‹ Recherches critiques sur l'épître de JudeChapitre 14 sur 77 · Voy. Marc XV · texte numérisé non relu

Voy. Marc XV

de l'auteur de l'épitre. 27

Mais il est une réponse bien simple à faire à celte objection ; c'est que la locution, qui exprime qu'un tel e&tjils d'un autre, étant la même, à la différence près du mot sous-entendu, que celle qui exprime qu'un tel est frère d'un autre, il faut se laisser guider par le contexte du récit où elle se trouve, pour l'interpréter plutôt dans un sens que dans l'autre. Or, comme nous venons de voir de très -bonnes raisons pour traduire ivfcffeeç louttoC* par Jude [frère] de Jacques , aucun motif ne peut nous empêcher de le traduire ainsi, quoiqu'il y ait tout à côté la locution identique qui semblerait inviter à traduire par Jude [fils] de Jacques.

Autre objection : Dans Matth. X, 2, Pierre et André sont donnés comme frères (Ilrr^oç k<u AyJpi** o eJixçoç <m/tw), Jacques et Jean aussi (IctKuCoç. ... km luxvvnç o «JVxpoç cum*), et au verset 3 Jacques, fils d'Alphée, et Lebbée ne sont pas donnés comme frères (IctKuCoç o ta AA*at*tf, Jteti AeÇCeuoç o i7r#nA»fl«ç ©efcfcjctioç). — De plus, dans Luc VI, 14 — 16, les noms des frères Pierre et André d'un côté, Jacques et Jean de l'autre, sont mis à côté les uns des autres , et ceux de Jacques, fils d'Alpbée et de Jude, sont séparés (laKuCov tov t« AA^ati*, xau Xtfjutv* tov xaeAttfxivov IhXuthv, Ivkfbtv ituLuC*). Guericke conclut de là, «que, lorsque deux apôtres sont formellement séparés, il est difficile de les considérer comme frères.»

Mais l'inconstance de la méthode adoptée par les évangélistes dans leur énumération des apôtres, réfute facilement la première et la seconde partie de l'objection.

D'abord le fait que dans Matth. X, 2, Jacques, fils d'Alpbée, et Jude ne sont pas donnés comme frères , ne prouve rien , attendu que Luc , dans ses deux catalogues , en parlant de Jacques et Jean , fils de Zébédée , ne dit pas qu'ils sont frères (laKtaCov km laatvvnv, Luc.Vl,14; IolkuCoç Kett luotvvnç, Act.1,13), et dans celui d'Act. 1 , 1 3 , il ne le dit pas non plus de Pierre et d'André (rUrpoç.... xa< AttTpêaç). Enfin Marc ( 111, 17. 18), de

même que Luc, ne donnent pas Pierre et André comme frères (**/ tTrtQnKt ru XtfAMi ovofA.cc Utrpov.... ztti Avtyt&v).

Le fait ensuite, que, lorsque deux apôtres sont formellement séparés , il est difficile de les considérer comme frères , se réfute de la même manière , attendu que Luc (AcL 1 , 13) sépare deux frères, Pierre et André (Tltrpoç ttttt I*x*&ç koj laxtvvttç *<zi A'fyv); Marc(IH, 16. 18) aussi (verset 16 : x** «n6»«f t* -2.tfx.ovi.... verset 18: *<w Avtyav). D'ailleurs, dans deux évangélistes, les noms de Jacques et deTbaddée sont mis à côté l'un de l'autre. Voy. Mattb.X, 3 : IakoCoç o t« AA<p«<« **s AtCCauoç o t7rtK\*ibuç eaeJVae/oç, et Marc III, 18 : letxuCov rov tm Ahpau* Kctt QttStf'euov.

Nous en revenons donc à notre conclusion de tout à l'beure, savoir, que l'apôtre Jude est frère de l'apôtre Jacques fils d'Alphée, et fils d'Alphée comme lui.

Nous voici donc maintenant en possession d'un fait, c'est qu'entre l'auteur de notre épttre et l'apôtre Jude il y a une double ressemblance: en ce que l'un et l'autre s'appellent Jude, et que l'un et l'autre ont un frère célèbre du nom de Jacques. Si nous n'avions pas vu qu'il est fait mention dans le Nouveau- Testament d'un autre Jude 1 qui est appelé «Ax<poç de Jésus- Christ, et qui a aussi un frère du nom de Jacques, la question de l'auteur de Pépitre serait résolue, c'est-à-dire que notre auteur ne serait autre que l'apôtre Jude; nous avons donc à nous préoccuper de ce Jude edlxçoç de Jésus-Christ.

