III. — Expériences sur des marmottes
Nous avons fait, pendant l’hiver et le printemps de 1848, des expériences comparatives sur la perspiration des marmottes assoupies et éveillées. Les animaux nous avaient été envoyés par M. le professeur Sacc, de Neufchâtel. Cet habile physiologiste les avait soumis à une série de recherches, et se proposait d’étudier leur respiration, lorsqu’il apprit que nous nous occupions depuis longtemps d’études semblables. Avec une abnégation dont nous devons le remercier ici , il nous envoya les cjuatre marmottes qu’il avait conservées, et nous adressa, en même temps, les résultats de ses premières recherches; nous en extrairons ceux qui nous paraissent les plus importants.
« Les marmottes avaient été trouvées dans le canton d’Unterwalden, à la fin d’octobre 184^ ; elles étaient très-farouches, excepté la plus jeune qui s’apprivoisa assez pour se laisser toucher sans résistance. Elles furent nourries d’herbe, de trèfle et de feuilles de choux. A la fin d’octobre 1846, elles s’engourdirent toutes, et ne se réveillèrent complètement qu’au commencement d’avril 1847, quoiqu’elles fussent placées dans une chambre bien éclairée, et dont la
tempéralure variait de lo à x5 degrés. Elles restèrent éveillées et très-vives jusqu’au mois de novembre 1847? époque à laquelle M. Sacc entreprit sur elles des observations suivies. Nous ne suivrons Fauteur qu’à partir du moment où il a soumis les animaux à des pesées régulières.
Le 7 janvier, les marmottes sont complètement engourdies le matin, mais quelques-unes se réveillent vers le milieu de la journée, car on trouve des déjections solides et liquides, quoiqu’on très-petite quantité.
Le 8, la température était de -f- 5 degrés. On pèse les quatre marmottes qui, bien qu’engourdies, donnent des symptômes de vie lorsqu’on les touche, surtout la marmotte B.
A pèse.. 2226^’', I B. 1182,7 C. 2887,2 D. 8027,1
Le 10 janvier, à 10 heures du matin, A est totalement engourdi; les trois autres, et surtout B, donnent des signes de sentiment. On leur trouve les poids suivants :
Le i3 janvier, on les pèse de nouveau. C est le plus endormi, vient ensuite B, puis D, et enfin A qui paraît vouloir se réveiller.
Le i5 janvier, par un beau soleil qui fait suite à plusieurs jours d’un froid vif, on pèse les animaux. A part le train de derrière, A est sorti de léthargie et se soustrait à la main qui le touche, en donnant des signes de grande frayeur; il n’a donc plus conscience de ses actes, puisque, de privé qu’il était, il est devenu très- farouche. B et C commencent à sortir d’engourdissement; D est en pleine torpeur.
Les 16 et 17 janvier, beau soleil continu ; aussi ne doit-on pas s’étonner si, le 173 10 heures, la marmotte A, quoique
( ‘-iS )
endormie, ouvre les yeux lorsqu’on la manie. Le soleil ne donne cependant jamais sur la cage des animaux.
A.. 2201,9 1168,5 C.. 283o,i D.. 3oi8,i
A est le plus éveillé, vient ensuite C, puis B et D qui sont presque au même degré de torpeur, c’est-à-dire, sensibilité sans mouvement.
Le 19 janvier, on trouve des déjections solides et liquides provenant de C et D, qui sont assez éveillés pour qu’il devienne impossible de les peser. A et B s’agitent sur la balance^ A a les yeux fermés, tandis qu’ils sont entr’ouverts chez B.
Le 21 janvier, toutes les marmottes dorment ^ A s agite un peu, B un peu plus; C et D sont en pleine torpeur.
Le 22 janvier, la température de l’appartement était -4-4 degrés. B est complètement éveillé, C s’agite sur la
balance, A et D sont dans un profond sommeil.
Dans la nuit du 21 au 22 janvier, B rend des déjections solides et liquides.
Le 24 janvier, par une température intérieure de -f-3 degrés, A respire visiblement, quoiqu’il soit endormi; C est dans la torpeur la plus profonde.
Le 26 janvier, la température intérieure est de -f- 4 degrés, et le soleil luit. On trouve des déjections solides et liquides provenant de A, qui est tiède, entr’ouvre les yeux et s’agite; D est le plus profondément endormi.
