‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 18 sur 74 · MUGUET · texte numérisé non relu

MUGUET

Les apparences diverses du muguet ont été déjà signalées dans ce travail (p. 13, 28). Le muguet ordinaire, bénin et discret» se montre sous Taspect de petits points blancs, arrondis, plus ou moins espacés. En se multipliant, ils peuvent arriver à se réunir; on a alors une couche étendue d'un beau blanc ou blanchâtre, dont Taspect change et qui devient bientôt jaunâtre ou brunâtre, soit spontanément, soit par Faction des médicaments employés.

U épaisseur des points blanchâtres est habituellement plus grande au centre, mais ils n'ont pas cependant la forme vésiculeuse. Je n'ai jamais vu nettement cette disposition.

Dans le muguet étendu, lichénoïde et confluent, Tépaisseur est assez inégalement répartie, mais elle n'est jamais très-considérable; les couches les plus épaisses que j'ai vues avaient de 4 à 5 millimètres.

La consistance du muguet est friable comme celle du caséum épaissi. Il est facile d'écraser les fragments entre les doigts. Cette consistance n'est pas la même au début et à une période de formation déjà avancée. Sur sa face libre, le muguet se désagrège plus facilement qu'au point où il adhère et où Tépithélium est plus tassé.

110 RECHEBCHES CtmiQUES ET ANAXOMIQUE^

La ténacité n*est jamais très-forte; elle est constamment moindre que celle de la diphthérie.

V adhérence est prononcée dans le principe, elle diminue plus tard. On enlève facilement des grains de muguet en les raclant, plutôt qu*avec une pince; on clive pour ainsi dire le produit épithélial en le séparant dans les couches les plus profondes. La muqueuse reste encore recouverte de cellules épithéliales et rarement on fait suinter du sang par le raclage, tandis qu'en se ser* vaut d une pince on pourrait comprimer et déchirer une partie du chorion. Après la mort, le muguet est généralement très-facile à enlever.

Suivant le si^ qu'il occupe, le muguet varie d'aspect. A l'extrémité de la langue, il ressemble à des points trèsfins, à des lignes courtes d'un blanc éclatant; sur le reste de l'étendue de la langue, il est arrondi comme des grains de semoule; sur les gencives et les lèvres, il forme parfois un liséré blanc ; sur la voûte palatine, il s'étale en feuillet mince et uni, en nuage peu épais. A la face interne des joues, on trouve des plaques épaisses, disposées en grumeaux blanchâtres. On a vu le muguet envelopper la langue comme dans un fourreau ; c'est à la face interne des joues qu'il offre le plus d'épaisseur.

Le muguet du pharynx n'offre rien de particulier. Il est disposé par grains séparés ou confluents et accom*pagne constamment le muguet buccal. Celui de l'œsophage paraît plus fréquent ^ que le muguet du pharynx ;

* V. Seux, Reth, mrlm mal* àmmfam %am)miiH^,i^' 443, 4155.

SUR JLeS AFTECTIOHS PS£IUK>-MEB|BIUNEU&ES. 111

il est tantôt formé par des grains épars ou réunis en îlots, blanchâtres ou jaunâtres, tantôt par une surface raboteuse disposée en zone circulaire ou en bandes longitudinales» tantôt par une couche épaisse et uniforme S Les grains séparés sont plus difficiles à enlever que les bandes et les traînées blanchâlres. Yalleix a vu le muguet punctifonne de l'œsophage exister isolé , sans muguet buccal , dans \m cas de pneumonie^. Dans Festomac, divers observateurs ont trouvé le muguet formant deux larges bandes à partir du cardia, composées de grains très-fins et trës-rapprochés * ; ou constitué par des granulations, des points jaunes et une bande verticale \ Une large couche de muguet occupant le centre de Testomac a été comparée à du givre déposé sur une mousse très-fine ; une large plaque occupant la petite courbure était d'un blanc éclatant; une autre fois, les plaques étaient irrégulièrement disséminées •.

J'ai déjà fait remarquer que MM. Rilliet et Barthez me paraissent avoir décrit le muguet de Testomac sous un autre nom (voy. p. 104, note â).

Le muguet n'a été trouvé que rarement dans l'intestin.

* BiLLABD, Traité des maladies des enfants nouveau-fiés et à lamamelU, B* édit., p. 309-344, 4837, el Atlas, i^AeilL

* Vallbix, Cliniq. des mal. des enfants nouveatJHfiés, p. 89, 90 et 239, 4838.

» Vallbix, loc. cit., p. 247 et 263.

* Vallsix {Lediherder), kc. cit., p. 258-259.

' IkLLAB), Traité dêê mal.desenfanii nouvMMiis Màlamamslk, 3«édit., p. 312-348, 4817.

