‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 16 sur 121 · LE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

LE LABORATOIRE

Etude en Lysimètre des Sols types.

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. - p= VS Lies

Sols sablonneux (sandy soils), moins de 5 % argile. Sables glaiseux (sandy loam), de 5 à 10 % argile. Glaises (loam), de 10 à 20 % argile.

Glaises argileuses (clay loam) , 20 à 30 % argile.

Argiles (clay), de 30 à 40 % argile.

Argiles compactes (heavy clay), au-dessus 40 % argile.

b) Considérations sur les éléments chimiques totaux. — On est étonné à première vue, de la pauvreté des terres. Pauvreté toute relative, d’ailleurs, puisque toutes nos expériences d'engrais chimiques donnent, du moins pour l’Hevea, des résultats nuls en bons sols et peu marqués en sols pauvres. Presque toujours le sol souffre avant tout, d’un appauvrissement organique dû à des méthodes culturales trop brutales. Les engrais que nous utilisons maintenant sur des milliers d’hectares ont pour but primordial d'établir des plantes de couverture choisies pour leur action physique améliorante et une importante production d’engrais verts. On arrive ainsi à reconstituer à la longue des sols érodés et appauvris et à rendre normales les productions insuffisantes. Insistons toutefois sur le fait que dans les terrains où la production est « bonne », aucune amélioration ne peut être enregistrée. Nous nous attendons d’ailleurs à des conclusions différentes à la maturité de nos jeunes cultures de sélection 2 F.

À titre indicatif, nous croyons utile de donner ici en kilos par hectare, le retrait annuel d'éléments nutritifs dans des cultures pleinement développées.

Egs/Ha retirés par an N

Les besoins, quoique relativement faibles, sont plus marqués pour l'azote que pour les autres éléments. L’azote étant lié intimement au carbone, dans un rapport relativement constant, notre politique de reconstitution organique est donc justifiée théoriquement. Cela explique aussi notre précaution de ne donner au sol que des engrais verts ayant une teneur suffisante en azote. Ceci sera étudié en détail dans un chapitre ultérieur.

On pourrait supposer qu'au moins en ce qui concerne le

Palmier, les engrais potassiques fussent utiles. L’expérience n’a pas encore sanctionné cette opinion. L'’addition de potasse, sauf dans certaines terres de marais probablement trop rapidement drainées, ne donne aucun résultat ou retarde les cultures. Néanmoins, il nous semble probable que lorsque les jeunes plantations d'Elæis à grand rendement vieilliront, ce besoin se dessinera.

La chaux, autre élément alcalinisant, semble elle aussi manquer. Le besoin en chaux vive déterminé par les méthodes usuelles, atteint 10 tonnes par hectare pour les argiles alluviales moyennement épaisses. L'expérience, là aussi n’a pas confirmé la théorie. En petites quantités, ne dépassant pas une tonne à l’hectare, la chaux est parfois utile. En quantités supérieures, elle détermine une régression plus ou moins importante de la culture principale. Nous n’en connaissons pas d'explication certaine. Soit que le sol soit trop pauvre en minéraux (particulièrement Mg0), soit qu’une alcalinisation ne libère en excès des sels toxiques, soit que le calcaire n’insolubilise le fer disponible qui est en proportions infimes en certains sols; soit enfin que les plantes étudiées ne soient acclimatées, il est certain que la chaux ne joue pas en Malaisie le même rôle qu’en Europe.

Le phosphate est le minéral en insuffisance, et ceci est confirmé par l’expérience. La haute teneur en Alumine et en Fer est responsable du fait qu’il y a peu de phosphates disponibles. Notons que, dans la marge des pH considérés, le phosphate de fer est extrêmement insoluble. Il explique le succès des engrais phosphatés de fine mouture lentement solubles : Phosphates de roche, Scories, Guano, etc. J'’épandage de ces engrais phosphatés est toujours rapidement suivi d’une amélioration considérable de la couverture et d’une refertilisation du sol.

La magnésie est également en très faible quantité. Il semble que ce soit cet élément qui souffre le plus des méthodes d'ouverture. Dans un cas particulièrement étudié, par notre laboratoire, alors que les sols de forêt avoisinants contiennent

des teneurs de 0,03 à 0,06 % correspondant à un rapport Ca0

M£gO

couverte de légumineuses traçantes ou nu, ne contenait que

— de 2 environ, le sol de notre jeune plantation bien

0,0021 % à 0,0041 % correspondant à des rapports Ro de 12 à 25.

