‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneusesChapitre 38 sur 115 · INTESTINALES · texte numérisé non relu

INTESTINALES

Les diverses matières concrètes qui ont recouvert les parties malades de la muqueuse intestinale ou qui se sont formées à sa surface dans des conditions variées peuvent s’échapper par l’orifice anal. J’ai étudié à diverses reprises les pseudo-membranes colloïdes intestinales, et j’ai déjà parlé (p. 103) des petites concrétions pseudo-membraneuses rendues parmi les matières alvines.

Les matières intestinales gèlatiniformes sont disposées en paquets allongés, en masses fusiformes ou cylindri-

1 H. Lebert, Physiologie pathologique, t,. i, p. 222 cl 223, ISIS.

Legendre, Recherches anat.-path. et clin, sur quelques maladies de V enfance, p 37 t. 1 S 46.

ques, parfois très-volumineuses. Elles ont l’apparence d’une gelée; leur consistance est colloïde et mollasse; leur couleur jaunâtre et un peu transparente.

Ces matières ont été observées par les médecins chez des personnes qui souffraient d’entérites de diverses espèces. Mon ami, M. le docteur Potain, a présenté à la Société anatomique des matières mucoso-gélatiniformes 1 expulsées pendant la défécation. J’en ai vu plusieurs exemples ; je vais en rapporter un que j’ai recueilli dans les conditions suivantes :

Une dame créole, d’une santé habituellement bonne,

< C. Potain, Sur des lambeaux de matière mucoso-gélatiniforme expulsée par l'intestin pendant la défécation (Bull, de la Société anat. de Paris, 2e série, t. n, p. 1 63 , 1 857 ).

Celte communication a donné lieu à une discussion intéressante qu’on trouvera dans les Bulletins de la Société anatomique. M. le docteur Blondeau y a rapporté un fait observé en 1 850 dans le service de M. Horteloup à l’hôpital Necker. Une femme a rendu des fausses membranes ; les plus longues avaient 4 centimètres de longueur environ. Chez cette malade, la surface d’un vésicatoire se couvrit d’une couche blanche pseudo- membraneuse dont le centre devint le siège d’une eschare gangréneuse (p. 165 et 166). Ce fait me paraît rentrer dans la catégorie des entérites couenneuses diphthériques, plutôt que dans celle des concrétions intestinales gélatiniformes. M. Blondeau a rappelé les exemples de concrétions intestinales diverses qu’on trouve dans Morgagni {De sedibus et causis morborum, 31e lettre) ; il y est question de mucus plus ou moins concret et blanchâtre, analogue à celui que sécrète la vessie lorsqu’elle est malade, concrétions pouvant affecter la forme de polypes, de lambeaux plus ou moins larges, ou longs, ou épais, et formant les corps que Celse a appelés charnus et que les anciens auteurs décrivaient sous le nom de matières pituiteuses ou vitreuses. M. Blondeau a cité encore des observations empruntées à Yan-Swiéten , à Sennert, etc. {loc. cit., p. 168).

dut quitter la Martinique et se rendre en France , après avoir été atteinte d’une dysenterie très-grave qui avait mis ses jours en danger et dont elle ne parvenait point à se rétablir.

L’influence du changement de climat fut des plus heureuses; l’alimentation, rigoureusement surveillée, permit bientôt aux fonctions digestives de reprendre leur énergie; mais la malade, quoique dans le meilleur état quelques mois après son arrivée en France, avait conservé une « sensibilité » marquée dans l’arc du côlon. Cette sensation était tantôt sourde ou au contraire tantôt aiguë sans cause appréciable. Il est probable qu’il était resté sur quelque point de l’intestin côlon une cicatrice imparfaite ou une surface ulcérée plus ou moins étendue et douloureuse. En général, après quelques jours de maladie et après un purgatif doux qui débarrassait l’intestin de matières glaireuses non sanguinolentes, madame G.... était rétablie. Après avoir ressenti cependant des douleurs plus vives et plus prolongées que d’habitude-, la malade rendit, en allant à la garde-robe, une concrétion muqueuse gélatiniforme considérable, longue d’un pied et demi au moins, ayant une coloration d’un jaune ambré, transparente, ressemblant beaucoup à de la colle ou à une masse de gélatine molle, allongée et un peu aplatie.

Ces concrétions g èlatini formes renferment , au milieu d’une grande quantité de matière amorphe et transparente, des granulations moléculaires, des cellules d’épithélium cylindrique et des globules purulents etpyoïdes. Je n’ai pas pu reconnaître nettement la présence de la

fibrine dans les mucosités que j’ai examinées ; faudrait-il attribuer cette absence à l’action des sucs intestinaux sur la fibrine préexistante ?

Dans les épidémies de choléra de 1849 et de 1853, je n'ai eu que trop souvent l’occasion d’examiner les selles renfermant des grumeaux blanchâtres ressemblant au riz cuit à l’eau et appelés rizi formes. Ces grumeaux, d’un aspect si caractéristique, étaient constitués par de l’épithélium intestinal uni à des matières amorphes et granuleuses. Il y avait aussi, mais non toujours, des globules granuleux, parfois des globules pyoïdes ou purulents (leucocytes hypertrophiés, sans noyaux et avec noyaux). On sait que des cristaux et des corps divers ont été trouvés dans les déjections des cholériques et que M. le docteur Davaine y a découvert une espèce particulière dlnfusoires, le Cercomonas hominis1.

IV. FAUSSES MEMBRANES DU VAGIN, DU COL UTÉRIN; FAUSSES MEMBRANES VÉSICALES ET RÉNALES CANTHA- RIDIENNES.

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