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HABITATION ET CONDITIONS D'EXISTENCE

J'ai examiné plusieurs centaines de jeunes Labres, dont le plus petit léposphilé avait 6 centimètres de long. Parmi ce nombre, j'ai trouvé seulement deux poissons attaqués des deux côtés, chaque tumeur contenant un parasite. Les autres étaient piqués tantôt à droite, tantôt à gauche, mais de préférence à droite. d’ai trouvé sur

cent Vieilles jeunes en moyenne 43 individus léposphilés, 27 à droite, 16 à gauche.

DS ur Es NS ER ET CENT

TS

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J'en ai trouvé en tout deux qui présentaient une tumeur de chaque côté et dans un envoi de Labres fait, en Janvier 1877, par l’entremise de M. le Docteur Denis à Roscoff,

j'ai rencontré deux femelles adultes dans la même tumeur.

La tumeur se voit en effet, comme le dit et dessine M. Hesse, toujours au pre-

mier tiers de la longueur totale du poisson, mais foujours sur la ligne latérale.

Il y a lieu ici de rectifier une erreur, commise par M. Hesse dans le travail cité. Le parasite ne creuse point un canal entre les deux lamelles superposées d’une écaille quelconque ; il s’introduit tout simplement dans le canal des écailles de la ligne latérale, toujours de la même manière, en se glissant dans la partie évasée de ce canal qui est tourné vers le bord antérieur de l'écaille. On verra, par conséquent, en faisant la préparation avec soin, le parasite toujours dans la même position, savoir, la tête

tournée vers le bord libre de l’écaille et la queue tournée du côté de la tête du poisson.

M. Hesse a parfaitement dessiné, dans la fig. 20 de sa planche, une écaille ayant un canal simple ; il ne s’est seulement pas aperçu, que toutes les écailles de la ligne latérale ont absolument la mème structure et que le canal ainsi que les trous « à l’'emporte-pièce », qu’il attribue au travail du parasite, sont dans la structure normale

des écailles de la ligne latérale (1).

Mais ce ne sont que les très-jeunes femelles, n’ayant encore point de progéniture, qui se trouvent ainsi logées dans une seule écaille à canal normal et intact. Les mouvements du parasite, son accroissement et ses progrès d’une écaille à l’autre déterminent sans doute une sorte d'inflammation chronique de la membrane qui tapisse le canal, et par suite une dégénérescence de l’écaille, que je crois pouvoir comparer à une exostose, tout en convenant que nous n’avons pas ici affaire à un véritable tissu osseux. La membrane du canal s’épaissit, en effet, et devient opaque par suite d’une sécrétion purulente qui remplit le canal et entoure le parasite, lequel, évidemment se nourrit de cette sécrétion. Les parois du canal s’épaississent en même temps, s'élèvent

et forment une espèce de voûte, que M. Hesse a très-bien comparée à la valve d’une

(1) Dans son travail sur le Colobomate (Annales des Sciences naturelles, cinquième série, vol. XVII). M. Hesse a rectifié en passant l'erreur commise sur l’habitat des Léposphiles. Mais le dessin qu’il donne de la tumeur dans son mémoire primitif, montre cette tumeur placée au-dessus de la ligne latérale. (L. c., pl. 9, fig. 17).

Anomie. On voit facilement, que cette voûte semi-circulaire, semblable à un turban irrégulièrement ouvert au sommet (Tab. IL, fig. 10) est de la mème substance que l’écaille, on y trouve les mêmes stries d’accroissement. Cette voûte est posée sur la face externe de l’écaille et s’en détache assez facilement. Elle ne semble retenue que par la membrane épaissie qui tapisse le canal et se continue dans la poche cutanée de l’écaille même. En mème temps les cellules pigmentaires rouges, qui se trouvent toujours en petite quantité dans la poche cutanée renfermant l’écaille, augmentent en nombre, et font disparaître les cellules pigmentaires jaunes, brunes et vertes, qui s’y

trouvent, à tel point que toute la tumeur paraît d’un rouge vif et même d’un rouge

brun foncé.

La première écaille attaquée ne reste pas seule. La femelle, en grandissant, se porte évidemment dans une seconde et même une troisième écaille latérale, toujours en avançant d’avant en arrière ; mais je n’ai jamais trouvé plus de trois écailles garnies de voûtes morbides. J’ai dessiné un cas pareil dans la fig. 11, pl. IL. On trouve alors dans la voûte de l’écaille postérieure, la femelle très-grossie avançant son postabdomen dans la voûte de l’écaille du milieu, et dans la troisième écaille antérieure se rencontrent alors presque toujours deux paquets d'œufs déposés par elle, et, dans

des cas assez rares, le mâle microscopique.

