NATURE DES PROTÉIQUES DE LA LEVURE
Etude du précipité fourni par l'acide acétique
Ce corps semble se rapprocher par ses propriétés des nueléo- | protéides ou plutôt de ces corps désignés Improprement comme paranucléoprotéides et qui pour la plupart rentrent dans le groupe des phosphoprotéines (1). Je l'ai d'abord purifié par plusieurs dissolutions dans l’eau alcaline suivies de précipitations à l'acide acétique, ces opérations étant faites très rapidement grâce à l'emploi d’une centrifugeuse et au voisinage de 00.
Le produit obtenu, après dessiccation à 35° dans le vide sulfurique, se présente sous forme d'une masse cornée, dure, donnant par pulvérisation au mortier une poudre jaune pâle. Il est insoluble dans l’eau, mais.se dissout un peu dans une solution de sel marin à 10 0/0 ; cette solution ne se coagule pas par chauffage. On peut le dissoudre beaucoup plus facilement dans les carbonates alcalins et dans les alcalis très étendus, ainsi que dans l’eau de chaux. Les acides minéraux et l’acide acétique le précipitent de ces solutions. Dans la solution alcaline, l'acide phosphorique fait naître un précipité qui se redissout par un léger chauffage et reparait par refroidissement.
(4) Pour la classification des protéiques, voir Proceed. of Amer. physiol. Society, 20° ann, Comm. (1908).
AU INSEE
Dosage de l'azote. — Ce dosage a été fait par la méthode de KoeLpaur, avec la modification de Maquenne (distillation avec l’'hypophosphite de sodium) sur trois échantillons provenant de trois préparations différentes et préalablement séchés à 110° jusqu’à poids constant.
I. Ogr.1715 de substance exigent 9cc.9 SO“H? N/5, soit 16,16 0/0 N.
N20 ST E2225 — — A12cc.8 16,107 0/0 N.
HT, O gr. 2690 — — AScc.55 — 16,18 0/0 N.
Dosage du soufre. — Un premier dosage a été fait par fusion
de la substance avec un mélange de 1 partie de nitrate de potassium et 9 parties de carbonate de potassium. On redissout dans l'acide chlorhydrique et après filtration on précipite par le chlorure de baryum. On pèse le sulfate après lavage.
[. 2 gr. 624 de substance donnent 0 gr. 074 BaSO, soit 0,387 0/0 S.
Un second échantillon a été traité par l'acide nitrique bouillant; après dissolution, on neutralise avec du carbonate de sodium, on évapore à sec et on chauffe au rouge dans un creuset de nickel. On reprend par l'acide chlorhydrique et on filtre. Le filtre et le charbon restant étant incinérés, on reprend par l’acide chlorhydrique et les liqueurs réunies sont précipitées par le chlorure de baryum.
IT 1 gr. 640 de substance donnent 0 gr 0457 BaSO#, soit 0,382 0/08.
Dosage du phosphore. — La substance préalablement séchée à 110° et pesée a été mélangée mtimement avec 0 gr. 20 de magnésie calcinée pure et incinérée avec précaution suivant les indications de Vozarxk (1). On précipite à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien.
L Ogr.6765 de substance donnent Ogr. 0425 P207Mg?, soit 1,75 0/0 P. IL. 1 gr. 0480 — — 0 gr. 0690 — 1,835 0/0 P.
Dosage des cendres. — Les deux échantillons ayant servi aux dosages ci-dessus ont donné, par incinération au four à
(1) A. Vozanik, Zeits. physiol. Chemie, \. 76, p. 426 (1912).
moufle, au voisinage du rouge sombre, des cendres en quantité
minime.
[. 1gr.282 de substance donnent 0 gr. 0055 de cendres, soit 0,42 0/0. Il. 1 gr. 454 — — 0 gr. 0037 — 0,25 0/0.
Ces cendres sont alcalines, entièrement solubles, et contiennent du phosphate et du sulfate de sodium et de potassium.
La substance donnent les réactions colorées des protéiques à des degrés variables. Les réactions du biuret, de Mirrow, xanthoprotéique, sont intenses. La réaction glyoxylique est très nette; celle de LieBermann passe très rapidement au rouge brun foncé et celle de Mouscn donne un rouge-violet très intense. Enfin la réaction du soufre (par formation du sulfure de plomb) est naturellement peu intense.
Les propriétés de ce corps phosphoré me semblant devoir le rapprocher des substances du groupe de la caséine, je l'ai soumis à une étude comparative avec la caséine et l’ovovitelline.
J'ai déjà indiqué la faible solubilité de cette substance dans l’eau salée à 10 0/0 et sa facile dissolution dans l’eau de chaux. Il était intéressant de déterminer la concentration en ions hydrogène nécessaire pour produire le début de la précipitation des trois protéiques à comparer. Dans ce but on a ajouté des quantités croissantes d’acide phosphorique à leurs solutions sodiques, en présence d’une série convenablement choisie d'’indicateurs (hélianthine, rouge de méthyle, rouge neutre, naphtolphtaléine, phénol-phtaléine (1).
Si on appelle c la concentration en ions hydrogène, on a (SOŒRENSEN) :
c—10 PH
(4) Je suis redevable de cette collection d'indicateurs à mon ami L. Mar- GAILLAN, à qui j'adresse ici mes meilleurs remerciements.