Cette proportion très élevée n’est d’ailleurs pas générale. Dans les sols peu érodés, raisonnablement fertiles, le rapport 2 à 4 est assez fréquent.

Nous tenons peut-être ici une des raisons de la toxicité des chaulages normaux. En effet, M. Gedroiz (Ann. Agric.) a signalé l'effet nocif, en sols très acides, des fortes doses de CO*Ca par suite de l'insuffisance de magnésium échangeable. La seule expérience, tentée par nous, d’addition de magnésie, n’a donné aucun résultat. Il s'agissait d’un sol côtier assez lourd, et cet échec perd sa signification du fait de la texture non satisfaisante du sol. Les expériences en cours nous éclaireront sur ce point.

c) Considérations sur les éléments chimiques solubles. — On a remarqué la faible teneur en éléments solubles dans une solution à 2 % d'acide citrique. Il ne nous a pas été possible d'établir une corrélation entre les chiffres de l’analyse et le développement des cultures. Il est certain que les racines des plantes Malaises secrètent des solvants autrement puissants, que la solution à 2 % d’acide citrique. Nous étudierons ceci en détail dans un autre chapitre.

Indiquons ici que nous avons essayé d’appliquer la méthode Truog pour la détermination des phosphates « disponibles » (réf. citée). Truog emploie comme solvant une solution N 27/1000 d’acide sulfurique, tamponnée à un pH de 3. Cette solution est supposée avoir le même effet extractif que l’acide carbonique saturé (pH 3,7), exsudé par les racines. En effet, si cet acide saturé (environ N 40/1000) est 29 fois plus concentré que notre solution sulfurique, l'intensité de l'acidité de cette dernière est 5 fois plus forte.

pH 3,7 correspond à 0,2X10-* (H+) pH 3 idem JÉCIOMP CES)

Malheureusement, cette méthode ne semble pas s’appliquer à nos sols. On trouve des chiffres très faibles, 10 fois moins importants que le chiffre obtenu par une extraction à 2 % d'acide citrique et relativement constants pour tous les sols que nous avons étudiés.

d) Le pH du sol. — Le pH déterminé au potentiomètre avec la cellule au quinhydrone sur une suspension eau/sol = 2,5 est en général compris entre 4 et 5. La variation du pH au

cours des opérations d'ouvertures n’est pas constante en tous sols. Dans certains cas, nous avons relevé une alcalinisation (ApH = 0,5 à 1) attribuable à une libération de bases (brûlage, puis solubilisation des éléments grossiers). En d’autres sols, le pH semble rester constant, en dehors de périodes passagères (brülages) .

Si le pH en suspension est généralement très acide, le pH en solution (extrait dyalisé, décanté ou filtré) est toujours voisin de la neutralité, sauf là où l’eau est stagnante. M. Belgrave (M.A.J. 1929, page 195), remarque que le manque de corrélation notable entre les valeurs du pH en suspension et extrait clarifié, est dû à la concentration très faible des solutions du sol. Celles-ci ne contiennent pas assez d’anions, pour transporter les ions Hydrogène en dehors du champ d’action des particules du sol. Comme corollaire, signalons que nos déterminations d’effettampon sur des sols normaux ont donné des chiffres très faibles. Dans un sol érodé de vieilles cultures nous avons estimé qu'il fallait en moyenne 3,7 grammes équivalents de HCI pour acidifier de ApH = Î, une tonne de sol.

e) Considérations biologiques. — Nous avons effectué quelques dizaines de déterminations de population microorganique par la méthode du Plat de Pétri. Nous avons utilisé l’Asparagine-Manitol-Agar-Médium de Thornton

Nous avons trouvé par gramme de sol des populations variant de 100.000 à 400.000. Il y avait prédominance bactérienne pour les sols ombragés et couverts de plantes favorables. Dans les sols nus ou couverts de plantes dites « défavorables » (Lycopodium cernuum), la population était à prédominance fungicidale.