La modification morbide ne se borne pas seulement aux écailles de la ligne latérale. Les écailles non canaliculées des séries, qui bordent immédiatement la série d’écailles canaliculées, éprouvent par la pression, qu’exerce sur elles le soulèvement des voûtes parasitiques, une resorption lente; leur bord tourné vers la tumeur s’échancre en forme de demi-lune. On trouve ordinairement deux, rarement trois écailles

échancrées de la sorte dans les deux séries attenantes à la tumeur.

J'ai trouvé de grosses tumeurs dans lesquelles il n’y avait plus ni parasite, ni œufs. On peut suivre sur des Labres la cicatrisation de la tumeur après la sortie du parasite. Les voûtes ne tiennent plus solidement au plat de l’écaille ; elles se détachent comme un anneau ; plus tard elles deviennent friables, tombent en morceaux, s'émiettent et sont sans doute détruites par le frottement des poissons contre des pierres. La tumeur doit en effet provoquer une sorte d’irritation, car on voit fréquemment les

poissons léposphilés se frotter avec le côté malade, contre les parois et le fond de

ki

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de l’aquarium, comme s'ils voulaient enlever ainsi quelque chose qui leur cause du

désagrément.

Nous pouvons donc nous résumer en disant que le Léposphile des Labres habite toujours le canal dit muqueux latéral du poisson dans sa partie antérieure, et qu'il y

produit, par l’inflammation des parois, une tumeur exostotique.

DU MALE

{ Tab. I, fig. 1 à 4; Tab. II, fig. 6 et 7.)

Il faut admettre en thèse générale, lorsqu'il s’agit de déterminer les affinités des Crustacés parasites, que les mâles ont conservé de préférence les caractères propres à cette détermination. Les femelles sont toujours plus avancées en parasitisme, toujours plus soumises à cette rétrogradation, dûe à l'influence de ladaptation à cette vie particulière d'un côté et aussi causée par le développement de la progéniture, dans lequel se résume finalement leur travail économique presque en entier. Îl en est autrement du màle. Celui-ci est toujours plus libre dans ses allures; ses organes des sens, ses appareils locomoteurs sont toujours mieux conservés que dans la femelle, et comme les affinités des Crustacés se jugent de préférence par le développement de leurs appendices, antennes, paties-mâchoires, pieds, ete., il est clair que l'étude du màle peut souvent nous révéler des rapports, dont nous chercherions vainement la trace chez les femelles. Les mâles des Crustacés parasites ont en outre le privilége, qu'ils présentent le plus souvent des traits larvaires dans leur organisation, propres encore à jeter du jour sur les affinités qui peuvent les rapprocher à d’autres formes larvaires semblables. Chez le Léposphile en tout cas, on se trouverait entièrement livré au hasard pour en déterminer les affinités, si on ne connaissait le mâle, entièrement différent de la femelle et, pour le dire de suite, entièrement inconnu à M. Hesse, qui n’a étudié que la femelle.

Ceci n’est guère étonnant. J'avais déjà retiré une vingtaine de femelles de leurs

tumeurs, lorsque je trouvai pour la première fois dans le mucus entourant les paquets

d'œufs, un petit être filforme, transparent, long d’un demi-millimètre, qui n’était visible, à la loupe, que par ses mouvements agités. L’ayant examiné au microscope, je croyais d’abord avoir devant les yeux une forme larvaire et je fus d’autant plus confirmé dans cette opinion erronée, que je découvris en même temps, dans la femelle, un réservoir rempli de zoospermes, qu'on pouvait envisager comme un testicule. J'étais donc persuadé, pendant quelque temps, que le Léposphile était hermaphrodite, ce qui aurait constitué une exception dans le groupe dont il fait partie, et que l’individu presque microscopique que J'avais sous les yeux était une forme larvaire, intermédiaire entre le Léposphile adulte et le Nauplius. Ce n’est que plus tard, lorsque je trouvais un autre individu, ayant la même forme et la même grandeur, mais qui avait

le corps rempli de zoospermes, que je reconnus mon erreur.

Le mâle est assez rare. Dans la seconde moitié du mois de septembre et les premiers jours du mois d'octobre, où j’examinais journellement une dizaine de Vieilles, je ne l’ai trouvé que huit fois. Sept fois, il était seul; une seule fois, j'ai rencontré le mâle dans la voûte vers laquelle s’étendait la queue de la femelle et où se trouvaient aussi les œufs déposés par celle-ci; une fois, le 18 septembre 1876, j'ai examiné un mâle qui n'était pas encore arrivé à son développement entier. La plupart des mâles rencontrés avaient entièrement vidé leurs organes génitaux ; mais le 1er et le 4 octobre, j'en ai examiné deux qui avaient les organes remplis de machines séminales et de zoospermes. Je suppose, en me fondant sur quelques détails que je rapporterai plus loin, que le mâle entre dans la loge de la femelle sous une forme larvaire, qu'il ychange de peau, s’accouple et meurt bientôt après, tandis que la femelle continue à vivre et

à féconder ses œufs au moyen des zoospermes contenus dans le réservoir spermatique.

