H ECU K UC H ES CI, IN IODES ET ANATOMIQUES
vaisseaux, et que les vaisseaux épanchent pour cet objet dans l’inflammation adhésive, je lui donnerai le nom de lymphe coay niable organisable ou simplement lymphe or g an >sable. D’un autre côté, la lymphe épanchée par les membranes séreuses ou autres surfaces dans l’étal d’inflammation, qui n’est pas capable de former une réunio1 vitale entre les surfaces qu’elle met en contact, serait . d après celte nomenclature, appelée lymphe inorganisable (p. 219). »
M. le professeur Cruveilhier, dans un de ses premiers ouvrages1, classant les adhérences en couenneuses, filamenteuses, celluleuses lâches, celluleuses serrées, et en celles qui ont lieu au moyen d’une fausse membrane organisée persistante, dit que les adhérences couenneuses ou inorganiques sont formées par une matière albumineuse, inorganique, étendue en membrane, et portant, pour cela, le nom de fausse membrane. Il ajoute : «. Les fausses membranes peuvent se former sur toutes les faces libres naturelles et se forment nécessairement sur toutes les surfaces libres accidentelles, soit pour rétablir la continuité, soit pour la formation d’un tissu cutané nerveux (p. 145). »
En suivant le cours d’anatomie pathologique de ce professeur, j’y ai recueilli les notes suivantes au sujet des fausses membranes :
« La fausse membrane peut être définie un produit de sécrétion qui se solidifie immédiatement et possède une tendance à l’organisation. La fausse membrane est le seul
* J. Cruveilhier, Essai sur l'analomie pathologique, 2 vol. in-8°.
moyen d’adhésion des surfaces séparées; ce moyen, d’abord provisoire, devient ensuite définitif. Pour avoir une bonne idée des fausses membranes, il faut les étudier sur les surfaces libres accidentellement, ou naturellement libres, ou dans l’épaisseur des organes. La fausse membrane qui appartient à un tissu est analogue à celle qui appartient à un autre tissu.
« La sécrétion pseudo-membraneuse constitue le second caractère de l’inflammation. En effet, toute inflammation s’accompagne de sécrétion de lymphe coagulable susceptible d’organisation, et c’est à cause de ce phénomène que Meckel disait de l’inflammation : « C’est une « congestion avec tendance à une production nou- « velle. »
« La sécrétion de la pseudo-membrane s’accompagne d’une exsudation de sérosité non coagulable avec production d’œdème; la sécrétion de la pseudo-membrane est aussi rapide que celle de la sérosité. Elle apparaît aussi bien dans les tissus enflammés privés du contact de l’air que dans ceux qui y sont exposés, sur les membranes et dans les parenchymes, dans les inflammations qui sont ou ne sont pas traumatiques. Cette sécrétion est commune à tous les tissus, et comme c’est principalement dans Jes séreuses qu’on l’a observée, on l’avait crue jadis propre aux séreuses. »
Dans son ouvrage le plus récent sur l’anatomie pathologique1, M. le professeur Cruveilhier s’exprime ainsi
4 J. Cruveilhier, Traité d'anatomie pathologique générale, dont trois volumes ont paru , 1849-1856.
au sujet des adhérences pseudo-membraneuses (t. i , p. 212) :
« Le moyen d’union des lèvres d’une plaie, dans l’adhérence immédiate, est une pseudo-membrane , c’est-à-dire un produit nouveau de sécrétion solidifié ou solidifiahie, entrevu par les anciens, qui l’avaient désigné sous le nom de suc nourricier, baume naturel, suc radical, que les modernes ont appelé lymphe coagulable ou organisable, et les micrographes allemands plasma ( loc . cit., t. i, p. 219). »
C’est dans le prochain volume de son important travail que M. le professeur Cruveilhier traitera des fausses membranes produites par l’inflammation.
M. Gendrin constate avec soin1 « que l’inflammation peut déterminer à la surface des muqueuses et des villeuses la formation de fausses membranes. Ce phénomène morbide dépend, dans un assez grand nombre de cas, du degré d’intensité, en général assez modéré de la phlegmasie. Cependant il se remarque aussi à tous les degrés de l’inflammation, depuis la phlogose la plus légère jusqu’à la phlegmasie qui devient gangréneuse par son intensité. Les épidémies d’angines couenneuses, de croups, en offrent des preuves (t. i, p. 609). »
Lobstein, après avoir traité 2 de la lymphe coagulée, ajoute que « toutes ces couches de lymphe plastique constituent ce que l’on appelle des fausses membranes (t. i, p. 283).
1 A. N. Gendrin, Histoire anatomique des inflammations, 2 vol.,