‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 6 sur 121 · C. — MÉTHODES FORESTIÈRES · texte numérisé non relu

C. — MÉTHODES FORESTIÈRES

À ce sujet il convient de rendre hommage à un forestier Danois, M. Birkemose, qui fut le premier, en Malaisie, à apporter à la sélection des plantes adventices une méthode concrète, suivie de résultats pratiques indiscutables. Méthode et résultats sont indiqués dans un rapport du Rubber Research Institute (1932, p. 57).

Au cours d’une visite à Shanghai Pahang Estate, le 11 avril 1932, M. Birkemose nous a exposé ses moyens de sélection qui peuvent se résumer comme suit :

a) Ve pas toucher au sol : éviter le « silt-pitting » (fosses à limon) et ne pas utiliser d'outils dans la suppression des mauvaises herbes.

b) Supprimer l'érosion et aérer le sol par des plantes à racine pivotante, en couvertures étagées.

c) Ne tolérer aucune plante aoûtée, à racines fasciculées et à tige traçante.

d) Supprimer les plantes acides. M. Birkemose classait comme plantes acides celles dont la sève faisait virer au rouge l'indicateur universel B. D. H. (British Drug House). (Cette méthode est d’ailleurs peu adéquate.)

e) Encourager les plantes à nutrition nitratée. M. Birkemose utilisait à ce propos la réaction de la Diphenylamine sur la sève de la plante.

f) Utiliser provisoirement les plantes à nutrition ammoniée. M. Birkemose n'avait pas, nous a-t-il semblé, de méthode chimique à ce sujet. Il suivait simplement son expérience de forestier.

g) Aider le reconditionnement des sols « acidifiés » par couverture défavorable, grâce à une légère application de chaux:

600 à 1.000 kgs à l’hectare.

‘JNJUJSU] Y21D0S2Y I19QQN0Y np J1oOddNI np 2Jin1JXo OoJoY4

(OLBUEUTPI JUOWOATIUOI 9p%}S un & onbrd£} 098v)9 oinyroAno") ‘2SOUWOMHILT “I 2P SOI91JS010J S2POU)ON

h) Laisser pousser fous les jeunes sauvageons d'Heveas tant qu'ils ne sont pas aoûtés. Les casser quand ils aoûtent, sauf les plus vigoureux qui seront greffés et remplaceront éventuellement les vieux arbres.

Le rajeunissement de la plantation devient un phénomène naturel et progressif.

Les vieux arbres, qui ne produisent pas assez, sont « cerclés » à la hache (assez profondément dans le bois) et ils tomberont d'eux-mêmes.

1) Aucun contrôle phytopathologique n’est appliqué. La

nature fait son œuvre intégralement, donnant la préférence aux individus les plus robustes.

Un champ de quelques hectares, qui avait dû être retiré de la saignée trois années auparavant (écorce trop dure, rendement inférieur à 300 kgs-Ha., canopie en régression), donnait au moment de notre visite 800 kgs-Ha, et de la base des branches mortes, une nouvelle canopie très fournie s'était développée.

Cette étude n’a pas pour but de critiquer la méthode et de montrer ses inconvénients pratiques considérables si on devait l’appliquer intégralement sur des plantations de 4.000 à 10.000 hectares.

Nous n’avons pas non plus l'intention de discuter la valeur scientifique des essais de M. Birkemose. Nous les avons seulement considérés comme un appoint remarquable à la justification des théories de conservation et de régénération du sol. Nos études sur l’état et les besoins de nos sols étaient déjà assez avancées à l’époque de notre visite, principalement grâce à d'innombrables expériences d’engrais et de couverture, et aussi grâce à une cinquantaine d'analyses de sols que le « Rubber Research Institute » et le Département de l'Agriculture de Kuala-Lumpur ont eu l’amabilité de faire pour notre compte, avant l’ouverture de notre laboratoire d’analyse.

D. — PLAN DE L'OUVRAGE Il est étudié dans ce travail : les plantes de couverture

Légumineuses ou non-Légumineuses sous leur aspect physiologique et chimique, en rapport avec le sol qui les porte. Le

but est d'améliorer ou, tout au moins, de conserver à ce sol sa fertilité naturelle.

IT

UT

Cette étude est divisée en cinq parties

L'introduction qui expose les conditions pédologiques, climatologiques, les facons culturales et l’état des sols qui en résulte.

Une étude sociologique des plantes non légumineuses et un essai de classification d’après leurs caractères favorables.

Une étude des plantes légumineuses utilisées et utilisables, comprenant une étude critique sur leur valeur améliorante. Une étude sur l'effet de l'acidité des plantes sur leur sol. Une étude sur la valeur humifiante des plantes et une contribution chimique à la discrimination des plantes adventices.

Les deux dernières parties ont particulièrement en vue la

recherche de critériums chimiques élémentaires dont l'emploi sera apte à simplifier le travail de sélection.

Page 1