M. Corbet (R.R.I. 1931-1) n'a que rarement trouvé des chiffres dépassant le million, avec nette prédominance de fungi, particulièrement dans les sols de forêt. Le maximum, 17 millions, fut enregistré au cours des opérations de brülage. L’Auteur ajoute que 3 à 4 semaines après la cessation des opérations de brûlage, les bas chiffres ordinaires étaient de nouveau enregistrés. Dans le rapport annuel du R.R.I. 1929, page 17, il attribue ces hauts chiffres momentanés à l'influence alcalinisante des cendres. Dans le rapport annuel de 1930, page 98, il confirme le chiffre moyen de 1/2 million qui est relativement constant en tous sols : forêts, plantations d’'Heveas sous couverture de Centrosema, sols nus. Un sol exceptionnel contenant de nombreux

vers (Pontoscolex coretrurus Fr. Müll.) a donné un chiffre supérieur au million, avec prédominance bactérienne.

Ces chiffres semblent faibles pour un climat favorable (température, humidité). Nous les expliquons par les considérations suivantes :

| — La méthode du plat ne donne qu’une approximation pessimiste de la population microorganique. (M. Waksman, pages 4, 10, 13, 25, 37, 74, 694. 743.)

— Nos sols contiennent très peu d'énergie organique disponible en raison de méthodes brutales d'exploitation. On sait que l’humus résiduel n’est pas une source aisée de carbone (593, 606). Par contre, cette matière organique peut servir de source d'azote lorsque de l'énergie facilement disponible est ajoutée (605). Nous avons déjà vu que nos méthodes d'exploitation ne satisfont pas à ces conditions.

— La faible proportion de phosphates disponibles est un caractère très limitatif pour fungi et bactéries (principalement les bactéries fixatrices d'azote). (M. Waksman, pages 355, 364, 367.)

— L'acidité des sols est un facteur répressif pour les microorganismes, spécialement les bactéries (18, 220).

Etudiant un sol de vieilles cultures érodées, nous avons trouvé les résultats suivants :

Témoin : 210.000 organismes.

Sulfate d’ammoniaque (3 tonnes par Ha.) 212.000.

Idem plus chaux (6,5 tonnes par Ha.) (pH—7) 429.000.

Idem plus humus (28 tonnes par Ha.) 448.800.

Sulfate (3 t.) et humus (37 tonnes par Ha.) 288.400.

Nitrate de soude (3 tonnes par Ha.) 409.200.

Ces résultats, qui correspondent aux connaissances générales, montrent le peu de valeur de l’humus utilisé seul ou additionné de sulfate d’ammoniaque. (M. Waksman, pages 85, 669, 444). Nous voyons là l'explication de l'échec du sulfate d’ammoniaque qui fut utilisé seul, à grande échelle, il y a quelques années.

f) Variations entre le sol et le sous-sol. — Le sol des plantations, comme celui de la forêt, est en général beaucoup plus riche que le sous-sol (azote en quantité double à triple. Carbone, double à quadruple. Minéraux, plus élevés de 20 à 50 %). Il est aussi plus acide (ApH = 0,20 environ).

Les minéraux solubles, par contre, sont d'ordinaire en teneurs plus élevées dans le sous-sol. Les exceptions sont nom-

breuses dans les jeunes cultures, en collines, couvertes d’un épais tapis de légumineuses traçantes. On peut supposer que :

(/) Il y a succion de minéraux solubles par les racines de la couverture, restitution et accumulation superficielle sous forme organique.

(2) Les besoins élevés en eau de la couverture peuvent, en certains endroits, déterminer une évaporatoin d’eau en excès sur la pénétration. Le sol se comporterait alors comme un sol aride typique.

Ayant déjà observé les méfaits de l’évaporation de certaines plantes de couverture, nous croyons à la possibilité simultanée des deux phénomènes.

Le rapport C/N est, souvent, plus élevé dans le sol que dans le sous-sol. Ce rapport indique qu’il y a en surface perte de carbone par combustion et fait supposer une nitrifcation accélérée.

Dans certains sols humides et à sous-sols peu poreux (par exemple à horizon de latérite), de même que parfois sous couvertures traçantes, ce rapport C/N est plus élevé dans le soussol que dans le sol. Nous attribuons ceci, à tort ou à raison, à une activité microorganique insuffisante.

g) Variation du sol causée par nos méthodes de culture. — Nous étudierons ceci d’une facon générale au début du 3° chapitre.

