‹ Recherches critiques sur l'épître de JudeChapitre 32 sur 77 · Observât, sup. ep. Judœ. Lcips · texte numérisé non relu

Observât, sup. ep. Judœ. Lcips

3. Beitriige zur Einleitung in das Nette Testament und zur Erklhrung seitwr schwierigen Stellen. Stmig., 1832.

1. ° S'adonnent à toute sorte de passions déréglées : V. 4 : Qui changent la grâce de notre Dieu [en principe de] dérèglement. Y. 8 : Ceux-ci, comme des gens qui révent, souillent leur chair. V. 10 : Se corrompent dans toutes les choses qu'ils savent naturellement comme des animaux privés de raison. V. 12 : Dans vos repas de charité ils mangent avec vous sans retenue et repaissent leur [corps]. V. 18 : Qui marcheraient suivant leurs passions impies. V. 1 6 : Marchant suivant leurs passions. V. 19: [Gens] charnels, n'ayant [rien] de spirituel.

2. ° Ne reconnaissent aucune règle : V. 4 : Renient Jésus- Christ, notre seul maître et Seigneur. V. 8 : Rejettent l'autorité et parlent injurieusement des dignités. V. 11 : Ils se sont perdus par la rébellion [comme] Coré. y. 16: Dont la bouche profère des paroles hautaines.

3. ° Sont des calomniateurs : V. 10 : Ceux-ci parlent mal de toutes les choses qu'ils ne connaissent pas. V. 15. De toutes les choses outrageantes que les pécheurs impies ont dites contre lui : y. 18 : Qu'au derniér jour il y aurait des moqueurs.

4. ° Des flatteurs intéressés : V. 1 1 : Ils se sont laissés entraîner par la séduction du gain [comme] Balaam. V. 16: Qui par intérêt admirent les gens qui ont de l'apparence.

6.° Des mécontents: V. 16 : Ce sont des gens qui murmurent, qui aiment à se plaindre.

Dans cette description des caractères des adversaires de Jude, rien ne justifie l'épi thè te de faux docteurs , que les critiques, cités plus haut, leur donnent. Si ces hommes renient Jésus-Christ (v. 4) , ce n'est pas par leur doctrine , mais par leurs actes ; ce n'est pas qu'ils nient la messianicité de Jésus-Christ; mais, comme leur conduite infâme est en opposition avec les préceptes de notre Sauveur, on peut dire qu'ils le renient; car, ne pas obéir à Christ, c'est le renier. Du reste, si ces hommes impies avaient méconnu systématiquement l'autorité de Jésus- Christ , l'apôtre ne dirait pas d'eux qu'ils assistaient aux agapes

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des chrétiens (v. 12). Nous pensons donc, et sur ce point nous nous appuyons sur les savantes observations de Mayerhoff; nous pensons, dis -je, que Jude a désigné, non pas de faux docteurs , mais quelques hommes irréligieux et adonnés aux passions de la chair. Cette opinion nous parait en elle-même plus probable que l'opinion précédente ; car, on comprend fort bien qu'à cette époque, il y eût déjà des gens qui abusassent de la liberté chrétienne, et qui , délivrés du joug de la loi cérémonielle, se crussent autorisés à n'en observer aucune, pas même celle de la conscience ; au lieu qu'il est plus difficile d'admettre que , déjà alors, il y eût des gens qui , après avoir été chrétiens, devinssent, de propos délibéré, systématiquement incrédules, et niassent le point fondamental du christianisme, l'autorité messianique de Jésus-Christ.

Jacfimann, Mayerfioff, Guericke, Reuss 1 et De luette, pensent aussi comme nous, que l'épltre de Jude ne combat que des gens irréligieux et immoraux. «C'est à tort, dit ce dernier, «qu'on suppose généralement, grâce à 2 Pierre, que ce sont

a de faux docteurs Il se pourrait, qu'entre ses lecteurs, il y

«eût des gens impies, voluptueux, schismatiques, vicieux, désbo- « norant la sainte Cène par leur intempérance. *

Lecteurs. Quoique notre épitre ait une adresse très -vague, puisqu'elle s'applique à tous ceux qui ont été sanctifiés en Dieu le Père, et qui, par leur vocation, ont été gardés par Jésus- Christ, c'est-à-dire à tous les chrétiens ; néanmoins son contenu, visiblement empreint de judaïsme, a porté généralement les critiques à penser qu'elle avait été faite pour des Judéochrétiens. En effet, Jude expose ses preuves à la manière particulière des Juifs. D'un bout à l'autre, il se sert de leur façon de parler et de leur manière d'exprimer une idée; il emploie des images , des comparaisons , fait des allusions , se sert de

I. Vie (h'sclwhle der hcil. Schr. IV. T. liai., 1842; $. OXV.

mythes, de traditions, d'exemples, qui leur étaient familiers. Voilà donc un fait généralement reçu : l'épitre est adressée à des Judéo-chrétiens.

Un second fait, non moins évident, c'est que notre éptlre n'a pas dû jouer le rôle d'une véritable épitre catholique , d'une circulaire ; elle devait être destinée à un cercle particulier de chrétiens, à une localité spéciale; car, sans doute, les désordres particuliers que signale l'auteur, n'infestaient pas toutes les églises alors établies. Ainsi donc nous devons la supposer adressée dans un pays, où certains dangers d'une nature toute spéciale rendaient utiles , nécessaires même (etvetyntiy t<r%ov , v. 3) des exhortations et des encouragements. Ainsi pensent Bertholdt, Scliolt, Newdecker, Gueriche et De JVette, qui dit entre autres: «La lettre a est adressée aux chrétiens en général ; mais l'auteur pensait «à un certain cercle, dans lequel s'étaient glissés des gens fu- «nestes et dangereux. 0

Cependant, si l'on s'accorde sur la nature et les lecteurs de la lettre, on ne s'accorde pas sur le lieu, où ont habité ces derniers. La cause tient à ce que l'épitre elle-même et l'histoire , ne nous fournissent aucune donnée sur ce point.

Herder et Masse ' pensent que Jude adressa son épitre aux Juifs, qui, depuis l'exil deBabylone, habitaient dans la Perse et les provinces adjacentes , et ils se fondent pour cela sur la tradition latine, qui fait de notre auteur l'apôtre de la Perse (voy. p. 86), et sur des rapports dogmatiques qu'ils croient apercevoir entre notre épitre et le Zend-Avesta. Mais tous les récits , les dogmes et les expressions, que ces deux critiques prétendent être puisées dans la doctrine de Zoroastre , peuvent cent fois mieux s'expliquer par l'Ancien -Testament et les traditions des Juifs, que par le code persan , de sorte que cette raison n'est pas valable ; et, de plus, comment admettre que Jude eût écrit une épitre

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