112 RECHERCflES CLINIQUES ET ANATOMIQUES

Dans rintestin gréle, il existait dans le tiers supérieur sous forme de points jaunes*; une autre fois, il s*est montré dans le duodénum « comme une foule de corps saillants, d'un gris jaune, de la grosseur de gros grains de semoule'. » Dans le gros intestin : le cœcum et tout le côlon ont offert à leur surface un grand nombre de petits flocons blanchâtres, de consistance crémeuse et fort adhérents à la surface des villosités rouges et tuméfiées'. Dans un autre fait, à 3 pouces au-dessous de la valvule iléo-cœcale, une plaque jaunâtre, saillante et irrégulièrement arrondie, était composée de grains mous et peu adhérents *. Enfin on a vu dans le cœcum , contre la valvule iléo-cœcale, une plaque formée par la réunion de petits grains saillants, jaunâtres, assez rapprochés les uns des autres. Tout le long du côlon descendant et du rectum il se trouvait une foule de petits grains semblables, un peu irréguliers ^.

Le muguet, observé à la marge de l'anus * et sur les organes génitaux ^, a plutôt la forme de plaques irrégulières que celle de points isolés. Il en est de même pour

* Valleix (Lediberder), /oc. cit., p. 268. « V. Seux, loc.ciL, p. 462.

' Billard, loc, cit,y p. 442.

* Vallbix, loc. ci/., p. 297-305.

5 V. Seux, loc. cit., p. 474.

* Robin, Hist. nat. des végétaux parasites, etc., p. 496, 4853. — £. BocciiuT , Traité prat. des mal. des nouveau-nés et des enfants à la mamelU, 3* édit., p. 474, 4855.

7 Trousseau et Deltech, Journal de médecine, i. m, p. S, 4845. — DuGÈs, Dict. de méd. et de cWr. prat,, t. m, p. 489.

SOB LES AFFECTIONS P&ECDO-MfiMBBANEUSËS. 113

le muguet développé sur le mamelon des nourrices * et peut-être sur d'autres parties du corps*.

La muqueuse sur laquelle le muguet s'est produit est ordinairement rouge, assez enflammée» mais non eiconée ni dépourvue de ses couches épithéliales de formation récente. Les ulcérations qu*on a signalées chez les enfants et les adultes atteints du muguet, et que j'ai vues, ne tiennent pas à sa production proprement dite ; elles sont une complication.

Examen microscopique. Un fragment de muguet pris sur la face dorsale de la langue présente (pi. lY, fig. 5 et 6):

l"" Des cellules d*épithélium ppimenteux, semblables à celles qu'on trouve normalement sur cette muqueuse. Elles sont serrées et adhérentes du côté de la base du fragment, moins adhérentes au contraire sur la face libre; Jà, leur desquamation est plus facile et elles glissent les unes sur les autres. Les cellules épithéliales sont disposées en amas et mélangées aux éléments suivants ;

2r Des granulations moléculaires très -abondantes, agitées d'un vif mouvement brownien ;

3* Des matières grasses sous forme de gouttelettes arrondies, réfractant fortement la lumière, ambrées ou blanchâtres. La plupart proviennent du lait pris par les jeunes

I Ch. Robin, lac. cif., p. 497.

* Lblut, Archiv, gén. de méd.f T* série, t. xiii , p. 358 , 4827. — M. Seux a réuni plusieurs Mis de muguet développé hors des voies digestives (Re^ureke$ nir les maladiee des enfants nouveau ^ nés, p. S09-S44, 4855.)

lU RECHEBCnSS CLINIQUES ET ANATOMIQUES

enfants, mais j'ai aussi trouvé des matières grasses dans le muguet des adultes;

â"" Dans quelques pseud<Hnembranes ayant Taspeet du muguet» renfermant YOidium albicans et recueillies sur des enfairts, j'ai trouvé, quoique exceptionnellement et en trës-faible quantité, quelques filaments qui ne pouvaient être méconnus pour appartenir à de la fibrine exsudée;

^ Enfin des éléments végétaux dont l'abondance est variable et le degré de développement plus ou moins complet :

VOidium albicans (Charles Robin*) est le plus fréquent. Il offre : a. un mycélium formé de tubes ou de filaments tubuleux, cylindriques et allongés; à bords foncés et parallèles. L'intérieur des tubes est d'un jaune ambré ou bien incolore et transparent.

Les filaments tubuleux sont articulés, c'est-à-dire formés de cellules allongées et placées bout à bout à la suite les unes des autres. Leur longueur est variable *.

Les filaments sont ramifiés une ou plusieurs fois dans le végétal parvenu à l'état adulte; ces ramifications sont elles-mêmes articulées, parfois elles ne consistent qu'en une ou plusieurs cellules.