Le 28 janvier, la température intérieure est de -f- 4 de-
grés; une forte bise souffle. A est le moins endormi, il s’agite un peu*, C est le plus profondément endormi.
A.. 2i53,5 b.. iog4,3 C. . 2761,4 I>.. 2g45,2
Le 29 janvier, le temps est fort beau et le soleil luit.
Le 3o janvier, et par une température intérieure de 6 degrés,
B s’agite, C est le plus endormi^ D est totalement éveillé et rend des déjections solides et liquides.
Le 3i janvier, la température intérieure est de -f- 5 degrés, et il dégèle.
A.. 2i4g,6 B.. 1087,8 G.. 2767,2 D. . 28gg,6
D est le moins endormi, viennent ensuite A et D; C est le plus endormi.
Le 2 février, il gèle; la température intérieure est de -f- 8 degrés, le soleil paraît à 10 heures.
A.. 2i4g>r B.. 1087,3 G.. 2768,2 D. . 2goo,6
C et D sont les plus endormis; leur respiration, quoique fort lente, est encore perceptible.
Le 4 février, il gèle, et la température intérieure est de 4- 8 degrés.
C est complètement éveillé, vient ensuite A, puis D; B s’agite sur la balance.
Toutes les marmottes sont éveillées le 6 février, quoiqu’il gèle. Le soleil est très-vif.
Le 6 févri er, il gèle pendant la nuit; la pluie tombe avec abondance, et la température intérieure est de 4- 8 degrés.
C est le moins endormi , ensuite viennent A, B et D ; ce dernier est dans une torpeur assez profonde.
Le 8 février, intérieure est de
il dégèle; le soleil luit, et la températu lo degrés.
re
A et D sont les plus endormis, )i l’est le moins.
Le 10 février, il pleut, et la température intérieure s’élève à -f- 1 1 degrés.
C est le plus endormi, viennent ensuite I), B et A; ce dernier Lest le moins.
Le 1 1 février, toutes les marmottes dorment.
Le 12 février, il degele, et la température intérieure est de -f- 1 2 degrés.
A et D sont complètement éveillés.
Dans la nuit du 12 au i3 février, il gèle fortement; la température intérieure est de -j- 12 degrés, le soleil est magnifique tout le jour. Les marmottes Sont parfaitement éveillees et tres-vives, elles refusent neanmoins de manger.
Le i4 février, il gèle pendant la nuit; le soleil luit, la température intérieure est de 1 1 degrés.
A est entièrement éveillé, B s’agite.
Le i5 février, il gèle pendant la nuit; un épais brouillard remplit l’atmosphère, et la température intérieure est de 10 degrés.
Le 17 février, il dégèle et le soleil luit; la température intérieure est de -f- 10 degrés.
D est le plus endormi, vient ensuite B, puis A ; C est le plus éveillé.
11 gèle dans la nuit du 17 au i8 février; le 18, il fait du brouillard, et la température intérieure est de -h 10 degrés.
Les marmottes sont éveillées, surtout A et B; C est le plus endormi .
Le 21 février, il neige; la température intérieure est à -h g degrés.
B et D sont les plus endormis, A est le plus éveillé. Le même jour, à 1 1 heures , les marmottes sont emballées dans une caisse avec du foin , et expédiées pour Paris par la malle-poste . n
La caisse arriva à Paris pendant les journées de la révolution de février, et ce ne fut que huit jours après qu’il nous fut possible de la retirer. Les quatre marmottes furent trouvées éveillée^, on leur donna des feuilles de choux et de salade, mais elles n’y touchèrent pas les premiers jours. Quelques jours après, la température s’étant abaissée, les marmottes C et D s’endormirent profondément; les marmottes A et B restèrent, au contraire, très-viyes, et commencèrent à manger. Ces dernières ne s’engourdirent plus , bien que la température descendit souvent à H- 4 degrés; elles mangeaient, chaque jour, avec avidité, la ration de feuilles de choux, de salade et d’autres légumes qu’on leur donnait. Elles furent séparées des marmottes endormies C et D.
On déduit des pesées faites par M. Sacc sur les marmottes, pendant les mois de janvier et de février, plusieurs résultats importants.
8 janvier, les inarnioites pesaient :
Le 21 février.
elles pesaient ;
Perte de poids.
ou
du poids primitif. La perte proportionnelle a été d’antant moindre que Lanimal était plus gros.