Nous donnons seulement, dans ce paragraphe, les résultats d’une expérience de culture en caisse qui représente assez bien l'effet de nos méthodes de culture.

Nous avons utilisé 6 sols de colline de couleur jaune-noirâtre (4 répétitions).

Une argile de forêt : A.

Une argile jaune-noirâtre de cultures d'Heveas de 4 ans, bien couverte de Centrosema pubescens (prélevée à proximité de A)7°7B,

Une argile glaiseuse jaune, prise au même endroit que B, mais en sol nu : C.

Une glaise jaune, prélevée à proximité des premiers dans une culture d'Heveas de 5 ans, n’ayant comme couverture que des graminées, genre Paspalum : D.

Une argile jaune, prélevée à proximité des premiers en sol d'Imperata : E.

Une glaise de vieilles cultures d'Heveas nue et érodée : F.

Les caisses ont été déposées à proximité du Laboratoire,

dans une petite clairière faite à cet usage, dans les vieilles cul- : RE Robe

tures d'Heveas. L'exposition solaire diurne peut donc être con-

sidérée comme assez courte.

Analyse mécanique des sols

Vieilles

Forêt Centrosema nu Graminées Imperuta Cultures érodées

Matiére organique retenue au tamis 4,20% nil nil Gravier 1.25% 0.89% 0.80%

Sable grossier 2.08% 1.52% 1.22%

Sable fin 43.54% 54.04% 54.R0%

ns ee se nee 6.12% 13.00% rgile 37.60 50.48% 23.61% 25.9] 17 Perte par solubi- Me %e

bilité 8.68% 7.74% 6.48% 5.78% 4,094 3.214

Total: 100.00% I00.00# I00.00# I00.00£ 109.00 100.00%

= 6ravierX

a50 Lo

LT DC AUTSNCRDNELCF

Réserves du sol Effet de l’érosion (gravier) (argile)

Déductions. — Les réserves minérales s’épuisent au cours de l'ouverture.

La couverture de Centrosema semble contribuer à ce phénomène.

Les vieilles cultures érodées sont épuisées de réserves.

Le chiffre des réserves en sol d’Imperata est sujet à caution, en raison d’un début de latéritisation.

Les opérations d'ouverture semblent déterminer un retrait de l’argile par érosion.

Analyse chimique des sols Les chiffres donnés pour C, N, pH, représentent la moyenne de 16 déterminations mensuelles au cours des 18 mois suivant la mise en

caisse.

Vieilles | cultures érodées

Aa MES UÈRr asc ty ; 19#c0€6r

Carbone $ & 2.08 L1,2 LA ABSCbhETF A. Phosphorique Potasse pH Déductions. — Les opérations d'ouverture déterminent une

perte importante de C,N, P.O et de K:0.

Le % de potasse en sol de Centrosema, semble anormalement élevé. C’est probablement attribuable à la solubilisation des éléments grossiers déjà rotée (le gravier ne fait pas partie de l'analyse chimique).

a teneur relativement importante de potasse en vieilles cultures, est à rapprocher de la disparition totale d'éléments grossiers.

Le pH tendrait à s’alcaliniser par combustion de l’humus forestier et solubilisation d'éléments grossiers. Ces variations importantes de pH n'ont d’ailleurs pas été généralement confirmées par nos autres expériences.

— Nous avons relevé des variations mensuelles de la teneur en N notables. Les plus hautes teneurs correspondent, pour tous les sols, au début de la saison humide de septembre, qui succède à la seule période assez sèche de juin-quillet.

— Au cours des 18 mois de durée de l’expérience, la teneur en carbone des sols reste étonnamment constante, ce qui démontre qu'avec un minimum de précaution, il est possible de maintenir au sol sa fertilité originale.

— Un léger ombrage, une porosité normale et pas d’érosion, sont les conditions premières de l’économie sylvicole.

Valeur pratique de ces sols. — Nous avons planté dans ces différents sols placés en caisses, des sauvageons d’'Heveas

(10 par caisse) , afin de nous rendre compte de leur valeur relative au point de vue plantation.

D6$ $sots

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