Les cloisons des tubes sont formées par Fadossement des cellules placées à la suite les unes des autres. Les cavités de chaque cellule renferment quelques granula-

* C3i. Roim, HisU naturelle des a^mmuo pareuitês qui croîMml sur V homme ei lee animmix vivants, p. 48S et suiv., 4 $63.

* Voy. pi. IV, fig. 5 el 6 ; pi. V, fig. 4 , et Texplication des plaiM^hes.

SOB LES AFFECTIONS PSEinX>-MKIIB1lANBU8ES. 115

tions moléculaires et parfois deux, trois ou quatre cellules ovales, à contours pâles et jaunâtres.

L'extrémité adhérente ou la souche de VOidium est constituée par une spore prolongée en tube, sans cloisonnement intermédiaire. L'extrémité libre, fructifiante, ou sporifëre des filaments simples et de leurs ramifications est tantôt arrondie, tantôt formée par une cellule sphérique ou ovoïde, plus grosse que celles qui la précèdent et séparée d'elles par un étranglement. Quelquefois, au delà de cette cellule sporifère, on en remarque une ou deux très-petites. Souvent les cellules qui précèdent le renflement terminal sont courtes et disposées en séries, comme les grains d'un chapelet.

Suivant la remarque de M. Charles Robin, les cellules renflées et terminales sont probablement des spores prêtes à se détacher, et les cellules pâles contenues dans les cavités des cellules (ou chambres), des spores qui commencent à se développer.

b. Les spores consistent en petits corps sphériques ou un peu allongés, à bords nets et foncés, à intérieur ambré; elles réfractent assez fortement la lumière. Vers leur centre, on trouve une poussière fine et souvent un ou deux granules plus gros agités du mouvement brownien. Ces spores se disposent rarement en séries ou en chapelet les unes au-devant des autres; on les trouve le plus souvent flottant librement ou adhérant aux cellules superficielles de l'épithélium.

Les réactifs ordinaires sont sans action sur YOidium, dont les filaments et les spores ne sont attaqués que par les acides sulfiirique et nitrique concentrés.

Les spores de VOidium albicans diffèrent des cellules du Cryptococcus ou Torula cerevisiœ S qui est une algue et non un champignon, par Tabsence de un ou de deux globules brillants qui se trouvent dans les cellules du Cryptococcus. Celui-ci a une disposition constante, moniliforme, ou en chapelets composés de trois à cinq cellules, ne formant jamais des tubes cylindriques. Les cellules du Cryptococcus sont, en outre, plus grandes que celles de VOidium, leur forme est plus ovoïde et le chapelet est souvent terminé par une petite cellule naissant d'une cellule plus grande et y adhérant.

J'ai donné cette description comparative parce que, dans les couches d'aspect pseudo-membraneux du muguet, on trouve le Cryptococcus ou Torula cerevisiœ. Je me rappelle parfaitement l'avoir observé. M. Lebert l'a rencontré dans diverses préparations; Hannover l'a vu pareillement dans l'enduit noirâtre de la langue des typhiques.

Enfin, indépendamment des Oidium albicans et Ciyptococcus cerevisiœ , j'ai trouvé aussi dans le muguet le Leptothrix buccalis {voy. pi. III, fig, 5, et pi. V, fig. 2). Je décrirai ce dernier végétal avec les productions pultacées de la scarlatine, dans lesquelles j'ai constaté sa présence. Je ne parlerai point actuellement des conditions de développement de VOidium albicans. Cette question, traitée avec un grand talent par MM. Ch. Robin et

* Ch. RoBiiN', ioc. ci7., p. 32Î et suiv.

A. Gubler, a été de ma part Tobjet de recherches suivies, et j'en ferai le sujet d*un chapitre séparé *.

Je note ici une dernière fois que le muguet, bien différent des productions exsudées de la diphthérie, est néanmoins, à mon avis, une fausse membrane, mais une fausse membrane spéciale, ayant ses caractères propres, et très-remarquable par la présence habituelle de VOidium albicans dans Tépithélium desquamé.

STOMATITE ULCÉRO-MEMBRANEUSB, OU ULCÉREUSE PROPRBHENT DITE.

A plusieurs reprises, }*ai parlé* de la stomatite ulcéromembraneuse, aussi n'aurai-je qu'à préciser soigneusement la description des produits morbides membraniformes qui raccompagnent.

Étudiée àToeil nu, la plaque morbide qui revêt la joue ou un autre point de la cavité buccale dans la période d'état de la stomatite ulcéro-membraneuse, présente deux faces. Tune libre, l'autre adhérente. La face libre ou superficielle se montre sous l'aspect d'une pellicule d'un jaune pâle ou grisâtre , souvent tachée de sang et violacée ou noire par placçs. Elle est lisse ou à peine grenue et arrondie ou ovalaire à grand diamètre horizontal. Ses bords sont ordinairement décollés, séparés par une sorte de rigole ou de sillon des tissus environnants. Elle est consistante et tenace. La face profonde adhère par sa partie centrale au tissu muqueux sous-jacent. Cette face,

« Voy, le Chapitre IH.

