VII. — ASSOCIATIONS-TYPES DANS*LES NVIEILLESPCUL ÈURES
L'ombre est le facteur limitatif. Elle exclut toutes les plantes auxquelles la lumière solaire est indispensable. La collection de celles s’accommodant de, ou préférant la lumière tamisée est néanmoins suffisamment vaste. Quand la plantation arrive à maturité sans qu'il y ait eu d’érosion et que le sol est « fertile », le problème est assez simple. Il suffira d'admettre ou d’introduire les espèces les plus favorables, au fur et à mesure que la couverture régresse. Quand, par contre, la plantation a été sérieusement érodée et c’est le cas assez général pour les vieilles propriétés, le problème est beaucoup plus compliqué.
On est bien obligé de tolérer des plantes défavorables au sol, car d’une façon générale, ce sont les moins exigeantes.
M. Birkemose a prouvé la valeur temporaire des jeunes plants d'Hevea pour retenir le sol et l’améliorer physiquement. Il est de fait qu’en sols érodés le développement est si lent, que cet arbuste ne demande aucun contrôle.
D'’aucuns préconisaient récemment encore le Gleichenia linearis, le Blechnum orientalis, le Melastoma polyanthum et le Lycopodium cernuum, flore-type des vieilles cultures érodées. Nous ne pouvons admettre à aucun prix la première fougère qui ne permet pas aux autres espèces de se développer. Quant
aux trois autres plantes, elles ne sont à utiliser qu’en désespoir de cause et doivent être enlevées dès que d’autres espècs plus favorables se présentent. Notons que le Lycopodium est assez agressif et de retrait onéreux. (Frs 100, par hectare.) Nous verrons, au chapitre V, que sa décomposition en surface du sol est une des plus lentes et des moins utiles.
À ce sujet, signalons le paragraphe suivant dans le rapport annuel du KR. KR. I. (1933, page 63).
« … une étude a montré que le stagmoss (N. de l'A. : « Lycopodium cernuum) et à un degré moindre le Bracken « (N. de l'A. : Gleichenia linearis) transpire beaucoup plus « d'humidité du sol que les couvertures d’arbustes. Considé- « rant le système superficiel des racines de stagmoss en parti- « culier et de l'Hevea lui-même, dans les habitats où le stag- « moss prédomine, il est probable que la présence de beau- « coup de stagmoss aide la diminution du rendement en latex « pendant les saisons sèches. »
Dès que le sol commence à se couvrir de végétation, il y a intérêt, quand la situation économique le permet, à épandre à la volée des phosphates. Cet épandage, qui revient à environ 100 francs par hectare, facilite le développement des meilleures espèces et tend à retarder nombre de phanérogames calcifuges.
On peut estimer que, sans engrais, un sol assez pauvre et très érodé peut retrouver une fertilité suffisante par sélection de cultures en quatre ans.
Les engrais permettent de gagner deux ans.
En conclusion. — Nous avons montré que l’économie rationnelle d’une plantation ne saurait s’accommoder de principes inflexibles en fait de sélection de plantes adventices. Le planteur doit connaître les espèces les plus fréquentes. Ïl ne prohibira définitivement que les espèces dangereuses : Gleïchenia !. et certaines graminées (Imperata, Axonopus, etc...).
Au fur et à mesure du peuplement du sol, il éliminera toutes les espèces à contrôler : toutes les cryptogames, sauf le Nephrolepis b., la plupart des graminées, etc...
Resserrant son choix, il restituera peu à peu au sol sa fertilité naturelle, sans laquelle l'avenir de sa plantation serait for-
tement menacé.