‹ Recherches cliniques et expérimentales sur les maladies infectieusesChapitre 23 sur 51 · DURÉE DE LA VIE · texte numérisé non relu

DURÉE DE LA VIE

MATIÈRÏS INTRODUITES,

6 ce.

7 à 8 jours.

Sang hiunaiu typhoïde.

3 ce.

48 heures.

2 ce.

20 heiu-es.

1 ce.

15 k 18 heures.

1 ce.

1/2 ce.

1/2 ce.

24 heures.

36 heures.

Sang de lapiu iii- ' fecté.

1/4 ce.

18 heures.

2 gouttes.

18 heures.

2 gouttes.

Sacrifié pour analyse.

1 goutte.

48 heures.

Uce pointe de scalpel.

Quelques jours.

Poudre humide de sang desséché.

Idem.

N'ont point succombé.

Poudre très-sèche.

Une seringue Pravaz.

56 heures.

Eau distillée qui a séjourné sur une poudre trèssèche.

1/2 seringue Pravaz.

4 jours.

Idem.

1/4 seringue Pravaz.

L'animal a survécu.

Idem.

L'examen de ce tableau nous présente un certain nombre de faits assez intéressants, que nous allons récapituler :

1" Le sang humain infecté produit la mort;

2^ Il en est de même du sang de lapin infecté à son tour;

3" Le passage des éléments septiques à travers

plusieurs organismes augmeate beaucoup l'activité de ces éléments.

Ce fait se vérifie par la diminution dans la durée de la vie (minimum 8 jours, maximum 15 jours) et par la diminution des doses (6 c. c. à une goutte de sang) ;

Le sang de lapin infecté, desséché à une douce température, peut prendre la forme d'une poussière presque impalpable. Cette poussière très-sèche, conservée en cet état pendant plusieurs mois, n'a pas perdu son activité; portée très-sèche sous la peau de Tanimal, elle ne détermine aucun désordre; mais pour peu qu'elle soit humide, les éléments nuisibles qu'elle contient absorbent cette humidité, revivent dans l'eau et déterminent les mêmes désordres que le sang frais.

U injection de sang dans l'estomac a donné des résultats négatifs. Sur quatre animaux trois ont survécu; le quatrième est mort après deux mois, et Texamen des intestins et du sang ne nous a pas démontré positivement que l'animal avait succombé à l'infection. Cependant dans les premiers temps on avait noté des augmentations de température alternant avec des défervescences.

Les injections dam la trachée ont été suivies d'effets moindres. Le sang frais, le sang en poussière, l'eau qui avait été mise en contact avec cette poussière ont à peine produit une augmentation de température.

Les animaux ont survécu, excepté un, qui a succombé à un accident de plaie.

Les injections dans les veines ^ au contraire, ont déterminé rapidement la mort dans toutes les expériences.

Les injections dans le rectum ont amené des désordres et la mort chez tous les animaux , moins un. Les doses d'injections étaient 6 c. c. de sang frais ou de liquide.

Ces recherches sur l'absorption, faites sur un grand nombre d'animaux (70 lapins), nous permettent de classer les voies d'absorption ainsi qu'il suit:

Veines,

Tissu cellulaire,

Rectum,

Estomac,

Appareil pulmonaire.

Après quelques heures d'incubation on remarque bientôt un trouble dans l'état général, puis le thermomètre vient déceler une augmentation de température, dont le maximum n'a jamais dépassé 43°, et dont la moyenne est de 42°,3. Si la mort n'arrive pas trop rapidement, si la vie se prolonge au delà de 48 heures , on voit se produire de la diarrhée. Ce symptôme à peu près constant nous montre que les

effets déterminés par les éléments infectieux peuvent retentir sur le tube digestif.

La mort arrive par une gène très-grande dans la circulation et la respiration , et avec un abaissement rapide dans la température. Après rétablissement de la température maximum, la défervescence, commencée environ 7 à 10 heures avant la mort, marche rapidement.

La mort s'accompagne de convulsions qui durent peu.

Examen micruscopiqae do sang.

L'étude microscopique du sang nous a donné les faits suivants :

1° Zone immobile. Ce semis particulier que nous avons pensé attribuer à des Bactéries privées d'activité se montre dans le sang avec le développement de la fièvre ; il nous est apparu dans tous les cas d'infection typhoïde et dans des proportions qui nous ont paru dépasser ce que l'on observe dans le sang infecté par des matières putrides.

Les globules sanguins ont subi les déformations que nous avons notées pour les liquides putrides. Il nous a semblé que les altérations étaient plus rapides, c'est-à-dire se produisaient dans un temps plus court. Les cristaux d'hématoïdine n'apparaissaient que dans le sang des animaux morts. Les globules blancs du sang augmentaient de pro-

portion dans les empoisonnements relativement lents, la leiicocytose typhoïde étant plus accentuée que la leucocytose putride.