La forme du mâle est assez singulière. Il se présente ordinairement sous le microscope couché sur le côté (Tab. H, fig. 4), la tête et le thorax inclinés, sous un angle de 30 degrés à peu près, vers la face ventrale. Les principaux mouvements consistent en de violentes nutations de la partie inclinée. Il étale aussi de temps en temps ses pattes natatoires et rampe ainsi avec assez de célérité. L’intestin est toujours en mouvement, comme celui de la femelle ; il exerce des contractions comme un corps de pompe et je ne doute pas que ces mouvements ont quelques rapports avec la respiration, comme

c’est le cas chez beaucoup de Crustacés inférieurs.

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Le corps entier est composé d’une tête en forme de bouclier, portant les traces d’une division transversale en deux anneaux, de deux anneaux thoraciques et de huit

anneaux abdominaux.

La surface dorsale du bouclier céphalique fa) (Tab. I, fig. 2) est presque plane, les côtés latéraux un peu recourbés en dedans, de sorte que le tout présente, vu d'en haut, la forme d’une ellipse coupée transversalement au milieu. Vue de côté (Tab. T, fig. 4), la tète se présente comme un dé à coudre, dont on aurait enlevé la moitié par une coupe horizontale et longitudinale suivant son axe. Au milieu de la longueur, un peu en avant d'une ligne de séparation chitineuse intérieure, se trouve, enchassé profondément dans les tissus, l’œil rouge central /b), formé de deux moitiés confondues dans la ligne médiane et présentant, sur chaque moilié, deux éminences (crystallins ou cornées), transparentes, ayant un reflet nacré en bleu et dirigées l’une en avant, l'autre en arrière.

La tête n’est pas assez transparente pour qu’on puisse étudier convenablement les organes qui se trouvent dans son intérieur. De puissants muscles, se rendant depuis la cloison intérieure indiquée vers les deux paires d'antennes, les pattes-mâchoires et vers les anneaux thoraciques, couvrent du reste les organes, tels que le système nerveux, qui doivent être logés dans le voisinage de l’œil, mais que je n’ai pu délimiter clai-

rement.

À la face ventrale du bouclier (Tab. I, fig. 3) sont attachées quatre, sinon cinq

paires d'appendices latéraux et un appendice impair, la lèvre supérieure.

La première paire d'antennes (c) est fixée près du bord frontal, mais sur la face inférieure du bouclier. Elle se compose de six articles, dont les trois premiers sont plus effacés et forment une sorte de grosse tige, tandis que les trois derniers, plus accentués, mais diminuant graduellement de volume, forment la terminaison. Toute l'antenne est garnie de courtes soies raides, qui s’allongent un peu à la terminaison,

mais paraissent simplement chitineuses, sans présenter des petits boutons au bout.

La seconde paire d'antennes (dj), plus puissante, est insérée immédiatement derrière la première et se trouve composée de trois articles. Les deux premiers sont

massifs, dégarnis d’épines, le troisième porte quatre épines articulées et courbées, qui

peuvent s'opposer de façon à agir comme des pinces. L’animal les porte ordinairement recourbées de manière à rapprocher les épines de la bouche. Ces organes servent sans

doute à accrocher la femelle.

À la base de ces antennes et du côté interne, se trouvent, très-cachés et difficilement visibles sur l’animal vivant, deux forts petits appendices mobiles fe), formés par un article basilaire presque globulaire et un crochet terminal très-mince, transparent et à peine courbé. Faut-il considérer ces organes comme une {roisième paire de membres et les faire dériver, par conséquent, de la troisième paire des appendices du Nauplius? Je ne le pense pas; je suis tenté plutôt de les rapprocher de ces fouets ou filaments, probablement tactiles, que l’on rencontre à la même place chez beaucoup de Nauplius, par exemple, ceux des Cirrhipèdes. Ils ne me semblent pas, en tout cas, provenir de la transformation ultérieure de la troisième paire d’appendices primitifs du Nauplius, tandis que les deux premières paires d'antennes sont bien des transformations de ces membres primitifs et larvaires. Peut-être aussi pourrait-on considérer ces appendices comme l’une des branches devenue libre et indépendante, de la seconde

paire d'antennes du Nauplius, laquelle est, comme on sait, toujours biramée.