« roy. p. 3,14,28.

118 REGHEKCHES GUNIQUES ET ANATOMIQUES

observée sur la pellicule détachée , est moins lisse que la supérieure, elle est rugueuse avec des prolongements irréguliers.

Au début, il existe parfois et peut-être constamment un soulèvement de l'épithélium avec une légère exsudation sur l'endroit même où siège la plaque jaunâtre. Quand cette plaque s'est détachée de la muqueuse, celle-ci se recouvre d'une sorte de détritus grisâtre, ou jaunâtre, ou séro-purulent.

Je vais maintenant indiquer comment se présente, suivant le siège du mal , la muqueuse ulcérée et le liquide bourbeux et épais, qui la tapisse»

L'endroit qu'occupe de préférence la stomatite ulcéromembraneuse est le bord gingival inférieur, d'un seul côté de la bouche. Les ulcérations siègent au bord des incisives, des canines ou des molaires, le plus souvent sur leur face antérieure. La muqueuse ulcérée offre un liséré grisâtre pouvant former une bordure étroite et fine au début, mais qui s'étend en hauteur, avec une rapidité extrême, sur une grande partie du bord des gencives. Alors la surface muqueuse mise à nu est baignée par un fluide séro-purulent ou sanguinolent; le fond est couvert de tartre qu'on voit sous l'aspect de plâtre ou de crele délayée sur la muqueuse grisâtre et ecchymosée, dont les bords sont boursouflés, fongueux et rouges ou d'un rouge violacé.

Les bords des ulcérations gingivales sont quelquefois recouverts de productions plus épaisses, blanchâtres, manifestement pseudo-membraneuses,

A la face interne des joues où les ulcérations se mon-

SUR LES AFF£Cn(»IS PSEUDO-MEMBRANEUSES. 119

trent ensuite avec le plus de fréquence et surtout au point de rencontre des deux arcades dentaires » la muqueuse offre une ou plusieurs (deux à quatre) surfaces ulcérées transversales, dirigées d'avant en arrière, ovales, d'autant plus étendues et plus profondes qu'elles sont situées plus en arrière. D'abord isolées, plus tard elles sont confondues.

Ces surfaces ulcérées sont arrondies au début et reprennent cette forme vers la un quand leur cicatrisation va arriver; elles ont des bords taillés à pie, légèrement saillants, rougeâtres ou grisâtres, et un fond couvert d'une bouillie grisâtre où s'élèvent parfois des granulations rougeâtres. Vers la fin de la maladie, la surface est baignée par un liquide purulent et les granulations ont l'aspect ordinaire des bourgeons charnus.

Sur la voûte palatine et le voile du palais, les ulcérations ont un fond plus aplani, la surface n'est pas profonde, maïs superficielle, et plutôt tapissée de liquide purulent que d'un détritus grisâtre.

Sur les amygdales, où elles siègent encore plus rarement qu'au palab, les ulcérations ont des bords épaissis et saillants ; le fond en est anfractaeox, inégal, grisâtre, parfois ecchymose.

Sur le bord labial, on peut facilement examiner la plaque jaune à la chute de laquelle succède l'ulcération. Celle-ci peut avoir assez l'aspect d'une plaque muqueuse. Sur la langue, les ulcérations sont allongées, superficielles; leur fond, linéaire et grisâtre, est couvert d'un produit purulent, crémeux et pultacé.

La description qui précède se rapporte principalement

120 RECHEfiCHES CLINIQUES ET ANATOMIQUES

aux malades adultes*; cette description est applicable en majeure partie aux caractères anatomiques de la stomatite ulcéro-membraneuse des enfants ^ Chez ces derniers, la plaque jaune et l'ulcération siègent d'ordinaire sur les gencives, à la face buccale de la lèvre inférieure, et à la face interne des joues, sur le point correspondant aux lésions gingivales. La surface ulcérée m'a paru, après la chute de la plaque jaune, se revêtir d'un enduit membraniforme proportionnellement plus épais que chez l'adulte. Les bords des surfaces ulcérées sont rouges ou violacés, mollasses, saignant avec facilité. Les tissus de la joue, atteints d'ulcération pseudo-membraneuse, ne sont pas fortement indurés , n'offrent pas d'engorgement résistant et profond ; la peau extérieure a l'aspect normal, elle n'est ni tendue ni luisante.

Examen microscopique. — L La plaque jaune qui se détache de la muqueuse buccale dans la stomatite ulcéromembraneuse est constituée par :

!• Des fibres lamineuses ou du tissu cellulaire, serrées les unes contre les autres, sous la forme de faisceaux allongés, et d'autres en partie entre-croisées, telles qu'on les rencontre dans la muqueuse buccale. Ces fibres lamineuses deviennent pâles et diflluentes à la suite de l'action de l'acide acétique.

