‹ Recherches biochimiques sur les protéiques de la levureChapitre 30 sur 43 · SO · texte numérisé non relu

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prenant à ce que les matières coagulables soiènt plus abondantes dans l'extrait fait au moyen d’eau alcaline.

Haun et Gerer donnent les chiffres suivants pour le poids de coagulum formé dans le suc de levure lorsque l’on ajoute des quantités variables de carbonate de sodium :

Carbonate de sodinm Poids de coagulum (1) 28,1 q. S. pour neutraliser. . . 43,0 0,2 0/0 en plus . . 59,2 DS 0 Der 72,3

J'ai essayé de maintenir la réaction à peu près neutre par addition progressive de carbonate de sodium. Une macération de 100 grammes de levure Scaroner dans 600 ce. d’eau, abandonnée 9 heures dans l'étuve à 35°, a été ramenée toutes les heures à une très légère-alcalinité par addition d’une solution concentrée de carbonate de sodium. On a recueilli par filtration 400 cc. de liquide limpide opalescent.

Coagulum obtenu : 2 gr. 22 0/0 contenant :

azote coagulable .. . .. MS Jets 0,355 0/0 azote non coagulable du de Be RE 0,372 »

Poids de coagulum : 2,22 X 4 = 8 gr. 88.

Le rendement est visiblement supérieur, mais il est évidemment peu pratique de surveiller sans cesse la macération pour en maintenir la neutralité.

L'influence de quantités croissantes d’alcali sur le rendement a été alors examinée. Trois portions de 100 grammes de levure ScxRoper ont été mises à macérer pendant 8 heures avec 10 parties d’eau alcalinisée respectivement à 0,1 0/0, 0,5 0/0 et

1 0/0. On a obtenu les résultats suivants :

Azote Poids Azote non Poids de total de coagulable coagulable coagulum coagulum 0/0 ; 0/0 0/0 gr.

COSNa? à 0,1 0/0. . . 0,131 0,235 0,82 5,25 — (ORALE 265, C0 0,224 0,252 1,40 8,68

CRT. PA

L'expérience est recommencée dans les mêmes conditions, mais avec de l’eau alcalinisée respectivement à 0,1 0/0, 0,2 0/0 et 0,5 0/0. On a :

Azote Poids Azote non Poids de total de coagulable coagulable coagulum coagulum 0/0 0/0 0/0 gr. COSNa? à 0,1 0/0. . . 0,125 0,227 0,78 5,93 = (A PEAU] A à DEP a 0,147 0,218 0,92 6,99 — 050700 0,205 0,213 1,28 D 9 47

Il est évident que la concentration en carbonate de sodium la plus favorable, dans les conditions de l’expérience (durée, dilution, température) est de 0,5 0/0.

I fallait aussi fixer le rôle de la température. Dans ce but, on a comparé trois extractions faites respectivement à 35°, 29° et 23° (température de la chambre). La durée de macération a été de 6 heures, pour 100 gr. de levure séchée SAR ée dans 6 parties d eau. On a obtenu :

Azote Poids Azote non Poids de total de coagulable coagulable coagulum coagulum 0/0 0/0 0/0 gr.

à 350 (vol. 320 cc.). . 0521127270 ;558 4,57 5,38 à 290 (vol. 320 ce.). . 0,125 0,315 20:18 2,49 à 230 (vol. 335 cc). . 0,072 0,313 0,45 1,51

Le rendement est beaucoup plus élevé à 350. 11 en est de même si on étudie l’action de températures plus élevées. L’ex-

périence a été répétée dans les mêmes conditions, mais à 350, 40° et 45° :

Azote Poids Azote non Poids de total de coagulable coagulable coagulum coagulum 0/0 0/0 0/0 gr.

à 350 (vol. 420 ce ). . 0,185 0,358 1,16 4,87 à 400 (vol. 380 cc.), . 0,177 0,442 1,11 4,22 à 450 (vol. 350 cc.). . 0,083 0,498 0,52 1507

On est donc fondé à employer la température de 33°. Ces conditions, macération dans un assez grand volume de liquide, emploi d’eau alcalinisée avec 0,5 0/0 de carbonate de

sodium, température de 35°, donnent les meilleurs résultats pour une préparation rapide et pratique des protéiques de la levure. Le rendement serait certes amélioré par d'autres précautions : épuisements réitérés, contrôle continuel de la réaction légèrement alcaline qu'il faudrait maintenir, etc., mais le pro- * cédé deviendrait d’une application vraiment pénible et exigerait trop de temps.