Un peu en arrière des antennes postérieures se trouve une forte barre chilineuse transversale /f{), laquelle avec ses extrémités antérieures recourbées vient soutenir le

squelette chitineux de ces antennes.

L'appareil buccal [q), dont font partie les deux paires de membres suivantes, s'élève au-dessus du plan général de la face inférieure du bouclier céphalique, de manière que

dans la vue de profil toute cette partie forme un mamelon assez large.

En avant et au milieu de ce mamelon, se trouve, profondément encaissée entre les deux premières pattes-machoires, la lèvre supérieure ([h) sous forme d'une lamelle mince, attachée par son bord droit antérieur et présentant en arrière un bord semicirculaire nettement accusé. Au-dessous de ce chambranle se cache l’ouverture buccale, parfaitement ouverte et laissant passer les contenus de l'intestin, lorsqu'on soumet

l'animal à une pression assez forte.

Sur cette lèvre et en arrière d'elle se croisent deux énormes crochets fi) fortement

recourbés en dedans, allongés et pointus, dont les doubles contours légèrement jaunis

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annoncent une très-forte constitution chitineuse et qui sont articulés, par des ginglymes puissants, sur un article basilaire très-épais, garni de muscles épais et soutenu par une forte charpente chitineuse. C’est la première paire de pattes-mâchoires ou les mandibules, résultant évidemment de la troisième paire transformée des membres larvaires du Nauplius, dont la partie basilaire est presque sans exception utilisée, dans le développement ultérieur de l’animal, comme instrument de mastication, tandis que les extrémités, primitivement garnies de soies natatoires, sont rejetées dans la suite des transformations.

Un peu en arrière de cette première, se trouve une seconde paire de pattes-màchoires, les mâchoires proprement dites /k), composées d’un article basilaire cylindrique et d’un second article muni de deux faibles crochets, dont la convexité est

tournée en avant. L

Ces deux paires d’appendices buccaux sont toujours infléchis vers la ligne médiane

de manière à se croiser sur la bouche.

Les deux articles thoraciques (2 et 3) qui suivent après le bouclier céphalique, peu mobiles entre eux, mais assez indépendants dans leurs mouvements d’un côté de la têle et encore plus de l'abdomen, portent à leur face ventrale deux paires de pattes natatoires (l et m) de structure identique. Chacune de ces pattes est composée d’un article basilaire arrondi, de forme ovalaire, et de deux branches terminales aplaties formée chacune de deux articles. La branche antérieure porte à son extrémité trois forts crochets articulés, en forme de griffes, tandis que la palette terminale de la seconde branche est garnie sur tout son pourtour de fortes soies courbées qui augmentent en longueur d’arrière en avant, et sont garnis de fins cils natatoires. Le premier article de cette branche porte même, à la première patte, quelques courtes pointes sur son bord extérieur et c’est là le seul détail par lequel les deux pattes diffèrent entre elles.

Ces deux pattes servent de préférence à la locomotion. L’animal peut les étendre latéralement de manière que les branches terminales dépassent les bords de son corps; ordinairement il les porte repliées sous le ventre. Il rampe, comme je l’ai déjà dit, sur le ventre ou sur le côté en agitant vivement ses pattes, mais jamais je ne l'ai vu nager. J’ai représenté, sur la figure 3 de la première planche, ces pattes relevées d’un

côté et abaissées de l’autre.

Le second article thoracique porte encore, sur la face dorsale, deux appendices particuliers. Vus de profil, ces appendices dorsaux (n) se présentent sous la forme de deux ailes aplaties, fortement crochues, dont l'extrémité courbée est tournée en avant, tandis que leur base est attachée, sous le bord du second article thoracique, à la membrane qui relie cet article avec le premier article abdominal. Lorsqu'on voit l'animal de dos (Tab. [, fig. 2), les deux ailes se présentent sous forme de deux lames étroites,

appliquées étroitement au corps.

Ces deux appendices aliformes rappellent, sous quelques points de vue, les appendices dorsaux naissants des jeunes Notopterophorus, parasites des Ascidies, etils sont évidemment homologues aux élargissements thoraciques qui se développent chez la femelle pour héberger les œufs. Je ne leur ai jamais vu des mouvements ; ils semblent seulement formés d'une lamelle de la peau, mais ils peuvent peut-être aider le mâle,

lorsqu'il rampe dans le canal latéral des écailles, en formant des points d’appui.

Sur la face ventrale des deux articles thoraciques et dans la ligne médiane se trouvent encore des pièces chitineuses /o/ terminées en pointe mince en arrière. On

voit des pièces chitineuses semblables chez les Caligus et autres Crustacés parasites.

