‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 44 sur 121 · C. — LEUR EFFET SUR LES CULTURES PRINCIPALES · texte numérisé non relu

C. — LEUR EFFET SUR LES CULTURES PRINCIPALES

Nous résumons simplement les points que nous considérons acquis définitivement :

a) JEUNES CULTURES.

1) En terrains plats, sablonneux (voir R. R. L., réf, citées).

Le sarclage intégral, dit « propre », ainsi qu’une couverture de Lamtoro, est le traitement qui retarde le moins la croissance des jeunes arbres.

:.e Centrosema pubescens et aussi le Mimosa et le Puera-

ria, donnent les plus mauvais résultats. (Le Centrosema entraîne un retard de 24 % à 3 ans 1/2.)

Le Calopogonium mucunoïdes retarde nettement la croissance des jeunes plantes (après 3 ans 1/2, le R. R. 1. signale 14 % de retard sur circonférence à 30 c/m du sol).

Le Crotalaria anagyroïdes et le Tephrosia, moins bons que le Lamtoro, déterminent des retards variables, suivant les sols.

La différence est moins nette là où la couverture est arrachée (Légumineuses dressées) ou enfouie (légumineuses traçantes). Il n’y a, pour ainsi dire, aucun retard quand la couverture dressée est recoupée au début de la saison sèche.

Le Mikania (plante non légumineuse) se comporte moins mal que les Légumineuses traçantes.

2) En collines. — Le Calopogonium est remarquable pour retenir l'érosion au cours de sa vie courte. Le Pueraria, plus lent, triomphe à la longue. Les autres Légumineuses ne retardent l'érosion que dans des proportions plus faibles, spécialement les couvertures dressées.

Sur les pentes fortes, toutes les légumineuses améliorent la croissance par fixation du sol. Une combinaison de Légumineuses traçantes et dressées semble le remède le plus efficace apporté jusqu'à ce jour à la réduction de l'érosion.

ous ne croyons pas que le dernier mot soit dit à ce sujet. L'observation de parcelles expérimentales couvertes de plantes adventices favorables étagées (non légumineuses) semble montrer qu'il est possible d’enrayer intégralement l'érosion sans avoir à étouffer la terre par un tapis compact et épais. La grande porosité du sol qui s'établit alors naturellement résout le problème mieux que les couvertures traçantes ne pourraient le faire.

3) Retard causé à la mise en exploitation productive. — Terrains plats. — Comparés au sarclage « propre », les Légumineuses ne retardent la mise en exploitation que dans les sols plats et où les bois de forêt, incomplètement brûlés, ralentissent largement l’érosion. Le retard varie de rien à un an. Il est compensé ultérieurement par une meilleure croissance des arbres.

Les Légumineuses traçantes confirment leur valeur en terrains poreux; les Légumineuses dressées, en terrains lourds. Dans ces cas extrêmes, il y a un effet bienfaisant qui annulle les retards habituels de mise en exploitation dans ces sols.

— Collines. — Toutes les couvertures sont favorables à la croissance de la culture principale par fixation du sol. Elles pal-

lient plus ou moins les retards habituels de la mise en exploitation sur les collines. Ces retards, pour les sols mal couverts, peuvent atteindre 5 ans, mais ne dépassent pas en moyenne | à 2 ans.

Le

Il ne faut d’ailleurs pas attribuer tous ces bienfaits au fait que la plante de couverture est une Légumineuse.

La plupart de ces plantes, spécialement les traçantes, se comportent comme de vulgaires non-l égumineuses, dont les besoins excessifs en minéraux se manifestent brutalement au cours de l'établissement, par un arrêt de la croissance de la culture principale.

Les expériences, utilisant des non-légumineuses comme plantes de couverture, sont malheureusement trop jeunes pour permettre des conclusions. Les indications sont toutefois très encourageantes.

Les retards importants (1 à 3 ans) causés par certaines graminées nuisibles, utilisées à un moment donné en couverture unique, ne peuvent être évidemment imputés à leur qualité de « non-légumineuses », mais à un choix malheureux et surtout à une sélection trop restreinte.

4) Expériences se rapportant particulièrement au Palmier à huile. — Comme, à notre connaissance, rien n’a été publié sur la question, nous croyons bon de résumer ci-dessous les résultats de nos expériences sur l’Elæis, qui confirment les vues générales exposées au paragraphe précédent. Les « témoins » sont tous sarclés « propres ».

Sol plat (terre de marais). — [Le Centrosema améliore nettement la croissance de l'Elæis au cours des premières années. La différence s’atténue au cours des années suivantes, pour être sensiblement égale à l'erreur probable, vers la quatrième année.

Sol ondulé (glaise). Le Centrosema et le Pueraria retardent la croissance de 30 / au cours de la première année. Le retard s’atténue au cours des années suivantes, pour être égal à l'erreur probable vers la cinquième année.

Sol de plaines sablonneuses peu inclinées (alluvions de quartzite). — Les couvertures plates retardant la croissance au cours des deux premières années, nous avons gardé le sol sarclé propre pendant deux ans. Puis on a établi des couvertures variées, à raison de quatre parcelles par objet.

Nous donnons, ci-dessous, la moyenne des augmentations de hauteur au cours de la troisième année.

. Colline Parcelles % par rapport % aug.| à Tenoir

Témoin"propre"

Crotalaria anagyroides Tephrosia candida Leucaena Glauca Pueruria fav.

Centrosema pubsscens

Sol de latérite onduilé. — Le Centrosema a apporté, au cours de la première année, un retard de 50 % sur la croissance. Ce retard est en partie regagné en fin de troisième année par une augmentation annuelle plus rapide des parcelles sous couverture. Le Centrosema, n’ayant pas de nodosités, a agi comme une couverture traçante ordinaire, diminuant les méfaits de l'érosion, mais avide de phosphates.

Augmentations de hauteur au cours de la troisième année

% augmentation | % par rap-

Témoin "propre"

Centrosema pubesc

b) VIEILLES CULTURES.

Ici, l'expérience est peu étendue. Il y a si peu de vieilles cultures bien couvertes que les observations ne sont pas encore aptes à la généralisation.

Nous avons dit que les Légumineuses se répandaient bien, par exceptions, en terrains plats et suffisamment humides. Leur effet y est toujours favorable, comparé au sarclage propre. Par contre, comparé à la valeur d’autres espèces, non-légumineuses, leur avantage est sujet à la discussion.

Le sol demande ur apport de matière organique beaucoup plus faible que dans les ouvertures. Par contre, il demande un ameublissement beaucoup plus important, car les racines d'Heveas puisent leur nourriture sur la totalité du sol.

En ce qui concerne les vieilles cultures, nous n’hésiterons pas à affirmer qu'aucune Légumineuse employée ne résoud la question. D'autre part, le nombre des non-légumineuses qui agissent favorablement, est important.

Le

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