‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membranenses, productions plastiques, diphthériques, ulcéro-membranenses aphtheuses, croup, muguet, etcChapitre 19 sur 74 · FAUSSES MEMBRANES PRODUITES PAR US TARTRE STIBIÉ · texte numérisé non relu

FAUSSES MEMBRANES PRODUITES PAR US TARTRE STIBIÉ

Les fausses 'tnetnbranes produites par le tartre stibié, dans la cavité buccale et principalement sur la langue (voy. pi. I, fig. 1), ont la forme de plaques irrégulièrement arrondies, blanchâtres ou grisâtres, assez épaisses, d'une consistance très-marquée, fortement adhérentes. Dans l'œsophage, elles sont minces, petites, blanchâtres, et se détachent facilement du tissu sous-jacent.

Muqueuse linguale, excoriée sous la fausse membrane, ecchymosée, rugueuse, et formant un bord élevé autour du produit plastique, avec une aréole rouge assez étendue. Muqueuse œsophagienne ulcérée, les bords de l'ulcération non élevés, mais entourés d'un cercle rouge, le fond ramolli et grisâtre, ecchymose par places.

Vexamen microscopique des fausses membranes représentées dans la pi. I, fig. 1, m'a offert:

l"" De la matière amorphe et des granulations moléculaires, mêlées de matières grasses, réfractant fortement la lumière;

2* Les éléments de la fibrine abondants sous forme de fibrilles ou sous forme granuleuse ;

3* Des globules de ,pus ou pyoïdes (leucocytes à . noyaux et sans noyaux) en assez grand nombre;

4* Des globules granuleux de l'inflammation (leucocytes hypertrophiés granuleux) ;

5"* Des globules rouges du sang (hématies) plus ou moins altérés dans leur forme;

6* Des lamelles d'épilhélium abondantes , surtout au

SUE LES AFFECTIONS PSEUDO-MElIBBANEnSES. 133

moment de la cicatrisation, chez le malade de TObservation XVI;

7* J*ai trouvé aussi, en examinant des fausses membranes produites par Faction du tartre stibié, des cristaux irréguliers (06s. XV, pi. III, fig. 4); et sur d'autres j'ai observé des végétaux qui avaient l'aspect du Cryptococcus et qui se sont montrés en grande abondance {Ohs. XVI, pI.III,/îflf.3).

Les fausses membranes de l'œsophage minces et foliacées (06^. XV) m'ont paru à peu près constituées par les mêmes éléments : l"" matière amorphe; 2^ fibrine; 3^ globules de pus et corps granuleux de l'inflammation; 4'' épithélium pavimenteux.

L'action du tartre stibié sur Torganisme humain est fort remarquable*: tantôt elle est locale et produit des effets pareils ou analogues à ceux que j'ai décrits chez la malade de l'Observation XV, effets locaux signalés par tous les observateurs; tantôt cette action est générale et cause alors la salivation stibiée , une forme de stomatite et d'angine i^éciales, stibiées, et finalement l'empoisonnement. Chez des personnes à idiosyncrasie spéciale , l'ingestion du tartre stibié dans le tube digestif paraît

* Eugène Bonamy, Études sur les effets physiologiques et tJiérapm' tiques du tartre stibié ( Journal de la section de médecine de la Société académique du département de la Loire-Inférieure, t. xix, p. 60, etc., 4343), et Bull, de thérapeutique, t. xxv, p. 208, 48i3. — J*ai tenu à indiquer ce travail consciencieux qui renferme un très-grand nombre de faits relatifs à Taction locale et générale du tartre stibié sur l'organisme. Depuis l'époque à laquelle il a été publié, les journaux de médecine ont fait connaître plusieurs autres (dMervations dont l'énumération spéciale serait trop longue pour pouvoir être faite ici.

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avoir produit dans, (^ekfues cas de» j^uiriukis me \m corps.

Je ne puerai poîjQJt ce sujet aana parles 4e dâux autres effets qui suiveut remploi du tartce stibîé^ et pei^ dant lesquels de fausses membranes se preduiaeAt. Uaa savant maître, M. le docteur Monneret^ » ébidi& Fuii d'eux S et j'ai pu, sous sa direction, oûnfitateF cpub'uiif emplâtre stibié placé sur la peau détermine une sorte de vésôcation avec soulàvement de l'épidsisie et fonmalien d'ua caillot fibmneux» Mais en ee. mûiMflt ee a'est ^ use fausse membrane qui s'est produite : ii y ade la séffosiAè sanguinolente au-dessus du denne, eelub-ciest inovtiié au centre et ecchymose; il s'est foi!mé une petite esehare. qjoi doit se détacher, et ce n^est que plus tard^ après Télimination de cette petite portion sphaeélée,. (pie k^ fausse membrane, uoiquiement cîeatricielk^ apparaît. Il y aidont' mortification de la peau sous l'influenee du tlartkre atiHèb déposé sur elle, mortification accompagnée de^ Fbénieff** T^ffA périphérique et de phiycbène, puis^ de su|ipuraiMift souâ l'eschare. Sur la muqueuse digestivey Vaatiea se rapproche davantage d'une action vésicantc sknple an^ee; décollement de Tépithélium et pgoduitpgeiwh mcnthragneux. Probablement, dans ce dernier cas, il y a mortifir orifon superficielle ou exulcération, mais on sait combien les muqueuses réparent vite leurs pertes de substance. Quoi qu'il en soit, je compare Le réwltak do Kactifla slîbiée sur la muqueuse buccoMBSophagienne phitèfi à»

^ MamfBNBT, Mànoin mÊrktfémn qdfÊfftato to fMm dam Và^ flammation et VhérMfragiê ( €taz»ll9 médiorit A»Hri«^ IBM, f. 80t).

une affection ulcéro- membraneuse qu'à une affection simplement pseudo-membraneuse.

J'ai vu deux fois et à quelques jours d'intervalle, sur des ettfawis atteints de pneumonie franche traitée par le tartre stibié et par un vésicatoire sur le thorax, de fausses membranes épaisses se développer sur les plaies accidentelles, et laisser des ulcérations superficielles après leur disparition. Je dois dire que la diphthérie ne régnait pas épidémiquement dans la salle ofi les enfants étaient placés; ces enfants étaient plutôt forts et robustes qtïe cachectiques; il n'y avait pas de fausses membranes dans le pharynx ni aucune autre manifestation diphthérique appréeî^le avant la dénudation du derme. Mom regretté maître Legendre, sous la direction duquel j'observai ces deux faits, en avait vu de semblables; il avait éïé frappé cfe cette production de fausses membranea avec ulcération sous-jacente chez des enfants qui avaient pris du^ tartre stibié. Faudrait-il en conclure que l'action débilitante du tartre stibié prédispose les plaies à la formation d'un produit pseudo-membraneux? Je me garderai bien de tirer de ces quelques faits une conclusîoa absolue, quand on voit tous les jours l'emploi de l'éméifcpït n'offrir rien de pareil. J'imiterai la sage réserve du regrettable médecin qui m'a fait faire ces remarques. Je me suis borné à en prendre note et je les signale, me proposant de les étudier de nouveau sî Toceasion vient à se présenter.

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