‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 13 sur 121 · C) PERIODE DE RAPPORT · texte numérisé non relu

C) PERIODE DE RAPPORT

Aucune méthode satisfaisante, généralement parlant, n'étant encore trouvée, celles en vigueur actuellement sont diverses et plus ou moins adéquates :

Dars les vieilles cultures en collines, qui n’avaient pas bénéficié d’un départ sous couvert de Légumineuses traçantes, la situation devenait inquiétante. Certains planteurs avisés ont donc été amenés, bon gré, mal gré, à laisser croître certaine végétation spontanée afin de retenir le sol. Beaucoup de pentes se couvrirent alors d’une grande fougère très vivace : Gleichenia linearis. Celle-ci, abandonnée à elle-même, ne prend pas de proportions inquiétantes pour l'exploitation, quoique atteignant 3 mètres. Recoupée annuellement, ou mieux, plus fréquemment, elle n’est pas gênante et on peut même la faire régresser. Nous éudierons cette fougère dans un autre chapitre. Disons cependant que nous la considérons comme défavorable au sol qu’elle appauvrit, sans l'améliorer.

D'autres plantations ont préféré une autre cryptogame vasculaire de développement plus modeste, le Lycopodium cernuum. Moins exigeante et moins agressive que le Gleichnia, elle est utile dans les sols très pauvres, pour les préparer à recevoir des espèces moins primitives.

D'autre part, l’emploi de cette Lycopodinée comme couverture permanente tend à l'infertilité. Son effet physiologique sur le sol est nettement appauvrissant.

D'autres plantations ne laissèrent pousser que des graminées genre Axoponus compressus, Paspalum, etc. dont les racines touffues s’agrippent au sol d’une façon intense. Nous con-

naissons même des exploitations où des sommes considérables furent dépensées à cet effet sans grands résultats. Nous exposerons ultérieurement les raisons qui nous font condamner la majorité des graminées.

D'une façon assez générale, on fit également des travaux de protection pour ralentir le lavage.

En un mot, si on arriva à diminuer l'érosion, on ne réussit pas à reconstituer la fertilité des sols. Îl est à noter que, d’ailleurs, les Heveas souffrirent beaucoup moins de cet état de choses qu’on pourrait le supposer, du moins dans les bons sols. Dans d’autres, plus pauvres, les couronnes s’étiolèrent, le feuillage perdit ses couleurs foncées. L'’écorce durcit et se renouvela très mince, rendant la saignée difficile, sinon impossible. Les Palmiers, plus exigeants, ne s’accommodèrent pas du tout de cet état de choses et donnèrent sur les collines des productions dérisoires.

De gros efforts furent tentés pour acclimater les Légumineuses dans les vieilles cultures. On essaya toutes les méthodes connues; aucune des Légumineuses traçantes, citées plus haut, ne put se nourrir de ces sols érodés, à l’abri de la lumière. Dans les ravins, là où l’humidité était plus grande et le sol plus riche, les Légumineuses se répandirent peu à peu. (Nous reportons, dans un chapitre ultérieur, le résultat de nos expériences d’établissement de Légumineuses sous vieilles cultures.)

Danse plantations plus récentes, ayant bénéficié d’un départ sous Légumineuses, on a assisté à une régression notable de celle-ci, dès que les canopies des arbres devinrent jointives (4 à 5 ans). En terrains plats, où le lavage est peu ou pas à craindre, ce phénomène était, sinon favorable, du moins peu regrettable. L'exploitation en était facilitée notablement sans que le sol fût trop exposé.

En terrains accidentés, au contraire, le phénomène eut des conséquences désastreuses, car l’humus, péniblement gardé, s’éroda très vite. (Des apports d'engrais, principalement en phosphate, ne présentaient qu’un palliatif coûteux). On fût alors forcé d'admettre, au sein des légumineuses déclinantes, des représentants de plus en plus nombreux d’une flore moins exigeante en lumière. (La population herbacée se présentant spontanément dans de tels sols est, en général, moins primitive que dans les cas des sols érodés.)

Page 1