Lorsque l’on opère sur des masses un peu considérables, en plaçant la macération à l’étuve, il ne faut pas cublier que l'opération doit être prolongée assez longtemps, en raison de la lenteur avec laquelle la température s'élève. Pour une macération de 100 gr. de levure Scaroner dans un litre d’eau alcaline, laissée pendant8 heures à l’étuve à 35°, l'élévation à partir d'une température initiale de 18° n’est que de 5° en moyenne pendant les deux premières heures et de 4° pendant la troisième. Ce n'est guère qu'après 5 heures que la température est voisine du degré cherché. Aussi est-il préférable d'employer de l’eau préalablement chauffée à 35° si on veut diminuer la durée de la macération.

Séparation des protéiques obtenus

Nôus avons vu précédemment (p. 85) que le produit de l'épuisement de la levure séchée de Scaroper par l'eau donne avec le sulfate d’ammonium à demi-saturation un léger préeipité. S'agit-il d’une globuline ? Quelle est la nature du protéique - coagulable par la chaleur ? Est-il formé d’une substance uni- * que? Autant de questions auxquelles je me suis efforcé de répondre. |

Une macération aqueuse de 100 gr. de levure Scaroper dans 6 parties d’eau distillée, prolongée 7 heures et demie à la température de 35°, a donné, après filtration, 370 cc. de liquide renfermant 1,77 0/0 de protéiques coagulables, soit en tout : 6 gr. 55; Le liquide contient 0,34 0/0 d'azote non coagulable. Une certaine quantité de ce liquide, additionnée de son volume

de solution saturée de chlorure de sodium, ne donne aucun trouble, même après contact prolongé ; il ne renferme donc pas de globulines du groupe du fibrinogène.

On prend 100 ce. de la macération primitive et on les sature à froid, en agitant, avec du sulfate de magnésium cristallisé en poudre fine. On termine la saturation à l’étuve à 28°. Le trouble assez abondant qui se forme est séparé par filtration et le dépôt lavé avee un peu de solution saturée de sulfate de magnésium. On redissout dans l’eau la partie insoluble, on filtre, on acidule par l'acide acétique et on chauffe à l’ébullition. IL se fait une coagulation mcomplète ; le liquide filtré reste en effet opalescent et renferme encore une notable quantité de protéiques. Quant au coagulum resté sur le filtre, lavé à l’eau bouillante jusqu'à disparition de réaction des sulfates, il pèse après dessiccation 0 gr. 646, soit environ 36 0/0 de la quantité totale. Ce coagulum parait renfermer une certaine quantité d’une albumine coagulable entrainée par la précipitation saline en même temps qu'un autre protéique, ce dernier ne se séparant pas complètement par chauffage. Il convient done de faire des essais de purification par précipitations répétées.

Dans ce but, on prépare une nouvelle macération dont on obtient par filtration 560 cc. contenant 9 gr. 57 de protéiques. On précipite par un volume de solution saturée de sulfate d’ammonium, on filtre et le résidu est traité par une petite quantité d’eau. La dissolution est incomplète ; on centrifuge et on obtient un premier résidu insoluble R,. Le liquide clair, dont le volume est de 92 cc. est reprécipité par son volume de sulfate d’ammonium à saturation : précipité blanc floconneux, qui est traité à deux reprises par peu d’eau, en présence de quelques gouttes de solution saline. On centrifuge et on a un second résidu R.. En traitant de même la liqueur claire décantée, on a un troisième résidu insoluble R,.