M. Sacc déduit de ces memes pesées ce résultat curieux, que, dans l’état de torpeur complote^ les marmottes augmentent souvent de poids d’une manière très-sensihle. En effet ,
Du 8 au 10 janvier, I o au I 3 »
i3 au i5 w
21 au 22 »
22 au 24 «
26 au 28 »
3i au 2 février,
8 au 10 I 5 au 17 »
gr
augmenté de
11 est facile, en se reportant aux explications qui accompagnent les pesées de M. Sacc, de reconnaître que les augmentations de poids ont toujours eu lieu sur les marmottes le plus complètement endormies.
Cette augmentation de poids ne continue que jusqu’à ce que l’animal , pendant un réveil par tiel, expulse de l’urine.
38® Expérience bis.
Les deux grosses marmottes G et D sont placées le i®*" mars 1848 dans l’appareil; elles sont toutes deux profondément assoupies. Elles sont restées dans le même état jusqu’au 8 mars au soir. La pipette à oxygène qui communiquait alors avec la cloche, renfermait beaucoup plus d’oxygène qu’il n’en fallait pour entretenir la resjriration jusqu’au- lendemain , en admettant que la consomma-
lion en reslal constante. Neanmoins, le 9 mars an malin, nonsenlemcnl font l’oxygène de la pipette avait été consommé, mais encore le manomètre montrait une dépression de près de 200 millimètres. La marmotte D n’était plus dans la position on elle se trouvait la veille, et lorsqu’on sortit les animaux de la cloche, on reconnut qu’elle était morte. Cette marmotte s’était évidemment éveillée pendant la nuit; elle eut bientôt consommé l’oxygène qui était à sa disposition, et périt asphyxiée par suite du manque de ce gaz. La marmotte C , qui ne s’était pas réveillée, était restée pendant plusieurs heures dans l’atmosphère où avait péri la marmotte D , et elle n’en avait éprouvé aucune influence fâcheuse; car, mise aiq^rès du feu, elle ne tarda pas à se réveiller, et à reprendre sa vivacité et sa méchanceté ordinaires.
L’expérience fut d’ailleurs terminée comme de coutume, après avoir introduit de l’oxygène dans la cloche pour rétablir la pression initiale. Durée approximative , cent soixante-quatorze heures. T=r i3«,6.
Le deux marmottes pesaient ensemble, avant l’expérience. 543o^^ Composition du gaz h la fin de l’expérience .
Acide carbonique. .. . 0,08
Oxygène. . 20, 5o
Excès de la pression finale sur la pression initiale, -h o™‘",2
Poids de 1 oxygène consomme . . 45,5i9
Poids de l’acide carbonique produit . . . 36, 800
Poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique. 26,764 Poids de l’azote exhalé . . ....... o , t 32
Rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans l’acide
carbonique et le poids de l’oxygène consommé . 0,588
Rapport entre le poids de l’azote exhalé et celui de
l’oxygène consommé . 0,0029
Poids de l’oxygène consommé par heure . . o®‘',26i
Poids de l’oxygène consommé , en une heure ,
par I kilogramme de l’animal. . os%o48
OC)*” Expérience.
Les cloü.v petites inarniotLes A et B eveillées; elles sont très- 'ives, se débattent beaucoup dans la cloche et nietlent en inor- » eaux le petit plancher de bois sur lequel elles jîosent. Poids des deux mai mottes, 3i i5 grammes. Duree de l experieiH'e , 35‘".
( onipo.si ttou (lu gnz ci Ui Jirt de l’ expérieficc .
Acide carbonifjue. o 53
Hvilrogène protocai boné . o , i o Oxy-ène .
Lxcèsde la pression finale sur la pression initiale . . -p o"’“‘ 6
Poids de l’oxygène consomme . . . .
Poids de l’acide carboni([ue exhaie . .
Poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique. Poids de l’azote exhalé. .
gr
Rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans l’acide
carbonique et le poids de l’oxygène consommé . 0,796
Rapport entre le poids de l’azote exhalé et le poids de
l’oxygène consommé. . . 0,0 14
Poids de l’oxygène consommé par heure . . . 3s'',744
Poids de l’oxygène consommé , en une heure ,
par 1 kilogramme de l’animal . . |ë' ^ ,(j8
40*^ Expérience.