* E. J. Bbeoeron, De la stomaUU ulcireuse du soldats et de son identité avec la stomatUe des enfants, dite couenneuse, diphthéritique, utcéro-membraneuse, In-8«, p. 90-407, 1859.

* RiLLiBT et Bartbbz, Traité clin, etprat. des maladies des enfanta, 1. 1, p. 498 et 499, 4853.

2* D*autres fibres du tissu élastique, rares et éparses» ne changeant pas d'aspect malgré Taction de Facide acétique ;

3^ Des granulations élémentaires, en grande quantité, interposées dans les aréoles du tissu cellulaire;

4^* Des lamelles d'épithélium pavimenteux, à divers 'degrés de développement, situées sur la face supérieure de la plaque jaune.

J*ai vu une fois très-nettement des fibrilles étroites que j*ai cru devoir rapporter à la fibrine. Étaient-elles produites par l'hémorragie intersticielle dont la plaque jaune, en ce cas, était le siège ? Le liquide imbibant la plaque et qu'on en fait suinter par la pression, renferme les éléments qui vont être décrits.

IL Dans le liquide épais et dans le détritus qu'on trouve à la surface d'une ulcération de la joue, j'ai constaté plusieurs fois :

1" Une quantité abondante de matière amorphe et de granulations moléculaires agitées d'un vif mouvement brownien;

2* Des globules de pus et pyoïdes; les premiers avec un ou plusieurs noyaux bien visibles par suite de l'action de l'acide acétique, les globules pyoïdes restant dépourvus de noyaux (leucocytes à noyaux et sans noyaux);

3^ Des globules granuleux de l'inflammation (leucocytes hypertrophiés et granuleux);

i"" Des globules rouges du sang (hématies), altérés et dentelés le plus souvent sur leurs bords;

6' Des cellules d'épithélium pavimenteux.

J'ai vu un grand nombre de Bacterium et de Vibrio

122 BEGHERGHES CL«IQIIBS ET ÂNATOMIQUES

dans le liquide épais recueUli; j'y ai trouvé pareillemeDt \e Leptothrix biuxcUis.

Les cellules épithéliales et une grande quantité de matière amorphe m'ont toujours paru exister dans les ulcérations que j'ai examinées à la période de déclin. Je crois que le détritus est alors formé par les éléments de la cicatrice qui tend à se produire. Auparavant, la partie do* minante du liquide bourbeux et sanieux est composée par des globules de pus et par des granulations moléculaires.

Dans les ulcérations plâtreuses des gencives, j'ai vu, outre les éléments qui précèdent et parmi beaucoup d'épithélium, une masse de corpuscules opaques, irréguliers, allongés, sans forme cristalline, appartenant sans doute au tartre des dents. Les Bacterivm et les Vihrio s'y trouvaient en innombrable quantité.

D'après l'examen anatomique qui précède, nous pouvons donc conclure que, dans la stomatite ulcéronmembraneuse, la plaque jaune n'est pas un produit d'exsudation, mais une partie sphacélée de la muqueuse buccale;

Qu'après la chute de cette partie sphacélée, la muqueuse ulcérée et mise à nu à une profondeur variable, se recouvre d'une production plastique. Celle-ci est comparable à celle des autres ulcérations de la cavité bueco-pharyngienne et emprunte seulement à la région ou elle siège des caractères particuliers;

Que, finalement, la muqueuse ulcérée se revêt d'une exsudation cicatricielle dans laquelle domii^e l'épitbélium pavimenteux.

SitR LIS AEPECnOnS PSEUDCHiEIIBRANEUSES. 123

PAU88E8 MEMBRANES DB L'HBftPfcS BUGOO-PHAETNGÉ.

L'examen anatomiqae des fausses membranes détachées des plaques d'herpès bucco-pharyngé serait souvent illusoire si Ton voulait différencier ces productions plastiques de celles de la dipbthérie. Il s'en faut que la disposition des plaques et les modifications de la muqueuse puissent servir de critérium dans tous les cas. Aussi est41 important de ne pas se borner à l'examen anatomique pour le diagnostic, mais de faire intervenir tous les éléments d'où il peut être tiré, tels que les symptômes, les signes anamnestiques, l'épidémicité, etc.

Les fausses membranes étendues de l'herpès buccal ou pharyngé peuvent occuper différents points, principalement les amygdales, les piliers ou le fond du pharynx. On remarque souvent qu'elles sont légèrement dentelées sur leurs bords, à cause du mode de confluence des vésicules qui le» ont produites. Leur étendue n'est point trèsconsidérable. Elles sont rarement formées d'une seule couche largement étendue, mais plutôt d'îlots réunis par petits groupes à la manière de l'éruption herpétique. D'une épaisseur moyenne et non très-considérable, ces plaques ont leur foce externe blanche ou blanchâtre et leur surface est un peu inégale.

