‹ Recherches chimiques sur l'écorce du cail-cedraChapitre 3 sur 10 · III · texte numérisé non relu

III

La partie historique de l’arbre qui produit l’écorce dont il s’agit étant terminée, il me reste à faire, dans ses plus grands détails, la narration exacte de toutes les expériences chimiques auxquelles je me suis livré, sur cette même écorce, pour arriver à la séparation complète du principe amer, principe qui, selon toutes probabilités, doit représenter aussi les propriétés actives de cette écorce.

Ma première pensée fut, en commençant mes travaux chimiques, qu'ii pourrait exister un principe alcalin, qui représenterait à la foi^ et le principe amer et les propriétés antipériodiques contenues dans l’écorce du Swietenia senegalensis. On ne sera donc pas étonné que le premier procédé suivi par moi pour cette extraction ait de nombreux rapports avec celui que l’on a employé pour l’extraction de la quinine.

En conséquence, 1 kilograinnae de cette écorce a été pulvérisé grossièrement et soumis dans l’appareil de déplacement à l’action dissolvante de l’alcool, jusqu’à ce que celui-ci sortît tout à fait insipide. Ges différentes teintures, réunies dans un bain-marie pour être soumises à la distillation, étaient d’une couleur rouge très-foncée, d’une amertume extrême, et exerçaient sur la langue un sentiment d’astringence très-prononcé. Elles n’avaient, en outre, aucune action sur le papier de tournesol bleu ou rougi par un acide.

L’extrait obtenu par la distillation de l’alcool, qui passa incolore et sans saveur, fut traité par l’eau bouillante ; la plus grande partie de l’extrait fut redissous, il ne resta qu’un peu de matière colorante et de la matière grasse. En effet, le résidu traité par de l’éther dénota la présence d’une matière grasse verte qui, selon toutes les probabilités doit avoir de l’analogie avec celle des quinquinas.

Lorsque le solutum aqueux et bouillant fut refroidi, on le filtra ; son action sur le tournesol bleu était légèrement acide. Soumis à l’action des réactifs, il donna les résultats suivants :

1“ Émétique : la liqueur ne donne pas de précipité sensible ;

"l" Noix de Galles : précipité marqué, se redissolvant dans un excès de réactif ;

3“ Colle animale : précipité abondant, couleur de chair ;

h° Oxalaie d'ammoniaque : précipité floconneux, soluble en partie dans l’acide acétique concentré ;

5" Chlorure de baryum : précipité marqué, insoluble dans l’acide nitrique;

6° Ammoniaque : la liqueur se fonce, sans donner de trouble;

l” Potasse : la liqueur devient plus foncée, sans aucun trouble ;

8“ Eau de chaux : précipité abondant, lilas foncé, dont une grande partie se redissout dans l’acide nitrique ;

9° Eau de baryte : précipité lilas ;

10“ Acide azotique, précipité rougeâtre;

11“ Protosulfate de fer : précipité noir;

12“ Per chlorure de fer : précipité vert olive foncé ;

13“ Nitrate d'argent : précipité rougeâtre;

14“ Acétate de plomb neutre : précipité lie-de-vin foncé, décolorant complètement la liqueur.

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