‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 5 sur 121 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

A ES ACUETURES

HEVEA BRASILIENSIS, Muell. Arg. (Arbre à latex de caoutchouc).

Cette Euphorbiacée est originaire du Brésil, où elle vit à l’état sauvage, au sein des forêts équatoriales. M. H. Wickham réussit, en 1876, à apporter à Ceylan (aux jardins botaniques de Henaratgoda) 7.000 graines. Les 457 beaux arbres qui restaient en 1887, furent les parents du demi-milliard d'Heveas qui couvrent actuellement plus de {rois millions d'hectares de plantations.

Pour apprécier le bien-fondé de la technique rudimentaire, qui a présidé à cette expansion colossale, il faut insister sur sa rapidité et sur les conditions économiques, de jour en jour plus difficiles, auxquelles le planteur eut à faire face.

On estime qu’au début du siècle, les surfaces plantées ne couvraient pas mille hectares. En 1904, elles atteignaient 20.000 hectares; er 1910, 600.000; en 1926, 2.500.000.

Le prix moyen du caoutchouc était voisin de :

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Ce fut alors la chute continuelle des cours, qui atteignirent en 1932 le plus bas cours de 0/1,5 par Ib.

Nous avons donc affaire à une industrie très jeune, qui a oscillé depuis sa naissance, entre les périodes d’opulence (développements fiévreux et hâtifs) et les périodes de crises graves. Ïl n’y a pas eu de longues périodes stables, permettant des études et recherches d’une ampleur suffisante.

Dans ces conditions, il n’y a pas lieu de s'étonner que les considérations abstraites et à échéance lointaine aient été négligées au bénéfice d’un présent impérieux.

ELÆIS GUINEENSIS, Jacqa. (Palmier à Huile).

L'introduction de l’Elæis Guineensis en Extrême-Orient remonte à 1848. Deux des quatre graines plantées à la station de recherches de Buitenzorg, à Java, provenaient des îles Maurice ou Bourbon; les deux autres provenaient du Jardin Botanique d'Amsterdam.

Des graines furent distribuées aux planteurs pour essai, dès 1859. Toutefois, la première plantation ne date que de 1910. Elle fut ouverte à Sumatra sous l'impulsion de M. À. Hallet, promoteur de la culture de l’Elæis en Extrême-Orient. La plus grande partie des graines utilisées provenaient d’ailleurs des sélections ramenées du Congo par le groupe Hallet, devenu depuis le groupe de la Société Financière des Caoutchoucs.

En 1911, le même groupe importait quelques graines de Sumatra, en Malaisie britannique, et créait la Plantation d’essai de Rantau Panjang.

Actuellement, il y a plus de 100.000 hectares d'Elæis en

Extrême-Orient, dont 95 % ne furent plantés qu'après la guerre.

B. — TENDANCES, SYLVICOLES

Ces deux cultures malaises qui nous intéressent sont donc très jeunes. Dans les deux cas, on a essayé d’acclimater une espèce forestière à un habitat complètement différent.

Les principales conditions pour l’expansion rapide étaient la simplicité des méthodes et la facilité de contrôle de ces superficies immenses, dirigées par une poignée d'hommes (On en arrive même à dépasser le chiffre de 1.000 hectares par planteur européen.)

Le défrichage consistait en un incendie de la forêt, aussi

complet que possible. L'entretien : un sarclage intégral, dit « propre », exposait le sol nu aux rayons solaires. La matière humique ne put évidemment résister à tous ces traitements, et la fertilité décrut. Dans les terrains accidentés, l'érosion fit des dégâts graves, déclenchant une régression des cultures.

De 1920 environ, date en Malaisie, l'introduction du « Silt- Pitting >: digues, petits drains de contour, terrasses ouvertes à flanc de colline, pour retenir les eaux de ruissellement.

Plus tard, se développait avec une faveur croissante un sarclage, dit « sélectionné ». Quelques herbes, de faible développement, en majorité des graminées, genre Paspalum, étaient tolérées pour retenir le sol.

Ces deux mesures, heureuses dans l’ensemble, donnèrent des résultats irréguliers. Elles réduisirent le lavage, arrêtèrent ou ralentirent les dégâts, mais, en aucun cas, ne rendirent au sol presque stérilisé, sa fertilité perdue.

Vers 1926-28, la fortune des plantes légumineuses s’affirma en Malaisie. Les résultats remarquables obtenus à Ceylan, à Java, puis à Sumatra, et en Malaisie même depuis 1922, incitèrent les planteurs à couvrir de Calopogonium, puis de Centrosema, de Vigna, enfin de Pueraria, leurs jeunes cultures.

Comme nous l’exposerons en détail, ces légumineuses, importées pour la plupart, ont donné en Malaisie des résultats très inégaux. Si l’on a pu considérer, souvent à tort, le problème résolu en ce qui concerne la couverture des jeunes cultures, il est resté à peu près entier pour les vieilles cultures. Les changements dans l’éclairement du sous-étage de la plantation en croissance, déterminent des conditions de vie défectueuses pour ces légumineuses qui aboutissent à l’érosion et à une régression du sol.

Bon gré mal gré, le planteur a donc été obligé d'admettre que, s’il voulait garder à son sol sa fertilité première, 1l lui fallait admettre une couverture de plantes non légumineuses. Celles-ci doivent pousser d’une façon relativement spontanée, être d’exigences faibles, de contrôle facile et de valeur améliorante pour le sol.

Après de longs errements, la technique des plantations tendrait donc à remettre l’'Hevea ou le Palmier dans son habitat original, c’est-à-dire la forêt, et cela paraît logique. Les diffcultés d'exploitation économique rendent le choix des plantes à adopter pour cette association artificielle, une affaire extrémement délicate. On peut prévoir de nombreuses années avant d'atteindre à la solution idéale, ‘qui variera d’ailleurs suivant le cours du produit.

On sait que l’'Hevea, dans la forêt brésilienne qui réalise ses conditions naturelles de vie, ne se trouve jamais qu'en petits groupes de quelques unités espacées. L’ obliger à à vivre en plantations monotypes, maintenues en un certain état de propreté du sol, réalisera toujours pour cette espèce, des conditions très artificielles de vie. Ce n’est pas une raison cependant pour ne pas essayer de lui adjoindre des plantes satellites présentant un avantage par rapport au sol nu. On pourrait peut-être, à cet égard, multiplier les essais. C’est l’idée qui nous a guidée dans ce travail.

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