La consistance en est forte, ainsi que la ténacité; leur adhérence, faible au début, devient très^rononcée à la période d'état, mais reste rarement telle jusqu'à la fin ; le plus souvent les fausses membranes se détachent assez facilement peu de jours après l'apparition, et montrent ensuite moins de tendance à se reproduire. La face pro-

12a RECHERCHES CLINIQUES ET ANATOUIQUES

fonde est inégale, villeuse, souvent tachée de sang.

La muqueuse sous-jacente est vivement injectée et exulcérée; elle enveloppe la plaque herpétique par un bourrelet plus ou moins élevé, et elle la circonscrit d'une aréole rouge dont l'intensité est variable.

Les fausses membranes herpétiques disposées en plaques offrent, kVexamen microscopique, les éléments suivants :

1" Une matière amorphe interglobulaire et interfibrillaire, renfermant un grand nombre de granulations élémentaires et graisseuses ;

2* Des globules de pus ou pyoïdes (leucocytes), tantôt pourvus, tantôt dépourvus de noyaux;

3* Des globules granuleux de Tinflammation ( leucocytes hypertrophiés et granuleux);

4" Des globules rouges du sang (hématies) dans le cas de fausses membranes ecchymosées ;

S"" De la fibrine, dont Fabondance variable , ainsi que celle des matières amorphes et granuleuses, donne aux fausses membranes une épaisseur plus ou moins grande et détermine les formes herpétiques pseudo-membraneuse et ulcéreuse;

6* De l'épithélium pavimenteux, plus abondant vers la dernière période ou période de cicatrisation des fausses membranes;

7" Des végétaux variables pour Tespèce et la quantité : le Leptothrix buccalis est ordinairement le plus abondant; le Cryptococcus cerevisiœ et YOidium albicans sont bien plus rares dans les préparations microscopiques ;

8* Enfin, des Bacterium et des Vibrio.

SUR LES AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES. lîf)

vÊaiGULBS HBRPinQUES isoLéss. APnrnHS discrets.

Après la rupture des petites vésicules initiales de l*herpès isolé ou disséminé, il se produit , sur la surface mise à nu» une légère eœsmiation grisâtre. Je me suis assuré sur moi-même qu'elle est constituée anatomiquement par de la matière amorphe, de la matière grasse et des granulations élémentaires, des globules de pus ou pyoîdes (leucocytes) et de l'épithélium à divers degrés de formation.

La muqueuse est très-congestionnée, très-douloureuse et fortement injectée autour de Texulcération grisâtre.

Dans Therpès pharyngé sans pseudo- membranes épaisses, il existe toujours une pellicule grisâtre qui repose sur la muqueuse et qui a la composition élémentaire que je viens d'indiquer pour la vésicule rompue et isolée. Du reste, entre l'ulcération la plus large, la plus étendue de l'arrière-bouche et la minime exulcération d'une vésicule herpétique ou d'un seul aphthe discret, on, trouve la même composition anatomique, à la quantité près, des matières contenues sur des surfaces d'une étendue si différente.

SCARLATLIS ANGdNEUSE PL'LTACÉE.

Je n'ai qu'à résumer ici ce que j'ai déjà dit sur l'aspect

des fausses membranes de la scarlatine angineuse pultacee *.

Elles peuvent être rapportées à deux types principaux.

* Toy. p. 4,43 et 28.

Le plus ordinairement elles sont blanches, semblables sur leur face libre à nq enduit, à une sorte de crasse uniforme, étendue sur les amygdales et sur la partie postérieure du pharynx. Cet enduit a plus de ressemblance avec la couche caséiforme du muguet qu'avec la couenne de la diphthérie. Ces fausses membranes sont blanchâtres, mais elles peuvent devenir jaunâtres et plus rarement rougeâtres ou brunâtres; leur épaisseur n'est pas très-considérable, elles se laissent facilement rayer ou écraser par un corps mousse. Leur ténacité est peu grande; elles n'adhèrent pas fortement à la muqueuse.

Ou bien ces productions pseudo-membraneuses ressemblent à des îlots blanchâtres, minces, à des lamelles foliacées, un peu plus consistantes ou de même consistance que Fenduit blanc uniforme dont je viens de parler, ni plus adhérentes ni plus tenaces *.

Dans certains cas de scarlatine angineuse, surtout épidémique, les fausses membranes ressemblent extrêmement à celles de la diphthérie; elles sont épaisses, tenaces, consistantes et adhérentes; elles deviennent rougeâtres, brunâtres ou noirâtres, et prennent l'aspect gangreneux. Y a-t-il alors complication diphthérique, ou bien est-ce le degré le plus élevé de la scarlatine angineuse? Je traiterai plus tard cette question (chap. IV).

