PRONOSTIC
Malheureusement, lorsque le péricarde est intéressé, les cas de guérison sont très rares; c'est avec raison que, se fondant sur la statistique, Friedreich et M. Raynaud nous disent que la terminaison la plus fréquente est la mort. Sur quatorze cas, Friedreich n'avait pu en relever que quatre, où un dénouement aussi funeste n'eut pas été constaté, la terminaison fatale arrivant par asphyxie ou paralysie cardiaque.
Cependant en tenant compte de la nature des faits, et du nombre des guérisons, ces auteurs avaient pu avancer que les épanchements traumatiques étaient relativement moins graves que les épanchements spontanés. Sur les 4 cas de guérison de Friedreich, 2 étaient dus
à des traumatismes : celui de Aran (paracentèse du péricarde), et de Morel-Lavallée (contusion du thorax). A ces observations il faut ajouter celles de iLéonpacher (contusion du thorax).
Maigre ces faits, il n'en était pas moins démontré que toutes les fois que, dans un traumatisme, on entendait le bruit de moulin, ce bruit était le signe d'une lésion, sinon mortelle du moins très grave.
C'est contre cette opinion que nous nous élevons aujourd'hui ; la valeur séméiologique du bruit de moulin n'est pas pour nous la même que celle que lui avait donnée Morel-Lavallée ; sa valeur pronostique se trouve selon nous aussi modifiée. Lorsqu'il est symptomatique d'une plaie du péricarde, le pronostic est très sérieux ; mais lorsqu'il ne nous indique qu'un épanchement hydroaériquedans la cavité pneumo-péricardique, le péricarde étant intact, il n'en est plus de même. Si on se reporte à la première partie de notre travail, on peut voir que nous avons réuni six observations de faits semblables et que, dans tous, les malades ont guéri très facilement ; sans la fracture de côtes, et les lésions du poumon, le malade aurait pu au bout de quelques jours se lever.