Nous avons dit que l'abdomen était composé de huit articles. Chacun de ces articles est construit de la même manière en ce sens, que tous sont reliés ensemble par des membranes très-lâches, et qu’ils sont des cylindres évasés en arrière de manière qu’ils peuvent être rentrés et sortis comme les pièces composant une longue vue. Le

premier, second et dernier article offrent seuls des particularités de structure.

Quant au premier, on y trouve, rapprochés de son bord postérieur, deux pattes rudimentaires (p) dont les articles basilaires s'élèvent à peine au-dessus de la peau comme deux petits mamelons et qui portent, sur leur bord libre, trois soies écartées, mais courtes.

Sur le second article, on voit, lorsque l’animal est posé de profil, l’orifice génital de forme circulaire /g).

Le dernier article est très-long, conique, et se termine par deux branches, sem-

blables presque aux fausses pattes d’une chenille fr). Chacune de ces branches porte

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cinq soies, dont deux très-longues et dirigées avec deux soies plus courtes, en arrière, tandis qu’une cinquième soie plantée plus en avant sur l’article, est dirigée oblique-

ment en avant.

Quant aux dispositions anatomiques des organes internes, nous n’avons que trèspeu à dire. L’intestin (s), rempli ordinairement de substances fécales brunâtres, se . dessine depuis la partie postérieure du bouclier céphalique jusqu’à l’extrémité postérieure comme un boyau droit, appliqué à la face ventrale et ne présentant qu’à son extrémité postérieure, avant de passer au rectum, un faible élargissement en forme de poire. L’intestin buccal, incolore, ne se laisse que très-difficilement apercevoir à l’endroit de son insertion vers l’extrémité antérieure du boyau droit, avec lequel il forme un angle obtus. Son commencement vers la bouche est caché sous les muscles et échafaudages chitineux épais des pattes-mâchoires. Le rectum est attaché comme d’habitude, par quelques fibres musculaires aux parois du corps; l'anus (Tab. IT, fig. 6) se trouve sous forme de tente linéaire et plutôt du côté dorsal entre les branches termi-

nales du dernier article.

Les organes génitaux (t) sont formés de deux grands boyaux, très-transparents, qui remplissent tout l'abdomen et présentent des renflements successifs dépassant la ligne médiane en alternant de droite à gauche. On voit dans leur intérieur des pelottes ondulées de zoospermes et des machines spermatiques. Vers l'extrémité postérieure, ces boyaux présentent au bout quelques petits renflements circulaires ; ce sont sans doute ces élargissements qui jouent le rôle de testicules, comme c’est le cas aussi chez les Branchipus. On peut suivre les conduits spermatiques très-élargis jusque vers Île premier anneau thoracique où ils se terminent probablement en culs-de-sac. L'orifice génital se trouve sur le second anneau thoracique ; je n’ai pu le voir que dans la position de l'animal sur le côté et il semble dépourvu d’un entourage chitineux semblable

à celui de la femelle. (Tab. 1, fig. 4, g).

Les zoospermes, tantôt réunis en groupes stellaires par leur queue, tantôt libres dans la partie supérieure de ces boyaux, sont emprisonnés, dans la partie postérieure, dans des machines spermatiques semblables à celles du Cyclope castor. Après avoir coupé un mâle en deux, j'ai pu faire sortir par une pression modérée une de ces machines, dont je donne un dessin. (Tab. I, fig. 4). Elle est en forme de bouteille

très-allongée et à cou étroit — au fond fermé postérieur se trouve une accumulation de substance plus opaque et grenue, qui gonfle sans doute par absorption de l’eau; la bouteille elle-même est remplie de zoospermes qui s’agitaient vivement et qui s’en

allaient par ie goulot. Après quelques minutes, la bouteille s’était vidée complétement.

Les zoospermes sont très-longs et minces, diminuant insensiblement vers la queue, par laquelle beaucoup d’entre eux étaient réunis ensemble en groupes stellaires ou en faisceaux. On les retrouve sous la même forme dans le réceptacle de la femelle. Ils paraissent un peu aplatis en ruban, de manière que dans leurs ondulations on aper-

çoit souvent comme des nodosités passagères.

Je ne dois pas oublier que j'ai trouvé une seule fois un mâle, tout semblable du reste aux autres, sur lequel je ne comptai que six articles abdominaux au lieu de huit. Pour tout le reste, il était absolument conformé comme les autres. Je me suis bien assuré du fait, qui m'a beaucoup frappé. Mais comme je trouvai, dans le mucus dont ce mâle était enveloppé, quelques dépouilles mutilées, entre autres un morceau d'une palette mince, garnie de soies très-longues et semblable à la palette dite respiratoire des pattes des Daphnies, je me crois en droit de conclure que le mâle entre dans la retraite de la femelle sous une forme larvaire différente et qu'il doit y subir une on plusieurs mues, pendant lesquelles le nombre de ses articles abdominaux augmente sous l'influence du développement des organes génitaux. Ce mâle raccourci ne contenait, en effet, aucune trace de zoospermes et je me suis vainement efforcé d’y distinguer, entre les

muscles puissants qui relient les anneaux, les vestiges des organes génitaux non encore développés.

