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partie leur bord libre

En dedans de ces deux membres et très-rapprochés de la ligne médiane, on voit deux stylets presque droits (k/, portés sur une base commune en forme de mamelon. La pointe de ces stylets est tournée vers la bouche; ils se placent dans l’espace libre entre les deux mandibules, mais leur position est tellement reculée vers l’intérieur de la cavité buccale, que je n’ai jamais pu les voir distinctement en examinant la femelle de profil. On peut les considérer comme les rudiments des mâchoires ou pattes-

mâchoires de la seconde paire qui existent chez le mâle.

L'appareil buccal du Léposphile femelle est donc, suivant mes observations, trèsrudimentaire, mais je crois qu’on pourrait facilement le déduire de la structure observée chez le mâle, tandis que la description donnée par M. Hesse ne peut être mise en rapport avec cette structure semi-larvaire. Il faudra admettre en effet que la seconde paire d'antennes du mâle, organe évidemment préhensile et adapté aux fins de l’accouplement, a disparu chez la femelle et que les pattes natatoires du mâle ont subi le même sort. Nous aurons alors comme restes les antennes rudimentaires de la femelle, homologues des antennes antérieures du mäle ; les mandibules crochues du mâle

seraient devenues, chez la femelle, les mandibules terminées par deux articles et les

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deux stylets de la femelle représenteraient la seconde paire des pattes-mâchoires du

mâle.

La disparition des secondes antennes n’est pas sans exemple chez les Crustacés inférieurs, tandis que la multiplication des appendices combinée avec un état rudimentaire, que devrait faire supposer la structure décrite par M. Hesse, serait d'autant plus difficile à concevoir, qu’elle ne s’accorderait pas avec les états larvaires précédents,

représentés par la structure du mâle.

Quant à la structure des différents organes de la femelle, nous devons dire que le « limbe transparent, qui entoure, suivant M. Hesse, le corps dans toute son étendue ct sur tout son périmètre » et auquel M. Hesse attache une telle importance, qu’il le mentionne dans la caractéristique de la famille et du genre, n’est autre chose qu’une couche de mucosité durcie, provenant du mucilage dans lequel vit le parasite. On n’a qu'à tenir ce dernier pendant quelques jours dans l’eau, pour voir disparaître ce limbe. On peut voir alors que la peau est composée, comme en général dans ces Crustacés inférieurs, par un épiderme ou cuticule transparente, sans structure apparente, sauf de très-fins pores, qui la traversent, et sous laquelle s'étale un fin tissu cellulaire, qui en

forme la matrice.

Les organes intérieurs sont difficiles à apercevoir. Le corps est peu transparent ; les pigments jaunes ou couleur de rouille qui sont accumulés dans le tissu souscutané, m'ont empêché de voir le système nerveux et de suivre distinctement les faisceaux musculaires, qui se rendent, depuis le milieu de la tête, vers les antennes et les organes buccaux. Dans le reste du corps ce sont les œufs de couleur olivâtre foncée ainsi que le canal intestinal noir qui empêchent l’analyse microscopique par transpa-

rence.

Le canal intestinal (s) se laisse facilement apercevoir. Il est rempli ordinairement d’une substance sirupeuse noire, bien décrite par M. Hesse et secrétée sans doute par des glandes noires qui forment des petites taches sur toute son étendue. Il s’élargit considérablement entre les expansions aliformes, présente une seconde ampoule beaucoup plus petite en arrière de ces expansions et se continue en ligne droite vers l’ex-

trémité postérieure où le rectum et l’anus présentent les dispositions ordinaires. Les

pa

mouvements de pompe qu'il exerce sont continuels et durent pendant toute la vie. J'ai vu des Léposphiles gardés depuis longtemps dans l’eau pure, qui présentaient encore ces mouvements de pompe de l'intestin, lorsque le corps commençait à se

décomposer et à se couvrir de moisissure.

« Les lobes du foie, dit M. Hesse, sont très-gros et contenus au milieu de la cavité abdominale; nous n'avons pas aperçu les organes de la génération ». Nous pourrions dire exactement le contraire — nous n'avons vu aucune trace de lobes du foie, pas plus ici que dans tous les autres Copépodes ; mais les organes de la génération sont très-

apparents.

Les ovaires (t) en effet, sont contenus dans la partie élargie du corps et situés des deux côtés de l'intestin du côté dorsal. À mesure que les œufs se développent, des prolongements en chapelet, comme dit fort bien M. Hesse, sont poussés par les tubes ovariens dans les expansions aliformes, qu'ils remplissent petit à petit presque entièrement, s’étendant encore des deux côtés de l’intestin vers la face ventrale, de manière à l’envelopper complètement. Arrivés à ce point de développement, les œufs assez gros, de couleur olivâtre et entourés chacun d'une enveloppe résistante, forment deux masses aplaties en dedans, bombées en dehors qui s’étendent encore jusque dans le premier article derrière l'élargissement et entourent, par leur extrémité, le fond en cul-de-sac

des réservoirs spermatiques.

Depuis cette extrémité, un canal très-large, mais formé de parois très-minces et difficiles à apercevoir, l’oviducte [u), se rend obliquement vers la face dorsale à l’orifice génital /g) situé dans le second article apparent de l’abdomen (N° 7) où il s'ouvre

en communauté avec la poche spermatique.

