CHAPITRE IV
CONDITIONS DE PRODUCTION ET D’EXISTENCE DES FAUSSES MEMBRANES DANS LES AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES; DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC.
Ce n’est point en étudiant uniquement l’anatomie pathologique des fausses membranes dans les diverses affections pseudo- membraneuses que nous pourrions apprécier d’une manière convenable les conditions qui président à leur production. Il faut chercher dans Y organisme vivant tout entier pour obtenir une vue d’ensemble qui permette de porter un jugement mieux établi.
Slill LES AFFECTIONS PSEUDO-MEMBRANEUSES.
DE LA DISPOSITION LOCALISÉE OU GÉNÉRALISÉE DES FAUSSES MEMBRANES DANS LES DIVERSES AFFECTIONS PSEUDO-MEM- BRANEUSES.
Dans la diphthérie et toutes les autres maladies dans lesquelles se produisent des fausses membranes buccopharyngiennes, il n’y a pas seulement à considérer pour le médecin des organes malades , mais encore un être 01 ganisè vivant, d’une admirable complication , auquel tous ces organes appartiennent et qui réagit. Il y a enfin un milieu donné, dans lequel cet être malade existe, et ce milieu a sur lui une influence manifeste.
Il faut donc tenir compte : 1° des organes malades, et nous les avons déjà étudiés; 2° de l’être humain vivant, support animé et actif de ces organes ; 3° du milieu dans lequel il existe, milieu susceptible de modifications qui ont une influence marquée sur cet etre organisé.
Dans la diphthérie, prise pour exemple, l’organe malade paraît être le plus souvent le tégument qui supporte lafausse membrane. Tantôt il est rouge et fortement congestionné, tantôt il est pâle et blanchâtre; il est le siège d’une sécrétion anormale. Quand le produit plastique s’est développé, il agit comme un corps étranger, il piovoque
une i ntl amination plus vive, etc.
Comment se comporte l’organisme dans son ensemble, comment réagit l’être vivant quand 1 oigane souffle? La cause morbifique le modifie-t-elle en même temps que l’organe malade, ou même avant ce dernier?
Il est d’une incontestable vérité que la production d’une fausse membrane peut avoir lieu dans deux conditions très-différentes :
1° Ou bien 1 organisme fonctionne régulièrement au moyen de ses appareils à l’état normal, mais une cause efficiente (tartre stibié, cantharidine, etc.), agit localement sur le tégument et une fausse membrane se produit;
2° Ou bien l’organisme entier subit une impression maladive, soit par une influence du milieu , soit par une maladie antérieure ou par une cause d’une action généralisée (constitution médicale, épidémies régnantes; vomissements répétés ; diarrhée rebelle ; cachexies ; mercure, etc.); le fluide nourricier est modifié; les surfaces sont prédisposées à produire des fausses membranes ou des exsudations plastiques.
On saisit à première vue, sans qu’il soit besoin d’y insister davantage, la différence de ces deux modes de production des fausses membranes. Elle est capitale et dictera le plus souvent le traitement. Appliquons ces données à l’étude des exsudations de la diphthérie.