DE LA FEMELLE

(Tab. I, fig. 5 à 8; tab. IT, fig. 1 à 5 et fig. 8.)

La femelle adulte est, sauf le Nauplius, la seule forme connue jusqu’à présent et décrite par M. Hesse. J'aurais à ajouter, à la description donnée par cet auteur, quelques détails importants de la structure intérieure, ainsi que la description de la jeune

femelle non encore fécondée.

PHILICHTHYDES 17

La tumeur une fois reconnue, la femelle n’échappera guère à l’observateur muni d'une loupe. On enlève, par quelques coups de ciseau, la partie de la peau dans laquelle se trouve la tumeur et après l’avoir étalée sur une plaque de verre, on arrache les écailles du voisinage, et enfin celles qui prennent part à la tumeur. Le parasite se fait aisément connaître par la couleur toujours foncée, dans la plupart des cas entièrement noire, de son intestin; le plus souvent, 1l reste retenu dans la voûte de l’écaille arrachée, qu’il habite, dont on l’enlève facilement avec un pinceau ; ou bien il glisse,

par la secousse de l’arrachage, dans la cavité produite où il s’agite vivement.

Il est plus difficile de le trouver sur des poissons conservés à l’esprit de vin. La couleur rouge de la tumeur y disparait souvent en entier; les écailles tiennent plus fortement. Les substances muqueuses, semi-transparentes et gluantes pendant Ja vie, se sont coagulées en enveloppant et retenant les objets et les mouvements du parasite ne le font plus distinguer entre les morceaux de peau colorée en rouge et en noir. Le hasard m'a fourni un moyen expéditif pour trouver le parasite facilement. Voulant étudier les pièces chitineuses de la bouche, j'avais traité quelques exemplaires à la potasse caustique, et je m’aperçus qu'ils étaient extrèmement résistants à ce réactif. Une cuisson prolongée pendant une demi-heure dans une solulion de potasse causlique à 1 °/, n'avait pas encore entamé la structure de Panimal. J'eus l’idée de profiter de cette expérience. On fait cuire, pendant quelques moments, le morceau de peau contenant la tumeur, dans une solution de potasse caustique de la force indiquée. Après 10 minutes, les écailles sont désa

grégées, les tissus fibreux dissous et le parasite

mis à nu et facilement reconnaissable.

La femelle adulte peut atteindre 6 millimètres de longueur — je n’en ai jamais vu, à Roscoff, de 10 à 12 mill. de long, comme celles trouvées à Brest par M. Hesse. Les jeunes femelles portent toujours la tête inclinée vers la face abdominale et l’abdomen relevé vers le dos, de manière à former une courbure semblable à celle d'un S. Les femelles adultes montrent cette courbure moins prononcée, mais elle se fait

cependant toujours remarquer.

M. Hesse compte six anneaux abdominaux et cinq anneaux thoraciques outre la

tête, et si l’on n’avail connaissance que de la femelle, cette manière de compter serait

assez exacte. Mais en vue de la conformation du mâle, il faudra envisager les anneaux

autrement par rapport à la distribution générale du corps.

La tête fa) en forme de cône tronqué et arrondi en avant, porte à peu près au milieu l’œil rouge /b), conformé comme dans le mâle; elle porte à sa face ventrale et dans une position reculée, les antennes /c) très-petites et cachées dans une anfractuosité profonde entre la partie avancée de la tête et lappareil buccal, /g) lequel

constitue une espèce de trompe large et courte.

Après cette tèle, dont la division primitive en deux anneaux n’est plus indiquée comme dans le màle, suit un anneau cylindrique à peine plus large que la base de la tête et qui porte chez la jeune femelle une soie très-courte sur la face abdominale, reste évidemment d’un pied larvaire rudimentaire. Cet anneau est séparé de la tête par une ligne peu marquée et souvent effacé. Mais en revanche, la séparation d’avec

l'anneau suivant est bien marquée.

Cet anneau représente, suivant ma manière de voir, le premier anneau thoracique du mâle (2).

