OBSERVATION XIV
Herpès du pharynx et de la cavité buccale.
il/'"0 D , Hélène, est âgée de 31 ans et jouit d’une
bonne santé habituelle. Elle a eu le choléra et une fièvre typhoïde dont elle s’est parfaitement rétablie ; elle n’est pas sujette aux angines et ne s’enrhume pas facilement. Aucun antécédent diathésique chez la malade ou dans sa famille.
Le 15 octobre 1858, après avoir été très-bien portante les jours précédents, Mmc D.... se plaignit d’un violent mal de gorge, venu après des frissons. Je la trouvai trèseffravée, dans un état fébrile très-marqué, mais sans abattement. L’apparence extérieure ressemblait beau-
coup à celle qu’offre la fièvre synoque. Langue sale, mauvais goût à la Louche, inappétence, constipation. Pouls à 96, plein, développé, très-régulier. Respiration ample et facile. Peau colorée, chaude, mais non sèche et brûlante. Cou n’étant pas gonflé extérieurement, ganglions à peine douloureux.
La muqueuse pharyngée et buccale est îouge, mais non sèche ni lisse ; elle est humide. Sui 1 amygdale gauche et sur le pilier antérieur du voile du palais, il existe des plaques blanches, ovales, à grand diamètre vertical, abords dentelés et irrégulieis, entouiees dune aréole d’un rouge vif. Sur l’amygdale droite, il y a aussi quelques taches blanchâtres, mais plus minces et opalines, à surface grenue, à bords dentelés, ayant aussi
une bordure rouge très-marquée.
La malade se plaint encore de souffrir dans la bouche et de ne pouvoir passer la langue sur plusieurs points sans éprouver de vives douleurs. Je trouve, en renversant la lèvre inférieure, deux petites ulcérations arrondies, avec le centre grisâtre, à peine pseudo-membraneux, ayant une vive injection de la muqueuse autoui d elles. Sous la langue, à droite, je remarque deux nouvelles ulcérations offrant aussi le caractère des aphthes isolés ; enfin, sur la face interne de la joue gauche, piès de 1 ouveituie du canal deJSténon, il existe un groupe de vésicules qui ne sont pas toutes rompues et qui ont leurs bords d’un rouge vif. Ces vésicules montrent les passages de l’état vésiculeux à l’état ulcéreux et me paraissent analogues à celles des amygdales. Je rassure Mme D.... et je porte avec le doigt de l’alun en poudre sur les parties malades.
ltECHEltCIJES CLINIQUES Eï ANATOMIQUES
.le touche les ulcérations labiales et sous-linguales avec la pointe du crayon de nitrate d’argent. Je prescris un gargarisme astringent.
Le 16 octobre, le voile du palais, près de la luette et un peu à gauche de la ligne médiane, présente un groupe de vésicules confluentes qui ne peuvent être méconnues pour le premier état des plaques grisâtres pseudo-membraneuses, constatées la veille sur les deux amygdales. Ces dernières plaques ne se sont pas agrandies. La fièvre a continué, l’état général est le même.
La malade se plaignant de l’alun en poudre, je continue seulement l’emploi du gargarisme astringent.
Le 17 et le 18, il n’y a pas eu de nouvelle éruption herpétique.
Les jours suivants, la fièvre tombe et les fausses membranes s’amincissent, puis disparaissent. L’exulcération des surfaces est moins douloureuse et on trouve à la place une teinte d’un rouge vineux.
Le 25 octobre, Mmc D.... était revenue à son état ordinaire de santé.