IX. — ASSOCIATIONS UTILES OÙ BENIGNES DANS LES VIEIEEES CULTURES
Fougères : Nephrolepis biserrata, Cheilantes tenuifolia. Caryophylaceae : Drymaria hirsuta.
Malvaceae : Hibiscus macrophyllus.
Sida caponifolia.
Urena lobata.
Melastomaceae : Sonerila begoniæfolia.
Rubiaceae : Argostemma pictum.
Hedyotis congesta, H. capitellata.
Lasianthus sp.
Compositae : Erechthites valerianifolia.
Emilia sonchifolia.
Ageratum conyzoïides.
Gynura malasica.
Vernonia cinerea.
Campanulaceae : Pentaphragma Scortechini.
Myrsinae : Maeca ramentacea.
Logoniaceae : Fragræa racemosa.
Scrophulariaceae : Scoparia dulcis.
Amaranthaceae : Amaranthus viridis.
Nepenthaceae : Nepenthes. Euphorbiaceae : Euphorbia hirta.
* Hevea Brasiliensis.
" Macaranga triloba, hypoleuca, robiginosa.
" Mallotus macrostachyus.
Urticaceae : “ Ficus fistulosa, F. alba.
" Trema Amboinensis.
Graminae : Cyrtococcum accrescens.
Aroïdae : Homalomena humilis.
Nota. — * signe indiquant que la hauteur peut éventuellement devenir une gêne.
» La
X. — CARACTERES PHYSIOLOGIQUES DES CENT PLANTES ADVENTICES LES PLUS USUELLES
Nous avons réuni, au cours de ce chapitre, les principales observations que nous avons été amenés à faire sur les plantes adventices les plus usuelles. Les deux tiers de ces plantes, environ, sont aussi les plus courantes sur les sols normaux des plantations que nous avons visitées. Le reste, plus rare, est composé de plantes présentant des caractères favorables. Ces plantes, que nous avons remarquées dans nos champs d’expériences, semblent offrir de remarquables propriétés d'adaptation dès que la fertilité du sol est restaurée, même partiellement, par une suppression progressive des mauvaises espèces. Nous sommes persuadés que cette liste est très incomplète et qu’elle ne comporte que les pionniers de la colonisation. Lorsque nos sols auront atteint leur « climax », il n’est pas douteux que de nombreuses espèces à caractères désirables fassent leur apparition.
Nous avons utilisé pour l'identification des plantes : a) l’ouvrage de M. Ridley pour les Angiospermes; b) celui de M. Beddome pour les Filicinées ; c) Theeonkruiden pour les Lycopodinées. Ce dernier ouvrage nous a également été très utile pour beaucoup d’autres espèces, en raison de ses descriptions, gravures et observations physiologiques. Nous adressons à M. Mann, du Rubber Research Institute, nos remerciements pour avoir bien voulu identifier les nombreuses pièces d’un herbier qui lui a été confié, ce qui nous fait gagner un temps considérable. Nous n’avons pas pu toujours utiliser ses dénominations qui avaient probablement été extraites d'ouvrages que nous ne possédions pas.
Nous donnons, chaque fois que cela est possible, les noms Malais et Tamil, employés sur les plantations de notre groupe. Ces noms n’ont parfois qu’une valeur relative, car les appellations diffèrent souvent d’une région à l’autre.
Chaque fois qu’une espèce est commune à nos plantations d’'Indochine, nous portons la mention « Indochine ». Lors-
qu’une espèce est citée dans Theeonkruiden, nous portons la mention « Java ».
A. FILICINEES (classe généralement défavorable).
a) GLEICHENIACEAE. — Gleichenia glauca Hook. Fougère à racines fasciculées étouffantes. Elle atteint 1 m. 50. Son habitat normal est à l’ombre sur des sols secs. À supprimer peu à peu.
Gleichenia linearis Clarke. (Malais : Resam bengkawan, Tamil : Peria meena.) — Racines très défavorables faisant un tapis impénétrable. Elle atteint parfois 6 mètres, mais sa hauteur normale est de 3 mètres. Cette fougère tolère mieux la lumière que la précédente. On la rencontre dans les plantations, surtout sur les sols secs et pauvres. Ses déchets présentent une résistance à la décomposition considérable. Cette plante, très envahissante et agressive, est à contrôler. (Java.)
b) PoLyPODIACEAE. — Schizoloma ensifolium J. Smith. Racines et rhizomes très défavorables. Le développement ne dépasse pas 1 mètre. Son habitat normal est en lieux ombragés. A contrôler (Java.)