Vient ensuite une partie du corps, considérablement élargie et composée de trois segments, qui ne sont indiqués, dans la femelle adulte, que par trois plis légers sur la face ventrale. En voyant la femelle adulte de profil, on voit cette partie gorgée d'œufs placés les uns à côté des autres, et cachant entièrement la continuation du canal intestinal, très-visible comme un ruban noir dans les deux anneaux qui précèdent. En plaçant cependant la femelle un peu de trois quarts (PI. I, fig. 5), on s'aperçoit que cette parie élargie n’est pas une tuméfaction générale du corps, mais qu’elle est composée plutôt de deux expansions larges et épaisses, au milieu desquelles on voit un centre d'attaches pour des fibres musculaires, qui rayonnent dans toutes les directions. En plaçant la femelle sur le ventre (PI. [, fig. 6), on voit que l'intestin /s), considérablement élargi sous forme de fuseau, occupe le centre du corps, tandis que les œufs

sont accumulés dans les expansions latérales.

Cette structure s’explique par l'étude des jeunes femelles (Tab. [, fig. 7), chez lesquelles les organes génitaux ne sont pas encore développés et où les œufs, réunis en

paquets énormes, n’obstruent pas encore toute cette partie du corps. On voit alors dis-

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tinctement, que le premier anneau de cette partie porte deux expansions latérales arrondies {x), membraneuses, aliformes, et que ces expansions sont séparées, par une profonde incision, d’expansions semblables, plus hautes et plus larges /n'/, qui occupeut, sans division appréciable, la face dorsale de ces deux derniers anneaux. Le jeune animal rapproche et étale ces expansions absolument comme un papillon venant d’éclore, essaie ses ailes à demi étendues. On ne voit, dans ces expansions, que des traînées de substance non encore différenciées, entourant des espaces plus claires comme des vacuoles. Chacun de ces deux anneaux porte-ailes est muni, à la face ven-

trale, d’une soie très-courte, rudiment d’un membre.

À la suite de cette partie élargie viennent six anneaux, dont les cinq premiers sont semblables entre eux; ce sont des courts cylindres tronqués, diminuant graduelle-

ment, et pouvant s’emboîter comme les anneaux correspondants, du mâle.

Le second de ces anneaux porte des deux côlés, mais rapproché de la face dor-

sale, l'appareil chitineux qui entoure Porifice sexuel /g).

Le dernier anneau de l'abdomen forme comme chez le mâle, un cône tronqué, lequel se termine en arrière par deux mamelons très-courts et portant chacun une

courte soie. C’est l’analogue des appendices à longues soies du mâle.

Or, si je compare cette distribution des anneaux à celle si apparente du mâle, je me crois en droit de dire que la femelle a huit anneaux abdominaux comme le mâle, mais que les deux premiers de ces anneaux portent, par suite du développement des organes génitaux, des expansions aliformes, comme le second anneau thoracique, lequel est muni d’expansions analogues chezle mâle, et que, chez la femelle pleine, les expansions aliformes du second anneau thoracique et celles des deux premiers anneaux abdominaux se confondent ensemble dans une seule expansion membraneuse, servant de réceptacle incubateur. La partie élargie du corps de la femelle adulte serait donc

composée du dernier anneau thoracique et des deux premiers anneaux abdominaux.

En envisageant les femelles de cette manitre, qui me semble imposée par l'étude des jeunes, il faudrait donc dire que le nombre des anneaux est le même dans les deux sexes, el que le Léposphile est composé de deux anneaux céphaliques toujours confon-

dus ensemble, de deux anneaux thoraciques libres -chez le mâle, dont le dernier porte

des expansions aliformes chez les deux sexes et de huit articles abdominaux dont les deux premiers portent, chez la femelle, des expansions aliformes qui se confondent avec celle du dernier anneau thoracique. J'ai numéroté les articles de la jeune

femelle suivant cette manière de voir en concordance avec le mâle.

La tête de la femelle est fortement recourbée vers la face abdominale et présente en arrière, à peu près en dessous de l'œil rudimentaire et profondément enchassé dans les tissus, une forte échancrure dans laquelle est placée l'antenne (c) formée par un moignon presque globulaire garni de quelques soies très-courtes (Tab. II, fig. [.) M. Hesse, qui a bien vu cette antenne, lui donne « deux ou trois articles »; je n’en ai jamais vu qu'un seul. Sauf des mouvements de retrait, qui dépendraient plutôt des contractions de la partie avancée de la tête mème, ces antennes paraissent entièrement immobiles. Quelques-unes des courtes soies qui là garnissent, portent un petit

renflement globulaire au bout — ce sont sans doute des soies tactiles par excellence.

Immédiatement derrière les antennes se place, au milieu de la face ventrale, l'appareil buccal {g) composé d’une trompe courte et circulaire, que l’animal peut

pousser vivement dehors ou faire rentrer complétement.

