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Croissance des jeunes plants d'Hevea en caisse.
Le diagramme de leur poussée en un an est joint, nous déduisons de sa lecture :
— Le sol de forêt se comporte relativement mal. Ceci pourrait s'expliquer par l’acidité. (Cette conclusion n’a pas été confirmée généralement par d’autres expériences.)
— Le sol de Centrosema est le meilleur. La haute teneur en potasse, le pH, sont probablement des facteurs utiles. (Conclusion non confirmée généralement.)
— [Le sol nu, le sol des graminées et le sol de forêt, donnent des résultats semblables. Ces sols sont évidemment en condition biologique ou autre défavorable. (Conclusion confirmée pour les 2 premiers sols.)
— Le sol d’Imperata est le plus mauvais. Nos analyses ne fournissant aucune explication, nous reprendrons l’hypothèse classique de production de substances toxiques. (Cette hypothèse semble encouragée par d’autres expériences analo-
gues.)
h) Valeur pratique des analyses de sol. — Analyse chimique. — Il est assez difficile, sinon impossible, de présager de la fertilité d’un sol de plantation, d’après son analyse chimique. Îl est même souvent impossible de faire correspondre les hauts rendements observés à des hautes teneurs minérales. Il y a là un échec des méthodes classiques qui demandent instamment leur révision.
Par contre, si les hautes teneurs ne sont pas des indices suffisants, les très basses teneurs en éléments totaux sont toujours des indices certains.
D'une façon générale, en sols normaux, nous négligeons souvent l'estimation des minéraux en faveur des indications de C,N et C/N, qui nous renseignent sur la fertilité du sol.
Dans les sols portant une croissance nettement anormale, nous rechercherons le manque quasi absolu de minéral, et éventuellement l’empoisonnement par la soude ou l’alumine libre.
MM. Mac Lean et Gilbert (Réf. citée) ont fait remarquer qu’en l'absence de phosphates, des quantités considérables d’alumine pouvaient rester en solution dans des milieux acides de pH 4,0 à 4,5 (même jusqu’à pH 5). Les auteurs indiquent 12,8 p.p.m. d’alumine libre, comme proportion toxique, causant des dégâts sévères aux plantes.
Comme l’alumine libre est un des caractères primordiaux de la latéritisation, il y a donc ici un élément limitatif dont la valeur n’a pas été étudiée, à notre connaissance, dans nos sols tropicaux.
L'expérience fait d’ailleurs supposer que la tolérance de certains végétaux originaires des sols acides : Hevea, Palmier, plantes indigènes, en particulier les graminées, est très supérieure à la tolérance d’autres plantes à à préférence alcaline, en particulier les légumineuses importées.
Analyse mécanique. — Cette analyse a une valeur indiscutable. sauf pour les terres organiques et certaines latérites.
En particulier nous apportons toujours une attention très grande à la proportion d’éléments grossiers, qui représentent la réserve du sol. Avant d'entreprendre la régénération d’un ter-
rain, nous évaluons ses richesses encore inutilisées. Si elles sont notables, et c’est parfois le cas, la valeur temporaire et préliminaire des plantes à réactions acides comme le Lycopodium cernuum et le Melastoma polyanthum, sont indiscutables. Elles accélèrent le vieillissement de ces fractions, enrichissent les sols, et permettent le développement des espèces plus favorables.