Cheilanthes tenuifolia Hook. (Malais : Resam padi, Tamil : Padi meena.) Cette petite fougère annuelle peut être tolérée, malgré ses racines fasciculées. Elle ne dépasse pas au maximum O0 m. 60. (Java.) HER : sols secs et pauvres. Sa décomposition est relativement favorable.
Cheilanthes farinosa Hook. — Racines fasciculées en touffe, très défavorables. Son développement ne dépasse pas O m. 50. On rencontre cette petite fougère à l'ombre et en sols secs. A contrôler. (Java.)
Pieris ensiformis Burm. (Malais : Paku ladang, Tamil : Cutti
meena.) — Cette petite fougère ressemble assez à la précédente à tous points de vue. À contrôler. (Java.) Blechnum orientale Linn. (Malais : Paku ikan.) — Racines en
touffes fasciculées défavorables. Le développement peut atteindre 2 m. 50. Son habitat normal est en lieux légèrement ombragés, secs et pauvres. Sa rapidité de développement peut, dans certains cas particuliers, rendre cette cryptogame utile; par exemple dans les pentes érodées, si elle est recoupée périodiquement, elle créera des conditions favorables pour des espèces moins primitives. La décomposition de cette plante est relativement favorable, ce qui la distingue des autres cryptogames vasculaires étudiées. Par contre, son système de racines et son développement la rendent peu avantageuse comme couverture permanente. Nous recommandons de la supprimer progressivement. (Java.
Dryopteris arida O. Kuntze (cf. Nephrodium aridum Wall). — Racines fasciculées. Atteint 1 m. 20, mais dépasse rarement 0 m. 50. On trouve cette petite fougère dans les sols secs, moyennement fertiles, légèrement ombragés. A contrôler généralement; peut néanmoins être tolérée dans les terres poreuses. (Java.)
Nephrodium truncatum Hook. — Racines fasciculées et rhizome
court. Son développement varie de O m. 30 à 1 mètre. Même habitat que la fougère précédente, et mêmes conclusions.
Nephrodium urophyllum Hook. — Le développement varie de O m. 40 à 1 m. 20. Mêmes remarques et conclusions que pour la fougère précédente.
Nephrolepis biserrata Schott. — Petite fougère dépassant parfois O m. 60, elle atteint rarement | m. 20. Elle semble assez bien tolérer les changements d’éclairement, dans les sols raisonnablement fertiles. Ses racines fasciculées sont relativement bénignes et l'observation semble indiquer que cette plante a un effet de « constructivité > heureux, spécialement en sols légers. Nous ne la sarclons pas.
T'aenitis blechnoides Hook. (Malais : Paku pijai.) — Les stipes et les racines ressemblent assez à celles du Blechnum. Son développe: ment est plus modeste. Il varie entre O0 m. 60 et O0 m. 90. Cette fougère se développe en sols ombragés, secs et pauvres. Son développement radiculaire nous a conduit à la supprimer généralement. Elle peut néanmoins être tolérée en sols légers.
c) SCHIZACACEAE. — Lygodium microphyllum Wall. (Tamil : Valli nerappu kodi.) — Fougère rampante à racines fasciculées, qui se développe en sols ombragés, secs et pauvres. Nous ne la tolérons que sur les terres trop poreuses.
Lygodium circinatum R. Sweet. (Malais : Paku jari merah.) — Mêmes remarques que pour la précédente. Elle tolère moins bien la pleine lumière. (Java.)
B. LYCOPODINEES (classe défavorable.)
a) LyCOPODIACEAE. — Lycopodium cernuum Linn. (Malais : Rumput serani, Tamil : Neruppu pundu.) — Petite plante mi-rampante, mi-dressée dont le système radiculaire et les stolons sont particulièrement défavorables à l’aération du sol. En hauteur elle ne dépasse guère 0 m. 30. On la trouve particulièrement sur les sols légèrement ombragés, secs et pauvres. Sa facilité d’existence la rend utile au stade préliminaire de régénération d’un sol érodé. Par contre, elle est particulièrement nuisible comme couverture permanente, car elle épuise le sol, sans rien lui apporter. Ses déchets présentent une résistance à la décomposition considérable. À supprimer lorsque c’est possible. (Java.)
b) SELAGENILLACEAE. — Selaginella plana Hieron. — Racines défavorables. Les stipes dressées atteignent en général O m. 30, et parfois plus. On trouve cette Lycopodinée à l’ombre. Elle ne semble guère plus utile que le Lycopodium. A contrôler. (Indochine, Java.)
Selaginella Willdenowii Baker. — Plante grimpante qui peut atteindre 3 m.:; elle se développe à l’ombre. Son système radiculaire ressemble à celui du Lycopodium. A contrôler. (Java.)
Selaginella opaca Warb. (Malais : Jambol merah.) — Rappelle S. plana à tous points de vue.