Les pseudo-membranes pultacées, ou parfois plus consistantes, de la scarlatine angineuse ont pour siège de prédilection les deux amygdales et le pharynx, mais

^ RiLLiET et Barthez, Traité clin, et prat. des maladies des enfants, t. m, p. 464, 4854.

SUR LIS AFFEGTK»fS PSEUDO-MEIIBRANEGSES. 127

on les a vues s'étendre dans les fosses nasales, les trompes d'Eustache, le haut de l'œsophage. 11 paraît même probable qu'elles peuvent aussi se trouver dans le larynx et la trachée, et qu'elles causent de la sorte un croup scarlatineux.

La muqueuse est ordinairement d'une rougeur écarlate, uniforme, ou bien avec un pointillé fin et des ecchymoses. On y trouve assez souvent des érosions et des ulcérations superfidelles; on observe très-rarement le sphacèle de la muqueuse pharyngienne ou de l'amygdale.

Veaxsmen microscopique m'a offert : !• Une grande quantité de matière amorphe, parsemée de granulations moléculaires plus ou moins fines, agitées d'un vif mouvement brownien; et, de plus, des matières grasses;

2* Une grande quantité d'épitbélium pavimenteux, dont les cellules sont ordinairement lamelliformes ou aplaties, mais présentent du reste divers degrés de développement;

3* Des globules de pus (leucocytes) en petite quantité;

4"* Des globules granuleux de l'inflammation (leucocytes hypertrophiés et granuleux) également en petit nombre;

5^ Dans quelques cas seulement j'ai trouvé de la fibrine exsudée, très-reconnaissable à ses fibrilles étroites, mais elle était en petite quantité ;

6* Plusieurs fois j'ai noté la présence de végétaux dans les productions pseudo-membraneuses de la scarlatine, mais je n'ai jamais vu le Leptothrix buccalis aussi abondant que dans celles que j'ai examinées sur une jeune

fille {Obs. XI). Voici la description de ce végétal {voy. pi. III, fig. 5, et pi. V, fig. 2) que j'ai rencontré aussi dans le muguet, dans la stomatite ulcéro-membraneuse, dans la couche concrète des plaques herpétiques ulcérées de la gorge, etc. :

Le Leptothrix buccalis (Ch. Robin*) est formé de filaments extrêmement ténus, droits comme des baguettes ou très-légèrement courbés , et parfois coudés brusquement et nettement. Les bords sont entièrement lisses et réguliers, sans crénelures; Tépaisseur comprise entre les deux bords est partout égale. Les extrémités sont peu ou point effilées. Il n'existe pas trace d'articulation sur la longueur des filaments. L'intérieur en est transparent. Ces filaments adhèrent par touffes aux cellules épithéliales ou aux détritus moléculaires; plusieurs paraissent cassés et flottent dans le liquide de la préparation anatomique. M. Gh. Robin, en les examinant avec un grossissement de huit cents diamètres, a pu observer dans leur intérieur de très-petits granules ronds, placés de distance en distance. Ces granulations constituerontelles plus tard les sf)ores ?

La muqueuse revêtue de l'enduit pultacé de la scarlatine est souvent ecchymosée , et on trouve dans quelques observations, très-rares il est vrai, qu'il existait de

* Ch. Robin , Histoire naturelle de$ végétaux parantes, etc., p. 345 et suiv.; Atlas, pi. I, fig. 4 et S, 4853.— K5lueeb, Eléments d'histologie humaine, trad. J. Béclard et M. Sée, p. 400, fig. 478 et 479, 4856. — II. Lebeet, Traité d^anat, gén. et spéc.j etc., 1. 1, p. 389, et Atlas, pi. XIX, fig. 24, 4857.

aOR LES AFFECTIONS PSEUDO-lIBliBRAMEUSES. 129

véritables destructions de la muqueuse, parfois même du sphacële de Tamygdale '.

ii. enduits et exsudations recouvrant la muqueuse ou les ulcérations diverses de la cavité buccophartngienne; fausses membranes produites par le tartre stibié et le mercure.

ENDUITS RT EXSUDATIONS RECOUVRANT LA MUQUEUSE OU tBS ULCERATIONS DIVERSES DE LA CAVITE BUGC0-PHARTN6IBNNB.

Venduii gingival ou buccal qu'on observe dans plusieurs maladies fébriles et auquel on a donné le nom de bandelette nacrée quand il occupe le rebord alvéolo-dentaire, est formé par une desquamation épithéliale plus abondante et mélangée de granulations moléculaires. Cet enduit est comparable à celui qui se produit sur la langue après l'abstinence : c'est un dépôt surabondant de l'épithélium sur la muqueuse.