Les liquides résultant des dernières dissolutions par l'eau contenant seulement une petite quantité de sels, étant acidulés par l'acide acétique et portés à l’ébullition, ne donnent qu'un léger louche sans coagulum visible dans le dernier cas. Il

n'existe donc plus d’albumine coagulable. Quant aux résidus R,, R, et R,, insolubles dans l’eau contenant seulement de très petites quantités de sels, ils se dissolvent dans l’eau alcalinisée par 0,5 0/0 de carbonate de sodium. La solution est complète, légèrement opalescente et filtre assez facilement. Par addition d'acide acétique dilué, on a un précipité floconneux blanc qui se redissout en entier dans l'eau alcaline et reprécipite par l'acide acétique.

Ce produit est très riche en azote, comme le montre un essai rapide ; on le fond avec un mélange de potasse et de nitrate de potassium pour y rechercher la présence du phosphore. La recherche est positive et montre la présence d’une quantité notable de cet élément. La recherche du fer est également positive. |

Cette expérience, répétée dans les mêmes conditions avec une macération dans l’eau salée à 10 0/0 (provenant de l’extraction indiquée p. 86), donne les mêmes résultats, à savoir que le précipité obtenu par le sulfate de magnésium ou par le sulfate d’ammonium à demi-saturation ne se redissout après purification que dans les solutions alcalines ; il en est reprécipité par les acides et contient du phosphore et du fer.

Ces caractères ne paraissent pas correspondre avec ceux d'une globuline vraie. Afin de voir si la précipitation saline correspond à celle faite au moyen des acides, on dispose l’expérience suivante : Une macération de 100 gr. de levure ScHRoDER dans 6 parties d’eau distillée est maintenue au voisinage de la neutralité par additions fréquentes de carbonate de sodium à 10 0/0. Le séjour à l’étuve à 35° est de 9 heures. On filtre et on recueille 420 cc. de liquide contenant 2,22 (/0 de protéiques coagulables et 0,37 0/0 d’azote non coagulable:

On prélève deux portions égales de 200 cc. de liquide. L'une est précipitée par son volume de solution saturée de sulfate d’ammonium ; on filtre et on redissout dans une solution de carbonate de sodium à 0,5 0/0, on filtre à nouveau et on reprécipite par l’acide acétique. Le précipité séché dans le vide sur l'acide sulfurique pèse 0 gr. 24. Quant au liquide primitif, il

est dialysé pendant quelques heures dans des sacs de collodion pour le débarrasser de la plus grande partie du sulfate d’ammonium, puis acidulé et coagulé par la chaleur. Le coagulum lavé et séché pèse 3 gr. 04.

On retrouve ainsi 0,24 + 8,04 — 3 gr. 28 sur 4 gr. 44 de protéiques.

La seconde portion de 200 ce. est précipitée par 2 cc. d'acide acétique, soit 1 0/0; on filtre rapidement et le précipité est redissous dans Le carbonate de sodium à 0,5 0/0. On reprécipite par l'acide acétique ajouté goutte à goutte, on lave et on sèche dans le vide sulfurique. Poids obtenu : 0 gr. 19. Le liquide filtré après la précipitation acétique est aussitôt coagulé par la chaleur ; on obtient après lavage et dessiecation’3 gr. 26 de coagulum.

On retrouve ainsi 0,19 + 3,96 — 3 gr. 45 sur 4 gr. 44 de: protéiques. Sr

Comme on le voit, les deux expériences sont comparables.

Elles laissent toutes deux place pour une autolyse accentuée qui se traduit par une perte de 23 à 26 0/0 de protéiques.

I est beaucoup plus commode, pour séparer les deux substances présentes dans les macérations, de recourir. à la précipitation acétique. Afin de fixer les proportions relatives de ces protéiques tout en améliorant le rendement, on procédé à l'expérience suivante : Trois échantillons de levure Scaroper ont été mis à macérer dans 10 parties d'eau alcaline pendant 8 heures à 35°. :

À. Macération dans le carbonate de sodium à 0,1 0/0

Volume obtenu : 760 cc., contenant 0,78 0/0 de protéiques coagulables, soit en tout 5 gr. 998 et 0,227 0/0 d'azote non coagulable.

On précipite par l'acide acétique : le précipité essoré et séché dans le vide pèse 1 gr. 31. Le liquide filtré, coagulé par chauffage, donne après lavage et dessiccation un poids de 4 gr. 66 de protéiques.

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