Mais nous ne pouvons plus procéder, comme nous l'avons fait jusqu'ici, en nous posant cette troisième question:

Jude, ASï\<poç de Jésus-Christ, est-il l'auteur de l'épUre? attendu que les critiques se partagent au sujet de ce Jude. Les

1. Matth. XIII, 55, et Marc VI, 3 : % Sa mère ne s'appelle - t - elle pas « Marie , et ses *S t K*u Jacques, Joses, Simon et Jude P*

de l'auteur de l'épitre. 29

uns pensent qu'il n'esl autre que Jude l'apôtre , l'un des Douze, dont nous venons de parler, et les autres, qu'il en est tout à fait distinct. Il importe donc maintenant d'examiner la question sous un nouveau point de vue; aussi, la posons-nous comme suit :

Jude, aaeà*o2 de Jésus-Christ, est -il le même que Jude l'apôtre?

Dès lors, si nos recherches nous amènent à penser que Jude l 'apôtre, et Jude l'aStXQoç de Jésus-Christ, sont deux personnages différents, il faudra examiner auquel des deux convient le mieux la rédaction de l'épitre; mais si, au contraire, ce sont un seul et même individu , notre auteur sera tout trouvé, puisque en procédant jusqu'ici par voie d'élimination, nous avons circonscrit les auteurs possibles, de notre épttre, entre Jude l'apôtre et Jude V*Ji\$os de Jésus-Christ

Avant de nous occuper de cette question directement, il en est une qu'il faut auparavant vider; car de la nature de sa solution dépend , en grande partie, pour ne pas dire complètement, celle de la première; nous voulons parler du sens que l'on doit donner aux mots: ce/kAÇo/ de Jésus-Christ dans les passages suivants: Matth. XII, 46.47-60 (passag. parall. : Matth. 111,21.31-35; Luc VIII, 19-21); Matth. XIII, 55. 56 (passag. parall. : Marc VI, 3); Jean II, 12; Jean VII, 2-5. 10; Act. I, 14; Gai. I, 19; 1 Cor. IX, 6.

Ces passages établissent que Jésus-Christ avait des uSïXQot * mais sont-ce des frères dans le sens propre du mot, ou simplement des parents plus ou moins éloignés : des cousins germains par exemple? C'est une question sur laquelle on est loin d'être d'accord.

Les critiques, en effet, se divisent en deux camps : les uns s'accordent à regarder ces aS'tXtpct comme des frères proprement dits , les autres croient que ce sont simplement des parents rapprochés , des cousins germains.

30 irrraoDLcnoN.

Examinons ces deux idées :

Première idée : Les <*ftA$o* de Jésus-Christ sont ses propres frères.

Ceux qui la partagent se divisent encore sur la manière dont ces dSiX^ot sont frères de Jésus-Christ.

a. Les uns pensent que ces etftxçot étaient nés de Joseph et d'une première femme;

b. Les autres de Joseph et de Marie, qui auraient eu d'autres enfants après Jésus;

c. D'autres de Joseph et de la veuve de son frère mort sans enfants*

A. Les frères de Jésus sont nés de Joseph et d'une première femme. Cette opinion 'a été soutenue par les anciens Pères Hilaire, Jmbroise, Épiphane 1 et les critiques Àugusti et /. VorsC. De cette façon Jacques, Joses, Simon et Jude (Matth. XIII, 66) seraient frères seulement de père avec Jésus-Christ. Cette opinion n'a rien en elle-même que de très - naturel ; mais elle a l'inconvénient de multiplier les parents du même nom. Ainsi il y aura deux classes de parents de Jésus -Christ : ses frères* proprement dits et ses cousins germains^, (ils de Marie, sœur de la mère de Jésus-Christ et épouse de Clopas 5 ; frères et cousins, dont plusieurs auront les mêmes noms, savoir, Jacques et Joses qui se trouveront les noms de deux cousins, en même temps que ceux de deux frères ; ce qui est assez extraordinaire entre si proches parents, et eût nécessité une explication de la part des évangélistes.

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