L'analyse des pièces chitineuses, qui se trouvent placées dans la circonvallation de cette trompe, est extrèmement difficile et certes une des tâches les plus ardues de la microscopie. M. Hesse dit, qu'il n’est parvenu à cette analyse qu'après avoir rendu transparent un individu par un jeûne prolongé pendant plus de quinze jours. J'ai essayé de ce procédé ; j'ai gardé des Léposphiles en vie pendant trois semaines, ce qui en effet, avait évacué l'intestin complétement, mais je n’ai pas trouvé les environs de la bouche plus transparents qu'ils n’étaient le premier jour. J’ai ensuite essayé le traitement par la potasse caustique, et comme je l'ai déjà dit, parmi les nombreuses espèces de Crustacés parasites et autres que j'ai traitées de celte manière, je n’ai trouvé aucune aussi rebelle à l’action de ce réactif puissant, que le Léposphile. Plusieurs femelles adultes ont résisté, pendant plus d’une demi heure, à une cuisson soutenue dans une solution d’un pour cent; les jeunes commencèrent à s’éclaircir à dater de ce moment-là. Mais, malgré l’emploi de ces procédés, je n'ai pu voir les choses de la

même manière que M. Hesse.

PHILICHTHYDES 921

Cet auteur dessine en effet (1. c., fig. 3) trois paires d’appendices situées en dehors du rostre, deux paires en avant et une paire en arrière ; il dessine et décrit en outre deux paires de pattes-mâchoires et une paire de palpes mandibulaires placées dans l’intérieur de la trompe; ce qui ferait en tout, six paires d’appendices, dont la

bouche serait armée.

Malgré les procédés indiqués, qui avaient complétement éclairei les individus et malgré l'emploi de grossissements très-considérables, jusqu’à des objectifs à immer-

sion, je n’ai pu retrouver ce luxe de pièces, dont aucun Copépode n'offre un exemple.

Sauf les antennes, je n’ai vu aucun appendice en dehors du rostre, ni chez les jeunes femelles, chez lesquelles, comme je l'ai dit, se présentaient encore quelques soies comme derniers rudiments des pieds thoraciques et abdominaux, ni chez les

femelles adultes.

Le pourtour du rostre est formé par une fine lamelle chitineuse, très-mince et transparente, mais dont les contours sont visibles avec la plus grande netteté lorsque l’animal est placé de profil. On peut aussi en voir la base lorsqu'on observe le rostre depuis la face ventrale et on peut se convaincre qu’elle est complète en arrière, mais qu’en

avant elle se confond avec l’échafaudage chitineux qui soutient ici le rostre.

Cet échafaudage est construit par plusieurs fortes pièces chitineuses enchassées dans les muscles. Deux pièces, renflées et un peu crochues à leur extrémité interne, partent obliquement des angles supérieurs et externes du rostre, deux autres placées un peu plus en arrière se dirigent à angle droit vers la face dorsale de l’animal. Ces pièces sont reliées entre elles par deux barres transversales en avant et deux pièces latérales, de manière que vu de champ le rostre se présente comme un sac porte-manteau à fermeture droite supérieure, aux angles supérieurs de laquelle seraient attachées deux pièces solides.

Toutes ces pièces chitineuses sont enchassées dans les muscles, elles n’ont rien de commun avec des membres modifiés, elles forment les points d'attache des muscles

qui servent à mouvoir ce que je considère comme /a lèvre supérieure (h).

Vue de côté (Tab. IT, fig. 1 et 2) celle-ci se présente en effet souvent comme un

fort crochet latéral articulé et placé sur une forte base renflée. Mais lorsqu'on examine

le rostre de champ (Tab. IF, fig. 3, 4 et 5), on voit que la lèvre est composée d’une seule masse, épaissie sur le pourtour de son insertion, tranchante sur le bord libre qui est un peu recourbé en dedans et marqué au milieu par une forte rainure médiane ou plutôt une échancrure, qui divise la lèvre en deux moitiés. La partie tranchante antérieure est articulée sur la base comme un chambranle et lorsque la bouche se ferme, cette partie s’engrène avec les appendices postérieurs, comme des dents incisives d’un Scare ou d’un Coffre. (Tab. IT, fig. 2.)

En arrière de cette lèvre, on voit deux appendices articulés (2), dont la signification, mandibules, mächoires ou pattes-mâchoires, ne pourra être fixée que lorsqu’on aura suivi le développement de l’animal depuis le Nauplius. Ce sont deux membres très-courts, infléchis en dedans, se croisant devant l’orifice buccal et dont le dernier article est terminé par deux courts crochets. On voit rarement ces deux appendices symétriques s’écarter ou se rapprocher; ils travaillent de concert contre la lèvre supérieure et lorsque le rostre se retire, ils se replient de manière que la lèvre cache en

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