La marmotte C, que l’on avait éveillée en la plaçant devant le feu après l’expérience 38 his, s’est endormie de nouveau, le même jour, lorsqu’elle s’est trouvée exposée h une température plus basse. On 1 a remise dans la cloche le 23 mars j elle pesait 2735 grammes. L’expérience dura 1 1 7‘^45’*’, pendant lesquelles on n’aperçut aucun mouvement de l’animal. T — 8°.
r omposition du gaz à la fin de V expérience.
Acide carboniipie . o,o3
Oxygèm'. . . . ; . 2 1,44
Excès de la pression finale sur la pression initiale. . . + i
Poids de l’oxygène consommé . . i3,o88
Poids de l’acide carbonique produit. . . 7 , i 74
Poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique. 5,217 Poids de l’azote absorbé . . . . . 0,228
Rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans l’acide
carbonique et le poids de l’oxygène consommé. .... 0,899
Rapport entre le poids de l’azote absorbé et le poids de
l’oxygène consommé. . . 0,0174
Poids de l’oxygène consommé par heure . o^*‘, i 1 1
Poids de l’oxygène consommé, en une heure ,
par 1 kilogramme de l’animal . . o8'’-,o4o
La température de l’animal , prise dans le rectum , au sortir de la cloche, est de 12°.
4 1 ® Expérience.
La même marmotte G, quelques jours après l’expérience précédente (27 mars, à midi) : elle est moins fortement endormie; on aperçoit, de temps en temps, dès mouvements d’inspiration et d’expiration, et elle entr’ouvre les yeux lorsqu’on la touche. Poids de la marmotte avant l’expérience, 2784 grammes. Le 3o mars, vers 4*^3 o*", les f du gaz de la pipette à oxygène en communication avec l’appareil étaient à peine consommés , lorsque la marmotte ouvrit les yeux et commença à s’agiter; ses mouvements devinrent de plus en plus rapides et la consommation d’oxygène de plus en plus considérable; à 5'^i5‘’^, le reste du gaz oxygène (environ 6 grammes) était passé dans la cloche. Au moment de terminer l’expérience , on a laissé la température de l’eau du manchon un peu au-dessous de ce qu’elle était au commencement , afin de compenser, au moins approximativement, l’effet produit sur le gaz de la cloche par le réchauffement de l’animal. La température de la marmotte prise dans l’anus, au commencement de l’expérience, était de 1 1°,2 ; cette température, déterminée au moment de sa sortie , était de 22°, i . Elle s’est ensuite élevée successivement, et, cinq heures après la sortie de l’animal, elle était montée à 29 degrés : la marmotte était alors très- vive et très-méchante. La température de la marmotte B , ejui était éveillée depuis longtemps, et qui avait mange, a été trouvée,
dans les mêmes cireonstanc soixante -dix- sept heures.
es, de 35 degrés. Durée de rexpericnce, T — Io^
Composition du gaz à la fin de l’expérience.
Acide carbonique . i >37
Oxygène . 1-9,43
Excès de la pression iinale sur la pression initiale. , . — 8''"" , t)
Poids de l’oxygène consommé . . 17^^972
Poids de l’acide carboni([ue produit . 13,529
Poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique 9,839 Poids de l’azote exhalé . 0,000
Rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans î’acide
carbonique et le poids de l’oxygène consommé . . . 0,547
Rapport entre le poids de l’azote exhalé et le poids de
l’oxygène consommé par heure . . . 0,000
Poids de l’oxygène consommé par heure . o^'’, 233-
Poids de l’oxygène consommé, en une heure, par
I kilogramme de l’animal . . a®*’,o85
4 2*^ Expérience.
La même marmotte C, remise dans sa cage avec de la nourriture, est restée parfaitement éveillée et a mangé; le 3 avril, on la remet dans l’appareil avec des carottes auxquelles elle ne touche pas. L’expérience dure 41*^ 10™. On n’a pas pu prendre, exactement, la température de l’animal , ni au commencement ni à la fin de l’expérience, ])arce qu’il se débat vivement. Cependant on a trouvé, à la lin, environ 34 degrés dans l’anus. T = i5^.
Poids de l’animal à son entrée dans la cloche. 27358'’
Poids de l’animal à sa sortie de la cloche. . . . 2636
Perte . . . . 99
Composition du gaz, h la fin de V expérience.
