C. — ENRICHISSEMENT DE L'AZOTE DU SOL PAR LES RACINES DE LEGUMINEUSES
Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit sur la formation des nodosités et leur absence fréquente.
Utilisons encore le travail des chercheurs de Peradeniya, qui semblent avoir eu affaire à des Légumineuses à nodosités. Nous relevons les passages suivants :
« Îl n’y a aucune certitude que la présence des arbres « légumineux produise une augmentation réelle de l'azote du « sol, mais il y a toute probabilité que la teneur soit plus élevée « que si aucun arbre légumineux ne s'y trouvait. »
Page 40, l’auteur cite le cas de l’Albizzia moluccana (arbre d’ombrage, d’un grand développement). Cette Légumineuse favorise nettement les pieds de thé avoisinants. Nous croyons volontiers que l’Albizzia soit un commensal facile, voire même généreux, particulièrement là où 1l n'y a pas d’'érosion et où le sol est suffisamment humide. M. J. B. Watson (Malayan Forester, avril 1932, p. 137, Light requirements of Malayan Trees), remarque que dans les forêts de Malaisie, le sol contient suffisamment d’eau pour couvrir toutes les demandes des végétaux. Il ajoute :
« Îl apparaît, à Kepong, que la canopie et les racines « superficielles denses de l’Albizzia moluccana ne sont pas « hostiles à la croissance des sauvageons en péninière où le « développement de... », etc.
Notons aussi que l’Albizzia nous a donné, à l’analyse, le chiffre record de la teneur en azote : 5,72 %.
Peut-on généraliser à toutes les Légumineuses une remarque s'appliquant à une espèce particulièrement? Nous ne le croyons pas et pensons plutôt que la fructification des Légumineuses qui suit généralement la dégénérescence des nodosités, ne laisse pas grand’chose comme apport net, au sol.
Si nous utilisons encore le travail de MM. Joachim et Holland, nous y verrons que l’Indigofera endecaphylla et la Clitoria cajanifolia ont amélioré les pourcentages d’azote du sol :
Plante Teneur moyenne des parcelles en N. de .
Couverture 1928 1952
Indigofsera 0.108% 0.138% Ciitoria 0.118%# 6.121% Témoin nu A 0.094%
La perte annuelle en azote par érosion est restée sensiblement constante dans les trois sections : environ 80 kgs par an.
On peut douter que le sol témoin se soit aussi mal comporté si, au lieu d’être nu et érodé, il avait été couvert d’une plante favorable non légumineuse. En effet, il est bien connu que la fixation en azote d’un sol dépend de conditions physiques, de son humidité et sa teneur en matière organique.
Nous donnons, ci-dessous, quatre analyses de sols, assez typiques, faites dans notre laboratoire.
Glaises sablonneuses recueillies dans une plantation d'Elæis de 7 ans :
Pas de couverture : A.
Couverture de légumineuses moyennes : B.
Glaises sur Latérites. Vieille plantation de caoutchouc. Sol érodé, arbres pauvres :
Pas de couverture : C.
Couverture de Crotalaria et Tephrosia, établie grâce-à du phosphate : D.
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