‹ Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneusesChapitre 74 sur 115 · MEMBRANES BUCCALES QUE LE MUGUET · texte numérisé non relu

MEMBRANES BUCCALES QUE LE MUGUET

La réponse ne peut être qu’affirmative, et ce n est que par un vice de langage ou par suite d’une idée préconçue qu’on a pu dire que dès qu’il y avait des végétaux, il y avait muguet, et que sans végétaux il n’y en avait point. Je rapporte ( Obs . XVI et pl. III, fig- 3) un fait de végétal inférieur voisin des Cryptococcus ou des Torula, développé dans la bouche d’un homme atteint de pneumonie avec de fausses membranes produites par le tartre

stibié.

MM. Hannover, Lebert, Vogel, etc., cités par M. Ch. Robin2, ont vu, dans des conditions analogues, des végétaux presque pareils; ils ont observé le Cryptococcus

« Bulletin de VAcad. de mèd., t. xxiii, p. 333 et 342 à 346, 1858.

2 Ch. Robin, Hist. nat. des végétaux parasites , etc., p. 324, 1853.

cerevisiæ dans de fausses membranes, sur l’endui^de la langue chez des malades atteints d’affections typhiques.

Le Leptothrix buccalis existe dans presque toutes les fausses membranes 1 ; je l’ai trouvé un très-grand nombre de fois, je pourrais dire presque constamment. J’ai noté spécialement sa présence dans FobservationXIpour l’angine scarlatineuse pultacée.

M. Yogel a vu sur les Aphthes un végétal qui n’est, autre que VOidium albicans d’après M. Ch. Robin 2.

Dans le croup , Remak3 4 a trouvé un végétal qui pourrait bien être VOidium albicans . Eschricht, Hannover, Hœnerkopf, ont observé le champignon du muguet dans des exsudations; mais ici revient la dénomination générale à’ Aphthes \ Dans tous les cas, les fausses membranes autres que le muguet renferment certainement des végétaux.

Dans le remarquable et savant travail de M. A. Gubler, inséré dans les Mémoires de V Académie de médecine , et dont j’ai souvent parlé, nous trouvons plusieurs observations de fausses membranes buccales dans lesquelles l’examen microscopique a fait reconnaître des végétaux. M. Gubler, par cela même, les a regardées comme étant du muguet et il les a guéries rapidement par la médication alcaline. J’accepte les conclusions de cet observateur

1 M. Kolliker a fait remarquer la présence constante du Leptothrix buccalis dans la cavité buccale ( Éléments d’histologie humaine, trad. J. Béclard et M. Sée, p. 400, fig. 178 et 179, 1856).

2 Ch. Robin, loc. cit ., p. 497.

3 Ch. Robin, loc. cit., p. 513.

4 Ch. Robin, loc. cit., p. 510.

SUR LES AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES. olJ

distingué; j’admets avec lui qu’il ne s’agissait point de productions diphthériques,mais je m’appuie sur la déclaration de M. Gubler, à savoir que dans l’observation IX les végétaux n’étaient pas très-abondants, poui montier que certainement ce n’étaient pas ces végétaux qui constituaient exclusivement les plaques membraniformes et qu’ils leur étaient surajoutés.

Je termine cette discussion sur les végétaux des fausses membranes par les conclusions suivantes :

Les observateurs qui ont constaté la présence des végétaux inférieurs dans les fausses membranes, ont établi un fait incontestable ; mais la production du végétal n indique pas autre chose que la fertilité de la couche épithéliale azotée ou du produit exsudé sur lesquels croît levé- . gétal parasite.

Les végétaux inférieurs des pseu do -membranes se montrent comme un épiphénomène de plusieurs maladies; ils ne constituent pas une maladie véritable.

La présence des végétaux est à peu près constante dans les productions membraniformes du muguet, au milieu d’un épithélium abondant et desquame. Le végétal qu’on y trouve est YOidium albicans (Ch. Robin). Cet Oïdium est tellement multiplié qu on a pu facilement croire qu’à lui seul il constituait les productions du muguet, mais cette opinion exclusive n est pas exacte. La desquamation épithéliale ou la production blanchâtre du muguet préexiste; elle peut ne renfermer que peu de végétaux et même n’en offrir aucune trace.

V Oïdium albicans peut apparaître dans d auties fausses membranes buccales que celles du muguet ; dans les

aphthes vésiculo-ulcéreux, peut-être dans la diphthérie, etc.

Les productions membraniformes du muguet peuvent renfermer en même temps que YOidium albicans, le Leptothrix buccalis (Ch. Robin).

Le Leptothrix a été observé dans presque toutes les fausses membranes bucco-pharyngiennes (muguet, stomatite ulcéro-membraneuse, aphthes, scarlatine angineuse).

Des végétaux tout autres que les précédents et appartenant à la famille des Cryptococcées , ont été rencontrés dans quelques fausses membranes buccales soit seuls ( Obs . XYI) ou en même temps que YOidium du muguet.

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