Acide carbonique. , . . i ,3o
Oxygène . 1^,70
A/ote. . . . . 80,00
Excès de la pression finale sur la pression initiale. —
gr
Poids de l’oxygène consommé . . . 85,738
Poids de l’acide carbonique produit . 80,926
Poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique. , 58,855 Poids de l’azote exhalé . . o,4o4
Rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans l’acide
carbonique et le poids de l’oxygène consommé. ..... o ,686
Rapport entre le poids de l’azote exhalé et celui de l’oxy¬
gène consommé . . . . o , 0047
Poids de l’oxygène consommé par heure . 2®'^, 082
1 kilogramme de l’animal . . o®‘',774
43® Expérience.
Le 17 juin, la même marmotte G est replacée dans l’appareil ; on met à sa disposition des trognons de choux et des fanes de carottes. Le premier jour, elle a mangé entièrement les fanes de carottes, et presque complètement les trognons de choux; mais, le second jour, elle s’assoupit, et la consommation d’oxygène s’affaiblit notablement. Elle se réveille complètement au moment où on la sort de la cloche. L’expérience dure soixante-huit heures, T — 20°. *
Poids de la marmotte à son entrée dans la cloche. 2207®^
Poids de la marmotte à sa sortie de la cloche. ... 1927
Perte. . . 280
Composition du gaz à la fin de rexpérience.
Acide carbonique .... 1,00
Hydrogène . 0,10
Hydrog. protocarboné, i,5o
Oxygène. .
Azote . 77,49
( l'iS )
Excès de la pression finale sur la pression initiale. —
gr
Poids de l’acide carbonique produit . i
Poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique. 54 , 335 Poids de l’azote absorbé . o ,762
Rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans l’acide
carbonique et le poids de l’oxygène consommé . o,655
Rapport entre le poids de l’azote absorbé et celui de
l’oxygène consommé . 0,0092
Poids de l’oxygène consommé par heure . 12^,219
Poids de l’oxygène consommé, en une heure , par
I kilogramme de l’animal . . . os*',589
L’expérience 89 a été faite sur les petites marmottes A et B,, éveillées depuis longtemps, très-vives, et se nourrissant bien. On peut comparer la respiration de ces animaux à celle des lapins , cfui prennent à peu près la même nourriture. Dans l’expérience sur les marmottes, il y a eu exhalation d’azote', le poids du gaz exhalé a été les o,oi4i du poids de l’oxygène consommé -, la moyenne des expériences 16 à 25 (page 116) sur les lapins a donné une exhalation d’azote cpii n’a été c[ue de o,oo4i du poids de l’oxygène consommé. Le rapport entre l’oxygène de l’acide carbonique produit et l’oxygène consommé a été 0,796 dans l’expérience sur les marmottes *, la moyenne des expériences 16 à 25 (page 1 16) sur les lapins nourris avec des légumes donne 0,919', ainsi ce rapport est notablement plus fort chez ces derniers animaux.
Le poids de l’oxygène consommé en une heure , par 1 kilogramme de l’animal, a été
Pour les marmottes. i®’’, 198 Pour les lapins. . . o8'’,9i8
Les expériences 4o î 4^5 4^ et 43 ont été faites sur la même marmotte C à dilféreiUs états d’assoupissement.
Dans l’expérience 4^L l’animal était complètement engourdi ; il était froid, et se laissait manier sans’ donner
aucun signe de vie. 11 est resté cent dix-huit heures dans la cloche, sans changer de position^ on a cru reconnaître seulement, de -loin en loin, de faibles mouvements d’inspiration et d’expiration. La respiration a été extrêmement lente , car elle n’a consommé, dans l’espace de près de cinq jours, que i3 grammes d’oxygène. La température intérieure de la marmotte n’était que de 12 degrés au sortir de Lappareil^ elle n’était supérieure que de 4 degrés à celle du milieu ambiant.
Il y a eu absorption d’azote ^ celle-ci s’est élevée à 0,01 y4 du poids de l’oxygène consommé.
Le rapport entre le poids de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique et le poids de l’oxygène consommé a été d’une faiblesse remarquable , car il s’élève seulement a 0,399.
