‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 45 sur 121 · D. — CONCLUSIONS SUR LES LEGUMINEUSES USUELLES · texte numérisé non relu

D. — CONCLUSIONS SUR LES LEGUMINEUSES USUELLES

Toutes les considérations et observations, réunies dans ce qui précède, montrent que la Légumineuse n’a pas, généralement parlant, justifié la grande faveur qui l’a accueillie.

La gravité de l'érosion a malheureusement poussé à appliquer en grand des couvertures importées, sans connaître leur effet exact sur les sols indigènes.

Doit-on pour cela les condamner? Certes, non. La connaissance étendue de ces plantes nous permit de déterminer, dans quels habitats elles sont utiles, ou du moins utilisables.

En attendant que les essais répétés aient développé la connaissance d’autres espèces, Légumineuses ou non, il faut bien continuer à utiliser ce dont on dispose.

Nous croyons que les dernières années ont déjà apporté un gros progrès, grâce à la faveur croissante des Légumineuses dressées. Le mouvement n’en restera pas là. Les recherches des Agronomes de Malaisie (et celles de notre groupe) aboutissent à une plus large conception du besoin des sols :

Variété des associations, encourageant des espèces favorables.

Non-excliusion des espèces non Légumineuses.

La méthode de culture employée actuellement sur les jeunes cultures tend vers un sarclage propre, en dehors d’une couverture de Légumineuses. Le résultat économique en est déplorable. Au cours des cinq années qui précèdent la mise en exploitation, le planteur dépense en moyenne, en Malaisie, 600 francs par Ha., pour retirer des plantes adventices, dont une bonne proportion est souvent plus favorable au sol que la couverture utilisée. Lorsqu'on compare ce chiffre énorme pour une plantation de 4.000 Ha. (cela revient à 2 millions 400.000 francs!), au coût d’un épandage de phosphate (150 francs pour 450 kgs par Ha.), on est obligé d'admettre qu'il y à disproportion et que la méthode est, a priori, peu économique.

Cela reviendrait beaucoup moins cher de tolérer un grand nombre de plantes adventices, favorables à la bonne texture du sol, mélangées à des couvertures légumineuses, et d'ajouter éventuellement un épandage d'engrais azotés, afin de remplacer l'effet théorique des Légumineuses. Un épandage de cyanamide

calcique, luxe inutile, ne coûterait pas plus de 300 francs par Ha. (500 kgs à l’Ha.) et apporterait, en général, au sol plus d'azote que la légumineuse, Ajoutons que neuf cas sur dix ne justifient pas la valeur économique d’un apport azoté dans les Jeures cultures (du moins en Malaisie: en Indochine, les résultats ne concordent pas). Cet apport ne se justifie que dans les vieilles cultures d’Elæis.

Nous avons dit que les Légumineuses apportent, lorsqu'elles sont recoupées, en tonnes par Ha. et par an :

Légumin. dressées Légumin. traçantes Maximum... "... 30 15 Nimmunes er 20 j}

Signalons que ces apports, qui semblent considérables au planteur, ne sont encore qu’infimes, comparés à la production annuelle d’humus dans la forêt.

M. Vageler (réf. citée) indique les chiffres suivants :

Apport annuel par Ha.

Forêt vierge primitive ........ 250 tonnes Forêt vierge dite « de Mousson ». 50 —

« En raison de la décomposition accélérée en climats tro- « picaux, les 250 tonnes de la forêt vierge ne produisent pas « plus d’une épaisseur de 3 m/m d'humus. »

Il est donc possible de dire qu'aucune des plantes de couverture, utilisées jusqu’à maintenant, ne place le sol des plantations en un état se rapprochant de celui des forêts.

Il nous faudra donc, probablement, envisager à l'avenir des méthodes d’ouverture moins brutales pour le sol et plus économiques en matière organique.

V. — ETABLISSEMENT DES LEGUMINEUSES DANS LES SOLS PAUVRES ET DANS LES VIEILLES CULTURES

A. — ETABLISSEMENT DES LEGUMINEUSES DANS LES MAUVAIS SOLS DES JEUNES CULTURES D'HEVEAS

D'une facon générale, cet établissement est facile et ne présente aucune difficulté lorsqu'il a lieu immédiatement après le brûlage.

Lorsque le sol est érodé ou bien spécialement pauvre, la croissance est si lente que le lavage empêche les jeunes pousses de se développer. Les unes sont arrachées, les autres trop exposées, ne se développent pas.

On obtüent alors une réussite certaine en ouvrant, avec une houx, des poches à flanc de colline, et en enfonçant de plusieurs centimètres les graines dans le sol. Après germination, on épand, si nécessaire, au-dessus des trous, du phosphate de roche.

a) Expérience d'application de phosphate. — [Lorsque la couverture est pauvre, le phosphate de roche est également l’adjuvant nécessaire de la plante, qui, en six mois, la transformera en un tapis luxuriant, même dans les collines les plus escarpées.

Une de nos expériences a donné, en 1933, le résultat suivant :

Culture : Caoutchoucs plantés en décembre 1928.

Sol : Colline très escarpée, argile glaiseuse.

Couverture : Centrosema très pauvre.

Répétition : 3 parcelles par objet de 100 arbres (Ha. : 0,4).

Nous transcrivons le rapport du directeur de la plantation :

« Cette expérience, dans son sixième mois, donne des « résultats extraordinaires.

« La couverture était très irrégulière et pas du tout « épaisse. La différence entre les lots phosphatés et les témoins « est maintenant étonnante. La couverture a une couleur verte « resplendissante et peut être appelée luxuriante en qualité. « Les arbres présentent une amélioration de feuillage. »

Les doses adoptées étaient de 30, 60 et 120 grammes au mètre carré, épandus à la volée, soit : 300, 600 et 1.200 kgs AE

La plus faible dose a suffi, dans la majorité des cas. La plus forte ne montre aucun avantage sur la moyenne. La tonne de phosphate de roche coûtant 300 francs, le prix de revient, y compris l’épandage, est de 100 à 200 francs l’hectare pour les doses : 30 et 60 grammes.

Augmentation moyenne de diamètre des arbres au cours de la première année suivant l'application de phosphate :

% moyen % par rapport au témoin Mémo men nie La, 36,5 % 100 % 30 gr. phosphate par m°.. 47 % 129 % CU = à 3: 43,5 % 119 % 120 — — ,, 41,5 % 114%

b) Expérience d’application de chaux. — Dans un bloc contigu, une expérience similaire utilisait la chaux :

Culture : Heveas plantés en décembre 1928.

Sol : Glaise, sommet et flanc de colline.

Répétition : 5.

Mensurations semestrielles : Circonférence à 1,20 M de hauteur, de Î1 arbres marqués dans chaque parcelle. Aucune amélioration visible de la couverture ni des arbres.

Couverture : Centrosema pubescens, assez épais; pas ou peu de nodosités.

Application de l’engrais : Octobre 1932.

Résultats moyens en juin 1933.

Circonférence en pouces :

Novembre 1932 Juin 1933

DÉMO M Re ES 10 11 1/2 450 kgs de chaux à l’Ha. 10 1/4 12 900 — — en) 8 3/4 10 3/4

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