus haut.
2. Elle ne contient aucun principe nouveau, et, par conséquent, ne forme pas un pont menant au judaïsme.
3. Le défaut de toute résistance de la part du peuple pour conserver les lieux de culte consacrés par les ancêtres de la nation, s'explique par l'importance séculaire du temple de Jérusalem, qui jouissait de la vénération unanime des prophètes, et n'a pas d'autre cause.
4. La € réforme » n'était ni un acte révolutionnaire nouveau, ni une inauguration d'éléments spirituels ou d'institutions particulières destinées à conserver la religion nationale après la ruine de l'État. C'est l'autorité du Pentateuque tout entier qui rendit les prophètes capables d'atteindre ce but.
5. La transformation d'Israël en communauté religieuse doit tout à l'exil, rien à la c réforme > de Josias.
6. Israël se distingue des peuples païens, non par la possession d'une loi écrite, — les Égyptiens et les Babyloniens en avaient plusieurs, — mais par son monothéisme.
7. Les religions qui se rattachent au judaïsme admettent la sainteté de la Loi, mais ne doivent pas cette conception à Josias, lequel n'a jamais pensé à la propager par écrit. Ce mérite appartient exclusivement aux scribes postexiliques, surtout à ceux de l'époque grecque, lesquels ont égalemont créé le terme technique a royaume des cieux > (d^DÏ? HID^d) P^^^ dire a le règne de religion monothéiste, » terme dont le sens a été détourné par le mysticisme évangélique.
b) L'action du livre sur la Thora des prêtres et des prophètes.
i . Grâce au témoignage formel d'Osée, il est certain qu'un recueil de lois cultuelles et morales a depuis longtemps été rédigé par écrit. Aucun indice ne permet d'affirmer l'emploi exclusif de l'enseignement oral aux époques antérieures au vin* siècle. Les prêtres et les prophètes laissaient l'enseignement de la lecture aux soins des sopherîm ou scribes.
2. Aggée, II, il; ce prophète prend prétexte d'une ordonnance du code sacerdotal pour administrer une semonce aux prêtres; les profanes {die Laien) ne s'en préoccupent point.