Le poids de l’oxygène consommé en une heure par la marmotte a été de oS**, ni ; et, si l’on rapporte ce poids à I kilogramme de l’animal , il n’est que de o,o4o. Ainsi , la consommation de l’oxygène c|ue fait la marmotte dans l’état de torpeur complète n’est guère que le ~ de celle qui a lieu lorsque l’animal est complètement éveillé, en adoptant, pour ce dernier cas, la consommation que nous avons trouvée pour les marmottes A et B dans l’expérience Sp.
Dans l’expérience 4i ? la marmotte était moins engourdie que dans l’expérience •, elle s’est même complètement réveillée dans la cloche, après un séjour de soixante-seize heures : pendant ce temps, sa respiration avait été extrêmement lente, car il n’y avait eu qu’environ 12 grammes d’oxygène consommé. Le réveil a été très-prompt : on a reconnu d’abord des mouvements plus étendus et plus rapides d’inspiration et d’expiration*, puis l’animal a ouvert les yeux, s’est mis à trembler de toute la partie antérieure du corps. Sa respiration est devenue très-active^ en moins de trois quarts d’heure, la marmotte consomma la moitié de la quantité d’oxygène qu’elle avait absorbée en soixante-
la docile, elle était fort mécliante , et cherchait à mordre les personnes qui l’approchaient^ mais elle ne pouvait pas courir, parce que ses jambes de derrière étaient encore engourdies. La température de ranimai avait été prise, avant son entrée dans Pappareil , au moyen d’un thermomètre introduit dans le rectum : elle était de 11^,2. Cette température, déterminée de la même manière immédiatement après sa sortie, fut trouvée de 22^^,!. Cinq heures après, la marmotte était très-vive : on parvint néanmoins à mesurer sa température 5 celle-ci fut trouvée de 32 à 33 degrés.
Dans cette expérience, qui se rapporte en partie à l’état de torpeur de l’animal et en partie à sa période de réveil, on n’a trouvé ni azote exhalé, ni azote absorbé. Le rapport entre la quantité d’oxygène contenu dans l’acide carbonique produit et la quantité d’oxygène consommé a été de 0,547 i c’est-à-dire, intermédiaire entre celui de l’expérience 4^ qui se rapporte tà la même marmotte dans l’état dé torpeur absolue, et celui de l’expérience dq faite sur les deux marmottes A et B complètement éveillées.
La consommation d’oxygène faite en une heure par la marmotte pendant son sommeil, a été de oS'',i58 environ j c’est-à-dire, plus grande d’un tiers que celle qui avait eu lieu pendant l’expérience 4^- Enfin, pendant sa période de réveil qui a duré trois quarts d’heure, elle a consommé environ 6 grammes d’oxygène ^ cela donne une consommation par heure de 8 grammes, qui est beaucoup plus grande que celle que nous avons trouvée dans l’expérience 4o pour les marmottes complètement éveillées.
Pendant l’expérience 4“^? la marmotte Cest restée éveillée, mais elle n’a pas touché à la nourriture qu’on lui avait mise dans la cloche. 11 y a eu exhalation d’azote dont le poids a été les 0,0047 du poids de l’oxygène consommé. Le rapport entre l’oxygène contenu dans l’acide carbonique produit et l’oxygène consommé a été de 0,686 , c’est-à-dire notable-
meut plus faible que eelui que nous avons trouvé dans Texpérience 4o sur les petites marmottes .3 mais il faut observer que la marmotie C mangeait très-peu à celte époque , meme lorsqu’elle était dans sa cage. Elle a consommé, par heure, 2S*',o82 d’oxygène.
L’expérience 43 a été faite , le 17 juin, sur la même marmotte C éveillée depuis longtemps. Le premier jour, elle a mangé la plus grande partie de la nourriture qu’on lui avait mise dans la cloche 5 sa respiration fut très-active , mais , le même jour, elle s’endormit profondément, quoique la température de l’eau du manchon fut de 20 degrés. La consommation d’oxygène se ralentit considérablement , bien que les mouvements de la respiration fussent très-visibles ^ elle ne se réveilla qu’au moment où on la retira de la cloche. Pendant la première période de cette expérience, la marmotte consomma, par heure, environ 7 d’oxygène , tandis que dans la seconde période, c’est-à-dire pendant son sommeil, elle n’en consomma que oS^,8. La consommation moyenne fut de iS^',219 par heure.
