Corinth. IX
16—19) et Matthieu (X, 2 — 4), plaçant l'élection définitive des apôtres avant la scène (Matth. XIII, 65, et Marc VI, 3), dans laquelle les Juifs prononcent les noms des quatre frères de Jésus-Christ, et par laquelle il est évident que nul de ces derniers n'était encore parmi les apôtres , montrent par là qu'ils les en distinguaient.
C'est fort juste; mais on peut prouver que ces deux évangélistes commettent une erreur chronologique ; c'est ce dont on peut se convaincre en examinant avec soin le passage parallèle de Luc IV, 14. 16. 22 — 24 : verset 14. «Alors Jésus retourna
«en Galilée, revêtu de la puissance du Saint-Esprit*
«verset 16. Etant donc arrivé à Nazareth , où il avait été élevé,
« il entra dans la synagogue et se leva pour lire; verset 22.
« Tous admirant les paroles pleines de sagesse qui sortaient
«de sa bouche disaient : N'est-ce pas là le fils de Joseph?
«verset 23. Alors il leur dit : Vous m'appliquerez sans doute «ce proverbe : Médecin, guéris- toi toi-même, et vous direz : « Fais ici dans ta patrie ce que nous avons entendu dire que
«tu as fait à Capernaûm; verset 24. Mais je vous assure
« que nul prophète n'est bien reçu dans sa patrie. »
Il est évident qu'il s'agit ici du même fait que rapportent Marc (VI, 3) et Matthieu (XIII, 55). Voyons maintenant, toujours d'après S. Luc, à quelle époque se passait cette scène, et si les deux évangélistes, que nous venons de nommer, avaient réellement le droit de la placer après l'élection des apôtres. Voici, d'après lui, l'histoire abrégée de Jésus -Christ jusqu'à cette époque. Joseph et Marie partent de Nazareth , leur patrie , avec leur fils Jésus , âgé de douze ans , pour se rendre à Jérusalem, afin de célébrer la fête de Pâques (Luc II, 41. 42). lis reviennent chez eux, et ne voyant pas Jésus, retournent sur
1. C'est-à-dire que nous sommes ici tout à fait au commencement du ministère de J. 0.
Dlî L'AUTEUR DE L ENTRE. 17
leurs pas pour le chercher, et le trouvent enseignant à Jérusalem. De là ils remmènent à Nazareth , où il vécut jusqu'à trente ans (Luc H, 43. 46. 51). A cette époque, Jean baptisait près du Jourdain. Jésus-Christ s'y rend et se fait baptiser. H retourne à Nazareth tout rempli du Saint-Esprit, fait plusieurs miracles durant son trajet et choisit plusieurs disciples qui firent plus tard partie de ses apôtres (Jean I, 35. 62). C'est alors que se passe la scène racontée par les trois premiers Évangiles', et dans laquelle les Juifs, étonnés du discours plein de sagesse de
Jésus-Christ, disent : «N'est-ce pas le fils de Joseph ,etc?»
Et, en effet, ils avaient sujet de s'étonner de voir un homme qu'ils avaient tous vu enfant, si subitement transformé par le Saint-Esprit.
L'ordre des faits que suit ici S. Luc est donc très-lié et très naturel, et doit être préféré à celui de Marc et de Matthieu. S. Jean ne parle pas de cette scène ; mais il parle du voyage , et confirme S. Luc, en disant que Jésus-Christ se rendit à Nazareth après son baptême (Jean I, 44). D'ailleurs, le langage même des Juifs de Nazareth est une preuve que le fait se passa de bonne heure; à une époque où la réputation de Jésus -Christ commençait seulement à s'étendre: à une époque où tout au moins, il n'avait pas définitivement arrêté son choix au sujet de ses douze apôtres ; puisque , au rapport de Luc et de Jean , il n'avait encore fait que traverser la Judée pour se rendre dans son pays , et qu'il n'y avait encore que trois disciples qui l'avaient suivi : André, Pierre et Philippe (Jean I, 35 — 52). Marc et Matthieu commettent donc une erreur chronologique en rapportant la scène de Nazareth : n'est-ce pas -le Jils du charpentier? après l'élection des douze apôtres, et l'argument qu'on tire de leur témoignage contre l'apostolat de quelques *<frX<pos de Jésus-Christ n'est pas fondé.
i. Mallh. XIII, 55; Marc VI, 3, et Luc IV, 22.
Troisième oimcoL-ré. On objecte enfin à Papostolat possible» de quelques-uns des <*fta$o* de Jésus-Christ que, si le* apôtres Jude et Jacques avaient été réellement aJtapo* de Jésus-Christ, les évangéltstes, dans leurs catalogues 1 , leur auraient donné ce titre, et eux-mêmes, dams leurs épitres, se le seraient donné.
Hais nous ferons observer, pour ce qui regarde la première partie de l'objection, qu'argumenter, pour nier une qualité de quelqu'un, de ce qu'elle n'est pas mentionnée dans un trèscourt récit qui ne parle de lui qu'en passant, n'est pas d'une logique rigoureuse, et qu'en général il est plus naturel, tors^ qu ? on fait b biographie succincte de quelqu'un , de dire de qui il est fils, que de dire de qui il est cousin, quelque distingué dù reste que soit ce dernier. '« *\
Quant à la seconde partie de l'objection, on peut facilement conjecturer que c'est par humilité, que Jude et Jacques ne se sont pas appelés aftxçoi de Jésus-Christ dans leurs épttres. ^Ad- «point de vue chrétien, Jude et Jacques ne pouvaient plus se «dire les frères, même de la chair, de celui qui avait été déferré «fils de Dieu d'une manière si glorieuse par sa vie, sa mort y a son retour du sépulcre, son ascension, et qui était devenu 4 «pour eux un maître et un sauveur.*» Clément d'Alexandrie fait la même observation 3 : « Judas qui catholicam scripsit epis- «tolam.,.. exstans valde religiosus, cuni sciret propinquïtaiem ^ ndomini non tamen dixit, seipsum fratrem ejus esse; sea\ qtyik. adixiiP Judas servit* Jesu Ckristi ut pôle Dominé fratrem âkiêm « Jacobi.» > . a , .£ -,
Jusqu ici nous ne nous sommes occupes dira répondre aux objections, qu'on oppose à l'opinion , m ,:^u4,,q^e ,Ja^ju«u
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