3^ Infiisolres. Les Bactéries se rencontrent en grand nombre dans le plasma du sang. Ces éléments, sensiblement actifs , sont plus petits que ceux que nous avons observés dans le sang putride. Ils sont très -minces, leur épaisseur ne dépasse pas 0°*"^,0004; leur longueur, qui peut atteindre jusqu'à 0«^™,04, est en moyenne de 0"^"',002 à 0"^",005. On conçoit que la petitesse, la pâleur de ces éléments en rendent l'observation très-difficile. Une circonstance les rapproche des éléments du sang putride, c'est leur subdivision en 3, 4 ou 5 segments, qui leur donne l'aspect d'une chaînette {Bacterium catenula de Dujardin). Ces divisions ne s'aperçoivent bien qu'à un très-fort grossissement, avec la lentille à immersion et l'éclairage de Dujardin. Ces bâtonnets ont un mouvement vacillant et comme vermiculaire. On rencontre aussi, sous le champ du microscope, des points mobiles, qui se réunissent facilement 2 à 2 et sont peut-être les origines des Bactéries chaînettes. Les mesures micrométriques correspondraient très-bien à cette manière de voir; ces points sont animés d'un mouvement qui n'est pas la vibration du mouvement brownien et qui n'est pas aussi limité que celui-ci.

C'est dans le foie que nous avons trouvé les bâtonnets les plus longs et les mieux segmentés.

En terminant cette étude microscopique, n'ou-

Liions pas de dire que nous avons à plusieurs reprises constaté la présence de Bactéries semblables dans le sang de fœtus de lapins , à des âges divers.

Analyse chimiqne do sang.

C'est encore à M. Schlagdenhauffen que nous devons les recherches chimiques faites sur le sang d'animaux infectés par du sang typhoïde. Le procédé suivi par ce chimiste a été celui que nous avons fait connaître à propos du sang putride. Ses recherches chimiques n'ont porté que sur l'urée et le glycose.

Le sang a été examiné :

1^ Au maximum de la fièvre.

L'analyse chimique a donné pour 100 grammes de sang:

Urée 0g^08

Glycose .... 0^%05

Dans une autre expérience :

Urée O^'fio

Glycose .... O^^IO

2^ L'analyse du sang d'animaux qui ont succombé à l'infection a donné :

Urée .

Glycose

Qg^OO

Dans une autre expérience :

Urée O^SGO

Glycose. . . . 0g^l8

Si nous prenons les moyennes de ces analyses, nous remarquons que la moyenne de l'urée est

de 0gs04

celle du glycose O^^OS

Rapprochons de ces chiffres ceux du sang normal, que nous avons adoptés. Soit :

Urée 0g^06

Glycose .... 08^04

Nous aurons pour le sang typhoïde une légère diminution dans la proportion de l'urée, un tiers environ , et une augmentation dans celle du glycose, moitié à peu près.

L'analyse chimique nous indique donc aussi une analogie entre les infections putrides et typhoïdes. Dans la dernière de ces infections la diminution des phénomènes d'oxydation et des phénomènes de combustion intra-organique est un peu plus accusée.

Étude des gaz du sang.

Magendie(^) considérait l'alliance des solides, des liquides et des gaz comme la condition indispensa-

(i)Magcndie, Leçons sur le sang, 1838,

ble de la vie. Dans le sang cette alliance est complète, parfaite pour ainsi dire; des conditions morbides peuvent toutefois rompre cet équilibre et altérer le liquide nourricier dans sa constitution.

Nous avons déjà vu , à propos de Tinfection putride, que les gaz du sang ne sont plus dans les mêmes rapports. Une recherche semblable sur le sang typhoïde nous a donné des chiffres qui plaident encore en faveur du rapprochement que nous avons fait de ces deux genres d'infection.

Nous disposerons ces recherches en tableaux comme précédemment

QUANTITÉ en centimètres cubes

de sang et d'oxyde de carbone.

QUANTITÉ en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le traitement par la potasse et l'acide pyrogallique.

QUANTITÉ en centimètres cubes

d'oxygène et d'acide carbonique contenus dans 100 centimètres cubes de sang.

lo Sang airtét

<*iel d^aninnaux inft

Mélange .... 22.50 Après KO. . . . 21.35 Après Py. . . . 20.10

ectés vivants»

Oxygène. . . . 10.34 Acide Carbon. 9.51

NO 2. Sang . . 14.30 Oxyde de carb. 25.70

Mélange .... 19.70 Après KO. . . . 18.80 Après Py. . . . 17.00

Oxygène . . . 16.36 Acide Carbon. 8.18

NO 3. Sang . . 13.00 Oxyde de carb. 25.00

Mélange .... 22.85 Apres KO. . . . 22.10 Après Py . . . . 20.70

Oxygène . . . 10.75 Acide Carbon. 6.53

No 4. Sang . , 14.00 Oxyde de carb. 28.25

Mélange .... 24.30 Après KO ... 23.50 Après Py . . . . 21.40

Oxygène . , , 17.74 Acide Carbon. 6.57

Après KO. . . . 19.50 Après Py . . . . 18.25

Oxygène . . . 10.26 Acide Carbon, 7.39

Les moyennes de ces cinq expériences sont : Oxygène 13.09

QUANTITÉ en centimètres cubes

de sang et d'oxyde de carbone.

QUANTITÉ en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le traitement par la potasse et l'acide pyrogallique.

QUANTITÉ

en cenlimètres cubes

d'oxygène et d acide carbonique contenus dans ( 00 centimètres cubes de sang.

20 Sang veineux d'animattas infecté» et vivants»

No 1 Sans- 17 00 Oxyde decarb. 26.00

Mélanffp 23 50 Après KO. . . . 22.50 Après Py . . . . 21.40

OYVcrpTip 7 11

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