Il y eut une absorption d’azote fort notable , qui s’éleva à 0,0092 du poids de l’oxygène consommé. Le rapport de l’oxygène contenu dans l’acide carbonique à l’oxygène consommé est de 0,655. c’est-à-dire, encore plus faible que dans l’expérience 4^ ; ce qu’il faut attribuer au sommeil de l’animal pendant une partie de l’expérience.
Enfin l’expérience 38 bis, qui a été faite la première par ordre de date, a présenté une particularité très-remarquable. Nous avons dit, dans le procès-verbal de cette expérience , que l’iiue des marmottes était morte dans l’appareil. Les deux marmottes G et D avaient été placées dans la cloche , à l’état de torpeur complète ^ elles restèrent dans cet état pendant près de huit jours, et la consommation d’oxygène était très-faible. Le soir du huitième jour, la pipette à gaz oxygène contenait une quantité de gaz capable d’entretenir la respiration de ces deux
animaux pendant plus de deux jours, tm admettant (pn^ la eonsommatioii d’oxygène restât la même que les jours précédents. Mais la marmotte D se réveilla pendant la nuit, sa respiration devint très-active (ainsi que nous l’avons reconnu dans rexpérience /\i) ^\di quantité d’oxygène qu’elle avait à sa disposition fut bientôt consommée, et l’animal mourut asphyxié. La seconde marmotte C, qui était restée endormie, ne fut retirée que cinq ou six heures après la mort de la marmotte D ^ elle avait séjourné, pendant tout ce temps, dans ratmosphère qui a,vait asphyxié sa compagneet, cependant, elle n’en avait éprouvé aucun effet fâcheux, car, placée devant une cheminée, elle ne tarda pas à se réveiller et à courir dans la. chambre. On voit par là que, pour les marmottes éveillées, les conditions d’existence ne sont pas les mêmes que pour les marmottes en torpeur ^ que les premières s’asphyxient, comme les autres mammifèi'es , dans une atmosphère dépouillée d’oxygène ,* où elles pourraient séjourner longtemps, sans inconvénient, si elles étaient engourdies. On peut en conclure également que ces animaux ne peuvent pas, par leur volonté seule, passer à l’état de torpeur pour échapper à Faction délétère de cette atmosphère.
Les deux marmottes consommèrent moyennement, par heure , 0^^5261 d’oxygène , et cette consommation , rapportée à un poids de i kilogramme de ces animaux , n’a été que de oS^,o48, c’est-à-dire à peu près la même que dans l’expérience faite sur la marmotte C en pleine torpeur. Il y eut une petite quantité d’azote exhalé qui s’éleva à 0,0029 du poids de l’oxygène consommé-, mais le rapport entre l’oxygène contenu dans l’acide carbonique et l’oxygène consommé futbeaucoup plusgrandque dans l’expérience 4o, savoir, o,588^ ce qu’il faut attribuer, en grande partie, au réveil de l’une des marmottes.
Les expériences que nous avons faites sur les marmottes engourdies donnent l’explication très-simple du fait observé
par M. Sacc, savoir: que souvent, les marmolLes en torpeur angmenlent sensiblement de poids, bien qu’elles ne prennent aucune nourriture. En effet, dans l’expérience faite sur la marmotte C complètement engourdie et froide, nous avons trouvé que le poids de l’oxygène consommé était de i3^^,o88 ; tandis que le poids de l’acide carbonique exhalé ne s’élevait qu’à Or, l’animal n’a rendu ni excré¬
ments ni urine ^ si donc, d’un autre côté, il n’avait pas perdu d’eau par la transpiration , son poids se serait augmenté de 5§^’,9i4 par la respiration seule pendant les cinq jours qu’il est resté dans l’appareil. Il a certainement perdu une partie de son eau par la transpiration, mais cette perte a pu être beaucoup moindre que 5§^’,9 , paree que la température de Fanimal était très-basse, et supérieure seulement de 4 degrés à celle du milieu ambiant.
Nous aurions désiré pouvoir multiplier davantage nos expériences sur les marmottes hibernantes ^ malheureusement, ces animaux ne nous sont parvenus qu’à une époque très-avancée de l’hiver, et il nous a été impossible d’étudier plus complètement cet intéressant phénomène, dont les circonstances sont encore si peu connues.