Je n'ai que peu de chose à dire sur les productions blanchâtres, minces et étalées sur l'isthme du pharynx, qui apparaissent, dans certains cas, pendant les angines inflammatoires ou catarrhales. Ces enduits rappellent ceux de la cavité buccale et des gencives.

On remarque aussi quelquefois des concrétions blan* châtres occupant les cryptes des amygdales, soit dans les maladies fébriles et générales, soit dans quelques an-

* C. Dayaine, Cas de gangrène de Vamygdale dans la searlaiine (Comptes rendus et Hém. de la Soc. de biologie, V série, t.. ii, p. 49,

430 RECHEaCBES GUNIQUES £X ^àTOlUÇUËS

gÎQ^s toBsillaires proprement dites et localiâées. Véçithélium accumulé forme presque entièremeirt à lui seul les concrétions amygdaliennes; il s'y joint des matières granuleuses et d'autres de nature grasse. Les enduits les plus consistants m'ont offert parfois des globules de pus (leucocytes à noyaux et granuleux) avec une matière amorphe visqueuse, etc.

Les ulcérations, de quelque nature qu'elles soient, mais n'appartenant pas aux ulcérations herpétiques dont il a été déjà question (p. 123), peuvent offrir une exsudation d'une épaisseur variable. Cette exsudation est ABatomiqueflftent la même dans presq^ie tous les cas; elle est à peine modifiée par la nature des ulcérations , soit que celles-ci résultent de l'action, 6ur la muqueuse, du tartre stibié et de lacantharidine, ou d'autres substances, arsenic, iode, chanvre, etc., auxquelles j'ai jugé inutile de «consacrer un article spécial.

Les ulcérations produites sous Tinfluence de la scrofule ou de la tuberculisation offrent toutes également à leur aitf&Qe une mince couche pultacée, rappelant par soo ftspeot et sa composition élémentaire celle qui refkouvre les ujbérations de la stomatite ulcéro-memtoaaeuse lorsque i'eschare de la muqueuse s'est détachée.

Les uloéraitions syphilitiques présentent parfois une lonne qu'on a appelée diphthéritique, mais qui est simpleoftent pgeudo-m^nbraaeuse. Parfois aussi ces ulcérations, recouvertes de pseudo-membranes , sont phagédénîques; elles s'étendent et rongent en surface les tissus. Tous les syphiliographes ont signalé ces aspects

tfnCTieilS PSEUDO-MEHBRAlSEtJSES. 131

variables ^ Dans son Traité des syphilides, M. Gazenave admet une Xbnne d'an^ne s^hîlkkpie iMendonnembraneuse, « il semble.... qu'il y ait une pseudo-membrane ten%o\m *m loiwe d'anneaux, à bovds larges, à centre fiaia. Cette éni|^tîiw^ jrepiésenfeée par Âes disques tout à ùix hlanfis, épaîa, est surtoid; répiMlue sor la nraqueuse 4âs )atte$» des làvms, siais ipnstétpdemkem sur les bords de ht kai^e^ fiiciquefois towt pa<ès4e 'sa ptnnte, ete. ^. »

Vidal ébdvmaA les ulcérations 4e Pangme syphilitique signale « ose ukéntion taillée à pie, à bords plus ou moins dentelés, entovés par «n gonflement rouge, œdénateux , ulcération à ièad ocmime tapissé par une fausse ««emitnone jaune, grisâtre «. »

Dftns qodqties affiectioss 4iigu6s , dans les fièvres , la fièvre typhoïde^ en partieulier, on peut trouver des ulcérations pharyngiennes qui offrent, toujours au point 4e vue 4pii lions occupe, une très-mince couche pultacée et grisâtre, compœée des déments déjà signalés.

* a. iliMVE^ iXmoM emtypUtm, tnad. Biehelot, t. n, p. B57. — Chancres phagédéniques, pultacés ou diphthéritiques, p. 424^ nete^ar Ph. RiGQRD, qui signale leur ressemblance avec certaines îormeÊàe la pourriture d'hôpital. M. Ricord a parlé des chancres diphthéritiques dans son Traité prat des maUtéties vénériennes, p. B64, 4838^ et dans ses LeUm $wr la 9yfkilit, p. «46, Wï; Sf éd., 4«»6. — Voy, aussi la thèse de Jt. HURTjuxiàaB , De Vungine syphiUiéque ( thèses de Parie, 4854,110 6, p. 22; etc., etc.).

« A. Cazknavb, Traité des syphilides, p. 437, 4843.

* Vidal (de Cassis), Traité des maladies vénériennes, p. 403, 4853.

* r^.-A. JUmi», Recheercèes sur la fiéwe typhoïde, t. i, p. 435 , 2<' édition, 4844.

152 BECHERCHES CUNIQUES ET AMATQMIQUES

Page 1