Arrivées à maturité, ces masses d'œufs sont sans doute expulsées en entier, car on trouve communément dans l’écaille antérieure de la demeure du parasite, deux paquets d'œufs ovoïdes (Tab. I fig. 9), bombés d’un côté, creux sur l’autre face et entourés par une large zône d’une mucosité transparente el assez résistante. Cette enveloppe muqueuse est plus liquide vers l’intérieur et là se trouvent accumulés les œufs entourés

chacun par une membrane propre et transparente. M. Hesse a déjà décrit ces paquets.

Le vitellus est entièrement opaque, paraissant noir à la lumière transmise. Je n’ai

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donc pu suivre le développement de l'œuf. Mais on trouve assez souvent des paquets dans lesquels les œufs sont parvenus à l’éclosion des Nauplius, qui se détachent sous

les yeux de l'observateur.

Une seconde partie importante des organes génitaux est le réservoir spermatique (v).

On le,trouve le mieux en se guidant sur les orifices génitaux (q).

Ceux-là ne se trouvent point, comme l’indique M. Hesse, sans cependant les fisurer « à la base du dernier anneau thoracique, » mais sur la face dorsale du cinquième anneau, en complant depuis lextrémité postérieure du corps, lequel est, pour M. Hesse, le deuxième et pour nous le quatrième anneau abdominal ou le septième segment du corps entier. En plaçant le foyer du microscope très-haut, de manière à examiner la surface même du corps, on aperçoit dans l'angle entre les bords postérieur et dorsal de cet anneau, un échafaudage chitineux très-fin (Tab. I, fig. 8), formant dans son ensemble un demi-cerele et constitué par plusieurs baguettes courbées, savoir, deux baguettes du côté dorsal, superposées, deux semblables, mais plus courtes du côté ventral et deux baguettes médianes posées en angle droit sur le demi-cercle formé par les quatre autres baguettes. C’est évidemment une charnière, entourant l'orifice en fente,

qui, de celle manière, peut s'ouvrir avec des dimensions considérables.

Avec ces orifices, siluëés, je le répète, sur la face dorsale et près de la ligne médiane, est en rapport le réservoir spermatique (v), dont la forme rappelle exactement celle d'une culotte courte (Tab. I, fig. 8). Deux canaux gros et courts, dans lesquels dthouchent, près de l’orifice, les oviductes, se rapprochent dans la ligne médiane et forment un sac à parois assez épaisses, ovalaire, arrondi au bout antérieur et terminé quelquefois en deux mamelons émoussés, témoins de la coalition primitive du sac par deux moiliés.

Lorsque je trouvais pour la première fois cette poche, avec ses deux conduits remplis de zoospermes, qui lui donnaient un aspect jaunâtre et se montraient pleins de vie en s’agitant continuellement, tout en formant des courants et des tourbillons ; lorsque je voyais une partie de ces zoopermes réunis encore par les extrémités de leurs queues en groupes stelliformes et entre eux des cellules grenues, semblables aux celluls spermatogènes de certains animaux, je fus conduit naturellement à l'idée que le

Léposphile était hermaphrodite. Je fus confirmé dans cette idée, par le fait que M. Hesse

n’avait point trouvé de mâle et que je n’avais pas non plus réussi dans cette recherche. Comme je l'ai dit en parlant du mâle, les premiers individus trouvés de ce sexe avaient les testicules complétement vides et devaient ainsi me fortifier encore dans mon opinion. Je croyais donc avoir trouvé dans ces mâles vides des formes larvaires. Ce n'est que lorsque j'avais trouvé un mâle à organes générateurs pleins et que je m'étais convaincu de l'identité absolue des zoospermes qu’il contenait, avec ceux grouillants dans

le réceptacle de la femelle, que je reconnus la signification véritable de cet organe.

I me reste à parler du Nauplius (Tab. I, fig. 10), qui se présente assez souvent sortant de l’œuf ou grouillant dans la mucosité, qui enveloppe les coques vides. Son corps a la forme d’un ovale allongé sans indication aucune de divisions transversales. Le vitellus, d’une couleur d'olive brunâtre et contenant beaucoup de gouttes graisseuses, remplit le corps presque en entier et ne laisse reconnaître que la couche protoplasmique qui tapisse à l’intérieur l’épiderme transparent et solide. Dans la partie antérieure se voit un œil de moyenne grandeur en forme de croix de St-André, c’està-dire composé de deux moitiés en forme de croissant et réunies par leur convexité. En arrière, se trouvent deux soies et sur les côtés les trois paires ordinaires d’appendices (Tab. IT, fig. 9), lesquels sont, comme M. Hesse à vu très-bien, uniramées pour la première paire et biramées pour les deux autres. Ces membres comme les soies qui les garnissent, ne sont guère allongées, aussi le Nauplius nage-t-il avec peu de vitesse. J'en ai conservé dans l’eau de mer pendant une semaine, mais ils n’avaient point

changé de forme avant leur mort au bout de cette époque.

Nous ne pouvons cependant pas mettre en doute que le Nauplius quitte la demeure de ses parents, pour se transporter sur d’autres poissons de la même espèce. Il est probable, comme cela résulte des observalions relatées plus haut, qu’après s’être introduit dans le canal de la ligne latérale, il y subit encore plusieurs mues. Le mâle évidemment n’a qu'une existence assez passagère vis-à-vis de celle de la femelle; il est probable qu’il meurt après l’accouplement, lequel sert, par le réceptacle spermatique,

à féconder tous les œufs que produit successivement la femelle.

PHILICHTHYDES JF

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